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FABRICATION DE PAPIER AVEC LA PASSERINE HIRSUTE

En résumé, ni la Passerine niles autres Thyméléacées de nos

pays ne justifient les espoirs qu'avaient fait naître de falla-

cieuses analogies. \

D'abord ce ne sont que de petits arbrisseaux, et c’est déjà un gros inconvénient.

Ensuite l’écorce, quoique relativement épaisse, est, étant donné les faibles dimensions de la tige, d’un rendement trop faible pour être employée seule.

Enfin le bois, qu’il serait indispensable de traiter pour augmenter la production, est formé de fibres si courtes qu'il ne vaut absolument rien.

Ces plantes ne sont pas utilisables en papeterie.

Telle est la conclusion brutale et fort claire de cette étude. Nous la publions malgré ses résultats négatifs afin d’éviter à d’autres chercheurs, des tentatives aussi vaines que coùûteuses,.

Essais de Fabrication de Papier

avec le Bois-bouchon de la Guyane Française

Par MM. E. Dowuron et L. VipaL

Professeurs à l’Ecole Française de Papeterie

Le bois-bouchon de la Guyane (1) est, comme son nom. l'indique, remarquable par sa légèreté. Sa densité est de 0,60 seulement. Il est très peu coloré, blanc même, et à cet égard paraît convenir pour la papeterie. Par contre, il est loin d’être particulièrement tendre ét ne se laisse couper qu’assez difficilement.

L’échantillon qui nous a été soumis était un gros billot de bois séché, contenant seulement 8 p. 100 d'humidité.

Le dosage de la cellulose a été effectué par la méthode par chloruration, et nous a donné une teneur de 31 p. 100. Ce chiffre est peu élevé. Il est dû à ce que le bois renferme beaucoup de lignine combinée à la cellulose. Nous allons voir que c’est uniquement à cette haute teneur en lignine qu'il doit sa dureté.

Comme traitement, on peut employer soit le procédé au bisulfite, soit celui à la soude. Nous avons donné la préfé-

(4) Nous ne pouvons malheureusement donner une détermination botanique précise de ce bois-bouchon. M. H. Stone, de Birmingham, spécialiste réputé des bois exotiques, qui avait remarqué dans la collection du Musée colonial de Marseille les échantillons ici étudiés, nous dit que cet arbre est parfois rapporté à une Légumineuse, l Znga alba Willd., mais sans doute à tort, car la structure du bois serait plutôt celle d’une Euphorbiacée, D’autre part, alors que l’Znga alba a une écorce qui donne une teinture violette et noire, l'écorce du bois-bouchon est d’une minceur extrême et réduite à quelques assises cellulaires qui ne dépassent guère l'épaisseur d’un épiderme (H. J.).

rence au second procédé, qui, en général, convient mieux aux bois feuillus. ;

Le bois, préalablement écorcé, puis,réduit en fragments de 2 à 3 centimètres, a été lessivé comme suit :

Matière prentière Sèche... rec Arms 200 gr.

Soude calculée en NaOH pur, 20 p.100..... 40 gr. Concentration dela lessive................ 5° Baumé Prés RS LR EN M en ant eu 3 atmosph.

Duaréé dela tiissones sl ent ee ee 15 heures

Ce traitement est onéreux, tant par la grande quantité de soude nécessaire que par sa longue durée. &

Après un lavage énergique et un défibrage judicieux, la pâte écrue obtenue a été blanchie dans une solution de chlorure de chaux pesant 109 Baumé. Le blanchiment est médiocre : malgré l’action prolongée du chlore la pâte conserve une couleur jaunâtre. |

Les pâtes écrue et blanchie ainsi ébfidues ont été tirées par le procédé à à la cuve et ont fourni divers échantillons de papier.

Ces papiers sont loin d’êtresatisfaisants: ils sont peu tenaces, et c’est leur plus grand défaut; en outre leur aspect est bien médiocre.

Examinée au microscope (pl. IT), la cellulose de bois-bouchon se montre formée de fibres ligneuses ayant de 1 millimètre à { mm. 17/2, en moyenne 1 mm. 20, de longueur. Leur diamètre est de 0 m. 025 environ. Assez larges en leur milieu et sur à peu près la moitié de leur longueur, elles se rétrécissent fortement aux deux extrémités, qui forment de longues pointes

très effilées : souvent elles sont terminées en baïonnette. La

paroi de la fibre est toujours très mince ; elle est, par places, amincie en larges ponctuations transversales. Ainsi que cela arrive souvent chez les essences tropicales à croissance rapide et continue, il n’y a pour ainsi dire pas de fibres à Parois épaisses et à lumen réduit.

Les éléments non fibreux consistent en vaisseaux et rayons médullaires. Les vaisseaux sont peu abondants. Leur taille est médiocre ; leur diamètre moyen est de 0 mm. 20 à 0 mm. 25.

EXPLICATION DE LA PLANCHE Il

Cellulose de Bois-bouchon

f. lig. — Fibres ligneuses.

m.— Rayons médullaires, v. — Vaisseau.

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