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GRAINES ET HUILES DE PRACACHY ET D'OWALA

moyenne de 12 grammes ; et leurs dimensions étaient de 65 mm. xX 45 mm. x 10 mm., avec, pour extrêmes, 50 à 77 millimètres, 30 à 48 et 8 à 13.

Un litre de ces graines pesait O0 kgr. 580.

Un kilogramme de graines se compose environ de 0 kgr. 190 de téguments, 0 kgr. 810 d’amandes.

Celles-ci sont d’un brun ioncé mat et ANR presque entièrement le tégument.

Leur analyse a donné :

ERA TEE SES Parano ane bi aa tea 8,5 p. 100

CENTER RER PE NRR eee Moser es 2,4 —

ÉTOLÉINES TE AN RES M me TR CCE 29 —

MAÉ PASS ES MR RE Let cou 41 —

Gels TR RE Se Os ES 5 —

EXITACHNMONPAZOIÉ ET en 18,4 — Sucres réducteurs, après hydrolyse : 3,5

Nous avons étudié comparativement :

L'huile que nous avons extraite de ces amandes par l’éther de pétrole bouillant à 83 ;

Une huile de première pression, d’origine industrielle, maïs présentant toutes garanties d'authenticité et de pureté.

Les caractères de ces huiles sont les suivants :

Huile de pression. Huile d’extraction

(CON ETES ONE RER ATEN jaune ambré jaune OUEN EE de CRE POSE PRES agréable d’arachide

SN EU TE RS ET ON PE ENT EE légèrement amère £ BON GEde AUSIONN LS te snemieieie eee re 240 (tube effilé)

Zone de solidification (très étendue) . 23° à 100 environ

Indice de réfraction, à 409 ......... 1,4682

ID'ENOTRE RE PATORPE SEP ER 0,902

ÉR rnE le este ce RAR EVE (0 nn InSADD Di AD ES FASSENT ere 0,75 0,45 Indice de saponification........... 181 178 ice nd Acide 22 ds temelreeue Si 24,7 Indicerdiode me ME RE NA 98,9 97,5 Indice de Reichert-Meissl.......... 127 1,26 Indicerd'acétyiee ser Leterme. 0 0 Leneurrentrésinenem tr rec. 0,5 1,9

Acides gras insolubles et résines ... 96, 4 96,2

La séparation des acides concrets a été faite par les méthodes aux sels de plomb et de lithium (avec lesquelles les résultats ont été no) et nous avons trouvé :

Titre des acides gras totaux .......:... D 40

Poids moléculaire moyen de ces acides ..... 309

AGCIdes Ie EE EEE PA CR 91,6 p. 100 Indice d’iode de ces acides ............. 95

Poids moléculaire moyen 7,000 282

Acides gras concrets (inférieurs à C?°)...... 18; 1%p.400 FIRE EL rs tree OT TE ARE 3302

Poids moléculaire moyen Vert 285

Acides arachidique et supérieurs ........ 26,2 p. 100 A5 Re ten RSI TE Sn Sn à JS TES

Poids moléculaire moyen te" "Ce N 316

Les acides de l'huile d’owala seraient donc formés environ, pour la moitié, d’acide oléique, puis, pour un cinquième, d'acide stéarique ou isoléique, et, pour un quart, d'acide arachidique.

DU

* PENTACLETHRA FILAMENTOSA ”

PAR

Docteur-ès-Sciences, Assistant de Botanique à la Faculté

des Sciences de Marseille

Depuis quelques années, l’attention a été attirée à plusieurs reprises sur l'intérêt qu'offriraient, au point de vue oléagineux, les graines du Pentaclethra filamentosa Benth., le pracachy (ou pracaxy où paroa-caxy) du Brésil (1). Tout récemment, M. H. Jumelle (2) à précisé l’histoire de cette plante, qui est d'autant plus curieuse à signaler en Amérique tropicale que le genre Pentaclethra est surtout représenté en Afrique tropicale, où l’espèce la plus répandue est le Pentaclethra macro phylla Benth., bien connu sous le nom d’owala.

D'autre part, M. Margaillan donnant ici même les prineipales caractéristiques chimiques de cette huile de pracachy, 1 nous à paru opportun de compléter cette étude chimique par une description des principaux caractères microscopiques du tourteau, ainsi que par une étude histologique de la graine, Ja connaissance de l’anatomie de cette dernière étant nécessaire

(1) P. LE CoiNTE, L’Amazonte brésilienne (Tome I, Challamel, Paris, 1922, p. 490).

TEixEIRA DA FonsEecA;, Oleos vegetaes. brasileiros (Rio-de-Janciro, 1922 ; d’après Rev. int. d. Rens. agric., Rome, Vol. I, n° 2, avril-juin 1923; p2498);:

BERTINO DE MoRrAEs CaARvALHO, Notas sobre a industria de Oleos vegetaes no Brasil (Min. da Agr., Ind. e Com., Sero. de Inf., Rio-de-Janeiro, 1924, p. 125).

(2) H. Jumezze, Le Pracachy, Pentaclethra brésilien (Les Matières grasses, 15 septembre 1925, p. 7279).

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pour l'identification des éléments constitutifs de ce tourteau. | Nous avons cru également intéressant de comparer ces caractères anatomiques avec ceux de l’owala, M. Jumelle ayant déjà, par ailleurs (loc. cit.) comparé les graines de ces deux espèces au point de vue de la morphologie externe. É

GRAINE DU PENTACLETHRA FILAMENTOSA

Examinée au microscope en section transversale, la graine : de Pentaclethra filamentosa présente la structure anatomique suivante :

Tégument. — Le tégument (fig. 1) est limité extérieurement par un épiderme (es) formé de cellules à parois un peu épaisses, tantôt allongées dans le sens tangentiel, tantôt un peu arrondies et tantôt plus ou moins rectangulaires. La cuticule qui les recouvre est peu développée. Ces cellules n’ont donc rien de caractéristique et en tout cas ne rappellent en rien les cellules palissadiques si fréquentes dans le tégument séminal des Légumineuses exotiques (1). Il en est de même d’ailleurs, ainsi que nous avons pu le constater — car M. Heckel, qui a étudiéen 1897 (2) la graine d’owala, ne décrit pas la structure histologique de son spermoderme — dans le Pentaclethra macrophylla, avec cette différence pourtant que, dans cette dernière espèce, les cellules épidermiques sont à parois très fortement épaissies et à cavité très réduite. Elles forment donc un revêtement plus résistant que dans le pracachy et nous verrons plus loin l’importance de cette différence au point de vue des éléments constitutifs des tourteaux.

Il n’y a pas de zone sous-épidermique caractérisée et la plus grande partie du tégument est constituée par des cellules

(4) NGuyEN-THaANH-Giunc, Contribution à l'étude anatomique des téguments séminaux des Légumineuses exotiques (Thèse, Fac. d. Sc. Marseille, 1923).

(2) Hrckez, Recherches sur les graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises (Ann. de l’Institut Col. de Marseille, 1897, p. 188).

parenchymateuses allongées tangentiellement et à membranes nettement épaissies (c). La coupe lengitudinale révèle, d’autre part, que ces cellules sont relativement allongées dans le sens de la hauteur. Ces cellules, d’abord plus ou moins polygonales au voisinage de l’épiderme, deviennent à section plus ou moins elliptique à mesure que l’on s’avance vers l’intérieur, pour redevenir polygonales au voisinage de l’épiderme interne, alors que d’autres fois cependant elles sont elliptiques dans toute

COLDOOTSERTNCCCON CT = —— —. emo

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Ses eee + LORS OS RTS FiG. 14. — Coupe transversale du tégument séminal du Pentaclethra

filamentosa : es, épiderme supérieur ; ce, cellules parenchymateuses ; et, épiderme inférieur.

l'étendue du tégument. Le contenu de ces cellules parenchymateuses épaissies, ainsi que celui des cellules libériennes — car le tégument est parcouru par des faisceaux libéro-ligneux avec liber très comprimé et bois central — est fortement coloré en brun, ce qui donne au tégument sa coloration brun-noir, les cellules épidermiques étant plus ou moins incolores.

Inmtérieurement l’épiderme du tégument est assez mal caractérisé (ec).

Dans l’owala, où l'enveloppe séminale est un peu plu: épaisse que dans le pracachy, la majeure partie de ce tégument est encore formée par des cellules parenchymateuses, analogues à celles que nous venons de décrire. Cependant, leur

paroi est moins épaisse. D’autre part, ces cellules, qui sont plus ou moins irrégulières par suite de la compression, laissent entre elles des méats petits, mais nombreux, et enfin sont. nettement plus petites dans le tiers interne de ce tégument que dans les deux tiers externes ; elles sont aussi à contenu moins coloré.

Cotylédons. — Les cotylédons sont limités sur leurs deux faces par un épiderme à petites cellules allongées tangentiellement et un peu cutinisées sur leur face extérieure.

Tout le reste du cotylédon est constitué par un parenchyme (fig. 2, e), dont les assises les plus externes sont formées de cellules un peu plus petites que les autres, plus régulièrement polygonales et à membrane légèrement plus épaisse (c). La plupart des cellules de ce parenchyme sont gorgées de gouttelettes d'huile plus ou moins volumineuses et qui se colorent en rouge par le Sudan III. Cependant, il y a de place en place des ilots assez étendus de cellules qui renferment, non plus de l'huile, mais uniquement des cristaux mâäclés d'oxalate de cal- CUUM.

D'autre part, et c’est là un des caractères les plus frappants de cette graine de pracachy, il y a dans toute l'étendue du parenchyme cotylédonaire de nombreuses poches sécrétrices, remplies d’une substance qui s’est colorée en rouge par le Sudan IIT et que l’analyse chimique a révélé être une matière résineuse. Ces poches sécrétrices étant très nombreuses, on s’explique le fort pourcentage de résine trouvée dans l’huile, tout au moins dans l'huile extraite de la graine ou du tourteau par les dissolvarts, l'huile de pression ne renfermant qu’une faible quantité de cette résine, qui reste donc surtout dans le tourteau. M. Heckel ne signale point de semblables poches sécrétrices dans les graines d’owala étudiées par lui et nous n’en avons pas trouvé, non plus, dans les graines de l'Afrique Equatoriale Française que nous avons examinées. [Il y a donc là un caractère très net de séparation entre les deux espèces, auquel s’ajoute la présence, dans la graine d’owala, de grains d’aleurone qui semblent faire défaut dans celle de pracachy.

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TOuURTEAU DU PENTACLETHRA FILAMENTOSA

Le tourteau de pracachy que nous avons eu l’occasion d’examiner, et qui provenait de graines brésiliennes travaillées en Italie, est de coloration brunâtre. C’est un tourteau cortiqué. L’œil nu y distingue facilement, au milieu de la gangue brunâtre, des particules presque noirâtres, qui: représentent les débris du spermoderme.

Au point de vue microscopique, le tourteau de pracachy pré-

sente un ensemble de caractères qui nous paraissent devoir en rendre l'identification assez aisée. Tout d’abord, le tégument de la graine s’y présente sous divers aspects que nous avons représentés dans la figure 2. Vues par leurs extrémités supérieure ou inférieure (a), ces cellules du tégument sont polygonales, à parois épaisses et ponctuées. Isolées, elles sont plus ou moins irrégulières. (a’). D’autres fois, on rencontre des plaques plus ou moins incolores (b), dans lesquelles les éléments cellulaires vus par leurs faces latérales sont relativement allongés et à parois irrégulièrement épaissies. Ces divers aspects différent évidemment un peu“de ceux que l’on obtient lorsqu'on examine le tégument en coupe longitudinale ou en coupe transversale. En particulier, les cellules ysontrettement moins comprimées et paraissent plutôt augmentées de volume. Mais il ne faut pas oublier que, suivant la méthode indiquée par MM. Collin et Perrot (1), il est nécessaire pour l’examen du tourteau d’en faire bouillir un fragment avec une pastille de potasse et que, par suite de cette technique, 11 y a, surtout avec des fragments relativement petits, gonflement des cellules.

On ne retrouve pas de débris d’épiderme, cette assise paraissant relativement fragile et $e séparant assez facilement du reste du tégument. Elle est certainement brisée par la pres- Sion.

(1) CozziN et PErroT, Les Résidus industriels de la jabrication des huiles et des essences utilisés par l'Agriculture comme aliments et comme engrais (Mais. d’Ed. Scient., litt. et artist® A. Joanin, Paris, 1904).

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F1G, 2, — Eléments du tourteau de pracachy.

a, cellules du tégument vues par leurs extrémités supérieure ou inférieure ; a’, les mêmes isolées ; b, les mêmes vues par leurs faces latérales ; e, cellules externes du parenchyme cotylédonaire ; d, parenchyme à oxalate de calcium ; e, parenchyme oléifère ; f, poches sécrétrices isolées ; g, poche sécrétrice avec débris de parenchyme adhérent ; k, gouttelettes d’huile ; mâcles d’oxalate de calcium.

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Les assises les plus externes du parenchyme cotylédonaire, dont les cellules sont plus petites que les autres, à contour nettement polygonal et à membrane un peu épaissie, forment des plaques, comme celle que nous avons figurée en c. Puis on trouve encore dans le tourteau :

Des débris très nombreux du parenchyme oléifère (A), qui renferment d’assez nombreuses gouttelettes d'huile ;

Des fragments de parenchyme à oxalate de calcium (d), puisque ces cristaux d’oxalate sont toujours groupés dans certaines régions de la graine.

Enfin des poches sécrétrices, tantôt complètement libres et

isolées (f), et formant alors comme de grosses sphères dans lesquelles en faisant varier la mise au point du microscope on voit

très nettement les cellules limitantes, tantôt munies encore de quelques débris de parenchyme (2).

La présence de ces poches sécrétrices nous paraît absolument typique pour la reconnaissance du tourteau de pracachy; et cette présence, puis celle du parenchyme cotylédonaire à

oxalate de calcium, ainsi que les divers aspects des cellules du

tégument constituent un ensemble de particularités qui novs semblent vraiment bien caractéristiques.

Ces particularités ne se retrouvent pas dans le tourteau d’owala, où l’on peut identifier les éléments suivants. Tout d’abord, on y rencontre des plaques d’épiderme du tégument séminal, où les cellules vues de face se reconnaissent fort bien à leur coloration brunâtre et surtout à ce que leur cavité paraît presque nulle. De plus la plaque présente des stomates très nets avec cellules stomatiques bien visibles. Remarquons tout de suite qu’on ne trouve rien de semblable dans le tourteau de pracachy et que, par ailleurs, c’est là, nous semble-t-il, le

caractère le plus frappant du tourteau d’owala.

Dans les spécimens que nous avons examinés et qui proviennent du Gabon-Congo, les autres éléments du spermoderme ne se rencontrent guère en fragments susceptibles d’être analysés microscopiquement. En effet, ces tourteaux, obtenus avec des graines très grossièrement broyées, ne renferment que d’énormes fragments de tégument. Il est par suite nécessaire

de dissocier à l’aiguille ces morceaux pour y retrouver les cellules parenchymateuses dont nous avons parlé précédemment. Maik il est possible que dans un tourteau industriel le broyage du tégument soit plus parfait que dans notre tourteau indigène et que par suite on puisse y trouver de menus fragments de ce tégument se présentant sous des aspects légèrement différents de ceux que l’on peut obtenir par la seule dissociation. :

La garñgue du tourteau est presque uniquement constituée par les débris des cotylédons. Le parenchyme cotylédonaire est facilement reconnaissable avec ses grandes cellules souvent vides, mais d’autres fois remplies de globules d'huile et contenant souvent aussi des grains d’aleurone. On retrouve également des fragments d’épiderme adhérents à ce parenchyme cotylédonaire, soit que cet épiderme se présente sous un aspect identique à celui qu'il a dans la coupe transversale, soit que, vues de face, les cellules en soient un peu différentes.

Aïnsi donc, les graines du Pentaclethra filamentosa, ou pracachy, et celles du Pentaclethra macrophylla, ou owala, ne sont pas seulement différentes par leur morphologie externe, mais le sont encore par leur structure interne ; et les tourteaux de ces deux graines oléagineuses présentent, eux aussi, des caractères spéciaux qui doivent en rendre la distinction très aisée dans la pratique commerciale.

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