GLANDES GÉNITALES MALES DES LUCANIDÆ
Dans la famille des Lucanides, nous n'avons soumis à notre examen que deux espèces, très communes dans le Plateau central de la France, le Lucanus cervus et le Dorcus parallelipipedus L. (Vox. PI. XXI, fig. 2, 3 et 4et PI. XXIV, has ste): |
La description donnée par L. Dufour des testicules du Lucanus est inexacte (Voy. Annales des Sciences naturelles, t. VI, p. 179, 1825). Ces organes, dit-il, sont sphéroïdes, de la grosseur d’un pois, et, au lieu d’être formés par une agglomération de capsules spermatiques, ils le sont par les circonvolutions d'un vaisseau testiculaire. Les vésicules séminales, au nombre de deux seulement, sont filiformes. plus longues que tout le corps de l’Insecte, et diversement repliées sur elles-mêmes, etc. La même erreur est reproduite dans la description des testicules du Dorcus, qu'il considère comme formés chacun par un tube présentant, de distance en distance, des renflements moniliformes.
Les organes génitaux mâles des Lucanides, ceux du Lucunus en particulier, présentent quelques analogies de forme avec ceux des Scarabéides. Pourtant, certaines particularités les différencient de ceux de ces derniers. Les principales modifications portent sur le nombre des /obules teshculaires (dix), sur la forme des canaux déférents et le pelotonnement des glandes accessoires (Voy. PI. XXIIL, fig. 3).
Testicules. — La glande testiculaire est composée de dix lobules, tandis qu’on n’en rencontre que six chez le Melolontha. Chaque lobule présente la forme d’une petite masse discoïdale et aplatie, mesurant à peine de 6 à 8 dixièmes de millimètre suivant son plusgrand diamètre. Sa surface externe est lisse et ne présente que très rarement des striations longitudinales. Les divers lobules sont constitués par de nom-
breuses petites ampoules spermatiques à extrémité cæcale dilatée et s’ouvrant, du côté opposé, dans un réceptacle commun. Une membrane enveloppante externe recouvre chaque lobule. C’est du centre de chaque glomérule génital que part le canalicule déférent qui, après un trajet d'un millimètre environ, va déboucher au sommet, légèrement dilaté, du canal déférent. Cetle extrémité terminale est à peu près hémisphérique, et les dix canalicules, au lieu de converger au point culminant de l'extrémité antérieure, s'ouvrent en des points équidistants, sur une ligne circulaire correspondant sensiblement à l’origine de la partie cylindrique du tube. Grâce à cette disposition, une petite portion terminale convexe émerge dans l’espace laissé libre entre les canalicules testiculaires (Voy. PI. XXII, fig. 2).
Les canaux déférents dépassent 3 centimètres de longueur quand ils sont complètement déroulés et présentent deux régions très nettes: l’une antérieure dilatée et l’autre postérieure, courte et rétrécie. La première partie est large, pelotonnée et forme un massif blanchâtre et presque sphérique, situé dans la région postérieure abdominale, de chaque côté de l’armure génitale. Cette première dilatation, remplie de liquide spermatique, peut être considérée comme une vésicule séminale. Le peloton que forme le canal déférent a de 7 à 9 millimètres de diamètre. La portion terminale du conduit, courte et rétrécie, va s'ouvrir à l'extrémité antérieure du canal éjaculateur, en avant et un peu au-dessus de l’orifice des glandes accessoires. Une section, faite à travers la vésicule séminale, permet de constater l'existence d'un large lumen contenant un liquide visqueux, blanchâtre et opalescent (Voy. PI. XXIIL, fig. 2 et 3).
Les glandes accessoires (ecladénies) sont remarquables par ieur forme tubuleuse et leur longueur qui dépasse trois ou quatre fois celle du corps de l’Insecte. Chaque glande est conslituée par un long conduit, à peu près régulièrement cylindrique et ne présentant, dans sa région médiane, qu'un petitrenflement vésicuiaire (Voy. PL. XXII, fig. 3, R). Le dia-
mètre moyen de l'organe est compris entre 0"",4 et 0"",5. Ces glandes sont généralement transparentes dans leur partie iniliale et renferment un conténu blanchâtre ou jaune clair et d'apparence glaireuse ou muqueuse. Elles débutent par un léger renflement ovalaire et deviennent ensuite à peu près régulièrement cylindriques. En continuant leur marche, elles décrivent un certain nombre de circonvolutions et forment un peloton aplati et directement appliqué contre la région entortillée du canal déférent, de chaque côté du rectum. Le tube glandulaire, après sa sortie du peloton, se rétrécit, se recourbe et va déboucher à l’extrémité antérieure du conduit éjaculateur, au-dessous et un peu en arrière de l'orifice du canal délérent (Voy. PI. XXI, fig. & et 4). On parvient assez facilement à dérouler le peloton formé par les glandes annexes, mais la même opération est fort difficile quand on essaye d’étaler le canal déférent. — Contrairement à ce qui existe chez presque tous les Mélolonthiens, on ne constate qu'une très légère dilatation vésiculaire aux glandes annexes des Lucanides (Voy. fig. 3, R).
Le conduit éjaculateur des Lucanes, dont la longueur dépasse 3 centimètres, présente deux parlies très nettes : l’une antérieure, élargie, recourbée en fer à chevalet pourvue d’un diamètre de 1*°,5 environ, et l’autre, postérieure, cylindrique, filiforme et dont l’épaisseur n’est guère qu’un cinquième de celle de la région précédente {Voy. PI. XXII, fig. 3 et 4). Son extrémité (E) est large, aplalie sur ses deux faces et recoit latéralement les glandes accessoires et les canaux déférents. Le tube, élargi dans sa première parlie, conserve son même diamètre sur une longueur de 12 millimètres environ. Ses parois seules sont épaissies. [l décrit tout d’abord une grande courbure, se rétrécit ensuite insensiblement, puis brusquement pour devenir filiforme, uniformément cylindrique, et conserver à peu près ses mêmes dimensions transversales jusqu'au moment de pénétrer dans l’axe de l’armure copulatrice.
La portion du conduit éjaculateur (verge) située dans le
pénis présente une légère dilatation médiane. Ses parois sont musculaires et son lumen central, entouré par une gaine chitineuse, est très étroit. Le conduit passe au-dessous d’un arc chilineux transverse, repose ensuite sur une plaquette inférieure (Voy. PI. XXIV, fig. 2P et Ajetse continue parune lamelle ou languette légèrement aplatie B. 1. À cette dernière fait suite un long appendice filiforme, chitineux et recourbé en spirale (F). Ce prolongement, plusieurs fois replié sur lui-même, simule assez bien la forme que présente la trompe d’un papillon. Nous n'avons rencontré nulle part, chez les Coléoptères, un pareil filament spiralé qui, sans nul doute, doit être un organe d'excitation au moment de l’accouplement. | |
Apparel copulateur. — Cet appareil comprend trois pièces principales, dont l’inférieure, la palelte, supporte les deux autres, concentriques et emboîtées l’une dans l’autre : l’éfai pénal et le pénis. Ce dernier contient, suivant son axe, la partie terminale du conduit éjaculateur.
La palette est située directement au-dessous de létui pénial et lui sert de soutien. C’est une lamelle chilineuse recourbée, à convexilé inférieure, amincie en avant et élargie en arrière. Sa partie antérieure porte de gros faisceaux musculaires qui vout se rattacher au pénis. Latéralement, une membrane cornée, mince et transparente, recouvre en partie l'appareil copulateur.
étui pénial où gaine du pénis comprend deux parties : l’une antérieure, légèrement concave, et l’autre postérieure, composée de deux pièces courbes, amincies à leur extrémité libre et formant deux sortes de pinces.
La partie antérieure de l’étui n’est formée que par une pièce unique, creuse, recourbée dans le sens antéro-postérieur, amincie en avant ei élargie en arrière où elle se termine par quatre denticulations, dont les deux latérales se redressent et embrassent la partie médiane de l’armure. La seconde pièce de l’étui est constituée par deux lamelles: ou valves, fixées en avant, mais libres en arrière et termi-
ORGANES REPRODUCTEURS MALES DES COLÉOPTÈRES. Ph À
nées par un court crochet dirigé verticalement. Chaque valve présente la forme d’un mors de pince et peut jouer le rôle d'organe fixateur en se rapprochant de sa congénère.
Le pénis proprement dit est lui-même soutenu par une lamelle chitineuse pourvue de deux longues tigelles dirigées en avant. Ces tigelles sont unies entre elles par un arc transverse, qui se continue, en arrière, par une plaquette légèrement convexe et échancrée à ses deux extrémités. A son bord postérieur se trouvent deux bourrelets blanchâtres, non chitineux, entre lesquels émerge la languette qui fait suite au conduit éjaculateur et se continue par le filament spiralé et filiforme dont nous avons déjà parlé (Noel XXIV.. fie. 2).
DoRcus PARALLELIPIPEDUS. — Les organes reproducteurs mâles du Dorcus offrent à peu près la même disposition que ceux des Lucanes (Voy. PI. XXIV, fig. 1). Les /obules ou glomérules testiculaires, au nombre de dix à douze pour chaque glande, sont globuleux ou légèrement aplatis à leur face supérieure. Les glandes anneres sont plus grêles, relativement aux dimensions du corps de l'Insecte, que celles de l'espèce précédente. En outre, le conduit éjaculateur, mince à son origine, se dilate brusquement et se recourbe ensuite en forme de crochet. Après ce premier élargissement. il s’amincit de nouveau, devient filiforme et pénètre, après un trajet de 10 à 12 millimètres, à l'extrémité antérieure de l'armure copulatrice.