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l’état sec, les internes grisâtres glabres. Corolle de 23 millimètres, dont 8 pour le tube, entièrement glabre ; lobes au nombre de 10-12, s’imbriquant les uns sur les autres. Etamines à filets grêles, de 15 millimètres de long, anthères de 6 millimètres de long, 1.5 de large, apiculées ; staminodes de 8-9 millimètres de long, 5 de large, dentés sur les bords, divisés au sommet en deux lobes se prolongeant chacun par un long filament. Ovaire largement ovoïde, glabre, de 5 millimètres de diamètre, surmonté du style fort de 4 millimètres de long.
Liouesso, août 1924, forêts.
M. H. Jumelle mentionne, dans les collections du Musée colonial de Marseille (1), et d’après les indications fournies à Heckel par Autran, des graines de bambotouli de la Sangha qui seraient l’'Omphalocarpum Laurentii de Wild. Cette identification d’Autran, que cet auteur répète dans un mémoire ultérieur (2), et qui a été faite sans examen d’échantillons botaniques, est erronée, du moins pour la plante nommée à Ouesso bambotouli, car celle que nous avons recueillie sous ce nom dans cette localité est un Chrysophyllum. La liste des plantes énumérées par M. Autran (2) prête, du reste, à confusion, ainsi que nous l’avons déjà indiqué à propos du mambali, et nous allons essayer de la remettre au point, au moins en ce qui concerne les Sapotacées. L'arbre qu’on peut identifier comme étant l’Omphalocarpum Laurentu est désigné par les Boumoualis (indigènes d’Ouesso) sous le nom de eouakambo, par les Pahouins sous celui de gakam. Le bambotoulr, au contraire, est un Chrysophyllum dont nous parlerons plus loin ; le m'bian dont parle Autran est aussi un Chrysophyllum.
Bien que les arbres du genre Omphalocarpum soient communs et que vraisemblablement toutes les espèces possèdent
(1) H. Jumezze, Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée Colonial de Marseille. Afrique Equatoriale française. Annales du Musée Colonial de Marseille, 1923-1.
(2) A. AuTran, Notes sur les plantes oléagineuses de l’A. E. F., Annales du Musée Colonial de Marseille, 1928-2.
des graines oléagineuses et soient à fructification abondante, nous les considérons comme sans intérêt pratique. La récolte des fruits serait facile, car il suffirait de les ramasser au pied des arbres, où ils sont nombreux; ces fruits se conservent, en outre, en bon état pendant longtemps, contrairement à ce qui se passe pour les autres espèces dont nous avons parlé, car les concrétions qui se trouvent à l’intérieur de la pulpe les préservent de la pourriture et des animaux, qui, du reste, ne les recherchent pas. la pulpe n’étant pas comestible. Mais l'extraction des graines serait difficile, du fait de la glu qui les entoure ; de plus leur testa ligneux se casse difficilement, et l’amande qu'on en retire est très mince, d’un poids très faible, ce qui donnerait un rendement minime par rapport au poids de la matière première à manipuler.
CHRYSOPHYLLUM JL.
Le genre Chrysophyllum est largement représenté en Afrique tropicale, mais la documentation qu'on possède sur les espèces signalées est très incomplète. Les graines de certaines, quoique susceptibles de fournir de l'huile, ont été encore peu étudiées. M. de Wildeman, dans l'étude déjà mentionnée au sujet des Omphalocarpum, en mentionne 54 espèces, mais en indiquant que les renseignements que l’on possède pour certaines sont assez vagues.
Dans les collections du Musée Colomial de Marseille, des graines de boubambou de la Sangha sont indiquées sous le nom de Chrysophyllum Lacourtianum de Wild. ; mais cette identification est douteuse. En tout cas, les graines en question, analysées jadis à l'Usine Fournier, sur la demande du Dr Heckel, n’ont donné que 5,32 p. 100 d'huile ; elles seraient donc sans intérêt.
Le boubambou est appelé abamm par les Pahouins, d’après Autran (loc. cit.).
A notre avis, ce boubambou est à rapprocher du bambotouli, que nous avons dit ne pas être un Omphalocarpum, et dont le fruit correspond assez bien à celui du Chrysophyllum Autrania-
num figuré par M. Chevalier (1), sous le nom, d’ailleurs, de boubambou.
Nous allons donner la description de notre bambotouli, rapporté à ce C. Autranianum que M. Chevalier ne considérait que comme provisoire.
Chrysophyllum Autranianum A. Chev.
Grand arbre dont l’écorce laisse écouler en abondance un latex blanc jaunâtre. Feuilles groupées aux extrémités des rameaux, pétiole arrondi, épaissi à la base, de 2 centimètres de long, limbe ovobale oblong, en pointe aiguë à la base, brusquement acuminé au sommet, limbe nettement replié sur les bords, vert foncé en dessus, plus clair en dessous, à 10 paires de nervures : longueur de la feuille 15 centimètres, largeur 5 centimètres, en moyenne. Fleurs à l’extrémité des rameaux. Fruit bacciforme, aigu au sommet, déprimé à la base, à l'insertion du pédoncule qui est court et fort, vert clair, tacheté de blanc crème, lisse ou presque ; à l’intérieur, épaisse couche de pulpe blanche renfermant un latex abondant, blanc visqueux, s’oxydant rapidement et devenant brunâtre. 8 à 10 graines à testa brun, de 4 centimètres de long, 2 de large et 6 millimètres d'épaisseur.
Les fruits, que nous avons examinés sur place, sont identiques à celui figuré par M. A. Chevalier, avec cette seule différence qu'ils sont déprimés à la base au lieu d’être arrondis ; la forme de la graine est semblable. Toutefois, dans nos spécimens, elles sont réparties régulièrement autour de l’axe au lieu de se trouver en contact et sont déformées de ce fait comme il est indiqué. Il convient d'indiquer que le Catalogue du Musée colonial de Marseille indique le boubamboi comme donnant un latex guttoïde abondant, de telle sorte que nous estimons bien que le boubambou et notre bambotouli ne font qu'une seule et même espèce. Nous sommes d'autant plus fondé à le penser que nous avons déjà signalé la même erreur de la part
(1) A. CHEVALIER, La forêt et les bois du Gabon, 1917.
Co
d'Autran en ce qui concerne les graines de Dumorta et celles d’autres espèces.
Un autre Chrysophyllum a été décrit par M. de Wildeman, d’après des échantillons que nous lui avions envoyés, sous le nom de C. Belemba : nous complèterons ici cette description, en ce qui concerne le fruit.
Chrysophyllum Belemba de Wild.
Grand arbre à tronc très droit. Fruit bacciforme, arrondi, à surface irrégulière, ondulée, légèrement aplati au sommet, atténué vers le pédoncule qui est très fort, de couleur verte, laissant écouler un latex blanc de la pulpe charnue ; 10 à 12 centimètres de diamètre, 8 centimètres de haut ; 6 graines en moyenne par fruit. Les noms indigènes sont belemba pour les Dzems et m'hebame vour les Pahouins.
M. de Wildeman, qui n’avait disposé que d’une seule graine, avait constaté sa ressemblance avec celles désignées par lui sous le nom de Mimusops ubanghiensis : la comparaison d’un lot de graines avec les photographies qu'il en a données ne nous semble laisser aucun doute sur leur similitude. Nous noterons que d’après M. A. Chevalier le nom de m'’bemame est donné par les Pahouins à deux espèces de Chrysophyllum non identifiés, voisins l’un de C. africanum G. Don, l’autre de C. albidum G. Don. Les graines de belemba ont un testa ligneux identique à celui des Dumortia, aussi dur et aussi épais puisqu'il atteint 7 millimètres au raphé et 3 millimètres dans la partie la plus mince.Leurs caractéristiques sont les suivantes:
LONGUEUR | LARGEUR ÉPAISSEUR RIUUR AMANDE total | mm, mm. nm. gr. gr.
| Maximum ....... 63 41 20 20 4,5 Minimum 53 36 18 13 3 Moyennes
Par le tétrachlorure de carbone nous avons retiré des graines une huile blanche, liquide à la température ordinaire. Elles sont connues des indigènes comme oléagineuses et ils les consomment en les préparant comme celles de djave. Il semble que cette espèce soit assez répandue, mais nous ne croyons pas qu'elle présente un bien grand intérêt pratique à cause de la petitesse de l’amande par rapport au poids de la graine et aussi à cause de la dureté du testa. Nous avons à signaler, en outre, de la même région un autre Chrysophyllum dont les indigènes utilisent les graines comme source de matière grasse pour leur alimentation ; ils le désignent sous le nom de bazézé. Nous ne possédons que des documents incomplets sur cette espèce, qui nous semble être le C. albidum G. Don; elle est encore désignée sous les noms de ebom ou ebeb par les Pahouins. Nous citons cette plante parmi les espèces à graines oléagineuses d’après les renseignements fournis par les indigènes, car nous n'avons pas vu l'huile, ni pu en extraire.
Aux espèces de Sapotacées mentionnées ci-dessus il conviendrait d'ajouter Pachystela longistyla Engl. mentionné par M. Jumelle, sans indication exacte de provenance, et Pachystela cinerea var. undalata Engl., qui est le makoïdou des Boumoualis, le obè des Bakouélés et peut être le mbian indiqué par Autran. Nous ignorons toutefois si ces graines sont oléagineuses, n’ayant vu aucun document à leur sujet et n'ayant pas eu l’occasion de les étudier.
Résumé.
En résumé, dans l’état de nos connaissances, seules les espèces suivantes, parmi les Sapotacées, paraissent susceptibles d’une exploitation importante : Butyrospermum Parkii, Baillonella Djave et obovata, Dumoria africana. Les colonies où elles se trouvent ont donc intérêt à faire entreprendre des recherches en vue de déterminer l’aire de répartition de ces arbres, leur fréquence et les conditions dans lesquelles pourrait se faire leur exploitation. Les prospections qui seraient
faites permettraient de se renseigner sur les autres Sapotacées dont nous avons parlé, sur lesquelles nous ne possédons que des données très vagues. Il est même probable qu’on en trouverait d’autres, peut-être sans intérêt commercial, maïs qui pourraient servir pour l'alimentation des indigènes. Il convient, en effet, de remarquer que les ressources en oléagineux des populations sont restreintes et souvent aussi peu connues de ces populations : aussi notre intervention dans ce sens ne pourrait qu'avoir une influence heureuse en dehors de toute question d'exportation.
IT, = =GUTTIFÈRES
Après la famille des Sapotacées, celle des Guttifères est, en Afrique, une des plus importantes comme productrice de graines oléagineuses. Elle est largement représentée dans les forêts de l’Afrique tropicale et elle renferme des espèces qui méritent de retenir l’attention d’une façon toute spéciale. Ce sont toujours des arbres de taille moyenne, à floraison abondante, qui présentent cette particularité de fleurir presque toute l’année ; on peut même trouver des arbres portant simultanément des fleurs et des fruits à maturité. Il est bien, comme pour les caféiers par exemple, une période où la floraison est plus abondante, mais en fait il y a toujours des arbres en fleurs ; ce qui, au point de vue exploitation, peut présenter un réel intérêt. Parmi les arbres de cette famille tous n’offrent pas la même importance ; nous mentionnerons seulement 1e1 les trois genres principaux Pentadesma, Allanblackia et Symphonia.
PENTADESMA Sab.
Le genre Pentadesma comprendrait 7 espèces, dont 4 mentionnées pour le Gabon par Pierre, qui se base pour sa classification sur le fruit sec. Engler, dans Die Pflanzenwelt Afrikas, n’en indique que 5, dont ?. butyracea Don, P. leptonema Pier.
et, avec doute, P. maritima Pier. qui se trouvent au Gabon, P. leucanthemum A. Chev., de la Côte d'Ivoire, et P. Kerstingit Engl. du Togo. A ces espèces Baker fils a ajouté P. nigritana et P. grandifolia.
L’aire de répartition des Pentadesma est vaste, puisqu'on les rencontre depuis la Guinée jusqu’au Congo. Ils sont connus par les indigènes comme producteurs de matière grasse utilisable dans l’alimentation. Le Pentadesma butyracea Don est le «lamy» de-la Guinée, le «hbutter tree», ou «tallom tree», des colonies anglaises (Oliver, Moloney). Récemment, M. le Pro fesseur Perrot en a encore mentionné la graine comme un des produits récoltés par les indigènes de la Guinée. A différentes reprises on a tenté l’exportation du beurre de Pentadesma sans que la substance ait réussi à trouver des débouchés ; mais il semble que, pour cette graine comme pour beaucoup d’autres, les tentatives aient été faites sans grande conviction. Les lots envoyés ont été peu importants, et, lorsque, après essais, on aurait trouvé preneur, les envois ont cessé pour une raison quelconque. Etant donné la nature de cette huile, qui est concrète, elle est susceptible, n’étant pas toxique, d’être utilisée pour l'alimentation, ce qui est intéressant. Si la récolte se faisait concurremment avec celle des graines d’A{lanblackia, là où elles existent, ou avec toute autre, dans toutes les zones où cela serait possible, on arriverait à produire un tonnage suffisamment important pour qu’on leur trouve aisément un débouché. Toutefois, pour arriver plus aisément à un résultat, il serait bon de mieux faire connaître le produit, qui pourrait prendre place à côté du beurre de karité dont, à l'heure actuelle, la production ne peut répondre à la demande. La récolte des graines de Pentadesma ne présente aucune difficulté : il suffit de les extraire des fruits tombés à terre, ces fruits étant charnus et sans consistance, puis de les laver pour les débarrasser de la pulpe qui resterait adhérente et enfin de les faire sécher, tous travaux qui peuvent être effectués par les femmes et les enfants. Le rendement par arbre et le nombre de graines par fruit sont variables suivant les espèces, mais
suffisants pour que la récolte soit rémunératrice pour ceux qui s'y livreraient d’une façon régulière.
Nous avons mentionné les espèces signalées ; nous en indiquerons une autre, que nous considérons comme nouvelle, et qui abonde dans la région Nord de Brazzaville et dans tout le Haut Ogooué. Il s’agit d’un arbre qui a l’aspect du P. butyracea et qui se trouve aussi bien dans la grande forêt que dans les galeries boisées et dans les anciennes plantations.
Pentadesma ogoouensis A. Baud. nov. sp.
Arbre de taille moyenne; feuilles elliptiques de 13 à 15 centimètres de long, 3 à 4 de large, avec pétiole de 2 centimètres, obtuses au sommet, en coin à la base, le limbe étant inéquilatéral dans cette partie : nervation fine et serrée ; limbe replié sur le bord, légèrement coriace. Fleurs nombreuses, aux extrémités des rameaux, un grand nombre tombant à terre de bonne heure ; pédoncule de 2 à 3 centimètres de long, fort, carré. Sépales épais, augmentant de taille de l'extérieur vers l’intérieur, ovales, concaves, de 5 centimètres de long sur 3 de large. Les étamines, pentadelphes, sont à filets filiformes de 9 à 9,» centimètres de long : les anthères ont de 8 à 12 millimètres et se prolongent à la base en une pointe aiguë de 2 mm. 5. L'ovaire est ovale, à cinq côtes très marquées, de 15 millimètres de long ; il est prolongé par un style de 2 centimètres, qui se termine par cinq stigmates en étoile de 3 millimètres de long. A la base du réceptacle, entre les faisceaux d’étamines, existent cinq glandes triangulaires, coriaces, de > millimètres environ. L'ovaire est à cinq loges. Le fruit est une baie pyriforme dont la partie large est à la base, de couleur brun roux, recouverte d’aréoles très nombreuses. Il atteint 6 centimètres de diamètre et ne renferme qu’une graine, de forme irrégulièrement ovoide aplatie, de dimensions très variables, brun noirâtre en dehors, rugueuse, rose rouge en section. Les dimensions et le poids des graines sèches sont :