AVANT-PROPOS
N'ayant eu à ma disposition, lors de la rédaction de ma Monographie du genre Kalanchoe!, que les échantillons incomplets et peu nombreux conservés dans les collections botaniques du Museum national d'Histoire naturelle de Paris, J'avais dü, dans cet ouvrage, me résoudre, non seulement à ne point étudier toutes les espèces alors connues, mais encore à limiter mes diagnoses à une description sommaire des caractères foliaires et floraux.
Fort heureusement les abondants matériaux que M. Perrier de la Bâthie a récoltés à Madagascar, et dont il a accru la valeur par des notes descriptives souvent fort complètes, m'ont permis, d'une part, de compléter un grand nombre de mes diagnoses primitives tant au point de vue des caractères floraux qu'à celui des caractères végétatifs, d'autre part, de préciser la répartition géographique de plusieurs espèces qui n'étaient connues jusqu'alors que par les échantillons récoltés sans indication par le Révérend Baron, enfin de créer vingtdeux espèces nouvelles dont l'étude apporte, à la connaissance
1. Monographie du genre Kalanchoe, in Bull. Hb. Boissier, sér. 2, t. VII, p. 869-900, ett. VIII, p. 17-48 (1907-1908.
de la classification naturelle du genre Aalanchoe, la plus utile et la plus fructueuse des contributions.
Ces différents résultats ont fait l’objet de quatre mémoires publiés de 1912 à 1916. Le premier !, qui, sur la demande de mon vénéré maitre, M. le Professeur Philippe van Tieghem, fut rédigé pour les Annales des Sciences naturelles, donne la description de six Æalanchoe nouveaux. Le second?, publié dans les Annales du Musée colonial de Marseille, fait connaître, en même lemps que onze Xalanchoe inédits, quatorze Kalanchoe et deux Crassula déja connus. Le troisième ?, inséré dans le Bulletin de Géographie Botanique, est relatif à la création du ÆXalanchoe Poincarei. Enfin le quatrième, ‘qu'on trouvera ci-après, est consacré à l'étude de quatre Kalanchoe nouveaux et de six Xalanchoe imparfaitement connus. Ce travail étant le dernier de ceux que j'ai consacrés à l'étude des plantes recueillies par M. Perrier de la Bâthie, J'ai cru devoir y ajouter un index bibliographique indiquant, pour chaque espèce, la page du mémoire où Je l’ai décrite.
RAyYMoNp-Hauer.
Kalanchoe Chapototi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Le Xalanchoe Chapototi est une plante vivace. Haute de 28 à #4 centimètres, couverte de poils glanduleux longuement pédiculés, érigée mais un peu couchée dans sa partie inférieure, la tige, dont le diamètre varie de #.50 à.7 millimètres à la base et de 2 à 2.50 millimètres au milieu, ne se ramifie point mais émet, à la base, des rameaux stériles qui fleuriront ultérieurement.
1. Contribution à l'étude des Crassulacées malgaches, in Ann, Sc. nat., Bot., sér. 9, t. XVI, p. 361-376 (1912).
2. Sur un nouveau Kalanchoe malgache, in Bull. Géogr. Bot. t. XXIII, p. 148-151 (1913). |
3. Nouvelle contribution à l’étude des Crassulacées malgaches, in Ann. du Mus. col. de Marseille, sér. 3, t. II, p. 113-207 (1914).
Les tiges, qui, dans leur Jeunesse, portent des feuilles sur toute leur longueur, se dénudent bientôt presque entièrement. Opposées, décussées, pétiolées, couvertes de poils glanduleux longuement pédiculés, les feuilles, assez distantes les unes des autres, sont assez régulièrement espacées. Le premier le second, de 48 à 78 millimètres ; le troisième, de 22 à 65 mil-
entrenæud supérieur est long de 40 à 70 millimètres ; limètres ; le quatrième, de 17 à 55 millimètres ; le cinquième, de 10 à 38 nullimètres ; le sixième, de 10 à 40 millimètres ; le septième, de 15 à 17 millimètres; le huitième, de 10 à 30 millimètres ; le neuvième, de 10 à 15 millimètres. Un peu plus bref que le limbe, grêle mais légèrement dilaté à la base, le pétiole est haut de 8 à 92 millimètres et large de 2 à 4.50 millimètres à la base et de 1 à 2.25 millimètres au milieu. Haut de 10 à 75 millimètres, large de 7 à 140 millimètres, tripartit, rarement 5-partit, le limbe se compose d’un segment terminal et de deux, rarement de quatre, segments latéraux, opposés deux par deux et un peu plus petits que le segment terminal. Le plus souvent ces segments, qui ont des bords garnis de lobes irréguliers pourvus à leur tour de crénelures obtuses séparées par des sinus arrondis, sont oblongs, subaigus au sommet, longs de 25 à 70 millimètres et larges de 6.50 à 25 millimètres. Quelquefois ces segments sont linéaires, subobtus, longs de 10 à 20 millimètres, larges de 1.25 à 2.60 millimètres, rarement simples, le plus souvent prolongés eux-mêmes en un petit nombre de segments secondaires latéraux, linéaires et subobtus. Les cicatrices foliaires, en forme de croissant, ne se rejoignent point par leurs extrémités latérales.
À son sommet, la tige se termine par une inflorescence corymbiforme, haute de # à 7 centimètres, large de 4.5 à 9.5 centimètres, formée d'une cyme bipare régulière, une fois ramifiée, dont les rameaux terminaux portent un assez grand nombre de pédicelles.
Assez grêles, non dilatés au sommet, hauts de 6 à 10 nullimètres, couverts de poils glanduleux longuement pédiculés, les pédicelles portent des fleurs érigées.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3° série, 3° vol. 1915. 5
Couvert extérieurement de poils glanduleux longuement pédiculés, le calice se compose d'un tube un peu plus bref que les segments, haut de 0.80 à 1.05 millimètre, et de quatre segments un peu plus hauts que larges, deltoïdes, longs de 1.90 à 3.60 millimètres et larges de 1.60 à 2 millimètres ; ces segments, dont les bords sont entiers, se rétrécissent depuis la base jusqu'au sommet aigu et légèrement subacuminé.
Beaucoup plus longue que le calice, couverte extérieurement de quelques poils glanduleux longuement pédiculés, la corolle, d'un beau jaune d'or, à son plus grand diamètre un peu au-dessus de la base : au-dessous de ce niveau, elle se rétrécit peu à peu jusqu à la base : au-dessus elle s'atténue peu à peu Jusqu'au tiers inférieur, puis s'évase très lentement et presque insensiblement jusqu'à la base des segments étalés. Plus long que les segments, haut de 19.50 à 21.75 millimètres, son tube est pourvu, dans sa partie inférieure, de quatre côtes verticales peu sællantes, disposées en face des filets oppositipétales. Largement ovés, un peu plus hauts que larges, longs de 6.60 à 8 millimètres et larges de 5 à 5.60 millimètres, ces segments, dont les bords sont entiers, ont leur plus grande largeur au-dessous du milieu; au-dessous de ce niveau, ils s'atténuent peu à peu jusqu'à la base; au-dessus, ils se rétrécissent peu à peu Jusqu'au sommet aigu où ils se prolongent en une longue ariste grêle et haute de 3.40 à 4.50 millimètres.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous de la base des segments corollins, dépasse à peine leur point d'insertion; très brefs, subdeltoïdes, ces filets s'élargissent insensiblement depuis le sommet jusqu'à la base qui n'est, ellemême, n1 élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée, qui fait à peine saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la base de celui-ci, est haute de 16.25 à 18.50 millimètres ; leur partie libre, longue de 0.25 à 0.30 millimètre, est large de 0.20 millimètre à la base et de 0.12 millimètre au milieu. Le sommet des filets oppositipétales, insérés un peu plus
haut que les filets alternipétales et à très peu de distance de la base des segments corollins, dépasse un peu le sommet du tube de la corolle; linéaires-subdeltoides, ces filets s’élargissent peu à peu depuis le sommet jusqu'à la base qui n'est elle-même ni élargie ni rétrécie ; leur partie soudée, qui ne fait pas saillie à l'intérieur du tube de la corolle, est haute de 19.30 à 21.15 millimètres ; leur partie libre, longue de 1.10 à 1.40 millimètre, est large de 0.35 à 0.45 millimètre à la base et de 0.25 à 0.30 millimètre au millieu. Un peu plus hautes que larges, jaunes, ovées, émarginées à la base, les anthères, qui sont longues de 2.20 millimètres et larges de 1.30 millimètre, portent, au sommet oblus, un petit globule subsphérique.
Soudés entre eux sur un sixième ou un septième de leur longueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; assez étroitement oblongs, ces carpelles s’atténuent peu à peu à partir du milieu, d’une part jusqu'a la base, d'autre part jusqu'au sommet, où ils portent un style grêle, vert, beaucoup plus long qu'eux et terminé au sommet par un stigmate jaune légèrement dilaté ; la partie soudée des carpelles est haute de 1.40 à 1.60 millimètre ; leur partie libre, longue de 6.50 à 9.75 millimètres, est large de 1.75 à 1.90 millimètre; les styles sont hauts de 15.60 à 18 mullimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent sur toute leur longueur des funicules assez écartés, sont réduits à deux grêles cordons verticaux parallèles à chacun des deux bords internes des carpelles.
Beaucoup plus hautes que larges, linéaires, élargies à la base, obtuses au sommet, les écailles sont longues de 2.50 à 2.90 millimètres et larges de 0.40 à 0.45 millimètre,
Près de deux fois plus hautes que larges, obovées, obtuses au sommet et à la base, les graines, au nombre de trente environ dans chaque follicule, sont longues de 0.90 à ? millimètre et larges de 0.55 à 0.60 millimètre. Leur test, couvert de rides longitudinales nombreuses et peu saillantes, s'applique exactement sur l'amande.
Cette espèce, qui est dédiée à M. le Docteur Chapotot, méde-
cin-chef de l'Hôpital 189 bis à Lyon, a été récoltée par M. Perrier de la Bâthie, en juillet 1903 et en octobre 1905, sur les rochers calcaires et boisés de Namoroka (Ambongo).
Elle appartient au groupe 13 proposé par M. Raymond-Hamet et se rapproche beaucoup du Xalanchoe Briqueti Raymond- Hamet et du Xalanchoe Boisi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Du premier elle se distingue : 1° par le tube de la corolle proportionnellement beaucoup plus long ; 2° par les sépales un peu plus hauts que larges, deltoïdes, rétrécis depuis la base jusqu'au sommet aigu et légèrement acuminé, et non beaucoup plus longs que larges, très longuement deltoïdes, rétrécis depuis la base Jusqu'au sommet aigu ; 3° par les pétales ovés, aigus, non point suboblongs, rétus ; 4° par les filets proportionnellement beaucoup plus brefs ; 5° par les styles plus longs, et non plus brefs que les carpelles.
Du second, elle diffère : 1° par les feuilles à limbe tri- ou 5-partit, non point ové, entier ; 2° par les styles plus longs, et
non plus brefs que les carpelles.
Kalanchoe Stapfi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Le Xalanchoe Stapfi est une plante vivace, glabre, haute de 0.50 à 1 mètre. Assez grêle, érigée et ligneuse, sa tige, dont le diamètre médian est de 8 millimètres, parait être primitivement simple, mais, au moment de la floraison, elle donne naissance à des bourgeons qui apparaissent au voisinage immédiat des cicatrices foliaires et se développent bientôt en rameaux stériles qui fleuriront l’année suivante.
Au moment de la floraison, les tiges florifères, feuillues dans leur jeunesse, sont complètement dénudées, mais les rameaux stériles portent encore, à leur sommet, deux ou trois paires de feuilles opposées, décussées, pétiolées, peltées et assez espacées. Le premier entrenœud supérieur de la tige florifère est haut de 11 centimètres ; le second, de 3 centimètres. Haut de 3.50 à 4 centimètres, large de 1.50 à 2 mullimètres, assez grêle mais élargi à la base, le pétiole s’insère à une distance de 6 à 8 millimètres de la base du limbe ;
autant qu'on en peut juger par le contour des cicatrices foliaires, il forme une lame légèrement canaliculée sur sa face supérieure et portant, au milieu de sa face inférieure, une carène correspondant à la nervure médiane. Un peu plus haut que large, ové, arrondi ou quelquefois légèrement émarginé à la base, haut de 5 à 7 centimètres, large de 3.50 à 5.50 centimètres, obtus au sommet, le limbe est bordé de larges crénelures assez irrégulières, obtuses et séparées par de larges sinus anguleux ou arrondis, Les cicatrices foliares ont à peu près la forme d’un triangle dont la base serait tournée vers le sommet de la plante ; les extrémités latérales de ces cicatrices sont très proches mais, cependant, ne se rejoignent point,
La tige se termine, au sommet, par une inflorescence lâche, subcorymbiforme, haute de 13 centimètres et large de 16 centimètres ; cette inflorescence se compose de deux pédoncules primaires latéraux divisés presque dès la base en trois pédoncules secondaires terminés par des cymes bipares et pauciflores, et d’un pédoncule primaire terminal se confondant, d'ailleurs, avec l'axe de l'inflorescence, pédoncule divisé lui aussi en trois pédoncules secondaires terminés par des cymes bipares et pauciflores.
Grêles, longs de 16 à 22 millimètres, les pédicelles supportent des fleurs pendantes.
Subcampanulé, brusquement rétréei à la base, le calice se compose d'un tube plus bref que les segments, haut de 2.25 à 3 millimètres, et de quatre segments appliqués contre le tube de la corolle mais légèrement récurvés dans leur partie supérieure ; ovés, plus hauts que larges, longs de # à 5 millimètres, larges de 3 à 3.50 millimètres, ces segments, dont les bords sont entiers, ont leur plus grande largeur au-dessous du milieu; au-dessous de ce niveau, ils se rétrécissent assez brusquement jusqu'à la base ; au-dessus, ils s'atténuent jusqu'au sommet aigu.
Beaucoup plus longue que le calice, la corolle suburcéolée a son plus grand diamètre au-dessous du milieu ; au-dessous de ce niveau, elle s'atténue progressivement jusqu'à une faible distance de la base puis s'atténue plus lentement jusqu'à la
base elle-même ; au-dessus, elle se rétrécit lentement jusqu’à la base des segments dressés. Beaucoup plus long que les segments, son tube est haut de 26 à 26.50 millimètres. Un peu plus hauts que larges, largement ovés, longs de 5.25 millimètres, larges de 5 millimètres, ces segments, dont les bords sont entiers, ont leur plus grande largeur un peu au dessous du milieu ; au-dessous de ce niveau, ils se rétrécissent jusqu'à la base ; au-dessus, ils s’atténuent jusqu'au sommet aigu et légèrement acuminé.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessus du milieu du tube de la corolle, dépasse un peu le milieu des segments corollins ; grèles, très longuement linéaires-subdeltoïdes, ces filets s'élargissent insensiblement depuis le sommet jusqu'à la base, qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie-: leur partie soudée, qui fait à peine saillie à l'intérieur du tube de la corolle, est haute de 24.50 à 25 millimètres ; leur partie libre, longue de 4.75 millimètres, est large de 0.15 millimètre à la base et de 0,12 millimètre au milieu. Le sommet des filets oppositipétales, insérés plus haut que les filets alternipétales, et un peu au-dessous de la base des segments de la corolle, dépasse un peu le sommet des filets alternipétales ; grèles, très longuement linéaires-subdeltoides, ces filets s'élargissent insensiblement depuis le sommet jusqu'à la base, qui nest, elle-même, ni élargie, n1 rétrécie ; leur partie soudée est haute de 23.50 à 24 millimètres : leur partie libre, longue de 2.50 millimètres, est large de 0.15 millimètre à la base et de 0.12 millimètre au milieu. Un peu plus larges que hautes, suborbiculaires-subréniformes, émarginées à la base, très obtuses au sommet, les anthères sont longues de 1 millimètre et larges de 1.40 millimètre.
Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur totale, nettement divergents, oblongs, rétrécis assez brusquement dans leur partie inférieure Jusqu'à la base insensiblement atténuée, les carpelles se rétrécissent dans leur partie supérieure, puis s’atténuent insensiblement en styles plus longs qu'eux, grêles et terminés par des stigmates légèrement
dilatés ; la partie soudée des carpelles est haute de 3 millimètres ; leur partie libre longue de 13 millimètres, est large de 3.80 millimètres ; les styles sont hauts de 20 millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont réduits à deux grêles cordons subverticaux parallèles à chacun des deux bords internes des carpelles.
Plus larges que hautes, obovées-subquadrangulaires, non dilatées à la base, portant au milieu de leur partie supérieure une très large cuspide très obtuse dont la largeur atteint un tiers de leur largeur totale, les écailles sont longues de 1.25 millimètre et larges de 2.25 millimètres.
Cette espèce qui est dédiée à M. le Docteur Stapf!, curateur des Jardins Royaux de Kew, a été récoltée, en décembre 1912, par M. Perrier de la Bâthie, à une altitude d'environ 2.500 mètres, sur les cimes à lichens du Mont Tsaratanana.
Elle appartient au groupe 1 proposé par M. Raymond- Hamet et se rapproche beaucoup du Xalanchoe peltata Baillon, dont elle se distingue : 1° par ses sépales plus hauts que larges, aigus au sommet, et non plus larges que hauts, largement émarginés au sommet; 2° par ses sépales un peu plus hauts que larges, aigus et légèrement acuminés au sommet, non point plus larges que hauts, obtus et largement émarginés au sommet.
Kalanchoe Waldheimi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Le Kalanchoe Waldheimi est une plante glabre et vivace. Assez grêle, haute de 22 à 30 centimètres, sa tige, dont le diamètre varie de #4 à 7 millimètres à la base et de 2.50 à k millimètres au milieu, est primitivement simple et érigée ; après la floraison, les parties médiane et supérieure de la tige se dessèchent et disparaissent ; la portion inférieure, qui sub-
1. La bienveillance de M. le D' Stapf nous a permis de comparer, avec les
originaux du Kalanchoe peltala, l'échantillon authentique du Kalanchoe Slapfi. Nous sommes heureux de lui exprimer ici notre vive et cordiale gratitude.
siste seule, s'étale sur le sol, s'y enracine et émet des rejets stériles qui, l’année suivante, se développeront en tiges florifères. Les plantes âgées forment donc des touffes de tiges stériles et florifères, issues du caudex rameux et rampant en quoi se sont transformées les portions basilaires des anciennes tiges florifères.
Dans leur jeunesse, les tiges portent des feuilles sur toute leur longueur, mais leurs régions basilaire, moyenne et supérieure se dénudent bientôt, de telle sorte que persistent seules les quelques paires de feuilles de la région inférieure. Opposées, décussées, planes mais charnues, subsessiles, longues de 42 à 68 millimètres, larges de 22 à 35 millimètres dans leur plus grand diamètre et de 4 à 5 millimètres à la base, obovées, ces feuilles, dont les bords sont entiers dans leurs deux tiers inférieurs mais garnies dans le tiers supérieur de larges crénelures obtuses, séparées par des sinus étroits et anguleux, ont leur plus grand diamètre au-dessus du milieu ; au-dessus de ce niveau, elles se rétrécissent jusqu'au sommet très obtus ; au-dessous, elles s’atténuent peu à peu jusqu'à la base où elles se prolongent en un très bref pseudo-pétiole à peine distinct du limbe. Les feuilles inférieures et inframédianes sont assez régulièrement espacées et assez rapprochées les unes des autres; les feuilles médianes et supérieures sont irrégulièrement espacées et plus ou moins distantes les unes des autres. La longueur du premier entrenœud supérieur varie de-2.50 à 6 centimètres ; celle du second, de 2.80 à 7 centimètres ; celle du troisième, de 3 à à centimètres ; celle du quatrième, de 0.80 à 2.50 centimètres ; celle du cinquième, de 0.70 à À centimètre : celle du sixième, de 0.50 à 0.80 centimètre ; celle du septième, de 0.80 à 1 centimètre ; celle du huitième, de 0.60 à 1.30 centimètre ; celle du neuvième, de 0.40 à 1.50 centimètre ; celle du dixième, de 0.60 à 0.80 millimètre. Les cicatrices foliaires ont la forme d’un croissant ; leurs extrémités latérales arrondies ne se rejoignent point.
L'inflorescence, assez lâche et corymbiforme, qui termine la tige, se compose d'un pédoncule terminal et d'une paire de
pédoncules primaires latéraux qui, tous trois, se terminent par des cymes bipares une fois ramifiées et assez peu florifères,
Grèles, longs de 6 à 17 millimètres, légèrement dilatés au sommet, les pédicelles supportent des fleurs pendantes.
Le calice subcampanulé-suburcéolé se compose d'un tube haut de 14 à 16 millimètres et de quatre segments plus brefs que le tube. Deltoïdes, un peu plus hauts que larges, atténués depuis la base, non dilatée ni rétrécie, jusqu'au sommet, aigu et subacuminé, les segments, qui ont des bords entiers, sont longs de 5.40 à 5.80 millimètres et larges de 3.50 à 3.60 millimètres.
Plus longue que le calice, colorée en rose, la corolle est nettement étranglée au-dessous du milieu ; au-dessous de cet étranglement, elle se dilate peu à peu puis se rétrécit jusqu à une faible distance de la base ; à partir de ce niveau elle garde un diamètre identique jusqu'à la base elle-même et forme ainsi une sorte de petit tube basilaire qui lui donne une apparence stipitée ; au-dessus de l’étranglement, elle se dilate peu à peu puis se rétrécit légèrement au-dessous des segments dressés. Un peu plus long que les segments, son tube est haut de 16 à 17 millimètres. Longuement obovés, plus hauts que larges, longs de 11 à 11.25 millimètres et larges de 5 à 5.25 mulimètres, les segments, dont les bords sont entiers, ont leur plus grand diamètre au-dessus du milieu ; au-dessus de ce niveau, ils se rétrécissent assez brusquement jusqu'au sommet anguleux et subaigu ; au-dessous ils s'atténuent peu à peu jusqu’à la base qui n’est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du milieu du tube corollin, atteint presque le milieu des segments de la corolle ; grêles, très longuement et très étroitement linéaires, ces filets, dont la partie soudée fait légèrement saillie à l’intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la base de celui-ci, gardent un diamètre identique sur la presque totalité de leur longueur, mais, dans leur partie inférieure, s élargissent peu à peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée est haute de 6.75 à 7 millimètres ;
leur partie libre, longue de 14 à 15 millimètres, est large de 0.70 millimètre à la base et de 0.50 millimètre au milieu. Le sommet des filets oppositipétales, insérés au même niveau que les filets alternipétales où un peu plus haut que ces derniers, dépasse légèrement l'extrémité supérieure des filets alternipétales mais n'atteint pas le milieu des segments corollins ; crèles, très longuement linéaires, ces filets conservent un diamètre identique sur presque toute leur longueur, mais, dans leur partie inférieure, s’élargissent peu à peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée est haute de 7 à 7.25 millimètres ; leur partie libre, longue de 14.50 à 15 millimètres, est large de 0.70 millimètre à la base et de 0.50 millimètre au milieu. Ovées-subréniformes, un peu plus hautes que larges, émarginées à la base et. obtuses au sommet, les anthères sont longues de 1.25 à 1.60 millimètre et larges de 1.20 à 1.50 millimètre.
Soudés entre eux sur près d’untiers de leur longueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; ovésoblongs, rétrécis dans leur partie inférieure, ils sont atténués en styles grêles, beaucoup plus longs qu'eux et terminés par des stigmates légèrement dilatés ; leur partie soudée est haute de 2 à 2.25 millimètres ; leur partie libre, longue de 5 à 5.25 millimètres, est large de 2.25 millimètres; les styles sont hauts de 17 à 18 millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont constitués par de nombreuses petites lames subsemicirculaires sur lesquelles s'insèrent les funicules ; ces lames sont disposées le long de deux cordons grêles verticaux et presque parallèles, quoique très légèrement incurvés en dedans, à chacun des deux bords internes des carpelles. |
Un peu plus larges que hautes, subsemiorbiculaires, obtuses au sommet, élargies à la base, les écailles sont longues de 0.60 à 0.75 millimètre et larges de 0.80 à 1.25 millimètre.
Cette plante, qui est dédiée à S. E. le Docteur Fischer de Waldheim, directeur des Jardins botaniques Impériaux de Petrograd, a été récoltée par M. Perrier de la Bâthie, en juin 1912, à une altitude d'environ 1.200 mètres, sur les rocailles granitiques des environs de Betafo.
Elle appartient au groupe 9 proposé par M. Raymond-Hamet et se rapproche beaucoup du Xalanchoe Tieghemi Raymond- Hamet, dont elle se distingue pourtant fort aisément : 1° par ses feuilles obovées, contractées à la base en un très bref pseudo-pétiole, et non longuement pétiolées, à limbe ové et pourvu à la base de deux oreillettes obtuses et crénelées qui se replient sur le limbe : 2° par ses pétales un peu plus brefs que le tube corollin, longuement obovés, anguleux au sommet, non point beaucoup plus brefs que le tube de la corolle, obovés-subquadrangulaires, très obtus au sommet.
Kalanchoe Fedtschenkoi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Le Kalanchoe Fedtschenkoiest une plante glabre et vivace. Assez grèle, haute de 25 à 27 centimètres, la tige, dont le diamètre varie de 3 à 4 millimètres à la base et de 2.60 à 3 millimètres au milieu, est primitivement simple et érigée. Après la floraison la tige émet, dans sa partie inférieure, un ou deux rameaux latéraux d’une longueur de 8 à 10 centimètres et d'un diamètre variant de 1.50 à 2 millimètres à la base et de 1 à 1.25 millimètre au milieu, cependant que les portions basilaires de la tige se courbent, s'étalent sur le sol et s'y enracinent. Les plantes âgées sont done pourvues d’une longue tige nue, rampante, enracinée de loin en loin et terminée à son extrémité par une tige florifère érigée, à la base de laquelle se développent des rameaux stériles. Quand le stat est particulièment favorable, la portion rampante de la tige se ramifie et se prolonge, à l'extrémité de chacune de ses ramifications, par une tige florifère érigée pourvue à sa base de rameaux stériles : la plante forme alors une grosse toulfe.
Les tiges, qui, dans leur jeunesse, portent des feuilles sur toute leur longueur, se dénudent bientôt, de telle sorte qu'au moment de la fructification, les tiges florifères sont complètement nues et que quelques paires de feuilles persistent seulement à l'extrémité des rameaux stériles. Opposées, décussées, planes mais assez charnues, obovées-suborbiculaires, obovées ou obovées-oblongues, les feuilles, dont les bords sont garnis
de dents aiguës assez peu nombreuses et séparées par de larges sinus arrondis ou anguleux, sont rétrécis brusquement à la base en un très court pétiole grêle, très étroitement linéaire, long de À à 5 millimètres, large de 0.75 à 1.75 millimètre, ni élargi ni rétréci à la base ; la hauteur du limbe varie de 9 à 37 millimètres, sa largeur, de 6 à 16 millimètres. Les feuilles des tiges florifères sont assez régulièrement espacées, mais les entrenœuds inférieurs sont un peu plus brefs que les : entrenœuds supérieurs. La hauteur du premier entrenœud des ges florifères varie de 2 à 2.50 centimètres ; celle du second, de 2 à 2.30 millimètres: celle du troisième est de 2 centimètres; celle du quatrième, de 2.50 centimètres ; celle du cinquième varie de 2.50 à 2.60 centimètres ; celle du sixième, de 3.29 à 4.50 centimètres ; celle du septième est de 1.50 centimètre ; celle du huitième, de 1 centimètre ; celle du neuvième, de 1 centimètre; celle du dixième, de 0.7 centimètre ; celle du onzième, de 0.7 centimètre ; celle du douzième, de 0.7 centimètre; celle du treizième, de 0.9 centimètre; celle du quatorzième, de 0.7 centimètre; celle du quinzième, de 0.4 centimètre : celle du seizième, de 0.5 centimètre: celle du dix-septième, de 0.6 centimètre; celle du dix-huitième, de 0.3 centimètre: celle. du dix-neuvième, de 0.40 centimètre ; celle du vingtième, de 0.50 centimètre; celle du vingt et unième, de 0.40 centimètre; celle du vingt-deuxième, de 0.30 centimètre; celle du vingt-troisième, de 0.40 centimètre ; celle du vingt-quatrième, de 0.30 centimètre ; celle du vingtcinquième de 0.40 centimètre. Les feuilles des tiges stériles sont semblables à celles des tiges florifères mais un peu plus épaisses et plus fortement dentées. Les feuilles des tiges stériles sont, elles aussi, assez régulièrement espacées, mais les entrenœuds inférieurs sont un peu plus longs que les entrenœuds supérieurs. La longueur du premier entrenœud inférieur des tiges stériles est de 3 centimètres ; celle du second, de # centimètres ; celle du troisième, de 5 centimètres ; celle du quatrième, de # centimètres ; celle du cinquième, de6 centimètres ; celle du sixième, de 4 centimètres ; celle du septième, de 4 centimètres ; celle du huitième, de # centimètres ; celle
du neuvième, de 3 centimètres; celle du dixième, de 2? centimètres ; celle du onzième, de 3 centimètres: celle du douzième, de 5 centimètres: celle du treizième, de 6.50 centimètres ; celle du quatorzième, de 8 centimètres: celle du quinzième, de 8 centimètres ; celle du seizième, de 10 centimètres ; celle du dix-septième, de 7 centimètres ; celle du dix-huitième, de à centimètres. Les cicatrices foliaires subsemicirculaires ne se rejoignent point par leurs extrémités latérales.
L'inflorescence, lâche et corymbiforme, qui termine la tige se compose d'un pédoneule terminal et de deux pédoncules primaures latéraux et opposés, terminés, tous trois, par des cymes bipares pauciflores et une fois ramifiées.
Grêles, légèrement rétrécis au sommet, longs de T à 10 millimètres, les pédicelles supportent des fleurs pendantes.
Le calice, campanulé-suburcéolé, se compose d’un tube haut de 12.25 à 13.25 millimètres et de quatre segments plus brefs que le tube. Deltoïdes, plus hauts que larges, atténués depuis la base non élargie ni rétrécie jusqu'au sommet aigu et subacuminé, les sépales, qui ont des bords entiers, sont longs de 6 à 6.60 millimètres et larges de 4.40 à 4.80 millimètres.
Plus longue que le calice, pourpre, la corolle à son plus grand diamètre un peu au-dessus de la base; au-dessous de ce niveau elle se rétrécit assez brusquement jusqu’à une très fuble distance de la base, puis, à partir de ce point, conserve un diamètre identique jusqu'à la base elle-même, formant ainsi un tube grêle et court qui lui donne une apparence stipitée; audessus de ce niveau, elle se rétréeit peu à peu jusqu'au-dessous du milieu, puis, à partir de ce point, conserve un diamètre identique jusqu’à la base des segments légèrement récurvés, formant ainsi un long tube dont le diamètre, un peu plus faible que celui de la partie inférieure de la corolle, est cependant beaucoup plus grand que celui du petit tube qu'on observe à la base même de la corolle. Plus long que les segments, le tube est haut de 17.50 à 18.25 millimètres. Subobovés, un peu plus hauts que larges, longs de 6.25 à 6.50 millimètres, larges de 4,25 à 4.60 millimètres, les segments, dont les bords
sont entiers ou quelquefois légèrement érodés-sinueux à leur extrémilé supérieure, ont leur plus grande largeur au-dessus du milieu: au-dessus de ce niveau, ils se rétrécissent assez brusquement jusqu'au sommet arrondi et très obtus: audessous, ils se rétrécissent assez rapidement jusqu'à un niveau voisin du milieu, puis, à partir de ce point, ils s’atténuent peu à peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le sommet des filets alternipétales, insérés un peu au-dessous ou un peu au-dessus du milieu du tube de la corolle, atteint presque ou mème dépasse légèrement le milieu des segments corollins: grèles, très longuement linéaires, ces filets, dont la partie soudée fait très légèrement saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu'à la base de celui-ci, gardent un diamètre identique jusqu à une distance voisine de la base: à partir de ce niveau, ils s'élargissent légèrement jusqu’à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée est haute de 8.25 à 9.25 millimètres ; leur partie libre, longue de 10.75 à 12.75 millimètres, est large de 0.60 millimètre à la base et de 0.30 millimètre au milieu. Le sommet des filets oppositipétales, insérés un peu au-dessous du niveau d'insertion des filets alternipétales, dépasse un peu le sommet de ces derniers; grêles, très longuement linéaires, ces filets gardent un diamètre identique jusqu à une faible distance de la base; à partir de ce niveau, ils s’élargissent très légèrement jusqu à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, mi rétrécie; leur partie soudée est haute de 7:25 à 8.25 mulhmètres; leur partie libre, longue de 12.25 à 14 millimètres, est large de 0.50 millimètre à la base et de 0.25 millimètre au milieu. Subréniformes, un peu plus hautes que larges, largement émarginées à la base, légèrement émarginées au sommet, les anthères sont longues de 1 à 1.10 millimètre et larges de 0.60 à 0.70 millimètres.
Soudés entre eux sur près d'un tiers de leur longueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; ovésoblongs, rétrécis dans leur partie inférieure, ils s'atténuent, dans leur partie supérieure, en styles grêles, plus longs
qu'eux et terminés par des stigmates légèrement dilatés; leur partie soudée est haute de 3.90 à 4 millimètres; leur partie libre, longue de 5.25 à 5.60 millimètres, est large de 2.40 millimètres ; les styles sont hauts de 13.25 à 14.50 millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont constitués par de nombreuses petites lames subsemicirculaires sur laquelle s'insèrent les funicules; ces lames sont disposées le long de deux cordons grèles, verticaux et presque parallèles, quoique très légèrement ineurvés en dedans, à chacun des deux bords internes des carpelles.
Un peu plus hautes que larges, subtrapéziformes-subsemiorbiculaires ou longuement subtrapéziformes, non élargies ou légèrement dilatées à la base, émarginées au sommet, les écailles sont longues de 0.80 à { millimètre et larges de 0.60 0.70 millimètre.
Obovées, légèrement arquées, très obtuses au sommet et arrondies à la base, les graines, très nombreuses dans chaque follicule, sont hautes de 0.60 millimètres et larges de 0,20 millimètre. Leur test, couvert de rides longitudinales assez nombreuses et peu saillantes, s'applique exactement sur l'amande.
Cette espèce, qui est dédiée à M. le docteur Boris de Fedtschenko, le savant et aimable curateur du Jardin Imperial botanique de Pétrograd, a été récoltée par M. Perrier de la Bâthie, en septembre 1911, à une altitude d'environ 1.000 mètres, sur la rocaille du Mont Tsitongabalaa, près d'Ihosy {Bassin du Mangoky).
Elle appartient au groupe 9 proposé par M. Raymond-Hamel et se rapproche du KXalanchoe Tieghemi Raymond-Hamet et du Kalanchoe Waldheimi Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Du Kalanchoe Tieghemi, elle se distingue : 1° par ses feuilles subsessiles à limbe obové-suborbiculaire, obové ou obovéoblong, bordé de dents aiguës, brusquement rétréei à la base en un très court et très étroit péliole, et non longuement
pétiolées, à limbe ové, erénelé et pourvu à la base de
deux oreillettes obtuses et crénelées qui se replient sur le limbe ; 2° par ses écailles un peu plus hautes que larges, non point un peu plus larges que hautes.
Du Xalanchoe Waldheimi elle diffère : 1° par ses feuilles à limbe obové-suborbiculaire, obové, ou obové-oblong, bordé de dents aiguës, brusquement rétrécies à la base en un très court et très étroit pétiole, et non à limbe obové, crénelé seulement dans son tiers supérieur et contracté à la base en un très bref pseudo-pétiole à peine distinct du limbe ; 2° par ses pétales proportionnellement plus brefs, très obtus au sommet, non point anguleux-subaigus au sommet; 3° par ses écailles un peu plus hautes que larges, et non un peu plus larges que hautes.
Kalanchoe miniata Hilsembach et Bojer, ex Tulasne. — Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. hb. Boissier, sér. 2,t. VIIL, t. 21 (1908).
Le Xalanchoe miniata est une plante glabre et vivace. Assez grêle, érigée, mais couchée et radicante dans sa partie inférieure, la tige, dont le diamètre est de 5 millimètres à la base et de 2 à 3 millimètres au milieu, à une hauteur variant de 30 à 60 centimètres.
La tige porte des feuilles opposées, décussées, planes mais charnues, assez régulièrement espacées. La longueur du premier entrenœud supérieur varie de 5 à 5.50 centimètres ; celle du second, de 2.50 à 7 centimètres ; celle du troisième, de 2.50 à 8.50 centimètres; celle du quatrième, de 2.50 à 6.70 centimètres; celle du cinquième, de 1.50 à 3 centimètres; celle du sixième, de 0.80 à 2.80 centimètres; celle du septième, de 1 à 2 centimètres; celle du huitième, de 0.90 à À centimètre; celle du neuvième est de 2.50 centimètres ; celle du dixième, de 3 centimètres. Les feuilles, à l'exception de celles qui sont situées à l'aisselle des pédoncules latéraux de l'inflorescence, sont pétiolées. Le pétiole subcylindrique, légèrement aplati sur sa face supérieure, est nettement élargi dans sa partie inférieure où il forme une sorte de plate-forme ovée-subsemicireulaire, amplexicaule, haute de 5 à 9 millimètres, large de 6 à 13 millimètres ; cette plate-forme, qui a son
plus grand diamètre au-dessous du milieu, d'une part se rétrécit à partir de ce niveau jusqu'à la base, d'autre part s'atténue jusqu'à son extrémité supérieure où elle se continue par la partie cylindrique du pétiole ; dans les feuilles inférieures, le péliole, qui s'insère à la base du limbe, a une ds cylindrique haute de 6 à 9 millimètres, large de 2.50 à 3.25 millimètres et, par conséquent, très Brève et à peine plus haute que la plate-forme pétiolaire ; dans les feuilles médianes, le pétiole, qui s'insère également à la base du limbe, a une portion cylindrique haute de 15 à 20 millimètres et large de 2.50 à 3.50 millimètres, et, par conséquent, beaucoup plus longue que la plate-forme pétiolaire ; dans les feuilles supérieures, le pétiole, qui s'insère non pas à la base du limbe mais à une faible distance (2 à 5 millimètres) au-dessus de celle-ci, a une portion cylindrique haute de 16 à 22 millimètres, large de 2 à 2.75 millimètres, et par conséquent beaucoup plus longue que la plate-forme pétiolaire. Ové, obtus, subobtus ou même subaigu au sommet, le limbe, dont les bords sont, tantôt très légèrement sinueux, tantôt bordés de crénelures obtuses et séparées par des sinus étroits et anguleux, est arrondi à la base dans les feuilles inférieures et médianes, mais émarginé dans les feuilles supérieures qui sont ainsi subcordiformes ; sa longueur varie de 25 à 80 millimètres ; sa largeur, de 11.50 à 39 millimètres. Sessiles, subdeltoides-subsemilancéolées, les feuilles supérieures, dont les bords sont entiers, sont légèrement étranglées dans leur tiers inférieur ; au-dessus de ce niveau, elles s'élargissent peu à peu, puis s’atténuent lentement jusqu'au sommet aigu ; au-dessous de.ce niveau, elles s'élargissent peu à peu, puis se rétrécissent assez brusquement jusqu'à la base amplexicaule ; leur:hauteur varie de 1% à 23 millimètres ; leur largeur de 3.50 à 8.50 millimètres. Les cicatrices rhiaites forment un anneau légèrement évidé qui entoure complètement la tige.
L'inflorescence, qui termine la tige, est une panicule subcorymbiforme, très lâche, haute de 6.50 à 20 centimètres, large de 6 à 26 centimètres, composée d'une cyme bipare terminale pauciflore et une fois ramifiée et de deux à quatre pédoncules
Annales du Musée colonial de Marseille, — 3° série, 3° vol. 1919, (ni
primaires latéraux opposés et terminés au sommet par une cyme bipare pauciflore simple ou une fois ramifiée. Quelquefois l'inflorescence avorte partiellement et se réduit à une cyme bipare une fois ramifiée et très pauciflore ; dans ce cas, on observe, à l’aisselle des ramifications de l'inflorescence et à l'extrémité de certains pédicelles stériles, des subglomérules de pseudo-bulbilles constitués par deux paires de feuilles extrèémement rapprochées et presque contiguës ; obovées, aiguës, les feuilles de la paire supérieure ont des bords entiers et sont hautes de 3.80 millimètres et larges de 2.70 millimètres ; obovées, aiguës et légerement subcuspidées au sommet, les feuilles de la paire inférieure ont des bords entiers et sont longues de 1 millimètre et larges de 0.65 nullimètre.
Assez grêles, un peu dilatés au sommet, les pédicelles, longs de 7 à 20 millimètres, supportent des fleurs dressées.
Linéaires-subdeltoïdes-subsemilancéolées, aiguës au sommet, légèrement dilatées à la base, les bractées, dont les bords sont entiers, sont hautes de 3.70 à 7-10 millimètres et larges de 1.20 et 1.85 millimètre.
Le calice, subcampanulé, se compose d'un tube un peu plus bref que les segments, haut de 5.10 à 7.20 millimètres, et de quatre segments non appliqués contre le tube de la corolle; deltoïdes-subsemiorbiculaires, un peu plus hauts que larges, aussi hauts que larges, ou même un peu plus larges que hauts, longs de 6 à 8.40 millimètres, larges de 7 à 8 millimètres, ces segments, qui ont des bords entiers, se rétrécissent peu à peu depuis la base jusqu'au sommet aigu et acuminé.
Plus longue que le calice, la corolle, qui est extérieurement d'un beau rouge vif avec de fines macules Jaunes, intérieurement d'un rouge jaunâtre avec des stries d’un rouge foncé, est nettement étranglée au-dessous du milieu : au-dessus de cet étranglement elle se dilate assez brusquement, puis s'élargit insensiblement jusqu'au dessus du milieu, enfin se rétréait peu à peu, à partir de ce niveau, Jusqu'à la base des segments dressés et légèrement récurvés ; au-dessous de l’étranglement, elle se dilate presque insensiblement, puis se rétrécit jusqu'à la base. Dans le fruit, la corolle, marcescente et subtubuleuse,
a son plus grand diamètre à une faible distance de la base du tube ; au-dessous de ce niveau, elle se rétrécit assez brusquement jusqu'à la base ; au-dessus, elle se rétrécit peu à peu jusqu'au tiers inférieur et, à partir de ce niveau, conserve un diamètre identique jusqu'à la base des segments corollins. Plus long que les segments, haut de 24 à 31 millimètres, son tube est pourvu extérieurement de quatre côtes verticales, peu saillantes, disposées en face des filets oppositipétales. Un peu plus larges que hauts ou aussi hauts que larges, longs de 4.40 à 6 millimètres, larges de 6 à 6.80 millimètres, subdeltoïdessubsemiorbiculaires, les segments, qui ont des bords entiers, s'atténuent insensiblement depuis la base non élargie mi dilatée jusqu'au sommet aigu et légèrement cuspidé. L'androcée se compose de huit étamines libres entreelles. Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du milieu du tube de la corolle, atteint presque ou dépasse légèrement la base des segments corollins ; gréles, colorés de rouge, ces filets, dont la partie soudée fait à peine saillie à l'intérieur du tube de la corolle, sont linéaires et gardent une largeur identique sur toute leur longueur sauf dans leur partie inférieure où ils s'élargissent peu à peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie ; leur partie soudée est haute de 6.40 à 8 millimètres; leur partie libre, longue de 17.25 à 24 millimètres, est large de 0.50 à 0.60 nullimètre au milieu et de 1 à 1.20 millimètre à la base. Le sommet des filets oppositipétales, insérés un peu plus haut que les filets alternipétales, dépasse un peu l'extrémité supérieure de ceuxci, et, comme eux, atteint presque ou dépasse légèrement la base des segments corollins; grèles, colorés en rouge, ces filets sont linéaires et gardent une largeur identique sur toute leur longueur sauf dans leur partie inférieure où ils s'élargissent peu à peu jusqu'à la base qui n'est, elle-même, ni élargie, ni rétrécie; leur partie soudée est haute de 7 à 9 millimètres ; leur partie libre, longue de 17.10 à 24 millimètres, est large de 0.50 à 0.55 millimètre au milieu et de 1.20 à 1.30 milhimètre à la base. Noires, un peu plus hautes que larges, ovées, émarginées à la base, obtuses au sommet, les anthères sont
longues de 1.60 millimètre et larges de 1.20 à 1.30 milhmètre.
Soudés entre eux sur un cinquième environ de leur longueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; ovés-oblongs, ils ont leur plus grand diamètre au-dessus du milieu; au-dessous. de ce niveau, ils se rétrécissent jusqu'à la base ; au-dessus, ils s'atténuent peu à peu jusqu à leur extrémité supérieure où ils se prolongent en styles grêles, rouges, plus longs qu'eux et à peine dilatés au sommet ; la partie soudée des carpelles est haute de 1.75 à 2.25 millimètres; leur partie libre, longue de 6.20 à 8.60 millimètres, est large de 2.90 à 3 millimètres ; les styles sont hauts de 18 à 24.25 millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont constitués par deux cordons grèles, verticaux, et presque parallèles, quoiqu'un peu incurvés en dedans, à chacun des deux bords internes des carpelles.
Un peu plus hautes que larges, rarement un peu plus larges que hautes, subtrapéziformes-subsemioblongues, subquadrangulaires, ou sublinéaires, toujours émarginées au sommet, non élargies ou légèrement élargies à la base, les écailles sont hautes de 0.90 à 1.40 millimètre et larges de 0.60 à 1.60 millimètre.
Presque trois fois plus hautes que larges, obovées, légèrement arquées, obtuses au sommet et à la base, les graines, très nombreuses dans chaque follicule, sont longues de 0,85 millimètre et larges de 0,32 millimètre. Leur test, couvert de rides longitudinales nombreuses et peu saillantes, s’applique exactement sur l’amande.
Cette plante aétérécoltée, en septembre 1911, par M. Perrier de la Bâthie, à une altitude d'environ 1.100 mètres, sur les gneiss humides du sommet du mont Ivohibe (Bassin du Man-
goky).
Kalanchoe pinnata Persoon. — Raymond-Hamet, Monogr. du g. Kalanchoe, in Bull. Hb. Boissier, sér. 2, t. VIIT, p. 21 (1908).