GLANDES GÉNITALES MALES DES CETONINÆ
Ainsi que nous l'avons déjà dit, dans cette Étude d'anatomie comparée des organes génitaux mâles des Coléoptères, nous sommes loin d'avoir suivi les classifications ordinaires, basées uniquement sur des caractères morphologiques extérieurs.
Nous avons simplement groupé, autour d'un très petit nombre de types, des espèces appartenant parfois à des familles ou à des tribus très éloignées les unes des autres, mais dont les organes que nous étudions présentent à peu près les mêmes dispositions anatomiques. C'est ainsi que nous avons élé amené à placer la tribu des Cetoninæ après la famille des Lucanides, à cause du plus grand degré de complexité que présentent les glandes génitales mâles des Cétoines.
Dans la tribu des CEroniNÆ, nous avons tout particulière-
ment étudié les genres suivants : Oxythyrea, Trichius Gnorimus et Cetonia (Voy. PI. XXIIL, fig. 1 et 6). 1° OxyrayREA et Tricmius. — Les glomérules testicu-
laires sont, chez lOxythyrea, au nombre de six pour chaque glande. On en compte presque toujours dix chez le Trichius. |
Les glomérules de l’'Oxythyrea ont une forme aplatie ou discoïdale et parfois globuleuse, à faces supérieure convexe et inférieure concave. Leur apparence extérieure affecte à peu près celle d’un chapeau de champignon et les utricules spermaliques qui les constituent rappellent la disposition des lamelles qui portent l’hyménium. Ils sont enveloppés d'une mince membrane et conslitués par une multitude de tubes aplalis et à extrémité cæcale externe légèrement renflée. Leur extrémité interne amincie va, au contraire, s'ouvrir dans une sorte de réceptacle central d’où part le canalicule déférent. Ce dernier est mince, presque capillaire, peu sinueux et va déboucher à l'extrémité dilatée du canal déférent. Les six canalicules s'ouvrent, suivant une ligne circulaire, autour de cette extrémité élargie (Voy. PI. XXII, fig. 6).
Les glomérules testiculaires (au nombre de dix) du Trichius présentent la forme d’un tronc de pyramide, à base irrégulière tournée vers l’extérieur. C’est de l'extrémité tronquée et ombiliquée dans sa partie médiane que naît le canalicule excréteur. |
Les canaux déférents de l'Oxrythyrea sont cylindriques et dépassent, quand ils sont complètement étalés, la longueur du corps de l’Insecte. Leur extrémité antérieure est renflée, déprimée à son centre et presque cordiforme. Elle reçoit sur son pourtour les six canalicules efférents dont les orifices sont disposés presque circulairement. Le tube est tout d'abord fort sinueux et forme même un petit peloton dû aux nombreux tours spiralés qu'il décrit. Il se dilate ensuite brusquement tout en décrivant de nombreux tours héliçoïdaux. Cetle portion du canal, pelotonnée et dilatée, renfermant de nombreux spermatozoïdes, peut être considérée comme jouant le rôle de vésicule séminale. À Ia suite de cette dernière, le canal déférent diminue de diamètre, devient à peu près régulièrement cylindrique et se dirige en arrière pour s'unir aux parties terminales des glandes ‘annexes. |
Les eanaux déférents des Trichius sont également cylindriques et présentent, vers leur région médiane, une large dilalation vésiculiforme constituant le réceptacle séminal.
Les glandes annexes (ectadénies) sont deux tubes cylindriques, blanchâtres et plus longs que les canaux déférents. Elles décrivent de nombreuses circonvolutions et présentent une dilatation terminale, assez accentuée, remplie d’un liquide blanchâtre et gluant. Chez le Trichius, ces. glandes sont plus longues que celles de l’'Oxrythyrea, elles sont flexueuses, blanchâtres et forment un volumineux peloton.
Le conduit éjaculateur de l'Oxythyrea, contrairement à ce -qui à lieu chezles Mélolonthiens, est très court. Il comprend deux parties principales (Voy. PI. XXII, fig. 6) : l’une antérieure étroite et l'autre postérieure, beaucoup plus large et à parois très épaisses. La première est courte, cylindrique et recourbée.
Elle se dilate brusquement et se continue par un tube très large, replié en forme de crosse et à parois musculaires très épaisses. Cette seconde partie est à peu près
régulièrement cylindrique et conserve son même diamètre ANN. SC. NAT. ZOOL. x. 23
en pénétrant à l'extrémité antérieure de l'armure génitale.
L'armure génitale affecte la forme d’un prisme quadrangulaire et comprend, comme partie principale, le pénis. Ce dernier est formé : 1° par une pièce rectangulaire supérieure, en forme de bouclier, et 2° par deux lamelles postérieures, écartées l’une de l’autre, bidentées et jouant le rôle de pinces.
2° CEroniA. — L'appareil génital mâle des Cétoines présente un plus grand degré de complexité que celui des autres
espèces appartenant à la même tribu. Ici, contrairement à ce que nous avons constaté jusqu’à présent, nous voyons
apparaître trois paires de glandes annexes.
Les testicules, chez la Cetonia aurata et la Cetonia floricola, sont composés chacun par douze paires de glomérules ou
lobules munis de canalicules vecteurs longs et flexueux.
Chaque glomérule, pris à part, présente une fon lenticulaire très netle, à contours réguliers. Il est constitué par une infinité de tubules ou ampoules spermatiques, à peu près cylindriques, grêles et courtes, terminées en cæcum à leur extrémité distale et s’ouvrant dans un petit réceptacle central, origine du canalicule efférent. Ce sont les cellules épithé-
liales qui tapissent la face interne de ces ampoules, lesquelles:
se transforment en spermatozoïdes (Voy. PI. XXIIF, fig. 1). Une
membrane, mince et transparente, enveloppe chaque glo-
mérule testiculaire et permet d’apercevoir par transparence
les utricules spermatiques internes. Les canalicules défé-
rents qui partent de la faceinférieure de chacun des lobules, sont étroits, cylindriques, flexueux et vont déboucher à l'extrémité antérieure du canal déférent proprement dit, en des points peu distants les uns des autres (Voy. PI. XXII, fig. 1). Les deux groupes de glomérules testiculaires forment deux massifs irréguliers ({esticules), situés dans les derniers segments abdominaux.
Les canaux déférents sont longs, ETES et décReEs
de nombreuses circonvolutions avant de s’ouvrir à l’extré-
mité dilatée du conduit éjaculateur. Leur région anté-
CEE
rieure est amincie, tandis que leur partie terminale s’élargit et forme une petite ampoule ovoïde. Ces canaux sont remarquables par leur volume comparativement à celui des autres parties de l'appareil et forment, dans la région postérieure abdominale, au-dessous du tube digestif, deux gros pelotons blanchâtres.
Glandes annexes. — Les glandes annexes sont, chez les Cetonia, au nombre de trois paires. Nous désignerons, sous le nom de mésadénies, les deux paires internes qui s’unissent, à leur partie terminale, en deux tubes très courts allant déboucher, de part et d'autre, à la base du canal déférent. Nous réserverons, au contraire, le nom d’ec{adénies aux glandes annexes qui s'ouvrent directement à l'extrémité antérieure du conduit éjaculateur et qu’on peut considérer comme des dépendances directes de ce dernier (1). Les mésadénies des Cétoines, au nombre de deux paires (Voy. PI. XXII, fig. 1), sont formées par deux longs tubes cylindriques, comprenant deux parties très distinctes : l’une antérieure, étroite et formant un peloton blanchâtre appliqué contre la face antérieure des testicules. Chaque tube se dilate ensuite et prend un diamètre double de celui qu'il avait primitivement. Le contenu de chaque organe est un liquide blanchâtre, muqueux, gluant et facilement visible à travers la paroi transparente du lube. Les quatre glandes s'unissent deux à deux, de chaque côté, pour former deux tubes très courts. Ces derniers vont chacun déboucher du côté interne de l'extrémité terminale du canal déférent correspondant, en un point très voisin de l’origine du conduit éjaculateur (Voy. PI. XXII, fig. 1, 47 et Me).
A l'appareil génital mâle des Cétoines se rattachent aussi deux appendices glandulaires, cylindriques (ectadénies), fixés à l'extrémité antéro-latérale du conduit éjaculateur. Ces glandes sont constituées par deux tubes sinueux, larges, décrivant de nombreuses circonvolutions et formant un
(1) Rappelons, en passant, que ces deux dénominations ne comportent aucune allusion concernant l’origine. de ces glandes.
peloton au milieu des replis des canaux déférents. Ces deux slandes annexes, par leur posilion et leur mode d'embouchure, peuvent être considérées comme des évaginations tubuleuses du conduit éjaculateur.
Le conduit éjaculateur de la Cetonia aurata est très court et recourbé en arc. Il débute par une extrémité dilatée et cordiforme et se continue par une partie amincie qui décrét une courbure avant d'augmenter encore de diamètre. La dilatation terminale commence presque brusquement et atteint un diamètre à peu près double de celui de la partie antérieure. Cette partie dilatée décrit, comme la première, une courbe avant de pénétrer dans l'appareil copulateur.
Ce dernier, qui atteint de 8 à 9 millimètres de longueur, comprend un certain nombre de pièces chitineuses situées dorsalement. La pièce antérieure est formée par une plaque unique, convexe et élargie à ses deux extrémités. La plaque postérieure forme un étui entourant complètement le pénis. Elle est constituée par deux lamelles libres en arrière, mais soudées en avant.
L’extrémité de la plaque unique, provenant de cette soudure, se termine par deux pointes mousses, entre lesquelles se voit l’orifice du conduit éjaculateur (Voy. PI. XXII, fig. 1).
HISTOLOGIE