Fleurs de thé grosses
Ces trois qualités de fleurs de thé proviennent de Lucnam.
Avec ces fleurs, ou, plus exactement, les boutons floraux (che nu) de l’arbre à thé, les Annamites préparent, au Tonkin, une infusion couramment consommée.
Ces boutons sont toutefois de conservation difficile et ont, pendant le transport, tendance à moisir ou à prendre mauvais goût. Est-ce pour cette raison que les envois faits Jadis en France, et surtout en 1906, lors de l'Exposition de Marseille, n’ont pas eu grand succès et que les efforts tentés pour faire adopter chez nous cette boisson n’ont pas abouti ? Ce qui est certain, c’est que le commerce des fleurs de thé, sur lequel on avait un moment fondé en France quelque espoir, n’a pas été durable.
Les fleurs de thé sont classées en Indochine, d’après la grosseur et le teinte, en trois catégories ; les plus petits boutons, à teinte verte, sont les plus estimés, tandis que les gros boutons rouges constituent la dernière qualité, auprès de laquelle se placent, comme quatrième qualité, les fleurs d’une Myrtacée, l’Eugenia operculata, où cay vor.
La préparation des fleurs de thé est très simple, car elle se réduit à la dessiccation, à l’air, sur des toiles, “es boutons floraux encore bien fermés.
Les proportions de caféine (ou théine) indiquées dans Îles fleurs de thé du Tonkin par les différents auteurs sont assez variables. M. Jung a trouvé 1,77 p. 100 (au lieu de 3,20 dans le thé souchong extra); des analyses faites en Angleterre n’ont donné que 0,8 à 0,9 p. 100 ; M. Deuss donne 1,5 p. 100; MM. Perrot et Goris admettent, pour 100, d’après deux analyses :
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Les cendres contiennent une notable quantité de manganèse et de fer.
La fleur, d'autre part, renferme une assez forte proportion de théase, c’est-à-dire de cette oxydase (ou réunion d’oxydases) qui intervient dans la «fermentation » des feuilles de thé préparées pour la consommation européenne.
Il n’y a presque pas de tanin.
Les fleurs de thé, comme celles de l’Eugenia operculata, sont souvent additionnées par les Annamites de ces fleurs diverses ou des anthères de lotus plus haut citées et avec lesquelles ils aromatisent les thés de Chine.
Pour la préparation de la boisson, M. Jung recommande de procéder de la façon suivante : Prendre une cuillerée à café de fleurs par tasse, verser la quantité strictement nécessaire d’eau bouillante pour couvrir les fleurs, laisser la théière bien close pendant dix minutes, puis ajouter le reste de l’eau et laisser infuser pendant quelques minutes. Si l’on veut un thé de belle couleur ambrée, on peut soumettre à l’ébullition pendant trois à quatre minutes.
Une infusion de fleurs de thé contient beaucoup moins de matière dissoute (2,7 p. 100 d’après Deuss) que l’infusion de feuilles (13,2 p. 100 au minimum dans un thé de Manhao).
(V. Demange, Loc. cit. — Perrot et Goris, in Bulletin des Sciences Pharmacologiques, juillet 1907).