‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 257 sur 285 · tonnes en 1913 2.888 — en 1914 77.218 — en · texte numérisé non relu

tonnes en 1913 2.888 — en 1914 77.218 — en

La valeur des exportations de 1915 était de 91.284.000 francs environ. La très rapide extension des plantations de cacaoyers dans la colonie anglaise n’a pas d’ailleurs été sans quelques inconvénients. En raison même des larges surfaces cultivées, la culture n’a généralement pas été faite avec un soin suffisant ; de mauvaises habitudes dans le mode de préparation se sont implantées, qu'il devient difficile aujourd'hui de faire disparaître, et la main-d'œuvre n’est pas en rapport avec les besoins que nécessitent ces grosses récoltes. La quantité nuit finalement à la qualité. Comme conséquence de cette culture mal conduite, les rendements s’affaiblissent plus rapidement qu'il est normal, et les derniers rapports des fonctionnaires de la colonie notent la diminution rapide de production des plus vieux arbres.

. Tous ces rapports insistent donc sur l’urgence de mesures destinées à améliorer les méthodes de culture et de préparation.

Et c’est en constatant ce qui s’est passé à la Gold Coast, et en y trouvant ainsi une leçon et un enseignement, que le gouverneur de notre Côte d'Ivoire, M. Angoulvant, a cherché, en ces dernières années, tout en poussant au développement

des cacaoyères dans notre colonie, à éviter les errements qui

se sont produits dans la possession anglaise.

Le divi-divi. —- Des gousses de Caesalpinia coriaria récoltées à la Gold Coast ont donné, à l'analyse faite par l'Imperial Institute, 14,22 pour cent d’eau, 33,10 de tannin, et 14,63 de matières extractives. La teneur en tannin était donc faible, comparativement à celle du divi-divi ordinaire du commerce, où elle est de 40 à 45 pour cent. Ces gousses ont été manifestement mal préparées, comme l'indique, au reste, déjà l'aspect du lot. Pour que la proportion de tannin soit maxima, il faut d'abord que les fruits soient cueillis juste à maturité ; ils doivent ensuite être ouverts longitudinalement, débarrassés de leurs graines et rapidement séchés au soleil. Une dessiccation lente permet un début de fermentation qui nuit évidemment à la valeur du produit. (Bulletin of the Imperial Institute, Juillet-Septembre 1913.)

Le Monodora Myristica. — Cette Anonacée, qui est l'owere de la Gold Coast, et est un arbre de 15 à 20 mètres de hauteur, bien connu dans l'Ouest-Africain, donne, on le sait, des graines aromatiques utilisées sur place comme condiment. Par distillation à la vapeur, un lot de ces graines a donné, à lImperial Institute, 5,9 pour cent d’une huile essentielle incolore, ayant l'odeur et le goût de l'essence de citron. Sa densité était de 0,849, son indice d'iode 1,2, son indice d'éther avant acétylation 1,9, et après acétylation 52,9. Elle était soluble dans six volumes, ou plus, d'alcool à 90 degrés. Elle semblait surtout constituée par des terpènes. Le résidu après distillation a donné, d'autre part, dans la proportion de 36 pour cent de la graine, une huile fixe liquide, brunrougeâtre, un peu visqueuse, légèrement odorante, ayant pour indice d’acide 20,2, pour indice de saponitfication 186,7, et pour indice d’iode 118,4 pour cent.

Un second lot, qui se présentait dans de moins bonnes conditions, n’a fourni que 2,2 pour cent d'essence jaune pâle, d'odeur moins agréable que la précédente. L'huile fixe, qui

était dans la graine encore dans la proportion de 35 pour cent, avait pour caractéristiques :

Densité à 15 degrés...

PNR PE | RER T 0,917 Indice d'acides is eme er ee 2 Dee 56,7 Indice de saponGationss PR ire 180,6 Indice diOde EEE EE TR SORTE 110,6 Indice de Hehner ........ RARE HE PRE 94,4 Acides volatils SOl0bIES SRE ne ef. 1,0 » »* insolublés PME SORE EE REITUTE 0,23

Le tourteau, qui contient 2,8 pour cent d'huile, 17,6 d’albuminoïdes, 29,1 d'hydrates de carbone, 47,4 de cellulose, n’a pas de goût prononcé, et semble dépourvu d’alcaloïdes ou de glucoside cyanogénique, mais n’est pas d’aspect agréable et contient trop de substance cellulosique ; il ne pourrait guère, sans doute, servir que comme engrais.

L'essence examinée par des experts ne paraît pas avoir été très appréciée; on lui reproche l'absence d’odeur caractéristique, qui fera donc, pour la savonnerie ou en parfumerie, préférer d’autres essences déjà connues.

L'huile ne serait pas davantage recherchée des savonniers, en raison notamment de sa saponification difficile. Elle a donné des savons de faible couleur et elle ne serait utilisable que pour des articles à bon marché. (Bulletin of the Imperial Institute, Juillet-Septembre 1915.)

Les Canavalia. Les graines de deux espèces de Canavalia, le Canavalia ensiformis et le Canavalia obtusifolia, ont été examinées à FImperial Institute. Ni l’une ni l’autre ne semblaient contenir d’alcaloïdes ou de glucoside cyanogénique, quoïqu'elles passent souvent pour suspectes. Des essais préalables, au point de vue de l’alimentation, sont donc à recommander, en dépit des résultats de l’analyse. (M. J. de Cordemoy signale de graves accidents dus aux graines de la seconde espèce.)

Les graines de Canavalia ensiformis de la Gold Coast étaient plus riches en albuminoïdes (27,4) que celles du

Canavalia obtusifolia (22 pour cent), mais plus pauvres en amidon (45,7 au lieu de 54,5). Les premières renfermaient 1,3 d'huile et 14,7 de cellulose et les secondes respectivement 1,9 et 8,1.

NIGÉRIE

Le cacao de la Nigérie du Sud. — Après le palmiste — qui fournissait, en 1915, aux exportations 72.907 tonnes de beurre de palme, 153.900 tonnes de palmistes et 13 tonnes d'huile de palmiste — le cacao est le produit le plus important de la Nigérie du Sud. Les exportations en étaient, en 1911, de 45.000 kilos environ.

Ces cacaos de la Nigérie, examinés à Londres, ont été considérés comme de même valeur que les sortes de la Gold Coast. Deux échantillons de fèves débarrassées des coques, mais dont l’un avait été séché au soleil et l’autre avec un dessiccateur rotatif, ont donné, pour cent :

Dessiccation au soleil Dessiccation artificielle Eau eee Dos ne eee 9,2 SubStance:grasses "51224 "NS a nee 50,5 Alcaloïdes totaux... 1 OZ RNE R oid tee je Do

Le pourcentage des alcaloïdes totaux est ici un peu au-dessus de la normale, mais il est d’autres fois plus faible, 1,58 à 1,80 par exemple.

Il y a peu de différences entre le cacao séché au soleil et celui séché artificiellement, pourvu que, dans les deux cas, la dessiccation soit bien conduite ; l'avantage serait plutôt cependant pour le produit séché au soleil.

Le caoutchoutier de Céara dans la Nigérie du Nord. — Du caoutchouc de Céara examiné à l’Imperial Institute de Londres provenait d'arbres de 6 ans cultivés à Bida, et qui

NIGÉRIE 107

croissaient assez lentement en raison de la pauvreté du sol. Il était sous forme de bal{s et de sfrips et avait été obtenu par la méthode Lewa, entre 6 et 7 heures du matin. Après lavage à l’eau, il contenait 82,3 pour cent de caoutchouc, 7,6 de résines, 8,4 de substances albuminoïdes et 1,7 de cendres. Il était de bonne qualité ; la forme er strips a été jugée supérieure à celle ex balls. (Bulletin of the Imperial Institute, Juillet-Septembre 1913).

Le cotonnier dans la Nigérie du Nord. — Le cotonnier est depuis longtemps cultivé par les indigènes en Nigérie septentrionale. Jusqu'à présent pourtant les efforts faits par l'Association Cotonnière Britannique ont été à peu près localisés aux vallées du Niger et du Bénué. Une usine a été installée à Lokoja, au confluent des deux rivières ; une autre a été montée aussi plus au Nord, à Zaria. Les statistiques d'exportation sont incomplètes ; on sait seulement que les quantités de coton brut achetées par l'Association Cotonnière et par les commerçants étaient de 375 tonnes en 1909 et 230 tonnes en 1911. On cultive un peu, outre de nombreuses variétés indigènes, le Nyasaland Upland; et les échantillons de cette variété américaine ont été regardés à Londres comme d'assez bonne qualité pour justifier la continuation des essais d’acclimatation. (/4., Janvier-Mars 1913).

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