‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 51 sur 285 · QUINCY · texte numérisé non relu

QUINCY

M. Deleuze en terminant dans les Annales du Muséum la citation d'une petite partie du travail de Quéau de Quincy,

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remercie l'auteur et ajoute: « Le nom ZLodoicea Sechellarum « proposé par M. La Billardière sera sans doute adopté par « les Botanistes, mais s'il ne passait pas dans le langage ordi- « naire, il faudrait du moins, pour éviter une erreur, substi- « tuer à cette dénomination de Cocotier des Maldives celle-là : « Cocotier des Séchelles f, »

Revenons maintenant à la collection des moulages en eire de Robillard d'Argentelle, dont nous avons raconté l'histoire dans le chapitre précédent. Ces moulages, admirablement exécutés d'après nature et ayant conservé les couleurs qui ont forcément disparu sur les échantillons conservés à sec ou dans l'alcool, nous permettent de comprendre les descriptions eidessus données, et les complètent d’ailleurs.

Is sont d'autant plus exacts qu'ils ont été faits sur des objets encore frais provenant des Seychelles, et que l’auteur a utilisé pour certains d'entre eux la coque même du Coco de Mer. Un seul nous paraît insuffisant, c'est celui qui représente un chaton mâle couvert de fleurs. Ces dernières y sont simplement imitées et on n'y peut distinguer la forme exacte des anthères et pétales. Les pièces, au nombre de dix, sont disposées dans deux vitrines. Dans la première, on voit marqué A un chaton mâle entier couvert de ses fleurs épanouies, puis en B un régime femelle chargé de deux fleurs, dont l'une parait déja fécondée, et de deux cocos, l’un jeune, l’autre adulte.

Dans la seconde vitrine se trouvent huit pièces, à savoir : C. Un coco coupé transversalement un peu au-dessous de la réunion des deux lobes, soit au tiers de la partie supérieure (du côté opposé au pédoncule *). On y distingue parfaitement : le brou charnu et fibreux ; la coque ayant à peu près la même

1. Annales du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, 1807, in-#°, vol. IX, p. 146. — Sur le Cocolier des Maldives. Extrait d'un mémoire lu à l'Académie des Sciences le 14 octobre 1801 par M. Labillardière, et Extrait d'un mémoire envoyé au Muséum par M. Quéau-Quincy, commandant et administrateur général des [les Séchelles, sur le palmier qui produit les fruits appelés Cocos des Maldives.

2. L'auteur doit vouloir dire du côté du pédoncule, il semble avoir pris une extrémité pour l’autre.

Annales du Musée colonial de Marseille, — 3° série, 3° vol. 1919, 16

épaisseur, ce qui indique que le fruit est encore jeune et que cette coque est encore à l'état mou; l’amande remplissant entièrement chacun des lobes. E. L'amande entière dépourvue de son revêtement brun (épisperme). D. F. Deux moitiés supérieures de la coquille (côté opposé au pédoncule) : l'une F vide, l’autre D contenant encore dans le lobe gauche l’amande müre et desséchée, avec un léger vide central, indiquant que le coco est arrivé à maturité complète et est prêt à germer. La nature fibreuse et radiée de l'amande est fort bien imitée. Dans cette section, l'ouverture qui doit laisser passer le germe montre bien le coussin fibreux élastique qui la ferme presque complètement, mais qui, grâce à son élasticité, permet à l'axe cotylédonaire d'en écarter les bords. Cette organisation originale rappelle au naturaliste l'ouverture élastique de certains cocons soyeux du genre Affacus. De même que dans ceux-ci, les poils élastiques garnissant intérieurement et extérieurement l'ouverture du coco semblent destinés à en défendre l'entrée contre les insectes rongeurs, tout en permettant la sortie du germe!. G représente l’amande entière (revêtue de son enveloppe brune) arrivée à maturité et germant. H nous montre la noix müre dépourvue de son brou avec un germe déjà bien développé. Enfin, deux pièces aujourd’hui séparées, K, L, mais qui devaient sans doute n’en faire qu'une autrefois (sans doute cassées) montrent l'amande flétrie, considérablement diminuée de volume, sa substance avant été absorbée par le germe en forme de massue allongée que l’on voit à côté, K, et dont la base est encore adhérente à l’amande. Il est probable que, comme cela arrive dans toutes les graines, la germination produit des ferments qui ramollissent lamande et la font servir à la nourriture de la jeune plante tant que celle-ci n’a pas encore poussé de racines. C’est ce qui explique, sans doute, comment l'on peut transformer en gourdes les coques du

1. L'auteur dans ce moulage a exagéré la grandeur et l’a entourée de beaucoup trop de poils libres et trop longs. Il en a beaucoup figuré aussi autour du germe dans le moulage H. On croit y reconnaitre l'intention d'exagérer d’une façon obscène, sans doute en vue de l'exposition en public.

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