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ORGANES GÉNITAUX MALES DES CHRYSOMELIDÆ (1) ET DES CURCULIONIDÆ

Les organes reproducteurs mâles des Chrysomelidæ (Voy. PI. XXIV, fig. 9, et PL. XXV, fig. 3 et 9) sont remarquables par leur extrême simplicité. Par la forme et la structure des testicules, ils se rapprochent de ceux des Scarabéides et des Lucanides, mais ils en diffèrent par l’atrophie des canaux déférents et la forme très réduite des glandes annexes. Pourtant, la présence d’un renflement au conduit éjaculateur permet cependant de placer l'appareil générateur des Chrysomèles à côté de celui des Lucanes.

Les glandes génitales mâles des Chrysomèles présentent les plus grandes analogies de formes avec celles des Oreines.

Comme chez ces dernières espèces, on trouve des testicules formés par un grand nombre de canalicules ou ampoules spermatiques, deux glandes annexes tubuleuses et un conduit éjaculateur pourvu d’une dilatation due aux épaississements de ses parois (V. PI. XXV, fig. 9).

(1) Pour de plus amples détails, voyez notre mémoire: Recherches anato-

miques et histologiques des organes génitaux mâles des Chrysomelidæ (Journal de l'anatomie et de la physiologie, t. XXXV, juillet-août 1899).

Les testicules de la Chrysomela cerealis L., au nombre de deux paires, sont disposés symétriquement de part et d'autre de l'intestin terminal. Ils sont, de chaque côté, contigus l’un à l’autre et se présentent sous une forme aplatie, discoïdale et à contours nettement circulaires. Leur face supérieure est plane et l'inférieure légèrement concave. Chaque glande est formée d'une série d'ampoules spermatiques allongées, à région externe élargie et hémisphérique, tandis que l’interne est à peu près cylindrique et va s'ouvrir dans la portion initiale dilatée du canal déférent. Ces ampoules, généralement disposées suivant une rangée unique, sont, pour chaque testicule, au nombre de vingt à trente environ.

Les testicules de l’Oreina sont assez volumineux et remplissent, à l’époque des fonctions génésiques, la presque totalité de la cavité abdominale. Ils sont situés vers la face dorsale de cette partie du corps, se touchent presque par leur bord interne et ne laissent entre eux qu’un étroitespace livrant passage à la partie terminale du tube digestif.

Chaque {esticule, aplati et à contour circulaire, a un diamètre compris entre 2 et 3 millimètres. Il est recouvert par une très mince membrane et maintenu en place par de nombreux filaments trachéens qui envoient de fines ramifications jusque dans l’intérieur des ampoules spermatiques. L'ensemble de l'organe, par sa forme circulaire, à faces supérieure et inférieure légèrement bombées, présente assez exactement l'apparence d'une nummulite. Les ampoules spermaliques, constituant chaque glande, sont fort nom- breuses. Elles vont s'ouvrir dans un réservoir situé à la face inférieure et duquel part le canal déférent. C’est dans les diverses ampoules, principalement vers leur région cæcale, que prennent naissance et se développent les spermatozoïdes.

Les canaux déférents des Chrysomèles sont assez courts et prennent naissance au milieu de la face interne des testicules.Leur extrémité distale est élargie et reçoitles parties ter-

minales des capsules spermatiques. Après sa sortie du testicule, le canal diminue de diamètre, prend une forme à peu près cyhndrique et ne tarde pas à s’unir à son congénère pour former, de chaque côté, le canal déférent impair. Ce dernier, de couleur blanchâtre, est étroit, peu sinueux et se dilate légèrement vers sa partie terminale, constituant ainsi une sorte de réservoir séminal.

Chez les Oreines, les canaux déférents sont également courts et peu sinueux, sauf à leur origine où ils décrivent quelques circonvolutions. Chacun d’eux naît de la dilatation ampuliforme située au-dessous des testicules, dilatation qu'on peut considérer comme la portion initiale, très élargie, du canal déférent (Voy. PI. XXIV, fig. 9). Les deux conduits primitifs s'unissent ensuite et forment le canal déférent impair. Ce dernier, régulièrement cylindrique, ne tarde pas à se dilater à son tour en formant une petite ampoule, au-dessous de laquelle vient déboucher la glande accessoire.

Les glandes accessoires des Chrysomèles et des Oreines sont paires et constituées par deux tubes sinueux, blanchâtres, à parois transparentes et plissées. Elles conservent, pendant tout leur trajet, à peu près le même diamètre et vont se fusionner avec le canal déférent, dans la région ovoïde que nous venons de signaler (Voy. PI. XXV, fig. 3 et 9).

La seconde partie du canal déférent a une structure histologique qui ne diffère pas sensiblement de la première. Une section transversale nous montre ia succession des couches suivantes : 1° une membrane recouvrante externe (membrane péritonéale) très mince ; 2° une assise musculaire composée surtout de faisceaux circulaires et de quelques fibres longitudinales, et enfin 3° un épithélium interne constitué par des cellules aplaties, reposant sur une membrane basilaire très ténue. Le canal se dirige ensuite en arrière pour s'unir avec celui du côté opposé et former ainsi le conduil éjaculateur. G

Ce dernier présente, à lui seul, une longueur double de

celle des canaux déférents réunis. C’est un tube impair el formant deux courbures principales. La première partie est mince el filiforme, tandis que la seconde, recourbée en arc, a un diamètre triple du diamètre primitif. Cet accroissement dans les dimensions du conduit éjaculateur n'est nullement dû à la dilatation de sa lumière centrale, mais bien à l'épaisseur de ses parois. Ces dernières sont, en effet, très puissantes et constituées presque entièrement par de nombreux faisceaux musculaires superposés et dirigés cireulairement. Le conduit se rétrécit peu à peu vers sa région postérieure, revient à ses dimensions primitives et pénètre enfin dans l'axe de l’armure génilale, constituant ainsi un tube étroit qu'on pourrait dénommer la verge.

Le conduit éjaculateur de l’Oreina affecte à peu près les mêmes caractères que celui de l’espèce précédente. Il en diffère cependant par la présence d'un plus grand nombre de sinuosités et par une moindre dilatation de sa région médiane.

L'armure génitale mâle des Chrysomèles est assez simple el présente à peu près la même disposition que celle des Oreina el des Lina. Elle ne comprend que deux pièces principales : la 44e ou lamelle basilaire etle pénis. La première de ces pièces est constituée par une lamelle grêle, bifide et dont les deux branches, situées au-dessous de l’étui pénial, sont dirigées en avant. Le sommet, légèrement élargi et émoussé, passe au-dessus de l'extrémité postérieure de l’étui pénial. De nombreux muscles, attachés aux tigelles latérales, servent à maintenir la pièce dans une position fixe et à la rattacher à la face inférieure du pénis. Ce dernier est consütué par un tube à peu près cylindrique, recourbé dans un plan verlical et présentant, à son extrémité postérieure, une échancrure ovoiïde, en avant de laquelle existe l’orifice génital mâle.

Chez les Oreines, la lamelle triangulaire (Voy. PI. XXIV, fig. 9) est constituée par une tigelle bifide, située au-dessous de l’armure, puis passant au-dessus pour former une lamelle

transverse placée à la face postéro-supérieure de la gaine. Le pénis est un tube chitineux, presque cylindrique et à face supérieure convexe et légèrement aplatie.

HisroLo@ie (Voy. PI. XXV, fig. 8). — Les parties de l’appareil génital mâle des Chrysomelidæ les plus intéressantes à étudier au point de vue histologique sont : les testicules, les canaux déférents et le conduit éjaculateur.

Teshicules. — Une section faite dans les zesticules perpendiculatrement au canal déférent ou bien parallèlement aux deux faces supérieure et inférieure, nous montre la disposition des ampoules ou utricules spermatiques et vient confirmer, une fois de plus, les résultats fournis par la dissection fine. Les diverses capsules spermatiques dont se compose chaque testicule nous apparaissent alors disposées radialement et allant converger vers la région centrale de l'organe, à l'extrémité dilatée du canal déférent (Chrysomela).

Chaque glande est entourée par une membrane ou tunique péritonéale externe, peu épaisse et constituée par quelques fibrilles circulaires et, à l’intérieur, par des fibres conjonctives, présentant çà et là des lacunes donnant à la membrane, dans certaines régions, une apparence réliculée. De distance en distance, on rencontre la section de quelque tube trachéen. Les anpoules spermatiques sont nettement séparées les unes des autres par de très minces cloisons. Certaines sont contiguës; d’autres, au contraire, sont séparées par une lacune longitudinale plus ou moins large. Leur extrémité

externe est élargie et convexe, tandis que l'interne,

s'ouvrant dans le réservoir central, est amincie et cylindrique. Les unes affectent la forme d’un cône à sommet tronqué et d’autres celle d’une massue. Leur cavité interne

est remplie d'innombrables faisceaux de spermatozoïdes,

dont cértains se présentent de profil et apparaissent sous

forme de touffes filamenteuses, tandis que d’autres, coupés

transversalement, se montrent sous l’apparence de petites P

masses granuleuses, ovales ou rectangulaires.

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Le canal déférent est, de même, rempli à son origine de spermatozoïdes isolés et disposés en tous sens. Indépendamment des éléments fécondateurs, il renferme encore un liquide séminal hyalin et transparent.

Les parois du conduit sont recouvertes intérieurement d’un épithélium constitué par une assisse unique de cellules cubiques où aplaties, contenant un gros noyau central granuleux.

La structure histologique du canal déférent varie au fur et à mesure qu'il s'éloigne du testicule. C’est ainsi qu'à un millimètre environ de son point d’origine, l’épithélium se modifie sensiblement et se compose de cellules cylindriques, allongées et à noyau ovale localisé principalement vers la moitié externe de l'élément. Le contenu cellulaire est clair à la face interne, tandis qu'il présente de nombreuses granulations dans la région périnucléaire.

Le conduit éjaculateur des Chrysomela (Noy. PI. XXVW, fig. 8) présente à peu près la même structure histologique sur tout son parcours, et la partie élargie n’est due uniquement qu’à l'accroissement d'épaisseur des parois du tube. Une section, faite dans la région dilatée, nous présente à considérer : 1° une membrane recouvrante externe ou tunique péritonéale, très mince; 2° une couche musculaire circulaire formée par un nombre très variable (quatre à sept) d'assises directement superposées. Les divers faisceaux annulaires présentent nettement des striations transversales, ainsi que des noyaux de distance en distance; 3° une assise composée de muscles longitudinaux ; 4° vient ensuite l’'assise émthéhale, reposant sur une très mince membrane basilaire, hyaline et transparente (Voy. PI. XXV, fig. 8).

La région externe de chaque cellule contient un cytoplasme granuleux, tandis que l’interne, en rapport avec l’intima chitineuse, est surtout de nature fibrillaire et présente des striations. Cette disposition est également très caractéristique chez les Lucanides. Les parois latérales cellulaires sont assez apparentes et l’ensemble de l’assise

a un aspect régulier. On voit cependant parfois, de distance en distance, la couche épithéliale se séparer de la membrane basilaire sous-jacente.

Les noyaux cellulaires sont ovales, allongés, mn et placés dans la région médiane; quelques-uns sont cependant localisés sur les parois latérales. C'est la région interne des cellules qui produit l’intima chitineuse. Cette dernière a une épaisseur moindre que -celle de l'assise épuhélale chiinogène, plus externe, qui lui a donné naissance. 7

Elle est à peu près régulière, annulaire et limite un lumen central fort étroit. On n'observe, sur le pourtour interne de l’intima, ni striations, n1 pointes, ni piquants chitineux comme vers l'extrémité postérieure (région anale). En résumé, le caractère le plus saillant à signaler pour le conduit éjaculateur consiste dans l'épaisseur et la puissance de la musculature et dans la structure et la forme de l’assise épuhéliale chitinogène (1).

Famille des Curculionidæ.— Nous n'avons étudié qu'un irès pelit nombre d'espèces appartenant à [a nombreuse el importante famille des Curculionides. Ces espèces sont: VA poderus coryli L. de la tribu des Attelabiens; le C/eonus sulcirostris L., le Cleonus marmoratus Fabr.et le Lepyrus palustris L. (ou Lepyrus colon Fabr.) de la tribu des Cléomiens et enfin, parmi les Erirhiniens, le Lirus anguineus L.

et l'Erirhinus festucæ (Voy. PL. XXV, fig. 2, 4 et 5).

L. Dufour s’est occupé, d'une Hi oi sommaire, des glandes génitales des Charançonites. Dans l’Apoderus on trouve, dit-1l, deux sachets spermatiques orhbiculaires, contigus et enduits d’une mucosité jaunâtre. Chacun des testicules du Lirus se compose de deux capsules spermatiques orbiculaires, ombiliquées, marquées en dessus de traits rayonnants, où la loupe découvre de fines ramifications trachéennes qui y sont comme enfoncées.

(4) Voy. notre note : Étude des glandes génératrices mâles de quelques Chrysomélides (Bull. Muséum Hist. nat., n° 6, p. 182, 1899).

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Les festicules de l'Erirhinus sont constitués par deux paires de petits massifs discoïdaux, aplatis et mesurant à peine de 1"",3 à 1°°,5 de diamètre (Voy. PI. XXV, fig. 2). Ils sont enveloppés d'une très mince membrane et parcourus par de nombreux faisceaux de filaments trachéens. Chacun d’euxest formé par une série d’utricules séminales, allant converger vers la cavité centrale de l'organe. Les diverses ampoules ont la forme de petites massues à extrémité distale arrondie et à partie proximale amincie et débouchant directement dans le réservoir central. Cette structure anatomique est constante chez tous les Curculionides et se rapproche de la disposition que nous avons décrite chez les Scarabéides, les Lucanides, les Chrysomélides, etc.

Chez le Zarus, l'Apoderus, le Lepyrus, etc... les testicules, au nombre de deux paires, sont aplatis, lenticulaires et se

touchent par leur face interne (Voy. PI. XXV, fig. 4 et 5). [ls

sont maintenus dans une position fixe par de nombreuses

ramifications trachéennes. De la face inférieure de chaque

glande partent deux fins canalicules excréteurs, très courts (Lepyrus, Lirus, Apoderus, etc...), qui se fusionnent pour constituer le canal déférent. Chaque testicule comprend de nombreuses ampoules spermatiques, disposées radialement et convergeant vers la région centrale de l’organe. C'est surtout vers l'extrémité externe dilatée de chaque ampoule que s'effectue la spermatogenèse.

Le canal déférent de chaque testicule est, chez l’Erirhi-

nus, très court, droit, cylindrique et va déboucher à l’extré-

mité d'un second tube, aplati et rectangulaire, jouant le rôle de vésicule séminale. La disposition des deux paires de testicules est symétrique par rapport au plan médian du

corps de l'Insecte.

Les vésicules séminales font directement suite aux canaux déférents et sont formées par deux tubes aplatis, courts,

à direction antéro-postérieure et à parois minces et trans-

parentes (Voy. PI. XXV, fig. 2). Elles reçoivent, à leur face supérieure, les deux glandes annexes qui vont s'ouvrir en ANN. SC. NAT. ZOOL. XI, 24

deux points contigus. En arrière du point d'embouchure de ces glandes et tout à fait à la région postérieure du réceptacle séminal, se trouve un massif ovoïde, hyalin, mamelonné et müriforme, formé par une série de cæcums très courts, Jouant sans nul doute un rôle glandulaire et sécrétant un liquide filant et muqueux.

Les glandes annexes ou glandes accessoires sont au nombre de deux paires et se présentent sous la forme de deux longs tubes cylindriques, sinueux et à contenu blanchâtre. Les deux glandes ont à peu près le même diamètre, mais l'une d'elles, la droite, est beaucoup moins allongée etmoins sinueuse que la gauche. Celle-ci décrit de nombreuses, circonvolutions, parfois groupées en peloton, et remplit la presque totalité de l’espace situé au-dessous de l'intestin moyen. Elle affecte, en outre, un caractère que nous n'avons rencontré encore nulle part chez les autres Coléoptères, c'est de donner naissance à certaines ramifications, dont les unes sont courtes, en forme de tubercules latéraux, et les autres plus ou moins allongées. La glande droite est également cylindrique, sinueuse et terminée en cæcum à son extrémité libre.

Un peu en arrière du renflement müriforme dont nous avons déjà parlé, le canal déférent se continue sur une longueur de 1 millimètre à 1 millimètre et demi environ et s’unit ensuite à son voisin pour former le conduit éjaculatewr.

Ce dernier, blanchâtre et transparent, a son diamètre un peu supérieur à celui des portions terminales des canaux déférents. Il décrit deux courbes et pénètre ensuite dans l’axe du pénis chitineux, constituant ainsi la verge.

L'appareil copulateur de l'Ærirhinus est très simple et ne comprend que deux pièces principales : les valves, sortes de tigelles chilineuses disposées latéralement, et le pénis formé par une lamelle simple, brunâtre, chitineuse et recourbée en forme de cornet. Il présente une fente à sa face supérieure et comprend, dans sa région centrale, une masse muscu-

laire contenant suivant son axe l'extrémité terminale du conduit éjaculateur ou verge.

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