‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 2)Chapitre 54 sur 149 · IX. — VOCHYSIACÉES · texte numérisé non relu

IX. — VOCHYSIACÉES

Cette famille qui appartient à la flore de l'Amérique tropicale, possède un genre africain créé par le D' Mildbread de Berlin pour une espèce du Sud du Cameroun rapportée par la mission du Duc de Mecklembourg. C’est l’Erismadelphus exsul.

Nous avons trouvé une seconde espèce, lÆrismadelphus Baudo:i Chev. et Russ., d’abord dans les galeries forestières qui bordent la région des savanes de la zone qui constitue la ligne de partage des eaux du bassin de l'Ogooué et de celui de PAlima, puis, en fleurs, dans la zone forestière plus à l'Ouest : et enfin nous avons pu constater qu'elle est com-

mune depuis l'Equateur jusque dans là région de Brazzaville. Nous ignorons si elle se trouve aussi au Congo belge.

C’est un arbre de 15 à 20 mètres de haut, dont le bois est blane. La floraison, extrêmement abondante, a lieu en décembre. Le sol, au pied des arbres, est à ce moment jonché de fleurs ; et les rongeurs, qui apprécient beaucoup les jeunes graines, en consomment beaucoup. En mars, les fruits, très caractéristiques en raison de leurs trois ailes ligneuses brunes, tombent ; et les graines, abandonnées sur le sol humide, ne tardent pas à germer. Les indigènes du Haut Ogooué connaissent cet arbre sous les noms d’otsagui et kensag 1. Les graines, qui ont 1 centimètre de diamètre, sont vaguement sphériques, légèrement déprimées au sommet, avec un petit mamelon médian, recouvertes d’une mince pellicule brune, ridée, peu adhérente. On en compte 31 à 33 pour 10 grammes. Nous en avons obtenu aisément, par simple pression, une matière grasse, concrète, de couleur blanc grisâtre. Bien que ne possédant pas de chiffre précis sur le rendement, nous l’estimons élevé. Nous ne connaissons pas les caractéristiques de lPhuile obtenue, qui n’a pas encore été étudiée. Si elle était intéressante pratiquement, la récolte et l'expédition des graines seraient aisées et on pourrait en obtenir une quantité assez importante. Les indigènes ignorent que’lles sont oléagineuses. Il s’agit là d’une plante considérée jusqu’à présent comme rare et sur laquelle l'attention n’a pas encore été attirée.

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