‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 264 sur 285 · CS · texte numérisé non relu

CS

La Guyane Anglaise est située entre 0°41 latitude Nord (source de l'Essequibo)et 8°33 22”{Punta Playa); sa superficie est à peu près celle de la Grande-Bretagne. On peut la diviser en trois régions : une région côtière basse, alluvionnaire et marécageuse ; une région intermédiaire, à sol sablonneux et argileux, avec dunes de sable; et une région intérieure plus haute, avec des chaînes montagneuses vers le Sud-Ouest et, çà et là, des monts isolés dans l'Est. La superficie totale est de 223.000 kilomètres carrés ; la population était en 1914 de 304.149 habitants, dont 14.000 Européens, 130.000 Indiens de l'Inde Anglaise, 115.000 Noirs, 7.000 aborigènes. Les Indiens se livrent surtout à la culture; les Noirs s’adonnent plutôt à l'exploitation des forêts et des richesses minières.

Sur la côte, où la période la plus sèche est d’Août à Novembre, la chute d’eau moyenne annuelle est de 2.350 millimètres ; à l’intérieur elle est de 2.625.

La saison la plus sèche de la savane va de Novembre à Mars. Sur la côte, la moyenne de la température annuelle est de :26° 6:

Au point de vue agricole, la principale richesse de la colonie est la canne à sucre, dont les champs correspondent à environ 28.800 hectares, soit 44,7 pour cent de la surface cultivée. Et la production totale actuelle pourrait être plus grande encore, car on estime qu'elle serait, si on utilisait tous les sols favorables, de 1 million de tonnes de sucre-dans l'Est, récolte qui, avec la culture dans le Nord-Ouest, s'élèverait à 2 millions et demi. Le rendement annuel par hectare est de 3.250 à 5.500 kilos.

En 1914 il était exporté 107.138 tonnes de sucre, 3.489.729 gallons, soit 15.843 hectolitres, de rhum, 83.197 gallons, soit 3.778 hectolitres, de mélasse, 2.427 tonnes de molascuit.

C'est la Guyane Anglaise qui, de toutes les colonies des Indes Occidentales, exporte les plus grandes quantités de rhum. Ce rhum est obtenu par la fermentation, pendant 36 à 18 heures, de mélasse diluée à la densité d'environ 1.060. Le rhum de Demerara est obtenu avec des levures pures et n’a donc pas le goût fort des rhums de fermentation lente, obtenus avec des levures sauvages mélangées de bactéries.

Quant au molascuit, c'est depuis une douzaine d'années que M. George Hughes a indiqué le mode de préparation de ce sous-produit, qui est un bon aliment pour le bétail, et, en particulier, au point de vue de la rapidité d’engraissement. Ce mélange de mélasse et de bagasse se présente sous l'aspect d’une poudre grossière sèche et brune, à odeur agréable, et a

pour composition centésimale :

Pau ee eee RE OR ES RTE AE OE ES SUDSTANCESIPTASSES T4 ere meet Cie 0,6 AIDIMINMOITES SRE ONE Re Ra ete 1,9 SACChATOSE 2 LL EN ARE CE PNR ES AD Glicose FLE eee SATA NC ROIEETS ARE 20,2 Autres hydrates de carbone solubles............ 7,3 Cellulose digestible .. ....... HENRUdE SRE 7,0 Ligneuxs: 2e SRE EN LS RÉTReT eneE 2,9 CENdreS PLAN PERRET TR OP © ST ve 6,3

Il y a donc bien un haut pourcentage (72 pour cent) de constituants digestibles. Pour lalimentation, on mélange le molascuit avec une autre nourriture plus riche en substances grasses et en albuminoïdes, comme le tourteau de coton.

Une autre importante culture de la Guyane Anglaise, surtout depuis quelques années, est celle du riz, qui couvrait en 1914 11.250 hectares et peut encore énormément s'étendre. Le rendement moyen, de 1911 à 1914, a été de 21 qx. 8 de paddy à l’acre, soit 2.773 kilos à l'hectare. Le paddy donne de

60 à 65 pour cent de son poids de riz décortiqué; on ne polit

pas. Il y a un riz brun qu'on étuve avant de le passer aux meules, et un riz blanc qui est considéré comme moins nutritif.

Sur la côte, et surtout quand cette côte est plus ou moins sablonneuse, la culture du cocotier donne de bons résultats ; elle correspondait en 1914-1915 à 6.104 hectares, et les exportations, à destination des Etats-Unis, étaient de 1.400.000 noix environ ; on prépare peu de coprah (1.690 quintaux anglais en 1914.)

Jadis très cultivé, le caféier est aujourd’hui presque abandonné; il n’occupe guère que 1.520 hectares. C’est du Co//ea arabica et du C. liberica. La récolte est, en grande partie, consommée sur place; il n'était exporté, en 1914, que 108.305 kilos.

Le cacaovyer réussit bien, mais le manque de capitaux des planteurs restreint les plantations, qui étaient de 926 hectares en 1914-1919.

Il y a quelques années, la diminution de ces cacaoyers a été surtout sensible parce que certains planteurs se sont, depuis 1907, tournés de préférence vers la culture des //evea, qui était, en 1914, de 1.616 hectares.

Ces arbres, tous jeunes, n’ont d’ailleurs pas encore été saignés.

Le caoutchouc exporté de la colonie sous le nom d’‘Orénoque scraps ” provient des Sapium indigènes et sauvages, notamment du Sapium Jemmani. L'Hevea confusa, et peutêtre d’autres espèces du genre, donneraient aussi un peu de caoutchouc mou inférieur.

Le citronnier et ses divers produits sont encore une des ressources de la colonie.

Comme textile, on a tenté en ces derniers temps la culture de l'Æedychium coronarium, mais sans grand avantage semble-t-il.

Parmi les produits de cueillette, le plus important est le balata, dont il était expédié en 1913 599.600 kilos. Les Mimusops Balata croissent en grand nombre dans les forêts

de la Guyane Anglaise.

Ces forêts recouvrent 200.460 kilomètres carrés, donc au moins les six-septièmes de la superficie totale. Elles s'étendent à travers toute la colonie, mais avec des interruptions occupées par la savane. La partie actuellement exploitée est réduite à 1.280 hectares, au voisinage de la côte. Les arbres sont toujours en mélange. Les principaux sont : le greenhart, ou cœur vert, qui est l'essence la plus connue de la colonie; le crabwood, où Carapa guyanensis, dont il y a deux variétés, la rouge et la blanche; le wallaba, qui correspond à plusieurs variétés d’Eperua, dont l’'Eperua falcata et VÆEperua Jemmani; Ve Dimorbhandra Mora ; le bullet free, ou Mimusops globosa ; le suradanni, où Hieronyma alchorneoïdes; le Copaifera pubiflora ; YHymenea Courbaril, etc.

La gomme animé du courbaril est exportée; on en trouve dans le sol d’assez gros blocs fossilisés. La Aiawa gum, ou résine de conima, usitée comme encens, est obtenue sur le Protium heptaphyllum.

L'arbre à fève Tonka croît avec vigueur au-dessus des rapides et dans les îles du Haut-Essequibo et de ses affluents ; ses fèves sont ramassées et exportées. On récolte aussi les noix oléagineuses de souari, où Caryocar tomentosum. Les graines du crabwood donnent l’Auïile de crabwood, qui est surtout préparée pour la vente par les Indiens. (Harrisson et Bancroft : 7he field and forest resources of British Guiana. Bulletin of the Imperial Institute, Avril-Juin 1915.)

Le cokerite palm. — Ce cokerite palm des Anglais, qui est un Maximiliana, et peut-être le Maximiliana regia, croît. dans presque toute la Guyane Anglaise, sauf au voisinage immédiat de la côte ; et les indigènes utilisent les parties les plus diverses de la plante. Ils en mangent notamment le péricarpe et extraient l'huile des graines, qu'ils appellent mareepa. |

Les fruits détachés des inflorescences, arrondis à la base et pointus au sommet, se composent de 12,4 pour cent de bractées, 17 de péricarpe charnu, 53,6 de noyau et 17 de graine, Les noix mêmes, débarrassées du péricarpe, com-

prennent 76 pour cent de coque et 24 de graine. Le poids moyen d’un fruit est de 10 gr. 6, celui des noyaux 7 gr. 5, et celui des graines 1 gr. 3.

Le péricarpe, à 12 pour cent d'humidité, fournit 15 pour cent d’une huile semi-concrète, rouge orangé, représentant 2,6 pour cent du fruit complet. Cette huile a pour caractéristiques, comparées à celles de l'huile de palme :

Huile de cokerite Huile de palme

Solidification des acides gras... 2995 ..... 3508 à 46°4 Mdrce d'acide. NAT ALMA AIS 28,6

Indice de saponification...... CE NONAL OUR EM UE l4n96,3 à 205,5 ideid'indesss ur For eu re 51,4 p. 100 536:41597,4

Les amandes, ‘pour 11,3 pour cent d'humidité, ont fourni 56,9 pour cent d’une huile concrète, de couleur crème, avec odeur de coprah, représentant 64,1 pour cent de la graiñe sèche. Cette huile avait pour caractéristiques, comparées à celles d’autres huiles :

Huile préparée en Huile Huile Huile

Guyane préparée à de de

Anglaise Londres palmiste coprah IDÉES USERS ARE Abe DEEE MENE 0,8668 0,711 70 0,8736 ÉUSON eue and istrret 2705 270 23048300 182300 4270 Solidification desacidesgras ..,. ..... 2402,,-,. 200 à 2505.., 2102 à 2502 Indice d'arides. 2-2. 4,6 3,1 Indice de saponification.... 252,3 ...... 253 51242 4 AL20A0: 0 + 249) À 208 Inée diodes. rer EU ADERS 13, POIDS ART 728 S à 10 Indice’de Hehner..... .. 88,0 HR roue 88,6 à 90,5 Acides gras insolubles 0/5... -........... 88,6 Insaponifiables. ........ SORT ETS PTE 0,3 Acides volatils solubles ........,.... SERRE HEAR OR 600 14 Acides volatils insolubles..... LEOREEAR 7e 10 442.202 15 à 20

Le tourteau des graines est brun pâle, à saveur douce et

non déplaisante, rappelant celle du coprah. Sa composition,

comparée à celles des tourteaux de palmiste et de coprah, est

la suivante :

Cokerite Palmiste Coprah Éau ER RON he Sr re SIOMSERELE 1255 MR TR 8,5 Albuminoïdes......... LOTO EE LS TERTE 24,5 5 LE SR OR PE ET en Fuite 55 ere 8,3 Hydrates de carbone.... PINOT ES 50 455 0000 Celltlose 777" RAT 12 6 EPS AO RATE UE 12,8 Cendrés.-:2.. seraemracs ALMA DT SANS 4 PRE

Ce serait un tourteau valant celui de palmiste, mais inférieur à celui de coprah. (Cokerite fruits and oïl from British Guiana, dans le Bulletin of the Imperial Institute, Janvier-Mars 1916).

Le coton. — Le n° 4 du West Indian Bulletin de 1915 est consacré au compte-rendu de la Réunion cotonnière tenue à Saint-Kitts en Mars 1916, et dans laquelle ont été traitées les questions relatives à la culture et au commerce du coton dans les Antilles Anglaises.

L'exportation des cotons Sea-/sland de ces Antilles dans les cinq dernières années a été, au total, de :

Barbade ete 2.180.032 livres Saint-Vincent..." .2.110.0613::— Montserrat #0 JL 1.713.773 — Antiean ss Pers ere 587.665 — Saint-Kitts-Nevis....... 3-542:197 0— Iés Vierges.” Mer 184.511 —

Les exportations de Saint-Kitts-Nevis se répartissent en 1.806.284 livres pour Saint-Kitts, 1.249.875 livres pour Nevis, 485.997 livres pour Anguilla.

Pendant la période 1912-1914 les exportations de coton ont représenté en valeur, comparativement aux exportations totales de chaque colonie :

EPA Le 10 COSTA RE TE . 2,2 pour cent Sant-Vincent ...,...4... 28,1 MONTRE ee ee 45,6 Ja NE EN POP TEE 2 Saint-Kitts-Nevis ........ 24,3

Du 1° Octobre 1914 au 31 Septembre 1915 il a été exporté :

Barbade. 2 290.347 livres Saint-Vincent..." “ss 201-620 MOntserrati;2.,..7.29e 380.923 — Antena. 2. 7.L 32%, re: 80.750 — SANTE PATES Faute ere En 57 007 Nevis 225 mrtoerarre eu 305.154 — Anguilla ere ee 33.750 — Hes Vierges. cames 31.361 | —

En 1914-1915 il était planté en acres :

SALES RIÉES: Dan 07 eee Un Nevis? ee ER RE SE en" 2.500 : 5.500 Anouilla =: -+-corcce 50e) Antigua ..... MATE TO DCE 770 } 840 Barbade nee peer 70 \ Montsenat 0 ter 2.350

\ 4.266 en Sea-/sland

Saimt-Vincent:s cree | 1.260 en Marie-Galante

Le cotonnier Marie-Galante, exclusivement cultivé dans les Grenadines du Sud, est vivace. Son exportation en 1914-1915 a été d'environ 150 balles de 360 livres. La sorte est vendue à des prix assez satisfaisants.

Les rendements de coton égrené, par acre, en 1914-1915, ont

été de :

73 livres à Saint-Vincent 162 — à Montserrat 180 — à Saint-Kitts 120 = à Nevis

106 — à Antigua

Au sujet des caractères employés comme termes de comparaison entre les divers cotons, la Réunion cotonnière a surtout insisté sur la valeur du /inf index, qui est le poids total de poils fourni par 100 grammes de graines. L'indice est déterminé sur un nombre de graines supérieur à 100, mais ramené

à 100. Le haut pourcentage des poils n'implique pas d'ailleurs un faible poids des graines, car il peut être donné par des graines qui sont elles-mêmes de poids relativement élevé. (West /ndian Bulletin, vol. XV, n° 4, 1916.)

Le citronnier à la Dominique. — L'industrie citronnière, avec ses dérivés divers, tient de beaucoup la plus grande place dans les exportations de la Dominique. En 1914, sur une exportation totale de 210.087 livres sterling, ily avait pour 20.024 livres sterling de cacao (correspondant à 8.874 quintaux anglais) et 185.895 livres de citrons et de leurs produits.

Ces 183.895 livres sterling se décomposaient, en effet, en 42.237 livres de citrons verts, 25.753 livres de jus brut, 68.754 livres de jus concentré, 38.013 livres de citrate et 10.138 livres d'essence. Et ces valeurs correspondent à 45.283 barils de citrons verts, 379.875 gallons de jus brut, 148.179 gallons de jus concentré, 5.191 quintaux de citrate de chaux et 5.603 gallons d'essence.

On admet approximativement qu'un baril de citrons fournit 7 gallons 1/2 de jus brut, que 75 barils donnent 50 gallons de jus concentré, et 366 barils une tonne de citrate de chaux.

Le cocotier et la vanille sont deux autres cultures possibles à la Dominique, et qu'il y aurait lieu de développer. (Francis Watts : 7he development of Dominica, dans le West Indian Bulletin, vol. XV, n° 3, 1915.)

Le Pimenta acris. — Les feuilles de cette Mryrtacée, voisine du Primenta officinalis dont les fruits sont les outépices où guatre épices, fournissent l'essence de laurier, ou bay oil, avec laquelle on prépare le bay rum, où rhum de laurier, des parfumeurs. Antigua, Saint-Thomas, Montserrat se préoccupent de la culture de l'arbre et de la préparation de l'essence; et MM. Tempany et Robson rendent compte des expériences qui ont été poursuivies à la Station Botanique de Montserrat.

Les premiers essais de culture rationnelle du Prmentfa acris

à la Station Expérimentale d'Harris, à Montserrat, ont été faits

en 1903 et ont consisté à planter de très jeunes pieds recueillis à l'état sauvage dans les montagnes. Une première récolte de feuilles a pu être faite en 1905 et a fourni alors 2.660 livres à l'acre; en 1911, le rendement, pour la même surface, était de 6.380 livres.

Mais il est préférable de semer les graines. L'arbre fructifie de Juin à Août. On cueille alors les fruits, ou bien, si les pieds sont très hauts, on nettoie le sol alentour et on ramasse les fruits qui sont tombés. Chacun contient de 2 à 8 graines, qu'on extrait en écrasant les baies dans un baquet d’eau ; les graines tombent au fond et la pulpe surnage.

Les graines perdent rapidement leur faculté germinative et doivent être vite semées. On les met sur couche ou dans des caisses ; elles lèvent en 15 jours. Au bout de 5 à 6 mois, on les apporte en pépinières, en rangées distantes de 20 centimètres et à intervalles de 15 centimètres par rang. Sur le terrain définitif, les plants, dont on a au préalable sectionné le pivot, sont aux distances de 3 mètres sur 2; soit 800 plantes à l’acre, 2.000 à l’hectare. Pour faciliter la cueillette des feuilles, on maintient les pieds, en les taillant, à une hauteur maxima de 2 m. 30. La récolte consiste à couper un certain nombre de branches, dont on détache ensuite les feuilles. En 1914, à la Station de Montserrat, il était recueilli 3.256 livres de feuilles vertes, qui ont fourni 631 onces, soit 17.687 centimètres cubes. Le rendement a donc été de 19 onces 5 par 100 livres de feuilles.

Antérieurement, à Saint-Thomas, M. Fishlok a calculé qu’une bouteille d'essence était obtenue avec 130 à 140 livres de feuilles vertes. Or la bouteille, aux Antilles Anglaises, contient un sixième de gallon impérial (4 lit. 54) soit 76 centilitres. 100 livres donneraient donc 54 centilitres, qui correspondent à peu près à 19 onces.

L’essence de laurier se compose essentiellement d’eugénol et de myrcine, avec de plus petites quantités de chavicol, de méthyl-eugénol, de méthyl-chavicol, de phellandrène et de citral.

Mais les expériences poursuivies à la Station de Montserrat, et dans lesquelles on a, pendant plusieurs années, récolté et

distillé des feuilles tous les mois, établissent qu'au cours de l'année le rendement en essence et la composition de cette essence sont assez largement variables, sans qu'aucune règle puisse pour le moment être encore bien établie dans l'influence qu'à la saison sur ces variations. Il semblerait seulement que, de Mars à Août, l'essence a une plus haute teneur en phénol.

Au cours de la distillation, la fraction qui passe pendant la première heure, et qui représente le plus fort volume, est de densité moindre et plus pauvre en phéno!l que les petites fractions qui passent pendant les heures suivantes. La valeur de l'essence dépendant de sa teneur en phénol, il y a donc intérêt à prolonger l'opération. Le mélange des six premières fractions contient 54 pour cent de phénol; le mélange des 7 à8 fractions, correspondant à 7 à 8 heures, en contient 58. (Bay oil and the cultivation of the Bay tree as a crop plant, dans le West Indian Bulletin, vol. XV, n° 3, 1915).

Le sucre à la Trinidad.— La culture sucrière donne de bons résultats à la Trinidad. Les exportations ont été de 32.655 tonnes de sucre en 1913-1914, et 48.087 tonnes en 1914- 1915. 54 pour cent des expéditions de 1914-1913 ont été à destination du Canada, et 45 pour cent à destination des Etats- Unis. fAgricoltura coloniale, Juin 1916).

TOGO!"

C’est le 13 Octobre 1884 que le Gouvernement Allemand faisait connaître officiellement qu'il établissait son protectorat sur le Togoland ; et la délimitation de [A nouvelle possession avec les possessions anglaises et françaises était fixée en 1885.

Bordé au Sud par le golfe de Guinée, le Togoland, dont la superficie totale est de 82.300 kilomètres carrés, est limité à l'Ouest par la Gold Coast, au Nord par le Haut-Sénégal et Niger, et à l'Est par le Dahomey. La zone littorale, que borde une série de lagunes, est sablonneuse. Le centre est traversé par une chaîne de montagnes, dirigée du Sud-Ouest au Nord- Est, d’une altitude moyenne de 650 à 800 mètres, et qui atteint ses plus grandes hauteurs dans le Sud; le pic le plus élevé est le mont Agu (1.020 mètres). Cette région centrale, qui est la partie la plus boisée, est la plus humide. La pluviosité, qui est de 700 à 800 millimètres sur la côte, atteint 1.500 millimètres environ au pied des montagnes, s'élève un peu plus encore dans la vraie zone montagneuse et redescend à 1 mètre environ dans les steppes de la partie septentrionale.

Sur la côte sont Anécho, l’ancienne capitale, que la fièvre jaune a fait abandonner, Lomé, la capitale nouvelle, Bagida, Poro-Seguro, et Kpémé. A l'intérieur, les principaux centres sont Atakpamé, Misahôhe (586 mètres), Kété-Kratschi, Bismarckburg, Sakodé, Bassari et Sansane-Mangu.

Trois voies ferrées relient respectivement Lomé à Anécho, à Atakpamé et à Palimé. Palimé étant à une petite distance

(1) Cette étude des colonies allemandes a été surtout faite d’après des articles parus avant 1914 dans la Quinzaine Colontale et depuis 1914 dans le Bulletin of the Imperial Institute.

TOGO 149

de Misahôhe, cette troisième voie ferrée est donc celle de la région du cacaover. En 1914, deux nouvelles lignes étaient en projet : celle dite ‘‘de lhuile” dans le district d'Anécho, et la ligne de l'Ouest.

En 1913, la population indigène était évaluée à 1.030.000 habitants, et il y avait 368 Européens, dont 320 Allemands. Le Protectorat ne recevait aucune subvention de l'Etat Allemand

et les recettes et les dépenses s'équilibraient à 4.174.341 marks.

Les principales exportations, cette même année, étaient :

Page 1