‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 52 sur 149 · VI. — LÉGUMINEUSES · texte numérisé non relu

VI. — LÉGUMINEUSES

La famille des Légumineuses, qui renferme de nombreuses espèces à graines oléagineuses, dont certaines, telles que les arachides, ont une grande importance, a en Afrique des représentants indigènes qui mériteraient de retenir l’attention. Nous ne parlerons ici que des possibilités d'exploitation des Pentaclethra qu sont largement répandus.

PENTACLETHRA

Nous étudierons deux espèces.

Pentaclethra macrophylla Benth.

C’est un arbre d’assez grande taille, très commun sur presque toute la côte occidentale d'Afrique. Ses longues gousses ligneuses, qui renferment 6 à 7 graines, ovales, aplaties, à tégument marron, peu épais, mais adhérent à l’amande, sont très connues. On en extrait un beurre végétal usité par les indigènes de certaines régions ; elles sont en outre consommées en nature, soit grillées, soit bouillies. Désignées sous le nom d’oivalatau Gabon, on en a, à différentes reprises, importé en Europe des lots qui ont donné lieu, tant en savonnerie qu’en stéarinerie, à des essais industriels d'utilisation. Elles auraient trouvé un débouché si on avait fait des envois réguliers ; malheureusement il n’en a pas été ainsi, et, à l'heure actuelle, elles sont négligées. Il n’en reste pas moins que, par les nombreux usages auxquels elles se prêtent, elles peuvent être de vente facile et qu’elles sont parmi celles dont l’exploitation pourrait être entreprise immédiatement dans des conditions : avantageuses. La récolte, la préparation, l'expédition ne présentent aucune difficulté ; l’indigène n’aurait qu'un minimum de travail à fournir, ce qui permettrait d’obtenir rapidement un tonnage important.

Pentaclethra Eetveldeana de Wild et Th. Dur.

Cet autre Pentaclethra est un arbre qui à à peu près la taille du P. macrophylla. Le tronc est souvent plus ou moins tordu ; son bois est de couleur nettement marron. Connu des indigènes du Haut Ogooué sous les noms de samo. et de ga:ja, il existe au Gabon, au Moyen Congo, au Congo belge, et il est assez commun. Les jeunes rameaux sont gris brun, avec de légères côtes saillantes plus foncées. Les feuilles ont un pétiole épaissi à la base, de 5 à 6 centimètres de long, annelé ; le rachis a de 13 à 15 centimètres de long, il porte environ 10 paires de pennes de 5-15 centimètres de long, de plus en plus longues de la base au sommet ; les folioles ont 12 nullimètres de long sur 2à 2 de large, sont opposées, sauf celle de Ia base, qui est isolée. Les fleurs sont en épis très denses ; l’axe. de 18 à 20 cen-

‘timètres de long, est cylindrique et porte de petites dépressions en lignes spiralées dans lesquelles s’insèrent les fleurs, qui sont sessiles. Il y a des bractées caduques à la wase de chaque épi. Le calice, annulaire, est vert ; la corolle se compose de 5 pétales lancéolés, verts, glabres. Il y a & étamines dorsifixes, à filets blancs et à anthères brunes, et 5:staminodes. La gousse ligneuse est arquée, redressée à partir du point d'insertion sur la tige ; elle a environ 16 centimètres de long et 3 à 4 de large. Elle renferme de 5 à 7 graines, ovales à trapézoiïdales, aplaties, de 4 centimètres de long, 2 em. 5 de large et 0 cm. 7 à 1 centimètre d’épaisseur, recouvertes d’un tégument mince, papyracé, de couleur brune, plus ou moins adhérent à lamande. Ces graines, qui ont la forme générale des graines ce Pentaclethra, sont plus petites que celles de P. macrophylla et de P. filamentosa. Nous en avons extrait une huile jaune d’or, qui, d’abord liquide, devient par la suite concrète. Nous n'avons pas connaissance qu'elles aient été signalées comme oléagineuses, et nous ne possédons pas les caractéristiques de cette huile qui doit se rapprocher de celle de P. macrophylla. Se trouvant en mélange dans les forêts avec cette dernière espèce, la récolte pourrait s’en faire simul-

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tanément ; les deux espèces seraient ainsi susceptibles d’être exploitées simultanément, et, par suite, exportées dans des conditions identiques.

VITE OLACACÉES

La famille des Olacacées renferme d'assez nombreuses espèces à graines oléagineuses.

Coula edulis Ball.

Ces arbre est largement répandu dans tout le Gabon et les régions avoisinantes : c’est le koumounou des Loangos. Les fruits tombent à terre en grande quantité, et les indigènes qui qui sont très friands de l’amande, de même du reste que les animaux, les ramassent pour les consommer. Le concassage se fait aisément, et la graine se conserve parfaitement ; aussi, si clle trouvait un débouché, la récolte en serait facile et la production pourrait atteindre un tonnage appréciable, l’aire de répartition de cette espèce étant assez vaste.

Nous devons indiquer que, dans la région de Loango, existe une autre espèce que le Coula edulis ; c’est un arbre de même taille que lui, dont le feuillage est légèrement différent, ce qui permet de les distinguer. Nous ne ne connaissons pas les fleurs ; les fruits, un peu plus gros, contiennent une graine qui n’est pas comestible pour l’homme, mais que certains animaux consomment. Il est désigné par les indigènes sous le nom de ko mo irou babongo ; ses graines seraient à étudier.

Heisteria Jacq.

Les arbres du genre //eisteria sont très communs partout, mais les indigènes qui utilisent leurs graines sont peu nombreux. Comme elles sont abondantes, de récolte facile et d’un rendement en huile élevé, il pourrait y avoir intérêt à reprendre leur étude, qui paraît incomplète. Nous avons recueilli de

nombreux échantillons de ces plantes sans avoir l’occasion de

nous occuper des graines.

Ongokea Klaineana Pierre.

Les onguekos sont communs et fructifient abondamment. Les fruits, assez particuliers, sont de petites drupes jaunes, enfermées en partie dans le calice accrescent, de couleur verte, qui, en se fendant au sommet, les laisse apparaitre. Ces fruits, à odeur de pomme très agréable, sont constitués par une pulpe molle qui recouvre le noyau ; en les broyant pour obtenir ce noyau, on désagrège la partie charnue, qui, comprimée, laisse écouler un jus épais, à odeur de cidre frais. Abandonné à lui-même, il se décante, et c’est un liquide blane laiteux, un peu trouble, qui ne tarde pas à fermenter avec abondant dégagement de gaz, sans fermentation acétique. Les poids et dimensions du fruit frais sont les suivants :

POIDS TOTAL CALICE DIAMÈTRE ÉPAISSEUR gr. gr. mm. mn.

Maximum ...... 22 3 38 et 31 30 et 25 Minimum....... 16 275 34 et 30 27e 623 Moyenne 7" 49,5 27 261092201270 et02%7

Les dimensions sont données avec le calice accrescent et sans ce calice.

Le poids moyen des graines en coques est de 7 gr. 5, et, décortiquées, de 2 gr. {. Elles sont comestibles et on peut en extraire un bon pourcentage d’une huile siccative se rapprochant de l'huile de lin. Elles pourraient être obtenues en quantité suffisante pour en tenter l’exploitation. Sur place, il y aurait à examiner si le liquide obtenu des fruits ne serait pas utilisable, |

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