‹ Annales du Muse colonial de Marseille (volume 5)Chapitre 20 sur 62 · Equisetum hiemale ; tiges. — Æquisétacées. — Importé · texte numérisé non relu

Equisetum hiemale ; tiges. — Æquisétacées. — Importé

Le mu tser des Chinois. Ces tiges, exportées du Se-tchouen, sont employées contre les ophtalmies, et, comme astringent, contre la leucorrhée et les hémorroïdes.

(1) On dit que c’était, du reste, intentionnellement que les charlatar: tartares façonnaient la tige, avec ces restes de pétioles, de façon à la vendre comme «animal parasite» qui servait à des pratiques de sorcellerie.

369. Lycopodium clavatum ; poudre de lycopode. — Lycopodiacées. — Importé.

Les spores qui constituent cette poudre ont bien la surface à épaississements en réseau des spores de espèce clavatum. Ce serait le haï chin tsao des Chinois, le thang him thao des Annamites. En provenance du Kouang-toung.

370. Selaginella involvens ; plantes entières. — Sélaginellacées. — Importé du Kouang-toung.

Cette Sélaginelle, qui est le chuan pai des Chinois et le van nien sung des Annamites, est le Lycopodium hygrometricum de Tatarinov. Elle serait commune dans les montagnes de la région de Pékin et en Chine centrale, parmi les pierres des endroits humides. Comme beaucoup d’autres espèces du genre, appelées, pour cette raison, «plantes de la résurrection», elle présente des phénomènes dits «de reviviscence», Car, après avoir recroquevillé sa touffe et bruni sous l'influence de la sécheresse, elle s’épanouit de nouveau et reverdit quand elle redevient humide. Ce phénomène (qui correspond à la réalité, c’est-à-dire véritablement à un passage de la vie ralentie à la vie active quand la plante qui s’est normalement desséchée est restée enracinée, mais qui n’est plus qu’une apparence pour la plante depuis quelque temps récoltée) fait considérer vulgairement, en Chine, la sélaginelle comme un remède qui prolongerait la vie. On l’emploie, d’autre part, contre la toux et la gravelle.

371. Cupressus funebris ; rameaux. — Conifères. — Importé du Fo-kien.

C’est le tse po yeh des Chinois, le chac bach diep des Annamites, qui considèrent les rameaux comme emménagogues. 372. Ginkgo biloba ; graines. — Conifères. — Importé.

Les graines du yu hing des Chinois, du bach qua des Annamites, déjà précédemment citées comme alimentaires

(n° 240), seraient un anthelminthique en médecine indigène.

373. Phragmites communis ; tiges. — Graminées. — Importé du Kouang-toung.

Cette plante, l’une des plus largement cosmopolites à la surface du globe, et qui est notre roseau à balais, est le Zu ti ken des Annamites. En Chine, il est surtout abondant dans le Nord, où il remplace les bambous du Sud. On exporte les rhizomes, qui sont sudorifiques et diurétiques, et les pousses, qui sont légèrement amères.

374. Dactyloctenium aegyptiacum ; rhizomes et tiges. — Graminées. — Cochinchine.

Ou Cynosurus aegyptius, ou ÆEleusine aegyptiaca : le co chi trang des Annamites.

Espèce largement cosmopolite dans les régions tropicales et subtropicales des Deux-Mondes (introduite en Amérique) et remontant jusqu’en Europe méridionale (Grèce, Sicile, Italie du Sud, ete.).

Considérée comme diurétique.

375. Bambusa sp. ; jeunes pousses sèches de bambou. — Graminées. — Cochinchine et Annam.

Ces feuilles de toutes jeunes pousses de Bambusée (Bambusa, Arundinaria où Phyllostachys) seraient encore un diurétique, et aussi apéritives.

375 bis. Bambusa sp. ; racines. -— Graminées. — Cochinchine (Poulo-Condor).

Echantillon étiqueté tam vong, tri don ba de, non so long. Les racines de bambous, en médecine indigène, sont considérées comme vermifuges.

375 ter. Bambusa sp. ; tabashir. — Graminées. — Importé du Kouang-toung.

Concrétions siliceuses, noires ou blanches, selon qu’elles sont encore mélangées, ou non, de la matière organique qui les accompagne lorsqu'elles viennent d’être recueillies dars les nœuds âgés de bambous où elles se sont déposées. Pour obtenir le tabashir blanc, on élimine par le feu la matière organique.

Le tabashir (terme qui est une altération du sanserit twak shirs) est connu de toute antiquité. C’est le ten tchou hoang des Chinois et le chuc hoang thien des Annamites. Il passe pour astringent et stomachique et est employé contre le catarrhe, et aussi contre l’érysipèle.

376. Cyperus rotundus ; tubercules — Cypéracées. -— Importé du Kouang-toung.

Ces petits tubercules noirs, oblongs ou ovoïdes, sont le hsiang fu des Chinois, le cu co et le huong phu des Annamites. On peut les récolter en Chine dans les régions les plus diverses, Car l’espèce est connue aussi bien dans le Nord qu’au Se-tchouen, au Kouang-toung et au Yun-nan ; maisilsemble que la récolte ait surtout lieu au Se-tchouen et au Hou-pe, d’où elle est expédiée vers Ning-po, et, dans le Sud, au Kouang-toung, qui exporte par Canton.

Ces tubercules sont utilisés en médecine et en parfumerie et les Chinois leur attribuent des propriétés toniques, stomachiques et stimulantes.

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