‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 4)Chapitre 45 sur 63 · IV. — QUELQUES NOUVELLES ESPÈCES DE CYNANCHUM · texte numérisé non relu

IV. — QUELQUES NOUVELLES ESPÈCES DE CYNANCHUM

Nous avons déjà mentionné, au début de ce travail, que l’étude des herbiers de M. Perrier de la Bâthie et du Muséum de Paris nous avait permis de reconnaître, parmi les matériaux mis à notre disposition, onze espèces nouvelles de Cynanchum. I nous faut maintenant donner la description de ces dernières.

Nous y ajouterons également celle des C. bojerianum et obovatum, qui ont été signalés, plutôt que décrits, par Decaisne, et dont il nous parait nécessaire de préciser les principaux caractères, ce que n’a point fait leur créateur dans les quelques lignes qu'il leur a consacrées.

Cynanchum Jumellei nov. sp.

Perenne, tubere napiformi. Caulibus multis, brevibus, scandentibus. Ramis gracilibus, junioribus pubescentibus. Foliis linearibus acutis, parce pubescentibus, À cm. 9-5 cm. 7 longis, À mm. 5-3 mm. 8 (rarius 5 mm.) latis, petiolatis (petiolo 2 mm. 5-7 mm. longo, rarius 12 mim.). Inflorescentia umbellata pauciflora (3-7), manifeste pedunculata (pedunculo 2 em. 5-Gem. 2 longo), pedicellis brevibus 5 mm. 5-11 num. 5 longis, utrisque puberulis. Sepalis triangulis obtusis, glandulosis, marginibus ciliolatis, L mm. 7-2 mm. longis, O mm. 7-0 mm. 8 latis. Petalis ovatis acutis, 4 mm. 5-5 mm. 5 longis, basi parum (1 mm. À mm. 2) coalitis, 2 mm.-2 mm. 5 latis. Corona tubulosa, 2 mm. 3 alta, fere integra (1 mm. 7), gynostegium subæquante ; 5 lobis oppositisepalis brevibus, latis (0 mm. 6-0 mm. 9), rotundatis, apice inflexis, ligulatis, ligulis subulatis cum lobis concrescentibus, deinde liberis (0 mm. 3-0 mm. 4), lobis longioribus ; intus, sub ligulis, decem lobulis. Gynostegio cum corona alte concrescente, parte libera 1 mm. 5 alta. Antheræ appendiculis ovatis-triangulis acutis, O mm. 6 altis, O0 mm. 4 latis, supra stigma inflexis et stigma subæquantibus. Polliniis oblongis (0 mm. 175-0 mm. 230 altis ; O mm. 105-0 mm. 122 latis), translatoribus valde obliquis elongatis (0 mn. 140-0 mm. 240), rettnaculo angusto (0 mm. 166-0 mm. 210 alto, O mm. 078-0 mm. 087 lato). Stigmate O0 mm. 7 alto, pentagono, apice (0 mm. 2) contco.

Le C. Jumellei est une plante vivace, grâce à un fubercule napiforme finement annelé à l'extérieur et pouvant mesurer. 12 cm. de longueur sur 5 cm. de largeur. Il a été rencontré par M. Perrier de la Bâthie, une première fois en février 1914 dans des prairies à l'Est d’Antsirabé, sur des argiles latéritiques de basalte, vers 2.000 mètres d'altitude (n° 11654), et une deuxième fois en janvier 1920 dans les prairies d’Ankaratra, également vers 2.000 mètres d'altitude (n° 12990). Dans cette dernière station, la multiplicité des tiges, leur faible longueur, la végétation environnante indiquent que cette

espèce est représentée ici sous son port de prairies, c’est-à-dire modifié par les feux (attaque du collet, destruction des supports et dénudation entrainant l’insolation précoce).

Les tiges, courtes (40 em. à 60 em. de hauteur), grêles et nombreuses, sont annuelles et volubiles. Elles portent des feuilles linéaires ; mais, tout à fait à leur base, se trouvent de petites feuilles ovalaires, courtement pétiolées et ayant de 12 mm. 5 à 19 mm. de longueur sur 4 mm. 5 à 6 mm. de largeur.

La corolle est blanche avec l'extrémité des divisions brune du côté externe. La couronne, tubulée, de 2 mm. 3 de hauteur et de 2 mm. de diamètre, est entière sur { mm. 7 de hauteur et se termine par cmq lobes oppositisépales assez courts (0 mm. 6), larges (0 mm. 6 à 0 mm. 9 à la base), arrondis, à bords un peu irréguliers. Ces lobes, dans leur région supérieure, s'infléchissent vers le centre de la fleur et il en est de même des ligules qui les prolongent. Ces dernières se réunissent, en s’entrecroisant plus ou moins, au centre de la fleur et par-dessus le sommet du stigmate qu’elles dépassent légèrement (de 0 mm. 2), de sorte que la couronne est plus ou moins fermée à sa partie supérieure, et que, si on regarde la fleur par en haut, le gynostège est plus ou moins dérobé aux regards. D'autre part les ligules, qui affectent la forme de pointes un peu subulées, prennent naissance à la partie supérieure de la couronne, sensiblement au même niveau que les lobes, et sont soudées à la partie médiane de ces derniers Jusqu'à leur sommet, mais par contre les dépassent un peu, la partie libre des ligules mesurant 0 mm. 3 à O0 mm. 4 de longueur. Enfin la face interne de la couronne porte encore, au-dessous de chaque ligule et faisant suite à cette dernière, deux lobules, partiellement soudés à la couronne, mais dont le sommet arrondi est libre. Il y a ainsi dix lobules à l’intérieur de la couronne.

Les filets staminaux sont intimement soudés à la couronne sur 0 mm. 6 de hauteur et le gynostège, qui est de ce fait sessile, mesure (dans sa partie libre) { mm. 5 de hauteur sur

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4 mm. 5 de largeur à la base. Les membranes staminales s’infléchissent par-dessus le stigmate qu’elles recouvrent entièrement en le dépassant très légèrement (de 0 mm. 1). Le stigmate est une masse pentagonale, légèrement conique dans sa partie tout à fait supérieure, et à sommet minuseulement bilobé.

Par ses feuilles linéaires et par sa couronne ligulée, le C. Jumellei se rapproche du C. pycnoneuroides Choux. Mais ce sont là les seuls points de contact entre ces deux espèces, qui par ailleurs diffèrent très sensiblement.

Cynanchum angavokeliense nov. sp.

Scandens, gracile, ramis junioribus pubescentibus, tubere napiformi 12-15 cm. longo, 3 cm. lato. Foliis linearibus-fuiformibus, leviter acutis, pubescentibus, 4 em. 2-6 cm. longis, 1 mm. 3 mm. 8 latis, breviter petiolatis (petiolo 2 mm.-7 mm. longo). Injlorescentia umbellata pauciflora (4-8) distincte pedunculata (pedunculo 8-17 mm. longo, puberulo), pedicellis brevioribus 3 mM.-o mn. » longis puberulis. Sepalis ovatis acutis vel subacuhis, glandulosis, subglabris, À mm. 2-1 mm. 7 longis, O0 mm. 7- 0 mm. 8 latis. Corolla rotacea. Petalis oblongis obtusis vel rotundatis, 3 mm. 2-3 mm. 5 longis, basi parum (0 mm. 7-0 mm. 9) coalitis, 1 mm.-1 mm. 2 latis. Corona leviter urceolata, 1 mm. 3- À mm. 5 alta, basi (1 mm.-1 mm. 1) integra, supertus 5 lobis brevibus (0 mm. 3-0 mm. 4 altis) oppositipetalis leviter acutis angustis. Gynostegio fere sessuli, 1 mn. 5 alto, coronam subæquante ; antheræ appendicibus ovatis-elongatis apice acutis, O mm. 8-0 mm. 9 altis, O0 mm. 4 latis, erectis, conum efficientibus. Polliniis globosis, parvis (0 mm. 122-0 mm. 157 altis ; O mm. 070-0 mm. 105 latis) ; translatoribus brevibus (0 mm. 052) retinaculo O mm. 105-0 mm. 122 alto, O min. 066-0 mm. 070 lato. Stigmate conico O mm.7-0 mm. 8 alto, apice bilobiusculo.

Le C. angavokeliense (pl. IX) est une liane grêle, à écorce rougeâtre, pourvue d’un tubereule napiforme, et qui a été récol-

tée par M. Perrier de la Bâthie dans les rocailles du mont Angavokely (Imerina), vers 1.800 mètres d'altitude, en décembre 1919 (n° 12937).

Le bouton floral est ovoide obtus et a 3 mm. à 3 mm. 2 de hauteur sur { mm. 7 à 1 mm. 8 de largeur ; les pétales y sont recouvrant à droite et non tordus.

La couronne, un peu urcéolée, est entière sur un peu plus des deux tiers de sa hauteur. Elle se termine par cinq lobes oppositipétales, étroits, triangulaires, à sommet, faiblement aigu, bien distincts les uns des autres, et séparés par des parties interlobaires nettes, dont le bord supérieur est un peu en arc de cercle et parfois très légèrement crénelé. D'autre part, la partie soudée de la couronne présente, dans sa portion supérieure (sur 0 mm. 5), des plissements saillants, auxquels font suite les lobes dont nous venons de parler. Enfin, du milieu du tube coronaire, émerge le cône formé par les appendices staminaux dressés, et ici très développés. Le sommet de ce cône staminal arrive sensiblement à la même hauteur que le sommet des lobes, mais les lobes étant oppositipétales sont en alternance avec les appendices.

Le gynostège, presque sessile, mesure { mm. 5 de hauteur, dont O0 mm. 9 pour le cône staminal. Les appendices staminaux, dressés et un peu inclinés vers le centre de la fleur, forment, comme nous venons de le dire, un cône qui entoure le stigmate et le recouvre. De plus, ils sont assez souvent irrégulièrement ou brusquement rétrécis vers le sommet, qui est aigu.

Cynanchum fimbriatum nov. sp.

Erectum vel scandens, tubere longo et in rectum descendente ; ramis junioribus pubescentibus. Foliis linearibus-filiformibus, acutis, pubescentibus, 3 cm.-4 cm. 2 longis, O mm. 6-1 mm. latis, brevissime petiolatis (petiolo 1 mm.-2 mm. longo). Inflorescenha umbellata pauciflora (4-5), breviter pedunculata (pedunculo 3 mm. »-4 mm. longo, puberulo), pedicellis brevibus quoque, 3 mm.-4 mm. 5 longis, puberulis. Sepalis ovatis acutis, glandulo-

sis, subglabris, 1 mm. 8-2 mm. longis, O mm. 9-1 mm. latis. Petalis oblongis, apice leviter arcuatis, 4 mm. 8-5 mm. longis, basi parum (1 mm.) coalitis, 1 mn. 4-1 mm. 5 latis. Corona magna tubulosa, 3 mm. 5 alta, 2 mm. 5 lata, gynostegium distincte superante, bast (2 mm.) integra 5-plicata, deinde 5-lobata, lobis oppositipetalis À mm. 5 allis, apice fimbriatis. Gynostegio sessili 2 mm. alto ; antheræ appendicibus magnis, erectis, apice subcontortis, penicillum Ÿ mm.-1 mm. 3 altum efficientibus. Pollinus oblongis (0 mm. 262-0 mm. 280 altis ; O min. 122- O min. 140 latis) ; translatoribus brevibus (0 mm. 105-0 min. 122 longis) ; retinaculo ovato (0 mm. 245 alto ; O mm. 140 lato). Stigmate conico, 6 mm.-7 mm. alto, appendiculis breviort.

Le C. fimbriatum, que nous avons examiné, est une plante à tige dressée, munie d’un long tubercule pivotant (pl. X). Mais, d’après M. Perrier de la Bâthie, il s’agit là d’un individu dont le port a été modifié par les feux, car ce Cynanchum se retrouve souvent dans la même station avec des tiges volubiles. Il a été récolté en effet, en décembre 1924, dans les prairies, soumises aux feux, du Tampoketsa d’entre l’Ikopa et la Betsiboka, vers 1.600 mètres d’altitude (n° 16756).

Le bouton floral, ovoide, à sommet obtus, a 4 mm. 5 de hauteur sur 2 mm. 5 de largeur. Le calice y est à préfloraison quinconciale et les pétales sont recouvrant à droite et un peu tordus vers le sommet.

La couronne, tubulée, est d’assez grandes dimensions. Entière sur 2 mm. de hauteur, elle présente, dans cette portion soudée, des plissements oppositipétales visibles jusqu’à la base. Ces plissements, d’abord assez étroits, s’élargissent ensuite jusqu’à devenir confluents, ou presque, au moment ‘où ils deviennent des lobes indépendants les uns des autres. Les lobes, qui font suite ainsi à ces plissements, ont sensiblement la même forme que ces derniers : ils sont plus ou moins convexes et leur paroi externe est semi-circulaire. D'autre part, le bord supérieur de chaque lobe, bord qui est plus ou moins horizontal, est très nettement frangé, caractère que

rappelle le nom donné à cette espèce. Les bords latéraux, au voisinage du sommet, le sont également, mais à un degré moindre.

Le gynostège, sessile, a 2 mm. de hauteur, dont 1 mm. à 4 mm. 3 pour le cône formé par les membranes staminales, et 1 mm. 8 de diamètre. Le sommet de ce cône staminal se trouve au même niveau que la naissance des lobes ; la couronne dépasse donc le gynostège de ? mm. 5 environ. Les appendices staminaux, de grandes dimensions, sont dressés et d'autre part un peu enroulés au sommet en s’encastrant les uns dans les autres, ce qui fait que l’ensemble de ces cinq appendices forme une sorte de pinceau, dont lextrémité est un peu tordue. De plus, les appendices staminaux sont repliés vérs l'extérieur de part et d’autre de leur axe médian.

Le stigmate, conique, très obscurément bilobé, est plus court que les appendices staminaux, qui le dépassent d’environ 6 mm.

Le C. fimbriatum est voisin du C. lineare, à la fois par ses feuilles et par ses fleurs. Néanmoins, si la couronne de notre C. fimbriatum rappelle au premier abord celle du €. lineare, on peut cependant distinguer l’une de l’autre de la manière suivante.

La couronne est presque entière dans le C. lineare. Les dents du sommet sont peu élevées et d'autre part chaque dent est plus ou moins fermée à sa partie supérieure, par suite du rabattement du bord supérieur de part et d’autre de la côte saillante.

Dans le C. fimbriatum, la couronne est nettement lobée. Ces lobes, de 1 mm. 5 de hauteur, de contour Ssemi-circulaire, et très nettement frangés à leur partie supérieure, ne sont pas fermés dans cette région supérieure.

Cynanchum moramangense nov. sp.

Herba annua, scandens, cum tubere ; ramis gracillimis, pubescentibus. Foliis linearibus vel linearibus-filiformibus, acutis vel

sis mate

subacutis (rarius obovatis-linearibus apice rotundatis mucronatis), pubescentibus vel subglabris, À em. 5-6 cm. 2 longis, À mun.-3 mun. 5 latis, breviter petiolatis (petiolo 2 mm.-4 mm. 5 longo). Inflorescentia umbellata pauciflora (4-5), pedunculis 5 mm.-12 num. longis, pedicellis brevioribus 3 mm.-4 mm. 5 longis, utrisque puberulis. Sepalis ovatis-triangulis, leviter acutis, À mun.-1 mm. 1 longis, O mm. 6-0 mm. 8 latis, glandulosis, subglabris. Petalis ovatis vel ovatis-triangulis obtusis emarginatis, 3 mm. altis, basi (0 mm. 8-1 mm.) coalitis, À mm. 3- 1 mm. 5 latis. Corona cyathiformi, À mm. 3-1 mm. 5 alla, gynostegium subæquante, fere integra, 5 lobis oppositipetalis latis alte coalitis, apice (0 mm. 2-0 mm. 3) liberis, erectis, deinde intus et recta linea ad imum inflexis (parte inflexa O mm. 5- 0 mm. 7 alta). Gynostegio fere sessili, 1 mm. 4 alto, À mom. *; lato ; antheræ appendiculis erectis, ovatis-triangulis, obtusis, O mm. 5 altis latisque, ad stigma applicatis. Pollintis ellipticis (O mm. 236-0 m. 245 latis, O num. 140-0 mm. 157 latis) ; translatoribus brevibus (0 mm. 087-0 mm. 105) ; retinaculo ovato (O mm. 227-0 mm. 262 alto ; O mm. 140 lato). Stigmate subconico, 0 mm. 8-0 mm. 9 alto, appendiculas leviter (0 mm. 2) superante. Folliculis brevibus et gracilibus.

Le C. moramangense (1) est une plante à tubercules avec des tiges grimpantes, herbacées, annuelles. Il à été trouvé par M. Perrier de la Bâthie dans la savoka à Philippia (Ericacée) des environs de Moramanga, entre 850 et 900 mètres d'altitude (n° 8 971) (n° 18 687, février 1925).

(1) Le C. moramangense a, comme les C. Jumeller, angavokeliense et fimbriatum que nous venons de décrire, des feuilles linéaires. I nous faut signaler à ce propos qu'il y a, au point de vue de l’appareil végétatif, — tout au moins en ne considérant que les spécimens d’herbier — une très grande ressemblance entre la plupart des Cynanchum malgaches à feuilles linéaires, exception toutefois du C. pycnoneuroides Choux. Il en résulte que très souvent il est pratiquement impossible de les distinguer les uns des autres, sans avoir recours à l'examen des fleurs, qui seul peut permettre leur identification spécifique.

36 PACHOUX

La corolle est verte ou brunâtre. La couronne, très blanche, cyathiforme, de 2 mm. de diamètre et de 1 mm. 3 à 1 mm. 5 de hauteur, est presque entière, tout au moins vue de l'extérieur. Elle se compose en effet de cinq grandes pièces oppositipétales, soudées sur À mm. { à { mm. 3 de hauteur et libres sur 0 mm. 2 à 0 mm. 3 seulement. Mais les lobes, après cette portion dressée et relativement courte, dans laquelle ils se touchent par leurs bords latéraux, se replient à l’intérieur de la couronne, verticalement et vers le bas, comme dans les C. repandum Dene et subcoriaceum Schltr.…. La portion retournée de chaque lobe, qui mesure 0 mm. 5 à 0 mm. 7 de longueur, est plus ou moins concave en son centre, alors que les parties latérales sont un peu plus saillantes et un peu plus rapprochées du centre de la fleur. Il en résulte que, si on regarde la fleur par en haut, cette portion retournée n’est pas régulière, mais présente cinq concavités, et chacune de ces dernières est séparée de ses voisines par deux saillies accouplées. Ajoutons enfin que la couronne est bien ouverte au sommet et qu'on aperçoit bien, en regardant la fleur par en haut, le sommet du gynostège ; ce dernier a sensiblement même hauteur que la couronne ou bien la dépasse très légèrement (de O0 mm. 2).

Le stigmate se compose d’un très court pédicelle, que surmonte une masse tronconique à sommet très légèrement bilobé. Il y a lieu de remarquer d’autre part que, bien que le sommet du stigmate ne dépasse que fort peu les membranes staminales, il y a cependant, en raison de la forme tronconique qu'il présente, une notable partie de ce stigmate qui est bien visible.

Les fruits sont de petits follicules (3 em. à 4 em. 8 de longueur), grêles (2 mm. de largeur) et à paroi très mince. Les graines, ovales et à sommet tronqué, ont 3 mm. 5 de longueur sur 2 mm. de largeur et sont surmontées d’une aigrette de poils de 15 à 17 mm. de longueur.

Par sa couronne repliée intérieurement, le C. moramangense fait partie de ce groupe, pour lequel Decaisne avait créé

LES CYNANCHUM A FEUILIES DE MADACASCAR Sp!

l’ancien genre Cyathella, avec les deux espèces Cyathella repanda et mucronata, et qui comprend encore les Cynanchum eurychitoides K. Sch. et subcoriaceum Schltr., ainsi qu'une espèce nouvelle, dont nous parlerons tout à l'heure, le Cynanchum masoalense. En tout cas, par ses feuilles linéaires, comme par l’organisation de sa couronne, l'espèce que nous venons de décrire se distingue bien de tous les autres types du même groupe.

Cynanchum obovatum Dene.

Cette espèce est l’ancien Cyathella mucronata de Decaisne. Un échantillon de l’herbier du Muséum de Paris, et récolté par Humblot (n° 61), échantillon qu'il y a lieu de rapporter à ce Cynanchum obovatum, nous fournit l’occasion de donner une description de cette espèce, la diagnose de Decaisne étant notoirement insuffisante, voire même erronée en ce qui Concerne la couronne.

Le C. obovatum est une liane glabre, à tiges blanchâtres ou blanc-verdâtres.

Feuilles. — La plante est bien caractérisée par ses feuilles obovales (1), à sommet arrondi ou un peu émarginé avec un minuscule mucron, et à base aiguë (ou plus rarement très légèrement auriculée). Les limbes, dont les bords sont légèrement enroulés inférieurement, sont de coloration plus pâle à la face inférieure qu’à la face supérieure. La nervure médiane y est presque seule apparente, surtout en dessous. [ls ont de 2 em. 8 à 5 cm. 8 de longueur sur 1 cm. 6 à 3 cm. 7 de ‘ largeur et sont portés par des pétioles de { em. à 2 em. 5.

Inflorescences. — Les inflorescences sont des cymes pluriflores (de 7 à 9 fleurs), courtement pédonculées (4 à 5 cm.). Les pédicelles florifères sont également courts (5 à 8 mm.).

Calice. — Les sépales, ovales, à sommet un peu obtus, glabres, sont de petite taille (1 mm. de longueur sur 0 mm. 7 à 1 mm. de largeur). Il y a une glande allongée entre chacun d’eux.

(1) Une seule feuille était rhomboïdale.

Corolle. — La corolle, rotacée, est à pétales ovales. légèrement émarginés au sommet. Ces pétales, soudés sur 1 mm. h: ont 5 mm. de longueur sur 2 mm. 4 à 2 mm. 5 de largeur.

Couronne. — La couronne, entière, est une urne dont le bord supérieur est replié intérieurement. Elle présente cinq côtes opposttipétales très nettement saillantes et visibles aussi bien dans la partie dressée que dans la partie retournée. Aussi, en regardant la couronne par en haut, ces côtes donnent-elles l'impression de cinq arceaux falciformes qui seraient en quelque sorte fixés sur cette couronne pour la maintenir. Ces arceaux se rejoignent au centre de la fleur, dérobant par conséquent aux regards le gynostège (1). L’urne coronaire a 2 mm. de hauteur au niveau des côtes, 4 mm. 6 à 4 mm. 7 seulement dans l'intervalle, et son diamètre est de 2 mm. 8 à 2 mm. 9. De même, la partie retournée a 1 mm. de longueur au niveau des côtes et 0 mm. 6 à 0 mm. 7 seulement dans l'intervalle. Enfin la couronne dépasse (au niveau des côtes) le sommet du gynostège d'environ 0 mm. 6 à 0 mm. 7 de hauteur.

Etamines. — Le gynostège, brièvement stipité, de 1 mm. 3 de hauteur, est large (1 mm. 7 à 1 mm. 8) et surbaissé. Les anthères portent sur leur face dorsale une gibbosité triangu-

aire arrondie et saillante. 11 en résulte que, comme dans le C. madagascariense par exemple, le pentagone gynostégial est à angles oppositisépales, ces derniers étant formés précisément par les gibbosités dorsales des anthères. Dans ce pentagone se trouve incluse une étoile à cinq branches constituée par les bords cartilagineux des anthères, et dont les pointes,

légèrement saillantes, alternent avec les angles du pentagone .

Les membranes staminales, ovales, un peu aiguës, de 0 mm. 7 de hauteur sur 0 mm. 5 de largeur, sont rabattues

(1) Nous ne voyons vraiment pas pourquoi Decaisne parle de couronne staminale à dix lobes, car il n’y a bien que cinq arceaux, et cela aissi bien dans l'échantillon d’Humblot que dans le type avec lequel D'caisne a créé son espèce, et que M. le Professeur Lecomte a bien voulu nous communiquer.

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LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADACASCAR 39

sur le stigmate, qui est lui aussi très surbaissé et qui ne dépasse que fort peu les anthères proprement dites.

Les pollinies, globuleuses, ont 0 mm. 280 à 0 mm. 215 de hauteur sur O0 mm. 192 de largeur. Les caudicules, courts (0 mm. 087), peu obliques, s’insèrent sur les parties latérales des pollinies, et non à leur sommet. Le rétinacle, cordiforme, a O mm. 245 à 0 mm. 262 de hauteur sur O0 mm. 210 à O0 mm. 2356 de largeur.

Stigmate. — Le stigmate, peu élevé (0 mm. 6 de hauteur), est un plateau pentagonal dont les angles saillants sont munis d’encoches pour l'insertion des rétinacles et qui est déprimé en arc de cercle dans l'intervalle. Le plateau est surmonté d’une petite pointe à sommet obscurément bilobé.

Affinités. — La couronne du C. obovatum présente une certaine ressemblance avec celle du C. eurychitoides K. Sch., et cette ressemblance est due à la présence dans les deux espèces de côtes épipétales en forme d’arceau. On ne s’attendrait peut-être pas à cette parenté en comparant la description que nous venons de donner du €. obovatum et celle du C. eurychytoides fournie par Schumann. Ce dernier parle en effet d’une couronne à dix lobes peu nets, — ce qui peut à la risueur se comprendre dans certains spécimens de cette espèce que nous avons pu examiner, comme le n° 3808 de Baron (1) — mais ne cite pas les côtes oppositipétales, pourtant si typiques, qui forment en quelque sorte cinq lobes, et qui existent dans l’échantillon de Scott-Elliott pour lequel Schumann a créé son espèce (2).

Cependant, si cette parenté est réelle (3), les deux espèces

(1) Cet échantillon de Baron se trouve au Muséum de Paris. Dans la collection du même établissement le C. eurychitoides est encore représenté par un échantillon de Cloisel (n° 104), récolté à Fort-Dauphin, où c’est la liane Vahimbale.

(2) Cet échantillon, conservé au Muséum de Berlin, nous a été très obligeamment communiqué par M. le Directeur Diels.

(3) Signalons ici l'erreur que commet Schumann dans le Pflanzenamilien en parlant, à propos du C. eurychitoides, de pièces enroulées

sont néanmoins bien distinctes par toute une série de caractères. Outre que le C. eurychitoides a des feuilles ovales à base échancrée en cœur, des inflorescences longuement pédonculées et des fleurs plus grandes (corolle de 6 à 7 mm.), que celles du C. obovatum, où les feuilles sont obovales et les inflorescences courtement pédonculées, la couronne de la première espèce ne ressemble pas exactement à celle de la seconde. Dans l’espèce de Schumann, cette couronne se compose en quelque sorte de deux parties superposées séparées par un étranglement, alors que cet anneau inférieur manque dans le C. obovatum. De plus les côtes ne s’y rejoignent pas au centre de la fleur, les bords sont moins profondément retournés vers l'intérieur, et, au lieu de plonger verticalement et vers le bas, sont simplement appuyés plus ou moins horizontalement — ou même un peu obliquement vers le haut — sur le stigmate, qui, bien visible, émerge du centre de la couronne et égale sensiblement la hauteur de cette der- ! nière.

Cynanchum masoalense nov. sp.

Scandens, gracile ; ramulis junioribus pubescentibus. Foliis leviter coriaceis oblongis-ellipticis, apice acuminatis, basi subacutis et glandulosis, glabris, marginibus repandis, breviter petiolatis (petiolo 6 mm.-12 mm. longo), 3 cm. 5-9 cm. 4 longts, { cm. 4-3 cm. 6 latis. Cymis umbelliformibus, multifloris (30-35), breviter pedunculatis (7 mm.), pedicellis brevibus (5 mm. 5-5 mm.). Sepalis ovatis-triangulis, leviter acutis, Ÿ mm.-1 mm. 2 altis, O mm. 6-0 mm. 7 latis. Corolla rotacea fusca subrubra. Petalis oblongis obtusis, 3 mm. 6-3 mm. 9 longts, basi (1 mm.-1 mm. 2) coalitis, À mm. 5 lalis. Corona alba, urceolata, cum quinque costis prominentibus epipetalis, 2 mm. alta, margine superiore intra inflexa imprimis inter intervalla costarum (parte inflexa O mm. 4-0 mm. 5 alta) gynostegium

vers l'extérieur, alors que dans la diagnose de l'espèce, il précise le contraire (lobis inflexis).

superante (0 mm. 6). Gynostegio 1 mm. 3 alto, À mm. 6-1 mm. 7 lato, rotundato ; antheræ appendiculis ovatis acutis, O0 mm. 8- O mm. 9 altis, O mm. 7. latis, stigma incumbentibus. Pollinits piriformibus (0 mm. 280-0 mm. 315 longis, O mm. 192-0 mm. 218 latis) ; translatoribus valde elongatis fere verticalibus (0 mm. 437- O mm. 455 longis) ; retinaculo brevi (0 mm. 157-0 mm. 166 alto, 0 mm. 122 lato). Stigmate pentagono, À mm. alto.

Le C. masoalense est une liane grêle, qui a été trouvée en octobre 1912 par M. Perrier de la Bâthie dans les bois de la côte est (forêt orientale), à Masoala, par 500 mètres d’altitude (n° 11655).

La base des limbes paraît presque aiguë, si on l’observe à l'œil nu ; mais en réalité la loupe la montre minusculement auriculée. Le bouton floral, ovoide, à sommet obtus, mais avec une petite pointe, a 3 mm. 5 de hauteur sur 2 mm. 5 de largeur ; les pétales y sont recouvrant à droite.

La couronne, blanche, entière, est une urne avec des côtes saillantes épipétales dues à des plissements. Son bord supérieur se replie vers l'intérieur, mais d’une façon inégale. Alors qu'au niveau des côtes cette partie repliée est plus ou moins horizontale et que par suite le sommet de ces côtes est en forme de capuchon ouvert, dans l'intervalle la même partie replhiée, plus longue d’ailleurs qu’au niveau des plissements, se rabat plus ou moins verticalement vers le bas. La couronne a ainsi un tout autre aspect que celle du C. obovatum, où le rabattement, régulier, se fait aussi bien au niveau des côtes que dans leur intervalle, et où d’autre part les arceaux falciformes décrivent en se rabattant une convexité bien nette. Dans le C. masoalense, au contraire, les côtes sont verticales comme la paroi de l’urne coronaire et se rabattent horizontalement en décrivant une convexité beaucoup moins accusée. Ajoutons encore que, si les côtes épipétales ont un peu la forme d’arceaux, comme dans le C. obovatum, ces arceaux, plus courts, ne se rejoignent pas au centre de la fleur et que, par suite, si on regarde la couronne par en haut, on aperçoit

parfaitement bien le gynostège. L’urne coronaire à 2 mm. de hauteur au niveau des côtes et 1 mm. 8 dans l'intervalle ; son diamètre est de 2 mm. La partie rabattue a, dans l'intervalle des côtes, 0 mm. 4 à 0 mm. 5 et son bord libre est denticulé. Enfin la couronne dépasse d'environ 0 mm. 6 le sommet du gynostèce.

Les appendices staminaux sont rabattus sur le stigmate qu'ils recouvrent entièrement. Cependant lextrème sommet de ces cinq appendices se relève un peu, formant amsi une petite pointe médiane qui surmonte le gynostège.

Le stigmate, de grandes dimensions par rapport au reste de la fleur, est une masse pentagonale en forme de plateau, avec cinq angles saillants encadrés par les caudicules qui s’appliquent sur leurs bords. Le sommet du plateau stigmatique est surmonté par une pointe minuscule.

Cynanchum Danguyanum nov. sp.

Scandens, herbaceum, glabrum ; radicibus tuberosis. foluis ovatis (rarius late ovatis vel suborbicularibus), apice acuminatis, basi manifeste cordatis (auriculis 5 mm.-19 mm. altis), 2 cm. 2-9 cm. longis, 1 cm. 3-7 cm. 5 latis, valde petiolatis (petiolo O cm. 9-7 cm. 5 longo). Cymis corymbiformibus, plurifloris (4-10), longe pedunculatis (pedunculo 5 em. 5-10 cm. 8), pedicellis floriferis À cm. 2-2 cm. 2 longis. loribus albidis, magnis. Sepalis ovatis, leviter acutis, multiglandulosis, 1 mm. 7- 2 mm. longis, À mm 4-6 min. latis. Corolla rotacea, petalis ovatis-oblongis obtusis, 9 mum.-11 mm. longis, bast parum coalitis (1 mm. 5-2 mm. 5), 2 num. 5-4 mm. 1 latis. Corona alba, magna, 6 mm. 5 (rarius 5 mm.) alta, 5 mm. lata, urceolata, extus breviter pubescente, gynostegium leviter superante, bast composita, superius valde 5-plicata, pseudo-lobis oppositipetalis apice cucullatis. Gynostegio 4 mm. 5-5 mm. alto, longe (2 mm.- 2 mm. 5) stipitato ; lateribus induratis staminum præaculis et rectis ; antheræ appendiculis ovatis-triangulis vel late ovats, leviter acutis vel truncatis, 1 num.-1 mm. 3 altis, 1 mm.-1 mm. 2

latis, papillosis, stigma incumbentibus. Polliniis oblongis-elongatis (0 mm. 710-0 mm. 717 longis, O mm. 280-0 mm. 315 latis) ; translatoribus obliquis, brevibus (0 num. 262) latisque ; retinaculo leviter obovato (0 mm. 402-0 mm. 455 alto, O mm. 315- O mm. 367 lato). Stigmate 1 mm. 2-1 mm. 5 allo, apice obs-

cure bilobo.

Le C. Danguyanum est une plante à latex blanc, à racines tubéreuses et à tiges herbacées grimpantes. Les tiges et les pétioles sont rougeâtres. Les feuilles sont de dimensions assez différentes et atteignent parfois une taille assez grande (DIX)

Les fleurs sont portées au sommet d’un pédoncule allongé et nu sur presque toute sa longueur. Le bouton floral, ovoide, à sommet un peu obtus, a 7 mm. de hauteur sur 4 mm. 5 de largeur. Les pétales y sont à préfloraison tordue, leur bord droit étant recouvrant.

La couronne est une urne entière, formée de deux portions très inégales séparées par un étranglement, Inférieurement se trouve une sorte d’anneau court, de 1 mm. à 1 mm. 2 de hauteur, de contour plus ou moins pentagonal et à peu près régulier. La portion supérieure est, elle aussi, d’abord à contour régulier, formant une sorte d’anneau, de 1 mm. de hauteur, identique au précédent. Mais au-dessus la paroi présente des plissements, qui s’accusent de plus en plus à mesure que l’on gagne le sommet. Ces plissements forment ainsi cing pseudo-lobes oppositipétales, très nettement accusés, et dont le sommet est en forme de capuchon. D'autre part les parties déprimées, épisépales, qui sont un peu moins élevées (1 mm. de moins) que les pseudo-lobes, se rejoignant presque complètement au centre de la fleur, la couronne, vue d’en haut, a la forme d’une étoile à cinq branches qui dérobe complètement le gynostège aux regards, et cela d'autant plus que chaque branche de l'étoile est fermée par suite du rabattement, dans chacune d'elles, du bord supérieur de la couronne de part et d'autre de l’axe du lobe. Ajoutons enfin que

la couronne dépasse le gynostège de Î mm. 2 à 2 mm. et qu'elle est revêtue extérieurement de nombreux poils courts, ce qui constitue une disposition rarement réalisée chez les autres espèces du genre.

Au sommet des deux carpelles se trouve un style assez allongé (1 mm. 5), supportant une masse stigmatique plus ou moins conique, parfois papilleuse. Le sommet de ce stigmate est tantôt obscurément bilobé, et tantôt surmonté d’une petite pointe un peu bifide émergeant des membranes staminales.

Le C. Danguyanum a été récolté, d’une part par M. Perrier de la Bâthie (n° 12520), en mars 1919, dans les rocailles de Midongy (centre Ouest), vers 900 mètres d’altitude, et d’autre part par M. Decary, en 1923, à Maromandia (n°5 1502, 1519, 1528 et 2112) (1). Mais il est encore commun dans l’Ambongo et le Boina, où il habite de préférence la lisière des bois. En effet, la plante déterminée en 1908 par MM. Jumelle et Perrier de la Bâthie comme étant le Cynanchum Eurychiton Decne, plante à laquelle s'applique cette dernière remarque, est pour nous en réalité le C. Danguyanum. Une confusion analogue a d’ailleurs été faite dans les collections du Muséum de Paris, où plusieurs échantillons de ce C. Danguyanum ont été appelés C. Eurychiton.

Et cette confusion s'explique, car il y a bien entre les deux espèces une certaine ressemblance, se manifestant surtout par la présence, chez l’une comme chez l’autre, de feuilles . cordiformes et de fleurs assez grandes avec une couronne assez grande également et entière. Cependant, si, au premier abord, on est frappé par un certain air de parenté, un examen plus détaillé de la couronne et des verticilles internes fait ressortr des différences suffisamment nettes pour qu’une distinction aisée soit possible.

En ce qui concerne tout d’abord la couronne, elle est bien,

(4) Le Cynanchum Danguyanum est également représenté dans les collections du Muséum de Paris par deux spécimens de Baron (n° 4698 et 4729) et un échantillon de Douillot (8 décembre 1892).

dans les deux cas, grande, entière, avec des plissements oppositipétales. Mais, dans le C. Eurychiton, ces plissements, plus ou moins rectangulaires et à sommet tronqué ou crénelé (1), sont, ainsi que les dépressions oppositisépales, moins accusés que dans le €. Danguyanum. I en résulte que la couronne y est largement ouverte supérieurement et qu’il n’y a aucune trace d'étoile à cinq branches. La courte pilosité de la couronne chez le C. Danguyanum est encore un autre caractère différentiel. Donc, déjà avec la couronne, aucune hésitation ne semble possible. Mais le gynostège offre un caractère plus mathématique, si l’on peut s'exprimer ainsi, qui entrainera mieux encore la conviction. En effet, dans le C. Eurychiton, ce gynostège, avec les bords cartilagineux des anthères tordus vers la gauche, est tout à fait caractéristique. Enfin le stigmate allongé (2 mm. 5 de haut), à sommet bifide et dépassant les membranes staminales, du C. Eurychiton ne saurait lui non plus prêter à confusion.

Cynanchum comorense nov. sp.

Glabrum. Foliis ovatis, apice acuminatis, basi valde cordahis (auriculis 3 mm.-17 mm. altis), 3 cm. 2-8 cm. 5 longis, 2 cm. 8-6 cm. 4 latis, manifeste petiolatis (petiolo 2 cm. 5-5 cm. 5 longo). Cymis plurifloris (12), longe pedunculatis (pedunculo o cm. 2-7 cm. longo), pedicellis floriferis brevioribus, 4 mm. longis. Floribus satis magnis. Sepalis triangulis acutis vel ovatis-triangulis, 2 mm. longis, 1 mm. 2-1 mm. 5 latis, multislandulosis. Corolla rotacea. Petalis ovatis-oblongis, apice late obtusis vel truncatis, 7 mm.-8 mm. longis, basi parum (2 mm.) coalitis, 2 mn. 7-3 mm. 9 latis. Corona magna, urceolata-inflata, 4 mm.-4 mm. 5 alta, 4 mm. 5 lata, leviter pubescente, margine superiore cum quinque lobis oppositipetalis brevibus triangulis extra et ad imum demissa (parte demissa O mm. G-1 mm.). Gynostegio 4 min. alto, 3 mm. 5 lato, breviter

(1) Ces plissements sont bien figurés dans le Pflanzenfamilien.

(O mm. 7) stipitato ; lateribus induratis staminum sinistrorsum subcontortis ut in Cynancho Eurychiton, antheræ appendiculis ovatis leviter truncatis, papillosis, 0 mm. 9-1 mm. altis, 0 mm. 5 latis. Polliniis globosis-ellipticis (0 mm. 437-0 mm. 463 altis, O min. 280 latis) ; translatoribus brevibus (0 mm. 105) ; retinaculo O mm. 385 alto, 0 mm. 175 lato. Stigmate subconico elongato, À num. 5-2 mun. 1 alto, apice papilloso et bifido, coronam subæquante vel leviter superante (0 mm. 5); antheræ appendiculas quoque superante (0 mm. 4-1 mim.).

Le C. Comorense provient, comme l’indique le nom donné à cette espèce, des iles Comores (Humblot, n° 335 ; n° 1182) (1).

Les fleurs, moins grandes que celles du €. Danguyanum, sont groupées en cymes contractées au sommet d’un pédoncule, nu sur la plus grande partie de sa longueur.

La couronne, entière, est tout à fait caractéristique. C’est en effet une sorte de jarre, de 4 mm. à 4 mm. 5 de hauteur, renflée dans sa partie médiane et dont l’ouverture circulaire est un peu rétrécie. De plus — autre disposition très spéciale, — le bord supérieur de cette couronne est rabattu en dehors et vers le bas et cette partie rabattue présente cimq lobes très courts épipétales et triangulaires.

Les appendices staminaux sont dressés et appliqués contre le stigmate. Ce dernier ressemble à celui du €. Eurychiton.

Le C. comorense est voisin à la fois du €. Danguyanum et du C. Eurychiton. 1 est bien certain en effet que ces trois espèces ont des airs de parenté indéniables, et cela — nous l'avons déjà dit antérieurement — à cause de leurs feuilles cordées et de leurs grandes fleurs avec une couronne également assez grande. D'ailleurs, le C. comorense, tout comme le €. Danguyanum, a été confondu avec le C. Eurychiton. C’est ainsi que, dans l’herbier du Muséum de Paris, le n° 335 de Humblot a été déterminé comme C. Eurychiton et la même détermination a

(1) L’archipel des Comores étant peu éloigné de Madagascar, nous avons cru pouvoir faire figurer dans cette étude sur les Cynanchum de Madagascar cette espèce spéciale aux Comores.

été faite au Muséum de Berlin par Schlechter pour un autre spécimen du même récolteur et portant le même numéro. En réalité, là où on n’a cru voir qu’une espèce, — et l'aspect extérieur peut permettre très facilement cette confusion — il y a bien trois types spécifiques différents. En ce qui concerne plus particulièrement le C. comorense, si on retrouve dans la fleur quelques caractères du C. Eurychiton, comme les bords des anthères tordus à gauche et le stigmate allongé, la couronne est, par contre, tellement spéciale qu’elle ne peut être confondue avec aucune autre et qu’un simple coup d'œil permet de la reconnaitre aisément.

Cynanchum Bojerianum Dene.

La remarque que nous avons faite précédemment à propos du €. obovatum peut s'appliquer également au C. Bojerianum, pour lequel un échantillon récolté par M. Perrier de la Bâthie, en décembre 1924, à Manerinerina, à la lisière des bois des pentes occidentales, situés sur le Tampoketsa d’entre l’Ikopa et la Betsiboka, vers ! 500 mètres d’altitude, nous fournit l’occasion de donner une description complète de cette espèce (1).

Le C. Bojerianum est une plante vivace, grâce à un tubercule, mais les tiges, grimpantes, sont herbacées et annuelles.

Feuilles. — Les feuilles, pubescentes comme les tiges, sont ovalaires ou lancéolées (pl. XIIT), à sommet aigu (quelquefois acuminé), à base également aiguë. Les limbes ont 2 em. 5 à 5 em. 2 de longueur sur 5 mm. à 9 mm. de largeur et sont portés par des pétioles de 4 mm. à 9 mm. Leurs bords sont, à sec du moins, irrégulièrement retournés à la face inférieure, ce qui pourrait les faire croire dentés. La nervation y est assez peu visible (2).

(1) Le C. Bojerianum est encore représenté dans lPherbier du Muséum par quatre spécimens de Baron (n°s 2105, 3035, 3790 et 4435).

(2) Presque toujours chaque nœud porte, outre les deux feuilles normales et bien développées, deux feuilles plus petites.

Inflorescences. — Les fleurs sont groupées en glomérules courtement pédonculés (0 em. 8 à 1 cm.) et pluriflores (12 à 30). Cependant, à l’extrémité des rameaux, il peut y avoir des glomérules où les fleurs sont moins nombreuses et qui peuvent même ne plus comprendre que quatre, trois, ou même deux fleurs seulement, ce qui peut expliquer l’épithète de pauciflori employée par Decaisne. Les pédicelles florifères ont de 3 à 9 mm. et sont pubescents comme les pédoncules.

Le bouton floral, assez caractéristique, affecte la forme d’un cône surbaissé, dont la base est assez large et dont le contour est pentagonal arrondi. Il a 4 mm. de hauteur sur 6 mm. de largeur. Les pétales sont à préfloraison tordue avec bord droit recouvrant.

Galice. — Les sépales, ovales-triangulaires, à sommet aigu, sont pubescents extérieurement et ont 2 à 3 mm. de hauteur sur { mm. à 1 mm. 5 de largeur. Il y a deux à cinq glandes au niveau de chaque sinus calycinal.

Corolle. — La corolle, d’un pourpre vif, et qui conserve assez bien sa coloration dans les spécimens d’herbier, a 5 mm. à 6 mm. 5 de hauteur et est assez hautement soudée (sur 2 mm. à 2 mm. 5). Les lobes sont largement ovales, à sommet faiblement aigu, et ont de 3 à 4 mm. de longueur sur 3 mm. 3 à 4 mm. 5 de largeur.

Couronne. — La couronne forme une coupe un peu évasée presque entière et à paroi mince. Le bord supérieur présente, en face des pétales, cinq dents triangulaires, larges (1 mm. à la base), peu élevées et à sommet un peu obtus. D'autre part, cette région supérieure est légèrement incurvée vers le gynostège (1). Enfin la paroi de la couronne présente,

(1) C’est du moins ce que l’on peut constater dans les fleurs bien épanouies. En effet, dans les fleurs qui viennent de s’ouvrir, mais dont l’épanouissement.n’est pas encore complet, la couronne conserve souvent la forme qu'elle a dans le bouton floral, où, par suite de la forme en cône surbaissé de ce bouton floral, elle est obligée de se replier vers le centre de la fleur, la partie rabattue étant plus ou moins ondulée avec des saillies épipétales correspondant aux dents et des dépressions épisépales.

au niveau des dents épipétales, une légère côte saillante visible dans toute sa hauteur, et il faut ajouter également que, par suite de sa forme évasée, cette couronne n’est pas appliquée contre le gynostège, mais qu’il y à un certain intervalle entre les deux.

La couronne a 2 mm. 5 à 3 mm. de hauteur sur 3 mm. 7 à 4 mm. 3 de largeur et dépasse très légèrement le gynostège.

Etamines. — Le gynostège, brièvement stipité et à pointes saillantes nettes, a 2 mm. 8 de hauteur (dont O0 mm. 4 à O0 mm. 5 pour le pied) et 2 mm. 4 à 2 mm. 5 de largeur. Les membranes staminales, ovales, à sommet un peu aigu, ont O0 mm. 8 de hauteur sur 0 mm. 5 de largeur et recouvrent complètement le stigmate sur lequel elles s'appuient.

Les pollinies, oblongues-allongées, ont O mm. 560 à 0 m. 612 de hauteur sur 0 mm. 192 à 0 mm. 245 de largeur. L2s caudicules, courts (0 mm. 227 à O0 mm. 262), très obliques, sont larges et s’élargissent encore à leur insertion sur les pollinies. Le rétinacle ovalaire a 0 mm. 385 à 0 mm. 427 de hauteur sur 0 mm. 253 à 0 mm. 262 de largeur.

Stigmate. — Le stigmate, de 1 mm. 4 de hauteur, est un peu en forme de champignon. Il comprend en effet un court pédicelle que surmonte une masse nettement tronconique de 1 mm. de hauteur.

Cynanchum tsaratananense nov. sp.

Scandens ; caules graciles suboirides, subglabri. Foluis ovatis, leviter peltatis, basi rotundatis, apice longe acuminatis, glabris, petiolatis (petiolo À cm. 2-2 cm. longo), 3 em. 8-5 cm. 4 longis, À cm. 5-2 cm. 3 latis. Cymis umbelliformibus, plurifloris (7-10), longe pedunculatis (pedunculo 2 cm. 9-6 cm. longo), pedicellis brevioribus 6 mm.-12 mm. longis. Sepalis ovalis, basi parum coalitis, leviter obtusis, basi glandulosis, 1 mm. 1- { mm. 3 longis, O mm. 8-1 num. latis. Corolla campanulata. Petalis oblongis, apice obtusis vel rotundatis, 6 mm. 5-7 mom. 7 longis, basi (1 mm. 5-1 mm. 8) coalitis, 2 nun. 7-3 mm. 4 latis.

Corona 5 mm. 5-3 mm. 9 alta, 3 mm. 5 lata, basi (1 mm. 8- 2 mm.) cyathiformi, deinde 5 filamentis oppositipetalis gractilibus erectis leviter subulatis, À mm. 7-1 mm. 9 altis, cyathum subæquantibus. Gynostegio 2 mm. 5 alto, 2 mm.-2 mm. 3 lato, cyathum coronarium leviter superante (0 mm. 6). Antheræ appendieulis ovatis-elongatis, leviter acutis, conum efficientibus stigma tegentem, 1 mm. altis, O mm. 5 latis. Polliniis oblongis (O mm. 385-0 mm. 402 altis, O mm. 157-0 mm. 192 latis), translatoribus brevibus (0 mm. 122-0 mm. 140) fere transversis ; retinaculo ovato (0 mm. 280-0 num. 315 alto, O0 mm. 183-0 mm. 192 lato). Stigmate O mm.9-1 mm. alto, apice (0 mm. 3) conico et leviter bilobo.

Le €. tsaratananense (pl. XIV) est une liane grêle, qui a été récoltée par M. Perrier de la Bâthie, en janvier 1923, dans la forêt à sous-bois herbacé du massif du TFsaratanana, vers 1.700 mètres d'altitude.

La couronne est une coupe assez haute, surmontée de cinq fulaments épipétales, très nettement distincts et distants les uns des autres. Dans l'intervalle de ces filaments, le bord supérieur de la couronne, qui est horizontal, est très légèrement éversé en dehors. De même les bords latéraux des filaments dressés sont un peu retournés en dehors.

Dans le gynostège, les filets staminaux sont assez hautement soudés à la couronne, et la base des anthères est en forme de fer à cheval.

Par sa couronne surmontée de cinq filaments subulés, le C. tsaratananense est bien distinct de tous les autres Cynanchum malgaches.

Cynanchum Baroni nov. sp.

Ramis junioribus pubescentibus. Foliis ovatis (rarius deltoideis) acuminatis, basi rotundatis vel subtruncatis, glabris, petiolatis (petiolo À em. 5-2 em. longo), 3 cm. 3-7 cm. longis (acumine À cm. 5-1 cm. 8 longo), 2 cm.-3 cm. 6 latis. Cymis

LES CYNANCHUM A FEUILLES DE MADACASCAR 1

laxifloris (usque 1T-floris), pedunculo (11 mm.-20 mm. longo) pedicellisque (6 mm.-1} mm. longis) puberulis. Sepalis basi leoiter coalitis TL mm. 7-2 mm. longis, 1 mm. 3-1 mm. 5 latis, ovatis-triangulis obtusis vel leviter acutis, Petalis ovatis obtusis 5 mm. 5-6 mm. 6 longis, basi parum (T mm. 2-2 mm.) coaltles, 2 mm. 1-5 num. 3 latis. Corona cyathiformi 2 mm. 5-3 min. alta, basi (4 mm. 3-1 mm. 8) integra, supertius 5 lobis apposttisepalis triangulis À mm. 2-1 mm. 5 altis, basi À num. 5-1 mm. 8 latis, sigma subæquantibus vel leviter (0 mm. 5) superantibus, ligulatis, ligulis cucullatis lobos subæquantibus vel ipsis leviter (0 num. 5-0 mm. 6) brevioribus, quinque lobulis epipetalis minimis triangulis O mm. 2-0 mm. 7 altis. Gynostegio À mm. 7-2 mm. lato, basi cum corona concrescente, parte libera 2 mm.-2 mn, 3 alta. Antheræ appendiculis late ovatis vel suborbicularibus O mm. 8-0 mm. 9 latis, O mm. 7-0 mm. 9 latis, erectis, stigmate applicatis, stigma subæquantibus. Polliniis ellipticis (0 mm. 350 O mm. 420 altis, O mm. 210-0 mm. 245 latis); translatoribus (O mm. 140-0 mm. 192 longis) obliquis, retinaculo 0 mm. 361- O mm. 365 alto, 0 mm. 245-0 mm. 297 lato. Stigmatis capite L mm. alto, 1 mm. 3-1 mm. 4 lato.

Il nous parait nécessaire de créer une espèce nouvelle pour cette plante récoltée autrefois par Baron dans le Nord-Ouest (n° 5147) et dans le Centre (n° 2822) de Madagascar, et qui est représentée dans l’herbier de Kew et dans celui du Muséum de Paris par des spécimens non déterminés. Nous en avons fait le Cynanchum PBaroni (pl. XV).

La couronne du C. Baroni, qui a une certaine ressemblance avec celle du C. Perriert (espèce aphylle), est une coupe qui présente dans sa partie supérieure cinq grands lobes triangulaires épisépales, à base élargie, entre lesquels se trouvent des lobes très petits et triangulaires. Les lobes épisépales, dont le sommet égale sensiblement le sommet du stigmate, ou parfois le dépasse de 0 mm. 5, sont doublés intérieurement par des ligules qui ont la forme d’un capuchon triangulaire soudé à la couronne et dont seule la partie supérieure

est libre. Ces ligules sont parfois à peine plus courtes que les lobes, alors que d’autres fois les lobes dépassent les ligules de 0 mm. 5 à 0 mm. 6.

Les anthères présentent une gibbosité dorsale, ce qui fait que le pentagone gynostégial a des angles épisépales et que, sur le milieu de chacun des côtés du pentagone, les bords cartilagineux des anthères forment des pointes légèrement saillantes, disposition analogue à celle du C. obovatum. Les appendices staminaux sont dressés et appliqués contre le stigmate, qui ne les dépasse que fort peu, mais dont cependant une notable partie est découverte, car ces membranes staminales ne sont pas très hautes et le stigmate est assez large. La tête stigmatique est une masse pentagonale, dont le sommet est en forme de dôme et présente un minuscule sillon médian.

Par ses feuilles ovalaires, le C. Baront est bien distinct des Cynanchum malgaches à couronne ligulée déjà signalés, les Cynanchum pycnoneuroïdes Choux et Jumellei Choux. Il ne saurait non plus être confondu avec deux autres espèces, également à couronne ligulée, qui nous ont paru nouvelles et que nous allons décrire, les C. analamazaotrense et pachycladon.

Cynanchum analamazaotrense nov. sp.

Scandens ; caules graciles, subfusci, leviter pubescentes. Foliis ovatis, apice longe acuminatis (acumine 1 em. 7-1 cm. 8 longo), basi rotundatis vel truncatis, glandulosis, glabris, petrolatis (petiolo 1 cm. 6-2 cm. 5 longo), 6 cm. 6-9 cm. 8 longis, 2 cm. 3-4 cm. latis. Cymis bifurcatis, 7-15 floris, pubescentibus, pedunculo 6 mm.-9 mm. longo, pedicellis 3 mm.-4 mm. longis. Sepalis unbricatis, ovatis-triangulis subacutis, 1 mm. 2-1 mm. 4 altis latisque, glabris. Corolla alba. Petalis ovatis leviter acutis 3 mm. 5-4 mm. 5 longis, basi parum (1 mm.) coalitis, 1 mm. 4- 2 mm. latis. Corona urceolata-tubulosa, 2 mm. 5-3 mm. alta, gynostegium superante, basi (1 mm.) integra, deinde (0 mm. 7- 1 mm.) 10-plicata, denique 5 lobis oppositisepalis triangulis leviter acutis, O mm. 8-1 mm. altis, 5 lobulis epipetalis minimis

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