SUR LES
. Par L.-G. SEURAT.
Les forêts de la Khroumirie renferment deux essences principales : le Chêne-liège (Quercus suber L.) et le Chêne zéen (Q. Mirbecki) ; l'exploitation de ces forêts est très active, le Chêne-liège étant utilisé pour son écorce, et le Chêne zéen pour faire des traverses de chemin de fer. Le rendement ne peut que s’accroître de jour en jour, surtout avec la création des nouvelles routes forestières; malheureusement, les Insectes attaquent ces arbres et causent souvent des dégâts assez importants. Lors de mon récent voyage en Tunisie, J'ai eu l’occasion d'examiner un certain nombre de ces Parasites, et ce sont les observations biologiques concernant chacun d’eux qui vont faire l’objet de cette note (1).
Nous devons nous occuper en premier lieu des Insectes qui attaquent les arbres vivants, c’est-à-dire des plus nuisibles.
L'ennemi le plus redouté du Chêne-liège en Algérie et en Tunisie est une Fourmi à tête rouge, le Cremastogaster scu-
(1) Les Insectes dont nous allons nous occuper, ainsi que les dégâts qu’ils causent, ont élé rapportés par nous d’Aïn Draham, et figurent dans les collections d'Entomologie appliquée du Muséum d'histoire naturelle de Paris.
ANN. SC. NAT. ZOOL. Aie
tellaris OI. ; cetle espèce est très répandue; on la trouve dans l’Europe méridionale, l'Algérie, la Tunisie, l'Asie Mineure et l'Amérique du Nord. Cette Fourmi établit son nid dans la couche subéreuse ; cenid est formé de chambres ovoides, de 22 millimètres de grand axe sur 6 millimètres de petit axe, disposées le plus souvent parallèlement à l’axe de l’arbre, et situées les unes au-dessus des autres dans toute l'épaisseur du liège, communiquant entre elles par des galeries cylindriques de 2°*,5 à 3 millimètres de diamètre : quelques chambres sont disposées perpendiculairement à la surface de l'écorce; dans chacune de ces chambres on trouve un grand nombre d'œufs et de larves. Le nid est en rapport avec l'extérieur par des trous circulaires de 2 millimètres de diamètre environ. |
Les Fourmis creusent leurs galeries à l’aide de deux mandibules extrêmement puissantes, se croisant sur la ligne médiane ; ces mandibules sont fortement dentées en scie à leur extrémité, la dent ventrale étant beaucoup plus développée que les trois autres ; ces mandibules sont solidement implantées par deux têtes d'attache, une dorso-latérale, située de chaque côté du labre, et une ventro-latérale, de chaque côté des mâchoires ; les mandibules ne peuvent se mouvoir, grâce à cette disposition, qu'autour d’un axe passant par les deux articulations. |
Le Cremastogaster scutellaris attaque indifféremment le liège mâle, ou le liège de reproduction; la figure 1 représente les dégâts causés dans un liège mâle, mesurant 6 centimètres d'épaisseur. | |
La jeune larve mesure 1 millimètre de longueur et 1/2 millimètre de largeur; elle porte dix paires de stigmates consécutifs; un des caractères les plus curieux de cette larve est la présence, sur la région médiane dorsale du corps, de longs poils de 13/100 de millimètre de longueur, terminés à l'extrémité par un double crochet (fig. 2); ces poils en double harpon sont très régulièrement disposés et en petit nombre : 1l ÿY en a cinq rangées de quatre poils
chacune ; la première rangée est située sur la face dorsale du premier segment abdominal, entre les deux stigmates
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Fig. 1. — Liège attaqué par le Cremastogasler sculellaris OI.
de la troisième paire; les quatre segments suivants portent chacun une rangée de poils semblables ; le métathorax et le sixième segment abdominal portent une rangée de quatre
poils quadrifurqués à l'extrémité ; enfin le mésothorax et le septième segment abdominal sont munis d’une rangée de quatre longs poils simples; la région ventrale du corps
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