‹ Annales des sciences naturelles (volume 5)Chapitre 76 sur 111 · I VE · texte numérisé non relu

I VE

À ce dernier, et le parcourant dans toute son étendue, se trouve adapté un organe ovoïde, vésiculiforme, comprenant une partie externe assez volumineuse et un appendice cylindrique traversant l'armure et s’ouvrant à son extrémité. Cet organe, dont les fonctions sont tout à fait problématiques, est spécial aux Swphidæ: nous ne l'avons encore rencontré chez aucune autre espèce de Coléoptères.

Nous allons, dans le paragraphe suivant, décrire l’appareil reproducteur mâle du Timarque dont les testicules, disposés en grappes, présentent de grands rapports morphologiques avec ceux des Silphides. Les autres parties de l’appareil sont, comme on va le voir, tout à fait différentes.

Timarcaa (1) (Voy. PI. XXVIIT, fig. 6). — Sauf Dufour qui leur consacre quelques lignes, aucun entomologiste n’a décrit les organes génitaux mâles des Timarques. « Chez ces espèces, dit-il, le testicule est un sachet oblong, un peu courbé, à peine lobé dans son contour et revêtu d’une tunique assez serrée. Je n'ai point reconnu une texture capsulaire dans son intérieur. Le canal déférent naît de l'extrémité postérieure du sachet ; il est court et étroit. Il s’unit à son correspondant pour former le conduit éjaculateur, qui est flexueux et d’une longueur à peine double de celle des canaux déférents. Je n'aperçois aucune trace de l'existence des vésicules séminales, mais je présume que peut-être de nouvelles dissections les feront découvrir. »

Ce qui frappe tout d’abord en étudiant les organes génitaux mâles des Timarques (Timarcha coriaria), c’est leur extrême simplicité, la forme allongée, d'apparence vésiculeuse, qu’affectent les deux testicules, et surtout l’atrophie considérable que présentent les glandes accessoires. Ces Insectes sont certes, de tous les Coléoptères, ceux dont les diverses parties de l’appareil reproducteur (sauf les testicules) présentent la structure la plus simple et la plus rudi-

(4) Voy. notre mémoire : Recherches anatomiques et histologiques sur les organes reproducteurs mâles des Chrysomelidæ (Journal d’anat. et de physiol., fasc. n° 4, 1899).

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mentaire. Ici, les glandes annexes sont réduites à leur plus simple expression et nous apparaissent sous la forme de deux petits cæcums ovoïdes, tandis que chez tous les autres Coléoptères elles sont constituées par une ou deux paires de longs tubes cylindriques, plus ou moins flexueux et parfois même pelotonnés. Même simplicité dans la disposition des canaux déférents et éjaculateurs qui sont cylindriques, grêles, peu contournés sur eux-mêmes et presque rectilignes. Aussi, si nous voulions établir une classification des Coléoptères, en nous basant uniquement sur les degrés de complexité qu'affecte l’appareil générateur mâle, n’hésiterions-nous pas à placer les T'imarcha à la base de la série.

Les testicules du Timarcha coriaria sont assez volumineux, allongés, coniques ou ovoïdes et mesurent de 4 à 5 millimètres de longueur, sur 2 millimètres environ dans leur plus grande largeur (Voy. PI. XXVIIT, fig. 6).

Une membrane mince, transparente et de nature conjonctive, les enveloppe et leur donne une apparence vésiculeuse. Chaque glande comprend un réservoir ou canalicule médian, large, irrégulier et pourvu d’un nombre variable de courtes ramifications latérales. Ces dernières ontun diamètre un peu inférieur à celui du canal central et reçoivent les parties terminales amincies des ampoules ou vésicules spermatiques.

Chaque ampoule, sessile, présente la forme d’une massue ou d’un appendice ovoïde, à extrémité distale élargie ou parfois aplalie par suite de la compression de ses congénères. Son extrémité proximale est amincie et va déboucher vers le sommet d'une des ramifications du canal central.

Tous les lobules (ampoules) spermatiques, étroitement serrés entre eux et enveloppés par la membrane externe du testicule, donnent à la glande une apparence mamelonnée, müriforme, granuleuse, faisant croire, de prime abord, à un organe constitué par une grosse vésicule impaire, striée et irrégulière. Mais, une section pratiquée à travers le testicule en fait connaître la véritable structure et une dissection minutieuse permet même de séparer les diverses ampoules.

De l'extrémité postérieure de chaque testicule part le canal déférent , sorte de tube régulièrement cylindrique et mesurant de 4 à 6 millimètres de longueur. À son point de convergence avec son congénère existe une sorte de dilatation triangulaire et aplatie, de laquelle part le conduit éjaculateur. L'ensemble des trois canaux présente une disposition en forme de Y.

Peu après sa sortie du testicule, le canal déférent recoit le conduit vecteur de la glande accessoire (mésadénie) disposée latéralement. Cette dernière, au lieu de présenter la forme d’un long tube cylindrique, tortueux et parfois pelotonné, comme cela existe chez la plupart des autres Coléopières, est vésiculeuse, ovoïde ou presque sphérique et mesure à peine de 1 millimètre à 1*°,25 de diamètre. Sa couleur est noirâtre et ses parois épaisses et musculaires. De son extrémité postérieure part un très court canalicule excréteur, débouchant directement dans le canal déférent (Voy. PI. XX VII, fig. 6).

Le conduit éjaculateur du Timarcha prend naissance au point de fusion des canaux déférents et se dirige en arrière en se plaçant immédiatement au-dessous de la portion terminale de l'intestin. C’est un tube cylindrique, peu sinueux, à parois épaisses et présentant de 9 à 11 millimètres de longueur. Il offre, dans son tiers antérieur, une dilatation vésiculiforme, qu'on pourrait confondre avec un réceptacle séminal, bien que sa structure soit identique à celle du reste du conduit : sa lumière n’augmente pas de diamètre et ses parois musculaires seules sont plus épaisses. Vers son extrémité postérieure, le conduit éjaculateur décrit une courbe, se redresse verticalement et pénètre enfin dans l'axe de l’armure copulatrice (pénis).

L'appareil copulateur des Timarques est très simple et comprend deux pièces principales : la »/aque basilaire et le pénis. D'autre part, l’ensemble de l'organe, reposant sur un épais

coussin musculaire, affecte une forme allongée et rectangulaire.

NC. OP NT É, . eo

La plaque basale est constituée par deux tigelles chitinêéuses, unies au-dessous de l’armure et qui s’écartent ensuite progressivement, formant entre elles, un angle et entourant le pénis à la facon d'un anneau. |

Le pénis est un tube légèrement aplati, prismatique et émettant, en avant, deux appendices qui se rejoignent audessous du point d’embouchure du conduit éjaculateur.

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