EGYPTE
Nous avons déjà vu plus haut, en note, que la récolte du coton en Egypte, en 1915-1916 (du 1% septembre 1915 au 91 août 1916), a été très inférieure à celle de 1914-1915 (218.485 tonnes, au lieu de 314.496). Il ne semble pas que la production doive s'élever beaucoup en 1916-1917, car la surface ensemencée en 1916 a été inférieure à celle prévue (1.655.512 feddans, au lieu de 1.750.000); et, au lieu de 8 millions de kantars, on prévoit, à raison de 4 kantars par feddan, 6.622.048 kantars, soit 295.000 tonnes environ, c'està-dire quelque peu plus cependant qu’en 1915-1916 (1).
La moins-value sur les prévisions n’est pas due seulement à la moindre surface ensemencée, mais aux dégâts que cause le « ver de la graine », ou « ver rose de la capsule », quiest le Gelechia gossyprella (2).
En 1915-1916, la prime du coton égyptien (dont le prix moyen a été de 10 d. 42) sur le Middling américain (valant 7 d. 51) a été de 39 p. 100, alors qu'elle était de 40 p. 100 en 1914-1915. La moyenne, depuis 1899, avait été de 45 p. 100 (63 p. 100 en 1906-1907, 67 p. 100 en 1909-1910) (5).
(1) Pour 1918, le Gouvernement égyptien a décidé de restreindre la surface de culture du cotonnier. Cette décision est la conséquence des difficultés de transport des céréales de l’Inde et d'Australie. L'Egypte, qui risque de ne plus être suffisamment approvisionnée de ce côté, doit nécessairement accroître les surfaces de culture de ces céréales : et la culture du coton est de celles qui doivent être momentanément sacrifiées,.
(2) Ce Gelechia gossypiella, où pink boll worm, qui, apporté vraisemblablement de l’Inde, est aujourd’hui un des plus redoutables ennemis du cotonnier en Egypte, n°y est apparu qu'en 1911. Pour le combattre, on chauffe les graines dans un appareil spécial à 509, et on tue ainsi 98 p. 100 des larves qui se trouvent dans ces graines, où elles se sont installées pour passer l'hiver.
(3) Malgré la supériorité du coton égyptien, c’est le coton américain à Middling Upland » qui, en raison de la forte production des Etats-
Au sujet des dates les plus favorables d'ensemencement en Egypte, il résulterait des recherches de MM. Balls et Holton que, sur le territoire de Gizeh tout au moins, la meilleure récolte est celle qui correspond à des semis du 15 mars. Ce qui concorde au reste avec les habitudes des cultivateurs égyptiens de la contrée, qui ont coutume d’ensemencer entre le 10 et le 15 de ce mois.