‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 34 sur 52 · F. JOLYET et H. VIALLANES · texte numérisé non relu

F. JOLYET et H. VIALLANES

quant soit: un arrêt, soit une accélération de cet organe::, Restait donc à DUT par quels voies. ces- “actions sè transmettént au cœur. ie

Nous avons dit plus haut qu’il existe chez les Crustacés Macroures un nerf connu sous le nom de cérébro-cardiaque ; il part du cerveau et se rend au cœur (1): pour les physiologistes, 1l serait le nerf accélérateur. Par la dissection nous l'avons vainement cherché chez le Crabe; mais en admettant que ce résultat négalif soit Le fait de nolre manque d'habilelé et que ce nerf existe réellement, nous devions nous demander si c’est par lui que passent Fe actions nerveuses qui réagissent sur le cœur. |

Après avoir donné «un trait de scie transversal sur la carapace, nous avons introduit par celle fente une lame chauffée au rouge de manière à seclionner les issus aussi profondément que possible. Or après cette opération, qui a nécessairement dû détruire le nerf cardiaque, nous avons pu comme devant reproduire tous les réflexes accélérateurs ou modérateurs cardiaques. !l en est encore de même lorsque l’on a détruit les ganglions œsophagiens et le cerveau, qui ont été. considérés comme les centres d’origine du nerf cardiaque.

Cetle expérience prouve donc qu'il faut chercher dans la masse ganglionnaire sous-æsophagienne et dans elle seule, les centres d’origine des fibres accélératrices et modératrices du cœur.

Localisation des centres d'arrêt. — L'analyse physiologique à laquelle nous nous sommes livrés nous a permis de préciser le centre d’origine des filets frénateurs. Ce centre siège dans la partie la plus antérieure de la masse sous-æsophagienne, c'est-à-dire dans la région d’où sortent les nerfs des mandibules et des mâchoires. Nous sommes parvenus à déterminer cette localisation : 1° par l'étude des actions inhibitoires; 2° par celle des troubles physiologiques que détermine la destruction totale ou partielle du système nerveux;

(1) Mocquärt, Note. sur un nerf cardiaque naissant des ganglions cérébroïides chez la Langouste (Bull. Soc. philom., 13 janvier 1883). | T4

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3° par l’éxcitation électrique des divers points de ce A tème. 3

Étude des actions inde — On seclionne les connectüifs en arrière des ganglions œsophagiens ; dans ces conditions l'animal peut vivre plusieurs jours. Les parties innervées par le cerveau (yeux, aniennes, etc.), ont conservé intacts leur sensibilité et leurs mouvements volontaires ; les membres situés en arrière de la section conservent leurs mouvements coordonnés, mais naturellement demeurent soustraits à toute influence cérébrale.

Sur un animal ainsi préparé on excite un point innervé par le cerveau, l'œil, par exemple; l'animal manifeste sa douleur par la rétraction du pédoncule oculifère, mais aucune modification du rythme cardiaque ne se produit.

On excite alors par brûlure un point innervé par la masse sous-æsophagienne (palte ou ! branchie : on détermine aussitôt un arrêt du cœur. DO

Cette expérience vient encore démontrer que le centre frénateur ne siège ni dans le cerveau, ni dans les ganglions œsophagiens, mais bien dans la masse sous-æsophagienne. Comme celle-ci est composée d’un grand nombre de ganglions agglomérés, il restait à déterminer si le centre frénateur élait diffus dans cette masse ou bien au contraire localisé dans un point particulier.

Les expériences suivantes prouvent que le centre frénateur est bien localisé dans la région que nous avons indiquée plus haut : |

Expérience I. — On réséque successivement d’arrière en avant la masse sous-æsophagienne, en prenant soin de constater à chaque résection nouvelle la possibilité de déterminer un réflexe inhibitoire par la brûlure des membres qui restent encore en connexion avec leur ganglion. On constate que les actions inhibitoires sont encore possibles tant qu’on n’a pas atteint la partie tout à fait antérieure de la masse sous-æsophagienne. Cette partie, qui n’a pas une étendue de plus de 1 à 2 millimètres et qui donne naissance ‘aux nerfs

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des mandibules et des mâchoires; est donc bien le centre d'origine des nerfs frénateurs.

Expérience 11.— Le système nerveux étant à nu el intact on commence à conslater que toule excitation vive des téguments détermine l'arrêt du cœur. On pique alors à l’aide d’une fine aiguille l'extrémité antérieure de la masse sousœsophagienne au point a (fig. 1); cette simple lésion suffit à elle seule à rendre impossible tout arrêt réflexe du cœur. Si au lieu de procéder ainsi on commence par piquer suecessivement les autres ganglions de la masse sous-æsophagienne on constate que les réflexes d'arrêt restent possibles tant qu'on n'a pas lésé le point que nous avons indiqué comme centre d’origine des nerfs frénateurs.

Ces expériences, qu'on peut répéter sans autre instrument qu'une paire de ciseaux et une aiguille, suffisent à elles seules à localiser le centre d’origine des nerfs frénateurs; mais nous avons voulu confirmer encore ce résultat par l'emploi des excitations électriques. |

Excitation électrique du centre d'arrêt. — Le système nerveux central étant entièrement mis à nu, on isole le centre d'arrêt par la seclion des connectifs faite à quelques millimètres en avant de la masse ganglionnaire, et par une autre section pratiquée en avant des ganglions des pattes-mâchoires. Par un courant faradique on excite la partie comprise entre ces sections, ce qui détermine un arrêt du cœur. L’excitation électrique portée sur n'importe quel autre point du système nerveux central est incapable de provoquer aucun arrêt.

Localisation des centres accélérateurs. — Ces centres ont leur siège dans le ganglion de la première patte et dans celui de la dernière patte-mâchoire, on le démontre par les expériences suivantes :

Expérience I. — L'ensemble du système nerveux étant mis à nu par la face ventrale, on détruit successivement le cerveau, les ganglions œsophagiens et la partie antérieure de la masse sous-æsophagienne jusqu'au ganglion de la dernière patte-mâchoire exclusivement, sans produire d'alté-

ration durable dans le rythme du cœur. On pique alors suc-

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-cessivement à droile:et à gauche les ganglions des 5°, 4e 3° et 2*° pattes sans produire d'effet, ce dont on s'assure en prenant le tracé cardiaque pendant quelques minutes. On pique ensuite la partie droite, puis la partie gauche du ganglion de la 1* patte : au bout de quelques instants le rythme cardiaque se ralentit. On pique alors le ganglion de la dernière patte-mâchoire; le ralentissement cardiaque s’accentue beaucoup et le cœur se maintient dans ce rythme ralenti. L’ablation de l’ensemble de la masse sans Hong ne produit pas de changement nouveau (1).

Expérience IT. — Comme dans l’expérience précédente, l’ensemble du système nerveux étant mis à nu, on détruit, sans amener de changement durable dans le rythme du cœur, le cerveau, les ganglions œsophagiens et la partie antérieure de la masse sous-æsophagienne jusqu’au ganglion de la dernière patte-mâchoire exclusivement. On pique alors le ganglion de la dernière patte-mâchoire, cette piqûre est suivie d’un ralentissement très marqué du rythme ; ce ralentissement s’accentue encore après la piqûre de la païtie droite puis de la partie gauche du ganglion de la première patte. On pique ensuite successivement tous les ganglions situés plus en arrière, mais sans apporter aucun changement à ce rythme ralenti. Celui-ci reste encore le même après la destruction totale de la masse sous-æsophagienne à l’aide du fer chaud.

On obtient un résultat semblable, c’est-à-dire un ralentissement considérable du cœur, si au lieu de piquer les centres accélérateurs on les enlève aux ciseaux ou si on les détruit au fer rouge. |

Excitation électrique des centres accélérateurs. — Les expériences que nous venons de relater suffiraient à elles seules à localiser les centres accélérateurs ; l'emploi des excilations faradiques vient encore à l'appui de nos conclusions.

Entre beaucoup d’autres que nous avons failes, nous rapporterons seulement les expériences suivantes, qui établissent

(4) Les figures 8 et 9 sont des exemples de ralentissement du cœur par des centres. accélérateurs.

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la localisation des centres accélérateurs et frénateurs cardiaques.

Expérience [. — On met à nu par la face ventrale l’ensemble du système nerveux, on sectionne profondément les tissus sur la ligne médio-dorsale jusqu’à l'estomac, afin d’être certain d’avoir annihilé l’action du nerf cardiaque, au cas où celui-ci existerait.

On excile successivement chacun des lobes cérébraux, ce qui détermine un arrêt momentané du cœur. Cet arrêt ne se reproduit plus quand on a coupé les connectifs en avant des ganglions œsophagiens.

On excite les ganglions œsophagiens, ce qui détermine un arrêt momentané du cœur. Cet effet n’est plus possible quand on a coupé les connectifs au-dessous de la commissure œsophagienne.

L'excitation de la partie la plus antérieure de Ia masse sous-æsophagienne, qui est, comme nous l’avons dit, le siège des centres modérateurs, produit de même un arrêt.

On pratique alors deux sections, l’une en avant du ganglion de la dernière palte-mâchoire, l’autre en arrière du ganglion de la première patte, de facon à isoler les centres accélérateurs. L’excitation (fig. 1, cac) de ceux-ci détermine l'accélération du cœur (fig. 10, 11, 12), phénomène qui ne peut plus être provoqué par l'excitation d'aucun autre point du système nerveux central.

Expérience II. — Si, après avoir détruit le centre modéra teur, on excite n'importe quel ganglion ou nerf de la masse sous-æsophagienne, on détermine toujours une accélération du cœur et jamais un arrêt, quelle que soit l'intensité du courant employé.

Nous avons recherché par la dissection et l'expérimentation physiologique à déterminer d’une manière plus complète le trajet des nerfs accélérateurs et modérateurs cardiaques. Nous n'avons pu y réussir complètement, pourtant nous sommes en mesure de faire connaître une partie intéressante de leur parcours. | |

F. JOLYET et H. VIALLANES.

Les filets accélérateurs accompagnent pendant un certain

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