‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 14 sur 285 · Prerre, Notes botaniques, p · texte numérisé non relu

Prerre, Notes botaniques, p

une teinte brun foncé ou chocolat. L’omphalodium (4 mm. sur 4 mm.) est situé à l'extrémité supérieure de la cicatrice, qui est aussi le sommet organique de la graine ; la marche de son raphé à travers le test est par conséquent presque rectiligne. Le deuxième tégument est intimement adhérent à l’externe et s'en détache difficilement. Le système vasculaire quoique bien développé est sans relief. L'embryon se présente entouré du nucelle et d'une mince couche d’albumen. Les cotylédons elliptiques, entièrement libres, bien appliqués l'un contre l’autre malgré leur épaisseur, ne sont pas bombés. Ils se terminent en bas en une tigelle courte, recourbée en forme d’hameçon et dirigée vers le micropyle. »

Engler, après avoir fait des Baïllonella, suivant examen de documents complets, une section des WMimusops (Pflanzenf. Nacht., 1897), donne, dans les Sapotacées africaines, une description de ce groupe qui forme la section VIII du genre (sous-wenre Quarternaria). Les fleurs ont en effet une structure fort analogue à ce qu'on voit chez les « Euquaternaria. integræ », principalement en ce qui concerne le calice et la corolle qui sont tétramères ; les étamines ont des filets égalant les anthères, qui sont subovales, légèrement apiculées ; les staminodes, plus étroits dans leur tiers inférieur, se dilatent au-dessus en une lame lancéolée et dépassent les étamines fertiles ; l'ovaire est à 8 loges. É

Ces caractères n'ont rien de particulier et si, par l'organisation florale, les Baillonella ont plus d’affinités avec les £umimusopées, la structure de leur graine en fait indéniablement des Manilkarées. Mais ce qui caractérise le mieux le genre, c'est la nervation très particulière de la feuille, bien différente de ce qu'elle est chez toutes les autres Mimusopées. Les costules sont nombreuses, très saillantes sur la face inférieure du limbe, d'un parallélisme très net, tandis que les nervures intermédiaires sont fines, un peu obliques par rapport aux costules, mais non descendantes : d’autre part la feuille possède des stipules persistantes.

Convaincu par nos études antérieures de l'importance des caractères foliaires et en particulier de la nervation pour déli-

SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 37

miter les groupes d'espèces chez les Sapotacées, nous n'hésitons pas, à cause des particularités de la feuille des Baïllonella, à restaurer ce groupe comme genre autonome: si nous y ajoutons les ‘caractères morphologiques de la graine, nous pensons même’qu'il est un des mieux définis dans l’ensemble des Mimusopées. Nous définissons donc le genre Baillonella de la manière suivante :

Feuilles à costules saillantes, à nervation intermédiaire transversale, à stipules persistantes. Ovule atrope ; graine à cicatrice allongée d'un pôle à l’autre, très large ; albumen très réduit ; embryon à caudicule courbe et relativement peu suil-

lante.

1° Baïllonella Djave Pierre.

Syn.: Bassia Djave de Lanessan ; B. {orisperma Raoul : Baillonella torisperma Pierre ; Mimusops Djave Engl.

Nom vern. : Dave (nom du fruit et de la graisse des graines en pongoué); Madi Djave (nom de la plante et de la graisse chez les Adoumas de l'Ogoué) : Agalin-javi (nom de la plante et de la graisse chez les Acotas et les Apingis, dans l’'Ogoué) ; Oréré (nom de l'arbre en pongoué) ; Noumyou (Cameroun.

Exs. : Gabon, environs de Libreville [E. Pierre, comm. Heckel (6381 H. P.)}; [Autran, comm. Heckel|; !Klaine 106, 117, 1735 (6381, 6650 I. P.)|; cultivé au Jardin des missions à Libreville [Jolly 124 (6381 H. P.)]; [Aubry le Comte:

P. Duparquet |; Jolly (6649 H. P.)|; !Ech. de graines comm.

par Holmes, Soc. pharm. de Londres {South african poison), a servi à faire la première description de la graine |.

2° Baillonella obovata Pierre.

Syn. : Mimusops obovata Pierre (in Engler et Prantl) : M. Pierreana Engl.

Noms vern. : Moabi (nom de l'arbre au Gabon): Maniki

(nom du fruit au Cameroun).

Exs. : Région de Loango | Lecomte 66.

Obs. : Cette espèce n’est connue que par ses feuilles et sa

graine,

Al

Fig. 16. — Graine de Baillonella Djave, I, de profil; IT, du côté ventral: IT, embryon isolé ; gr. nat.

Tieghemella Pierre !.

L'étude de ce genre paraïîtrait devoir plus logiquement venir après celle du genre Dumoria auquel nous le rattachons provisoirement ; cependant, la connaissance du genre Baillonella était nécessaire, pour comprendre la discussion suivante, parce que certains auteurs ont rattaché les Tieghemella à ce groupe, sans d’ailleurs en fournir de raisons.

Pierre décrit, dans ses Notes botaniques, sous le nom de Tieghemella africana, une graine du Gabon rapportée pour la première fois par Aubry le Comte en 1853 et à laquelle on avait attribué au Musée de l'Exposition coloniale à Paris le nom d'Ouréré et au Muséum le nom de Djave. Pierre range ce genre mal défini parmi les Lucumées.

La description de la graine diffère en somme assez peu de

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