APPAREIL SENSITIF
Il se compose, comme dans les Insectes en général, du cerveau, dé la chaîne ganglionnaire et des paires de nerfs qui naissent de ces. centres nr veux.
© J'avoue que mes recherches ont échoué pour constater le système nerveux stomato-gastrique désigné sous ce nom par Brand, et dont je Suis s loin de nier |’ existence.
4° Cerveau.
Après avoir vainement cherché Aisoler le cerveau dans le Juvencus, j'ai été enfin assez heureux pour le reconnaître bien nettement dans le Gigas. Des difficultés, des méprises, des illusions, accompagnent cette dissection. Indépendamment de la dureté du crâne qu’il faut enlever par éclats , il y a dans sa cavité une disposition anatomique qui ne se rencontre point dans le crâne des grands animaux : c’est l'éxistence de masses musculaires considérables destinées aux mouvements puissants, soit des mandibules et autres pièces buccales, soit de l'ensemble de la tête sur le prothorax. Outre cela, des couches de trachées ou tubulaires, ou utriculaires, remplissent tous les vides, et protégent le cerveau en dessus comme en dessous par de véritables édredons.
Cet organe, étroitement logé durant la vie dans sa boîte dernique, doit alors être rond comme celle-ci ou hémisphérique ; mais aussitôt qu'il en est dégagé, il se livre à son éxpansibilité, et apparaît sous la forme d'une masse cérébrale transversalement oblongue , subbilobée , aboutissant de chaque côté aux grands yeux à réseau. Lorsque le pigment de ceux-ci s’est détaché de la cornée vitrée extérieure, on voit un disque ovalaire pointillé de brun ; chacun de ces petits points n'est que l'indice choroïdien d’un nerf optique
4" série. Zoo. T. I. (Cahier n° 4.) 2 14
propre correspondant à chaque maille du réseau vitré. L’ensembl e de ces imperceptibles nerfs optiques confondus par une pression mutuelle s’unit au cerveau par un col d’une brièveté extrême , ébauche, rudiment d’un nerf optique commun. |
Chaque lobe du cerveau donne naissance en avant à un nerf antennaire simple et à un nerf buccal, qui ne tarde point à se diviser, se ramifier, pour animer les divers organes de la bouche. Entre les deux lobes, sur ce même bord antérieur, s’apercoïiventisolés les trois nerfs optiques ocellaires, surmontés des choroïdes des yeux lisses ou ocelles. En arrière, le cerveau se prolonge au milieu en un pédoncule, que sa brièveté rend fort difficile à constater. Ce pédoncule ou plutôt ce col, quoique fourni par les deux lobes cérébraux, est simple ; il offre tout aussitôt un renflement à peine sensible, une sorte de bulbe rachidien qui n’émet aucun nerf, et en arrière duquel est l’origine du double cordon nerveux de la chaine ganglionnaire.
La pulpe du cerveau à une consistance qui lui permet de conser ver sa forme, alors même que cet organe est isolé des tissus accessoires, mais il n’a pas la fermeté des ganglions. Cette différence s'explique par l'inclusion exacte du cerveau dans une boîte solide cornée, qui le garantit contre les chocs et les secousses. La pulpe en est blanche, fine, homogène, unie extérieurement, c’est-à-dire sans la moindre trace d’inégalités quipuissent rappeler des circonvolutions eerébrales. S'il existe à ce sensorium commune une méninge ou arachnoïde, comme il est permis de le croire, elle est
d’une ténuité qui la rend inconstatable. 1 en est bien autrement pour le névrilème des ganglions.
20 Chaîne ganglionnaire et nerfs.
Cette chaîne se compose de dix ganglions unis entre eux par un double filet nerveux, et émettant des paires de nerfs symétriques: Ces ganglions se divisent naturellement en thoraciques et.en abdominaux .
RECHERCHES ‘SUR LES UROCÉRATES. 211 À. Ganglions thoraciques.
Aunombre de trois, un pour chaque segment du thorax dont ils empruntent le nom , ils sont étroitement enclavés entre des apophyses plus ou moins inclinées, qui s'élèvent du plancher inférieur du thorax. Leur énucléation de ces irrégulières et profondes anfractuosités est un véritable travail d'Hercule, et il faut être tourmenté du besoin impérieux de les méttre en évidence pour surmonter les obstacles qui s'opposent à cette exhumation. Enfin, à force de cette patience cent fois éprouvée qui doit êtré la grande vertu du micro+ tomiste, je suis parvenu à bien voir ces trois ganglions. Le prothoracique, plus petit, plus arrondi, que les suivants, est précédé de ce qu'on appelle l'anneau œsophagien ; c'est-à-dire que tout près du bulbe rachidien l’œsophage s'engage entre les deux filets nerveux qui en naissent pour se rendre à la bouche. Ce ganglion fournit deux paires de nerfs: l’une, en avant, musculaire ou cervicale ; l’autre, vers le milieu , la crurale des pattes antérieures. Entre ce ganglion et lé suivant, le cordon rachidien fournit une petite paire dé nerfs, sans doute musculaire. Le ganglion mésothoracique, ovale-elliptique, émet trois paires dé nerfs : l’antérieure, ou alatre ; la moyenne , plus pêtite, musculaire ; la postérieure, ou crurale des pattes intermédiaires. Le gangliôn méfathoracique, plus rapproché du pre- mier abdominal que du mésothoracique, à la grandeur de celui-ci, et donne origine à un pareil nombre de paires de nerfs destinées à à des parties analogues. |
B. Ganglions abdominaux.
Ils sont au nombre de sept bien distinets. Ainsi il y en à un de plüs que dans la plupart des autres Hyménoptères, ce qui semblerait assurer aux Urocérates une prédominance organique. Les quatre prermiérs sont séparés lés uns des autres par un long intervalle; les trois derniers sont, au contrairé , fort rapprochés entre
“eux, et reposent dans la femelle sur les cols des ovaires , dé sorte que , vu la position de ceux-ci , ils ne dépassent pas le milieu de l'abdomen , tandis que ceux du mâle approchent de l’extrémité de celui-ci.
Les ganglions abdominaux sont en général ovales-elliptiques ; ils fournissent chacun, sauf le dernier, une seule paire latérale de nerfs , lesquels se distribuent soit aux muscles des parois abdominales, soit aux viscères contenus. Le premier se trouve justement sur la limite thoraco-abdominale ; le dernier, plus grand, plus arrondi que les autres, émet quatre paires de nerfs, dont les postérieurs, toujours plus forts, sont les nerfs génitaux. Dans les deux avant-derniers ganglions, l’origine des nerfs latéraux est bien plus antérieure que dans les quatre qui les D da La figure du système nerveux dira le reste (1).