GLANDES GÉNITALES MALES DES SCARABEIDÆ ET DES LUCANIDÆ
Avant de terminer ce chapitre, nous allons étudier la structure histologique des organes générateurs mâles de quelques Coléoptères (Cetoninæ et Lucanidæ) à testicules multiples et fasciculés (Voy. PL XXII, fig. 5 ; PL. XXIV, ue: 2,06, 6, 17,8, ADS ET MS ERP VIE
Nous avons déjà vu que chaque glomérule testiculaire de Cetoninæ est constitué par un grand nombre d'ampoules ou
utricules spermatiques (canalicules séminifères), en forme de
massues, à extrémité distale arrondie et dilatée et à portion
D Rs US de PEU Un EE D —. mes , ER PE
> ste. ge dei.
on mt ee
interne amincie et cylindrique, s’ouvrant directement dans une sorte de réceptacle, duquel part le canalicule déférent. Une section transversale, faite à travers un lobule testiculaire de Cetonia(Voy. PI. XXIV, fig. 5) nous rend bien compte de cette structure et nous montre la disposition des canalicules ainsi que la forme du réceptacle où ils vont déboucher.
L'ensemble de l'organe est recouvert par une très mince membrane (enveloppe glomérulaire) contre laquelle viennent s'appuyer les parois externes des wfricules où ampoules spermatiques. Ces dernières présentent, dans leur ensemble, la forme d’un trapèze ou d’un rectangle très allongé (Voy. PL XXIV, fig. 5 et 6). Dans la plupart des cas, leur bord externe est double ou même parfois triple du diamètre de leur orifice interne. Les cloisons latérales sont ténues, sinueuses et constituées par quelques fibrilles provenant de prolongements émanés de l'enveloppe du lobe et surtout de celle des ampoules. Leur cavité interne renferme, soit des cellules génératrices des spermatozoïdes ou spermatogonies, soit des faisceaux de spermatozoïdes complètement développés et dont les uns sont sectionnés et d’autres, au contraire, sont vus de profil. Les spermatogonies sont des cellules sphériques, pourvues d'un gros noyau et réunies par groupes contigus ou isolés les uns des autres.
Sur une section transversale, on compte parfois, pour chaque lobe testiculaire, de cinquante à soixante utricules spermatiques.
Le réservoir collecteur central de chaque glomérule comprend extérieurement une mince enveloppe musculaire, une membrane basale très mince et enfin une assise épithéliale formée par une rangée de hautes cellules cylindriques et pourvues d’un noyau central. La cavité du réceptacle est remplie d’un liquide hyalin etréfringent et d’une multitude de spermatozoïdes groupés en faisceaux ou orientés en tous sens.
Une coupe faite transversalement en dehors de la région centrale présente, chez la Cefonia floricola L., de grandes analogies avec une section pratiquée dans les organes
homologues des Chrysomélides et des Longicornes. La section représentée par la figure 4 (PL. XXIV), passe non loin des bords de l'organe et les divers utricules spermatiques ont été intéressés obliquement. L'ensemble de l'organe est entouré par une membrane commune ; au-dessous de cette dernière vient une assise de fibrilles circulaires qui envoie, vers le centre, des prolongements lamellaires constituant les cloisons séparatrices des diverses ampoules séminales. On trouve dans ces dernières deux sortes d'éléments : des spermogonies et des spermatozoïdes. Les premières sont des cellules sphériques, à gros noyau granuleux, rarement central et presque toujours excentrique. Elles sont presque toujours groupées, au nombre de vingt à trente, en masses presque sphériques localisées contre les parois des utricules (Voy. PI. XXIV, fig. 4).
Des coupes de canalicules déférents de Ceéonia aurata (Voy. PI. XXIV, fig. 7) sont allongées, ovales et non circulaires comme celles des conduits vecteurs. Leur structure rappelle un peu celle de ces derniers, avec cette différence que les cellules sont plus régulièrement cylindriques et à protoplasme granuleux. Leur noyau est ovale et leurs parois internes sont irrégulières et peu apparentes.
Canaux déférents. — La structure des canaux déférents est très simple. Chez les Geotrupes mutator, on trouve extérieurement une mince enveloppe musculaire à fibres circulaires (Voy. PL. XXIIL, fig. 5). Vient ensuite une membrane basale, de nature conjonctive, hyaline et très ténue. L'épithélium interne se compose de cellules cubiques ou rectangulaires, à gros noyaux sphériques et granuleux. Le cytoplasme est également granuleux vers la base et vacuolaire du côté interne. Le bord libre de l’assise cellulaire est plus ou moins régulier et se présente fréquemment avec des déchirures.
La cavité interne du canal déférent est généralement sinueuse el renferme une masse compacte et granuleuse . produite par la sécrétion des cellules de la paroi. Ce con-
tenu se coagule par l’action des liquides fixateurs (alcool, sublimé, etc.), mais ne se contracte généralement pas, car, dans le cas présent, iladhère étroitement au bord interne de l'épithélium pariétal.
Les glomérules testiculaires et les canaur déférents des Lucanes et des Dorcus présentent à peu près la même structure histologique que ceux des Céloniens, aussi, nous dispenserons-nous de les décrire.
Les vésicules séminales du Dorcus, simples dilatalions des canaux déférents, diffèrent cependant, quant à leur structure, de celles des espèces précédentes, par la forme aplalie de leur épithélium interne. Leurs parois sont minces, transparentes et formées par une membrane musculaire à fibres circulaires. Les cellules pariétales, limitant le lumen central, sont aplaties, étroitement unies entre elles et pourvues de noyaux ovales à grand axe transverse. Le protoplasme présente, surtout du côté interne, de nombreuses vacuoles (Moy. PI. XXIV, fig. 8).
Les glandes annexes (ectadénies) des Lucanes, remarquables par leur transparence et la couleur de leur contenu, sont formées par deux tubes cylindriques, flexueux et dépassant deux ou trois fois la longueur du corps de l’Insecte. Leur structure histologique nous démontre, d’une façon très nette, leur nature glandulaire ; de plus, la forme et la disposition de leur épithélium interne ne sont pas sans présenter une analogie avec celles de l’épithélium intestinal que nous avons décrites chez les Orthoptères et en particulier chez les Forticulidæ (Noy. Appareil digestif des Orthoptères : Ann. des Sciences naturelles, Zool., 1897).
Une section transversale, faite perpendiculairement à l'axe de chaque tube glandulaire, nous présente à considérer : 1° une membrane à parois minces et transparentes, formée principalement par des fibres circulaires, avec quelques rares faisceaux longitudinaux ; 2° une membrane basilaire, et 3° l’épithélium sécréteur interne. Ce dernier est constitué par de hautes cellules cylindriques, placées côte à côte et dis-
posées en une assise unique. Le contenu cellulaire est clair: autour du noyau, mais légèrement granuleux à ses deux extrémités. Parfois, le bord interne présente quelques vacuoles. Sur le pourtour de ce même bord on observe constamment la présence de pelits globules réfringents et fortement colorés, dont les uns sont encore adhérents à la cellule et les autres complètement libres dans la cavité centrale du tube glandulaire(Voy. PI. XXIV, fig. 10). Ils sont souvent disposés en une ou plusieurs assises ; certains même ne liennent au bord interne de la cellule que par un pédicule plus ou moins long. Ces globules se colorent intensivement par le picro-carmin, et leur nombre, ainsi que leur situation par rapport à l’épithélium interne, témoigne en faveur de la grande activité sécrétrice de la glande. La cavité centrale de l’organe est remplie par un produit épais, compact, hyalin, transparent et entouré parfois d'un manchon de globules nouvellement sécrétés.
Dans le Dorcus parallelipipedus, les phénomènes de sécrétion se présentent encore avec plus de netteté que dans. l'espèce précédente. Les cellules de l’épithélium interne sont allongées, cylindriques et à parois latérales peu apparentes (Voy. PI. XXIV, fig. 11). Leur protoplasme, granuleux vers la base, est compact et fibrillaire du côté interne. Lenoyau, situé dans la région centrale de l'élément, est ovale et étroit. Nous avons pu, à maintes reprises, étudier comment la cellule épithéliale expulse son contenu muqueux. À. un moment donné, le bord interne de la cellule se rompt et on voit s'échapper un produit homogène, compact et gluant. Leglobule sécrété forme tout d’abord un capuchon hémisphérique, s'étire, s’allonge et tombe finalement dans la cavité. centrale de la glande. Parfois la gouttelette est reliée au bord interne de la cellule par un fin pédicule. Souvent la paroi interne épithéliale est entourée d’un bourrelet momiliforme dû à l’accolement des globules sécrétés.
Le produit de sécrétion est tout d’abord gluant et gélatineux, mais il ne tarde pas à se coaguler, par l’action des.
réactifs, en une masse homogène, hyaline et transparente.
Conduit éjaculateur. — Le conduit éjaculateur des Lucanides présente deux parlies tout à fait différentes quant à leurs dimensions : la première est large et recourbée en fer à cheval, tandis que la seconde est grêle et filforme. La structure histologique de ces deux parties est à peu près identique, et la dilatation est due, non pas à l'élargissement de la lumière interne, mais bien à l’épaississement considérable que présentent les parois musculaires du conduit.
Si l’on fait une section transversale dans la partie antérieure élargie du conduit éjaculateur du Lucanus cervus, on trouve successivement les diverses couches suivantes. (Not XXV, fie: 1) :
1° A l'extérieur, une très mince membrane recouvrante ou péritonéale ;
2° Vient ensuite un épais et puissant manchon musculaire, formé par une couche de fibres circulaires externes et par plusieurs assises de faisceaux longitudinaux internes. Entre les deux couches musculaires, on constate la présence dequelques fibres obliques. La couché longitudinale interne forme, autour du canal, un anneau complet et comprend de quatre à sept assises. Le nombre de ces assises varie cependant suivant les régions ;
3° La tunique propre ou membrane basilaire est très. mince et supporte l'épithélium chitinogène ;
4 L'épithélium chitinogène est formé par une simple assise de cellules cylindriques, à gros noyau central. Le cytoplasme est granuleux vers la base et fibrillaire du côté interne. Dans celte région, en effet, les parois des cellules deviennent indistinctes et on a toutes les transitions entre le contenu cellulaire et la membrane chitineuse. Ce qui prouve que l’intima n'est pas un produit de sécrétion, mais bien une différenciation du bord interne des cellules ;:
Enfin 5°, tout à fait vers l’intérieur, on trouve un manchon chitineux entourant le lumen central du conduit. Il est régulier et ne présente, dans cette région, aucune protubé-
rance interne (soies, piquants ou poils). Si l’on plonge le tube dans une dissolution chaude de potasse caustique, les divers tissus se désagrègent el on ne conserve que le manchon chitineux. ae
Une coupe, faite à l'extrémité postérieure du conduit éjaculateur (portion située dans l’axe du pénis) présente, chez le Dorcus, quelques modifications à la description précédente (Voy. PI. XXIV, fig. 12). La membrane musculaire est mince et l’assise chitinogène est formée par des cellules aplaties. D'autre part, l’intima chitineuse interne est épaisse, hyaline, transparente et hérissée de nombreuses soies, à base élargie et à extrémité libre très effilée.