‹ Annales des sciences naturelles (volume 5)Chapitre 69 sur 111 · GLANDES GÉNITALES MALES DES CERAMBYCIDÆ OU LONGICORNES · texte numérisé non relu

GLANDES GÉNITALES MALES DES CERAMBYCIDÆ OU LONGICORNES

Les glandes génitales mâles des Longicornes sont encore fort peu connues et les courtes descriptions de L. Dufour sont incomplètes et manquent parfois d’exactitude, surtout en ce qui concerne la structure des testicules et celle des conduits éjaculateurs. Les testicules, dans cette famille, dit-il, sont constitués par des capsules ou sachets spermatiques distincts, pédicellés, assez gros, dont le nombre varie suivant les genres.

« Dans le Prionus coriarius, 11 y a dix sachets pour chaque testicule. Ils sont orbiculaires, ombiliqués et leurs pédicelles ou conduits propres ne s’implantent pas en un même point pour la formation du canal déférent. Le conduit éjaculateur est long, flexueux : il traverse la masse callosomusculeuse qui revêt la base de l’armure copulatrice, puis il forme en dehors une anse flottante, et rentre de nouveau dans l’armure.

« Chacun des testicules du Cerambyx moschatus n’a qu'une paire de sachets spermatiques, multilobés et comme fasciculés. Les organes sécréleurs du sperme, dans le Hamaicherus cerdo, se composent chacun de deux sachets orbiculaires, ombiliqués, simples, pédicellés et assez gros. Le canal déférent est renflé jusqu à l'insertion des vésicules séminales, etc... »

Ainsi qu'on va le voir dans le cours de ce chapitre, notre description diffère en beaucoup de points de celle de Dufour. De plus, la conformation morphologique des festicules permet de rapprocher ces organes de ceux des Scarabéides ct de placer les Longicornes dans le groupe des Coféoptères à

lesticules multiples el fasciculés. Pourtant, la forme et la disposition des ampoules ou utricules spermatiques sont un peu différentes de ce que nous avons vu jusqu à présent.

Nous avons, dans la grande famille des Longicornes, éludié une trentaine d'espèces appartenant aux tribus suivantes : Cerambycinæ, Leptlurinæ, Lamunæ, Ergahinæ (1), etc.

Bien que nous avons placé les Longicornes parmi les Coléoptères à testicules fasciculés, la structure de leurs glandes génitales diffère pourtant de celle des espèces étudiées jusqu'à présent. Chez les Scarabéides, les Lucanides, etc., les ampoules spermatiques sont tubuleuses ou tronconiques, tandis que, chez les Longicornes, elles sont lamelleuses et disposées en feuillets. D'autre part, leurs glandes annexes sont loujours paires, ovoïdes (Lepturinæ), cylindriques, tubuleuses, simples (Cerambycinæ) ou ramifiées (Lamiinæ). Ajoutons encore que ces organes paraissent être plutôtdes évaginations des canaux déférents ou des vésicules séminales que des appendices du conduit éjaculateur. On pourrait donc les désigner sous le nom de mésadénies, si on considérait leur origine. |

Tribu des Lepturinæ. — Les glandes génitales mâles de la Leptura testacea diffèrent de celles des Cérambyciens par la forme des testicules, la réduction des canaux déférents, l’atrophie des glandes accessoires et le grand développement que prend le conduit éjaculateur (Nov PIX EMI he Me) |

Les leslicules, au nombre de deux paires, sont conslitués par un grand nombre de follicules spermatiques, amincis du côlé interne et élargis extérieurement. Ces diverses ampoules, disposées radialement, vont toutes s'ouvrir dans un réservoir central, sphérique, d’où part le canal déférent. Ce dernier est mince, cylindrique, court et peu sinueux. Il

(1) Pour la première de ces tribus, voyez notre Mémoire: Recherches sur les organes génilaux mâles de quelques Cerambycidæ (Annales de la Soc. entomol. de France, vol. LXVIIL, p. 508-516, 1 PL., 1899).

er

se réunit à son congénère pour former un large conduit jouant le rôle de Aa (réceptacle) séminale (Voy. PL. XXVI, fee 2)

Le diamètre des vésicules séminales est bien supérieur à celui des canalicules déférents. Elles se rapprochent peu à peu à leur extrémité postérieure et se fusionnent enfin pour constituer le conduit éjaculateur qui présente, à son origine, une légère dilatation cordiforme.

C’est tout près du point de fusion de l'extrémité terminale rétrécie des vésicuies séminales que viennent déboucher les glandes accessoires, qui présentent une atrophie manifeste et rappellent celles des Timarcha. Ces organes sont très réduits et constitués par deux petites vésicules ovoïdes, renflées vers leur extrémité distale et ailant en s'amincissant peu à peu du côté interne, pour se terminer par un tube court et cylindrique {(Voy. PI. XX VI, fig. 1).

Le conduit éjaculateur comprend deux parties très nettes : l’une antérieure, formée par un tube étroit, cylindrique, et l’autre, qui débute par un bourrelet ovoïde et musculaire à la suite duquel vient un tube à parois épaisses, constituées par des fibres musculaires. Intérieurement est une membrane chitineuse (#r{ima) qui supporte, vers la région terminale du conduit, de nombreuses rangées de dents ou pointes cornées. Enfin, la portion du conduit qui pénètre dans l'axe de l'appareil copulateur est beaucoup plus large que la précédente et est maintenue dans une position fixe par de nombreuses fibres musculaires. La longueur totale du conduit éjaculateur hs chez la Leptura, de 15 à 18 millimètres.

Chez les autres Lepturinæ, les testicules et les canaux déférents présentent à peu près la même disposition morphologique que dans l’espèce précédente. Partout, les conduits éjaculateurs sont longs et flexueux. Les glandes accessoires sont généralement courtes et ovoïdes (S/rangala, Leptura, etc.). Parfois aussi (Judolia), elles sont tubuleuses, régulières et se rapprochent, par leurs

formes, de celles des Chrysomèles (Voy. PI. XXVI, fig. 3).

Tribu des Cerambycinæ (Voy. PI. XXV, fig. 6, 7 et 10). — Les testicules du Cerambyx cerdo L. sont au nombre de deux paires disposées symétriquement par rapport au plan médian du corps de l’animal. Chaque glande présente une forme sphérique et mesure de 1 millimètre et demi à 2 millimètres environ de diamètre (Voy. PI. XXV, fig. 10). Le pôle antérieur est aplati et présente une faible ombilication qui se continue par une petite cavité prolongée jusque près de l’orifice du canal déférent. C’est par le pôle opposé que s'échappe ce dernier conduit qui prend son origine par une extrémité dilatée, située à peu près au centre de la glande. La surface externe de chaque testicule présente de nombreuses striations longitudinales dirigées suivant des méridiennes, c’est-à-dire allant de l’ombilication supérieure au point de sortie du canalicule déférent.

Ces striations correspondent aux lignes de séparation des ampoules spermaliques lamelleuses et en forme d’onglets sphériques. Chacune de ces ampoules peut facilement se détacher et renferme de nombreux spermatozoïdes,allongés, isolés ou groupés en faisceaux.

L'intérieur de la glande présente une cavité provenant d'une dilatation tronconique de l'extrémité initiale du canalcule déférent. Ce dernier commence par une parte évasée et infundibuliforme. Il devient ensuite uniformément cylindrique, sort de la glande par un orifice circulaire et se continue, sur un parcours de 3 à 4 millimètres, avani de s'unir à son congénère. Le canal qui résulte de cette fusion s’élargit brusquement et constitue la vésicule séminale. Celle-ci est un tube cylindrique, large, peu sinueux et dirigé en arrière. Arrivé dans la région postérieure de sa course, ce tube reçoit un conduit très court provenant de la glande accessoire. Il diminue ensuite peu à peu de diamètre

et ne larde pas à se fusionner avec son homologue du côté

opposé pour former le conduit éjaculateur.

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