Curcuma longa ; poudre de curcuma. — Cochinchine
Dans l’Inde, les rhizomes employés pour la teinture proviendraient spécialement d’une variété à rhizomes durs, très riches en principe colorant.
La poudre (bot cu nghe des Annamites) entre comme colorant dans diverses préparations culinaires, notamment la poudre de carry. Le curcuma sert aussi, dans l’Inde, pour la teinture des étoffes et la fabrication de certains vernis. Hose dit que, en Chine, on l’utilise, dans les pratiques religieuses pour préparer un vin de sacrifice appelé chang. Ridley, à Java, dans des cérémonies de circoncision, a vu les enfants tout badigeonnés de turmeric.
309. — Amomum Krervanh, épis et fruits -— Zingibéracées. — Cambodge.
Les fruits de cette espèce sont le kravanh, ou krevanh, des Cambodgiens, le pat tou kou des Chinois. C’est le cardamome rond, ou cardamome blanc, où cardamome-bouquet, ou cardamome du Siam, du commerce, récolté au Siam et au Cambodge. Il ressemble beaucoup au cardamome rond de Jarv, donné par l’Amomum Kepulaga, mais diffère un peu de saveur.
Cette épice était connue dans le commerce dès le xvrre siècle et c'était alors le vrai cardamome, qu’a supplanté aujourd’hui, quoiqu'il reste très apprécié, le cardamome du Malabar (Elettaria Cardamomum) récolté dans les cultures de Ceylan et beaucoup mieux préparé.
Usité comme condiment, il est aussi, en Chine, employé en mélange avec le bétel, comme masticatoire. En médecine, les Chinois l’utilisent contre les maux d’estomac, les affections pulmonaires et contre la débilité générale.
Au Cambodge, la plante ne se trouve que dans les montagnes de la chaine de l’Eléphant, dans les provinces de Pursat et de Krakor, qui font partie de la Résidence de Kompong-chhnang. Il n’y a guère de véritable culture, car ce qu’on appelle «culture» consiste généralement, dans la montagne, à surveiller, dans les clairières à sol humide où ils poussent spontanément, les pieds qui vont fleurir et mürir, à élaguer les arbres voisins et à remplacer seulement, au besoin, les plants qui meurent.
La récolte a lieu en juillet et août ; la préparation se réduit à la dessiccation des fruits sur des claies de bambous audessous desquelles est un brasier ardent.
L’exportation annuelle des amomes et cardamomes indochinois (c’est-à-dire de ce cardamome rond et des sortes mentionnées ci-dessous) est à peu près de 4.000 ou 5.000 quintaux, presque entièrement à destination de Hong-kong.
(Ridley : loc. cit. — Lofler : Les Cardamomes de la province de Pursat. Bull. Econ. de l’Indochine, 1904, p. 1299.)
910. — Amomum Krervanh ; épis de cardamome kravanh. — Cambodge.
Cet échantillon, envoyé en décembre 1896 au Musée colonial de Marseille par M. A. Salles, est accompagné de la note suivante, reproduite textuellement : «Il provient de la région montagneuse comprise entre le bassin du Grand Lac et le Golfe de Siam. Dans les forêts de ces montagnes, dan-
gereuses pour les Blancs par la fièvre des bois, se trouve une population qui est, paraïit-il, en vertu de lois du royaume, affectée à la récolte de ce produit, qu’elle ne peut vendre qu’au roi».
311. — Amomum aromaticum ; fruits. — Zingibéracées. — Tonkin.
En provenance de Lao-kay. C’est le thao qua des Annamites, le ésao kuo des Chinois ; et c’est le «cardamome ovoide de Chine» de Guibourt, correspondant vraisemblablement à l’Amomum medium, espèce incomplètement décrite de Loureiro.
Les graines sont un condiment, mais aussi employées en médecine chinoise contre la dyspepsie et les catarrhes.
D’après Hoosie, les grands centres de production, en Chine, sont l'Ouest et le Sud-Ouest du Kouang-si et le Sud- Est du Yun-nan.
L'espèce serait le « Hill cardamom » du Bengale et de l’Assam.
312. — Amomum echinosphaera ; fruits de cardamome. — Zingibéracées. — Annam.
Fruits en provenance de Phan-rang.
Ce cardamome, bien inférieur au kravanh, est le sa nhan (ou sa nhon?) des Annamites. C’est sans doute le « cardamome poilu de la Chine» de Guibourt, car ce serait cette espèce à fruits échinés de l’Annam et du Tonkin qui serait cultivée en Chine dans le district de Yang-choun ; d’où le nom de Yang choun sha donné par les Chinois à cette sorte.
D'autre part, c’est probablement cette espèce qui serait l'Amomum villosum de Loureiro, qui pourrait cependant être aussi bien l’Amomum ovoideum, à fruits également échinés, de Cochinchine et du Cambodge.
Il est très difficile de distinguer les fruits de ces derx Amomum, À. echinosphaera et A. ovoideum, car la forme et
la grosseur sont sensiblement les mêmes dans les deux cas, et les piquants, dans les uns et dans les autres, peuvent être élargis à la base ; mais la distinction devient facile quand des grappes ou des fragments de grappes sont, comme dans l'échantillon en collection, mélangés à ces fruits, car ces grappes sont lâches et à pédoncules minces dans l’Amomum echinosphera et, au contraire, très denses, ovoïdes et à pédoncules courts et trapus, dans l’Amomum ovoideum.