‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 49 sur 149 · III. — MYRISTICACÉES · texte numérisé non relu

III. — MYRISTICACÉES

Les Myristicacées sont de grands arbres fréquents dans les forêts de l'Afrique tropicale, où ils se font remarquer par leur taille, leur fût très droit, ramifié seulement au sommet. If existe un certain nombre d'espèces susceptibles de fournir des graines oléagineuses.

Pycnanthus Kombo Warb.

Espèce largement répandue au Gabon et au Moyen-Congo, ainsi que dans les régions voisines. Les indigènes ramassent quelquefois les graines pour en extraire l’huile, en vue de fabriquer du savon avec des cendres de végétaux recueillis dans les terrains humides, en particulier le Pistia Stratiotes. C'est le kombo des Gabonais, l’ikoum, ttang, ou tteng, des Pahouins, ce dernier terme semblant indiquer toutefois de préférence la variété sphaerocarpa Stapf. L'huile extraite, de couleur foncée, est susceptible d'utilisation, mais nous ne considérons pas, bien que la récolte en soit facile, que, au moins actuellement, les graines soient pratiquement intéressantes.

Staudtia Warb.

Les Staudtia, quoique communs, sont moins répandus que les Pycnanthus ; ils fournissent une huile concrète ; mais, pas plus que pour le genre précédent, nous ne croyons que la récolte des graines soit avantageuse.

Scyphocephalium Ochocoa Warb. (Ochocoa Gabonii Pierre).

Ce grand arbre a l'aspect des autres Myristicacées, mais son fruit diffère nettement. C’est une grosse drupe pomiforme, plus ou moins arrondie, aplatie aux deux pôles, densément couverte de poils roux ; le péricarpe pulpeux se désagrège

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à maturité. La graine, de forme très irrégulière, vaguement arrondie, triangulaire ou rectangulaire, est aplatie sur les deux faces, la face inférieure étant légèrement en creux. Elles ont 3 à 4 centimètres de côté, sur 2 d’épaisseur ; elles sont recouvertes d’un mince tégument ligneux, mais 1l n'existe pas d’arille, contrairement à ce qui est indiqué par Stapf dans la description du genre Scyphocephalium. De couleur noirâtre extérieurement, l’intérieur est blanc et a l’aspect de la bougie. L’albumen ruminé est traversé par des lamelles ligneuses brunes faisant corps avec lui, ce qui ne permet pas de les séparer. Le poids des graines sèches, munies de leur coque, varie de 12 à 16 grammes, celui de l’amande de 9 à 11. Arrivant à maturité en mars, les fruits tombent à terre, et la récolte des graines ne présenterait aucune difficulté, pas plus, du reste, que leur préparation en vue de l'expédition. Etant donné que le rendement de l’amande dépasse 50 p. 100 d’une huile concrète comestible, cette graine est parmi celles dont lPexportation serait avantageuse. En effet, l’inconvénient résultant du fait que la substance grasse est colorée est à notre avis d'importance secondaire, la décoloration pouvant être aisément obtenue. Les indigènes consomment les graines d’ochoco, ou mochoco, dans certaines régions, bouillies ou grillées dans les cendres, ils ne savent pas en extraire l'huile. Ces graines ont été étudiées autrefois par E. Heckel. L'Afrique Equatoriale Française s’est occupée des possibilités d'utilisation de cette graine pour l’industrie ; et des échantillons importants ont été envoyés en France pour qu'on puisse à nouveau en faire une étude complète. On peut donc espérer que l’exploitation en sera tentée dans un avenir prochain.

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