SECOND FASCICULE NOTES SUR LA GERMINATION DES MORINGA MALGACHES
par M. CHarLes EXBRAYAT-DURIVAUX
FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE -VICTOR-HUGO
SOMMAIRES
des plus récents Volumes des Annales du Musée Colonial de Marseille
1 Fascicule, — Aime JAuUrFFRET : Recherches sur la détermination des bois exotiques colorés d’après les caractères chimiques et spectroscopiques.
2me Fascicule, — Herbert Stone : Les Bois utiles de la Guyane Fran- #34
çaise (fin).
Sepplonh — Index alphabétique des noms botaniques et indigènes cités dans Les Bois utiles de la Guyane Française.
PERRIER DE LA BATHIE : La Végétation malgache.
17 Fascicule. — H. JumEeLce : Les Aponogeton malgaches. H. JumeLce : Le Cycas Thouarsii.
2me Fascicule. — H. CHERMEzON : Revision des Cypéracées de Madagascar (2° partie).
3me Fascicule. — H. JumeLze : Les Chrysalidocarpus, Palmiers de Madagascar.
14 Fascicule, — H.Jumece : Catalogue descriptif des Collections botaniques du Musée Colonial de Marseille : Afrique Equatoriale Française.
29 Fascicule. — P,Cnoux : Nouvelles Etudes biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar.
G. CLor : Quelques Graines oléagineuses des Golonies
Françaises.
3me Fascicule. — Van Gaver : Contribution zoologique à l'Etude des Huiles d'Animaux marins.
1®% Fascicule. — V. AuTran : Notes sur les Plantes oléagineuses de
l'Afrique Equatoriale Française.
VipaL et ARIBERT : Essais de fabrication de papier
avec le Leptadenia Spartum.
2me Fascicule. — H.JumeLre-: Les Neodypsis, Palmiers de Madagascar.
3m Fascicule, — P. Caoux : Les Tubercules du Panicum maximum et du Cyperus articulatus.
4e Fascicule, — E. Mièce : Note sur un Cotonnier marocain.
ANNALES
Année 1930
ANNALES
DU
MUSÉE COLONIAL
FoNDÉES EN 1893 PAR EpouARD HECKEL
DIRIGÉES PAR
Correspondant de l’Institut,
Tren'e-huitième année. 4° série, 8 volum': (1930). SECOND FASCICULE
par M. Cuarzes EXBRAYAT-DURIVAUX
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FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE MUSÉE COLONIAL PLACE VICTOR-HUGO
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par
M. CHarzes EXBRAYAT-DURIVAUX
Deux espèces de Moringa sont surtout connues et toujours citées : le Moringa pterygosperma, de l'Inde, et le Moringa aptera, de l’Asie austro-occidentale. Cependant d’autres représentants du genre, la plupart africains, ont été aussi décrits ; et, à Madagascar, Engler, en 1902, a signalé le Moringa Hildebrandtii, puis, cette année même, M. Jumelle, en même temps qu'il complétait la diagnose du botaniste allemand pour cette première espèce, en faisait connaitre une seconde, le Moringa Drouhardi (1).
Ce sont précisément ces deux espèces malgaches dont nous allons étudier ici la germination ; et notre étude portera :
10 Sur leurs graines ;
20 Sur le mode de germination de ces graines ;
Sur les caractères anatomiques et microchimiques des
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plantules.
Sans redonner les caractères des plantes adultes, tout récemment énumérés par M. Jumelle (loc. cit.), rappelons seulement que le Moringa Hildebrandtii est un arbre .de 20 à 25 mètres de hauteur, tandis que le Moringa Drouhardi, à port net de baobab, a un trone plus bas, mais aussi plus épais ;
!1) H. Jumelle : Les Moringa de Madagascar. Annales du Musée colonial de Marseille ; 1930 ; 1€r fascicule.
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et 1l va être intéressant de retrouver des différences analogues entre les plantules, dès la période germinative.
Ï.— Graines.
Les graines des deux Moringa malgaches sont bien distinctes des graines de Moringa pterygosperma et de Moringa
aptera.
Avec le Moringa aptera, elles ont bien ce caractère commun d’être sans ailes, — caractère qui jusqu'alors, dans tout le
genre, n’avait été observé que chez ce Moringa aptera, — mais elles sont beaucoup plus grosses que celles des deux anciennes espèces.
Les graines de Moringa pterygosperma ont pour dimensions À centimètre sur 0 cm. 8 et celles de Moringa aptera sont encore plus petites, tandis que les graines de Moringa Hildebrandtii ont 2 à 3 centimètres sur 1 à 2 centimètres et celles de Moringa Drouhardi 2 centimètres à 2 em. 5 sur 1 em. 5 à 2 centimètres.
Au point de vue de la forme :
La graine de Moringa Hildebrandtii, à tégument brun foncé, est ovoide et assez allongée ; elle est, de plus, fort nettement à trois angles, qui forment trois carènes aiguës délimitant trois faces légèrement bombées.
La graine de Moringa Drouhardi, à tégument blanc, est, de même que la précédente, très nettement à trois angles, ovoide : mais, à la différence de la graine de Moringa Hildebrandtit, elle est moins allongée, plus arrondie. Les carènes formées par les trois angles sont plus mousses que dans l’autre espèce.
D’autres différences portent sur les téguments.
Chez le Moringa Hildebrandtii, ce tégument, tout en étant de consistance ferme, n’est pas excessivement dur; il cède assez facilement sous l’ongle et est aisément entamé par le rasoir ; mis dans l’eau chaude, il devient plus ou moins spongieux. Son épaisseur varie de 1 à 3 millimètres.
En fait, vu au microscope, en section transversale, 1l présente de l'extérieur vers l’intérieur une zone de tissu mou, puis une zone scléreuse un peu plus épaisse, à cavités cellulaires réduites, et de nouveau une mince zone de tissu mou ; et, au total, tissu mou et sclérenchyme sont sensiblement en égale proportion.
Au contraire, chez le Moringa Lrouhardi, le tégument est beaucoup plus dur, ne cède pas sous l’ongle et est très difficilement entamé par le rasoir ; mis dans l’eau bouillante, il ne se gonfle pour ainsi dire pas, même après immersion prolongée. L’épaisseur varie de 2 à 3 millimètres.
Et, en concordance avec cette plus grande dureté, on constate, au microscope, en section transversale, une énorme prépondérance, cette fois, du sclérenchyme sur le tissu mou : il y a encore une zone de tissu scléreux entre deux zones de tissu mou, mais la zone de tissu scléreux est très épaisse et les deux zones de tissu mou, par contre, excessivement minces.
A l’intérieur de ces téguments, les amandes sont sans albumen. On sait, par les toutes récentes analyses de M. Margaillan, que ces amandes, tout comme celle du Moringa pterygosperma, sont richement oléagineuses : et il est bien à prévoir que leurs huiles doivent être aussi difficilement altérables que lhuile de ben, bien connue pour la lenteur de son rancissement. C’est ce que confirme le fait que, avec des graines récoltées depuis plusieurs mois, on a, sans difficulté, réussi en serre les germinations que nous allons maintenant étudier.