Prerre, Not. bot., p
SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES-MIMUSOPÉES 99 celle qui est donnée au sujet des Barllonella ; les principales différences portent : 1° sur la longueur de la cicatrice ventrale qui n'atteint pas toute la hauteur de la graine mais est séparée du sommet de celle-ci par un intervalle de 20 mm. environ (la graine a 8 cm. de longueur) ; 2° sur le plus grand développement de l'omphalodium très bombé, très épais et qui atteint une longueur de 25 à 28 mm. ; 3° sur l'épaisseur plus considérable du tégument ligneux. L'albumen, très appauvri autour des parties supérieures de lembrvon, est réduit souvent au nucelle et forme une calotte épaisse, rostrée autour de la caudicule. Celle-c1, qui a 7-8 mm. de longueur, notablement plus longue, par conséquent, que chez le Baillonella Djave est légèrement incurvée.
Il semble bien diflicile devant de semblables différences d'identifier purement et simplement le 7. africana avec le B. Djave, comme l’a fait Perrot f.
D'autre part, la constitution de la graine rappelle de trop près ce que nous avons vu chez les Baillonella pour oser affirmer à priori que l'on ait affaire à un genre différent.
La question peut être rendue plus claire par l'examen d'un échantillon de l'herbier du Muséum, envoyé par le P. Klaine sous le n° 1343 his et portant le nom indigène Noumgou : ce document est constitué par de jeunes plants d'une Sapotacée accompagnés de fragments de graines. Dans une note manuserite de L. Pierre, on peut lire l'identification probable avec une espèce du genre Tieghemella, basée sur ce fait que la cicatrice de la graine n'atteint pas toute la longueur de la face ventrale. Cette graine offre d'ailleurs des analogies très étroites avec celle du T. africana, quoique le tégument ligneux y soit notablement moins épais, et l’on est bien fondé à conclure à une identité générique.
Si l’on remarque d'autre part que les jeunes plants ont des feuilles privées de stipules et de poils, et que, bien que les costules soient assez largement espacées, la nervation inter-
1. Perrot, Le Karilé, l'Argan et quelques autres Sapotacées à graines grasses de l'Afrique (in Végét. ut. de l'Afrique trop. française.
médiaire est assez nettement descendante, on ne peut admettre qu'on ait affaire à un Baïllonella et c'est ainsi que Pierre conclut : « Par l'absence de stipules, par la nervation tertiaire subparallèle aux nervures secondaires, cette plante représente un genre bien distinct du Baillonella et plus voisin des Mimusops et des Manilkara. » C'est là un fait mdéniable, lorsqu'on vient de parcourir tout l'ensemble du groupe.
Donc, des caractères de la graine (chez T. africana) et de ceux de la feuille, dans l'échantillon du P. Klaine qui semble devoir être rapporté au même genre, on peut déduire, d'une façon presque certaine, que le genre Tieghemella est bien distinct du genre Baillonella. La question se pose alors de savoir s'il pourrait être rattaché au genre Dumoria.
Il possède des feuilles glabres, non stipulées, à nervures secondaires assez fines, nervures tertiaires en partie parallèles aux costules ; l'omphalodium de la graine est très développé, l'embryon présente une caudicule relativement longue ; tous ces caractères peuvent convenir au genre Dumoria.
[l'est vrai qu'ici la cicatrice de la graine s'étend d’un pôle à l’autre, ce qui dénote une atropie absolue de l’ovule, tandis que chez Tieghemella, 1 Y a un commencement d'anatropie. Mais tout démontre dans notre étude générale des Mimusopées que l’anatropie complète doit être opposée à l'atropie ou à la subatropie ; il n’y a donc pas de ce côté obstacle à l'identification générique de deux formes voisines dont l'ovule se comporte d'une façon légèrement différente.
Faute de pouvoir observer les fleurs, il nous est impossible de rechercher si les Tieghemella présentent pour leur calice le caractère si particulier invoqué par Chevalier pour définir les Dumoria.
En résumé, il nous semble logique d'admettre pour le moment que le genre Tieghemella peut être rapporté au genre Dumoria ; ce n'est pas une certitude mais une hypothèse très vraisemblable, dont la connaissance de documents plus complets peut seule démontrer la valeur ; dans tous les cas, une telle conclusion est plus en harmonie avec les faits observés que l'identification certainement erronée du T. africana avec le B. Djave.
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Quoique le nom de Tieghemella soit le plus ancien, 1l nous semble préférable pour le moment de lui substituer celui de Dumoria qui correspond à un type complètement défini ; mius si, plus tard, l'identification des deux genres devenait certaine, la dénomination ancienne devrait conserver la priorité.
Nous baptiserons done Dumoria avec doute l'espèce suivante.
Dumoria aîricana.
Syn. : Tieghemella africana Pierre; T. Jollyana Pierre.
Noms vern. : Acola, Noumgou.
Gabon, Fernan Vaz, à 50 lieues de Libreville |Klaine (6646 H. P.)}; [Klaine 1348 Dis, 1468 (6652 IH. P.)); [E. Pierre 97] ; [Aubry le Comte 3604 (5633 H. P.)]|; [Jolly (6025 H. P.)|.
Obs. : Pierre a cru devoir faire une espèce spéciale pour ce dernier échantillon, espèce correspondant également au n° 1348 bis du P. Klaine, parce que la graine y est plus petite que dans les autres échantillons et porte une cicatrice plus longue. Mais l'examen de l’ensemble des documents précédents nous a montré des variations assez importantes dans la taille, la forme et l'aspect des graines, suivant leur nombre dans le fruit ; plus celles-ci sont nombreuses, plus forte est la compression qu'elles subissent et c'est à cette seule cause, croyons-nous, qu'il faut attribuer les variations sur lesquelles Pierre a tenté de baser son T. Jollyana.
Une graine provenant du Cameroun, communiquée par Engler est conservée dans l’herbier du Muséum et rappelle au premier examen celle du Tieghemella. Par la forme de sa cicatrice, par l'épaisseur de son test elle fait penser au T. africana, mais par son albumen assez abondant, plus épais même que les cotylédons, elle s'éloigne de ce genre et des Baillonella. Cet albumen assez développé et la courbure des cotylédons rappellent les Lecomtedora, mais la forme de la cicatrice est bien différente, non linéaire, ovale, suboblongue avec un hile médian indiquant un certain degré d'anatropie. Cette graine correspond donc probablement à un genre spécial f.
1. D'après des renseignements communiqués par le professeur Heckel, cette graine appartiendrait au Mimusops congolensis de Wild.; inutile
Le peu que nous en connaissons Jusqu'à présent, permet de supposer que la flore des Sapotacées de ces régions équatoriales de l'Afrique réserve encore bien des surprises, et que la connaissance plus approfondie des genres qui la composent entrainera probablement un remaniement assez profond de la classification que nous essayons d'ébaucher; malheureusement, les documents sont d'autant plus difficiles à réunir, qu'il s'agit presque toujours d'arbres gigantesques dont les floraisons sont inaccessibles et dont on se contente de ramasser les
vraines.
Inhambanella Engler !.
Ce groupe à été considéré par son auteur comme une simple section du genre Mimusops au sens large et rangée par lui dans le sous-genre Quaternaria, par conséquent au voisinage même des vrais Mimusops.
Il est ainsi défini : Fleurs du type #4, ignorées quant au reste : fruit formé d'une grosse baie riche en latex, oblongue, monosperme. Graine oblongue, légèrement comprimée, munie d'une cicatrice large et allongée, dépourvue d’albumen ; embryon avec cotylédons épais, plan-convexes, oléagineux.
D'après la figure donnée par Engler, dans les Sapotacées africaines (FT. XXV), la graine proviendrait d'un ovule à peu près atrope et la caudicule, quoique courte, ne serait pas véritablement punctiforme. Les feuilles ont entre les costules de fines nervures disposées en réseau, mais ce type de nervation ne s'éloigne pas sensiblement de ce que nous avons vu chez les Manilkara. D'après l'ensemble de ces caractères, nous voyons que les Znhambanella, malgré leur type floral tétramère, se rapprochent plus, et surtout par la disposition de leurs ovules et la conformation de leurs graines, des Manilkara que des vrais Mimusops.
d'ajouter qu'une pareille désignation générique ne saurait être maintenue, La déhiscence de ces semences se fait d’une façon très curieuse par une sorte de panneau ventral, comme l’a mis en évidence le professeur Heckel,