‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 3)Chapitre 55 sur 285 · DA 07 FE · texte numérisé non relu

DA 07 FE

pour accomplir entièrement son évolution physiologique, à partür du moment où la fleur a noué jusqu'à celui où, parfaitement mûr, 1l se détache lui-même de l'arbre.

Deux autres photographies faites sur des fruits venus de Praslin donnent une excellente idée de leurs formes et de leurs dimensions en les montrant tant entiers que décortiqués à côté de noix du cocotier ordinaire dans les mêmes conditions.

Parlant des essais d’acclimatation de ce palmier tentés dans l'Inde, dans les îles de la Sonde, pourtant à la même latitude que les Seychelles, il dit que nulle part ils ne sont aussi beaux et aussi productifs que dans leur pays d'origine : « Ce palmier « remarquable entre tous paraît donc devoir être rangé par- « mi ces espèces végétales sur lesquelles, pour des causes « que nous n'avons pas à étudier ici, l'acclimatation complète « ne semble avoir que peu de prise!. »

Au point de vue esthétique, les opinions diffèrent comme au point de vue gastronomique. Si certains voyageurs ou naturalistes sont pleins d’admiration pour le Zodoicea d'autres le trouvent beaucoup moins gracieux que quantité d’autres palmiers. Voici comment en juge le colonel américain Pike, Consul des États-Unis à Port-Louis, Ile Maurice, qui fit un voyage aux Seychelles en 1871 :

« À première vue, le Cocotier de mer cause un désappoin- « tement, le cocotier ordinaire étant décidément plus gracieux. « En effet, les plus vieux ZLodoicea ont un tronc mince s'éle- « vant à plus de cent pieds, avec une tête échevelée formée « d'un bouquet de feuilles moitié vertes, moitié desséchées. « Les arbres femelles dépassent rarement 60 à 70 pieds. « Étant moins élevés, ils sont moins battus par les vents que « les mâles. Cependant en vieillissant ils deviennent aussi

1. A. Roussin, Album de l'Ile de la Réunion, 5 vol. in-4°, Saint-Denisde-la-Réunion, 1868-1870. Collection de vues, paysages, plantes et insectes de Bourbon, en lithographie et photographie, par A. Roussin, vol. V, p. 124-130. Description du Lodoicea Seychellarum avec photographies d'une feuille et de 2 cocos entiers et décortiqués. Article signé A. JT.

« laids que ces derniers. Ce ne sont que les jeunes, ceux dont « la tige ne fait que commencer à s'élever, qui sont véritable- « ment «one of the loveliest vegetable productions », les « feuilles ayant sans doute leur plus grande dimension et leur « plus grande vigueur juste avant qu'ils commencent à pro- « duire. Il faut 9 à 10 mois pour que le coco germe une fois « en terre. Le germe une fois sorti court souvent à près de « 20 pieds de la noix avant de pousser la première feuille. « Si la noix tombant de l'arbre vient reposer sur le plus « mauvais côté, c'est-à-dire si le germe ne se trouve pas « dessous, il s’allonge en vain de quelques pieds en dehors, « et, ayant épuisé les sucs de la noix, il se dessèche et meurt « faute d'humidité !. »

Ces singularités concernant la germination n'avaient pas été observées ou mentionnées par les auteurs déjà cités. Elles sont d'autant plus importantes que, faute de les connaitre, nombre de personnes ayant voulu cultiver cet arbre ont perdu leur temps. Cette année même, au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, deux noix fraîches envoyées par le directeur du jardin colonial de Nogent-sur-Marne étant entrées en germination, on décida de les placer dans la serre chaude et d'essayer d’en obtenir de jeunes plants. Les jardiniers ne sachant comment les traiter et ne trouvant pas de vase assez grand pour les placer, imaginèrent de les mettre sens dessus dessous au-dessus d'un pot rempli de terreau. Au fur et à mesure que l'axe cotylédonaire s’allongeait on était obligé de relever les cocos pour éviter que la pointe du germe ne s'écrase contre le fond du vase. Les supports, faits d'abord de pots de fleurs devenant insuflisants, on imagina de suspendre les cocos au moyen de cordes passant sur une poulie et l’on hissait le tout de temps en temps. Quand nous visitâmes les serres en Juillet 1906, les cocos étaient déjà à

4. Colonel L. Pike, Transactions of the Royal Society of Arts and Sciences of Mauritius, in-8°, vol. VI. New Series, 1872. À visit to the Seychelles Islands by Colonel L. Pike, p. 83-112, antérieurement paru dans The Commercial Gazette of Port Louis, 1871.

Anuales du Musée colonial de Marseille, Page 279

3° scrie, 1* volume 1915,

PLENLI Dr Moche de Mablanc, 1S91. Lodoicea Sechellarum, arbre femelle en fruits.

Jardin du Gouverneur des Seychelles à Port-Victoria, Ie Mahé

QT A es LL) ur a

“ EL { * de” . * LA s : Se '; à | L L L : : Er.

Page 1