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Pourcentage des taureaux de 2 ans........... 1,227
Pourcentage des coupés ….:::...4:....: 044 7,00 % Pourcentage des taureaux reportés au nombre
de 2 ans et au-dessus :
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Ce tableau montre d’abord que la mortalité est, chez les jeunes, plus intense qu’on ne le croit habituellement. Sur 7.108 vaches ou génisses, on a 2.874 jeunes ; or, sur ce nombre de vaches, 1.000 génisses environ n’ont pas donné de jeunes. I] reste donc 5.000 à 6.000 vaches, donnant 2.874 jeunes. Les vaches de plus de 2 ans donnent un pourcentage de naissance
égal à 80 p. 100 ;:on a donc à peu près 30 p. 100 de décès chez les jeunes, re l’âge d’un an.
Ces décès sont occasionnés, en saison des rs par des septicémies d’origine ombilicale. En saison sèche, les décès s’observent sur les jeunes nés de mai à novembre,
Ces naissances, à pareille époque, sont, en effet, unecalamité pour l’élevage malgache. On a alors des veaux squelettes, envahis par les parasites et les gales.
Le même tableau montre également le nombre exagéré de
taurillons et taureaux comparé au nombre des vaches :
30 p. 100 environ. Mais le nombre de taureaux de 5 et 6 ans est dérisoire. Si l’on songe que le recensement a été fait avant l’époque de la castration, on voit qu'au moment de la saillie, c’est-à-dire en décembre-janvier, les taureaux de 5 à 6 ans seront castrés ; de même à peu près tous ceux de 4 et de3 ans (taureaux de 3 ans, 10 p. 100 ; taureaux de 4 ans, 4 p. 100), Ïl ne restera donc que les taureaux de 2 ans et un nombre dérisoire de taureaux de 3 et 4 ans.
Les taureaux qui restent ne sont pas habituellement les plus beaux. L'élevage malgache souffre done du manque de taureaux adultes, du manque de sélection des reproducteurs, enfin des désordres énormes que cause la saison sèche sur les jeunes. Des concours de taureaux ayant atteint ou dépassé
. 5 ans seraient plus utiles que les concours d'animaux gras
qu’on organise partout. Le Malgache se procure de beaux coupés en coupant de beaux taureaux, ce qui constitue une véritable aberration. Au contraire, celui qui a de beaux taureaux pourra sûrement avoir plus tard de beaux coupés. Toutes les exhortations, tous les discours ne changeront en rien cet état de choses. Il faut partir, dès le début, avec de bonnes bases, qu’admettront toujours difficilement les éleveurs indigènes. Les indigènes pourront-ils améliorer leurs troupeaux dans un délai prochain ? Il ne faut pas y penser, notre action
sur eux étant lente et ne pouvant être efficace que si nous prêchons par l’exemple. S'ils ont l'attrait du bénéfice, qu'ils désirent, certes, le plus grand possible, ils n’ont pas à courir le
risque de perdre leur capital, car le capital engagé par eux est
très peu élevé. Leurs pertes sont plutôt un manque à gagner. Déjà, dans certaines régions, où la culture est plus déve-
loppée, l'élevage intensif par l’indigène a pris une certaine
importance, Les animaux, généralement en petit. nombre, sont élevés dans des fosses oùils restent jusqu’à ce qu'ils aient atteint un embonpoint suffisant pour la vente. Ils sont nourris avec les produits ou sous-produits des cultures des indigènes (feuilles et tubercules de manioc, de patate, feuillage de haricots, etc.).
Les procédés de l'élevage européen. — Notre action sur l'élevage indigène ne peut être qu’à échéance lointaine; on obtiendra un changement plus sûr et plus rapide avec l’intervention des Européens. Seuls, ceux-ci peuvent pratiquer le nombre d'expériences et d'essais infructueux nécessaires pour bien connaître et bien définir les méthodes de l’élevage extensif, car c’est bien de l’élevage extensif qu'il s’agit ; c’est le seul procédé qui permettra d'utiliser les immenses espaces, relativement pauvres et d'accès difficile, qui couvrent les huit dixiemes de l’île de Madagascar. OL
Qu’entend-on par élevage extensif ou élevage en liberté : ?
C’est l'élevage d’un animal qu’on maintient le plus possible dans son milieu naturel, dans son habitat ; il se développe naturellement aux points où la race considérée est susceptible de prospérer le mieux dans les conditions de vie en liberté. Ces points sont les régions à RAS naturelles. La difficulté, pour nous autres Européens, qui n'avons pas l’esprit d’observation aussi développé quel’indigène éleveur, Sakalave ou Tsimihety, ou du moins qui n’avons pu l'exercer dansletemps comme eux, est de choisir convenablement ce milieu, de bien délimiter les points qui y répondent.
Cet élevage en liberté est celui de tous les pays à faible densité de population, où la valeur du terrain et celle des autres produits animaux, lait, travail, sont peu élevées. IT est caractérisé par une main-d'œuvre très réduite. C’est exploitation d’une richesse naturelle, la prairie, de valeur variable, par une machine susceptible de l’utiliser plus ou moins bien (bœuf,
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mouton), au moyen de dépenses (main-d'œuvre, frais généraux)
extrêmement réduites par rapport au produit brut. Le produit net doit donc être très élevé par rapport à lx dépense, mais seulement si l’on a puchoisirconvenablement les facteurs de l’entreprise, c’est-à-dire la prairie et le bétail. Or le choix du bétail est presque toujours l’animal autochtone ; c’est, en somme, du choix de la prairie que dépend le résultat de l’affaire. Maïs encore faut-il réduire la dépense de main-d'œuvre; c’est une seconde difficulté pour nous Européens, qui avons à
lutter avec l’indigène.
En résumé, la question de l'élevage extensif se ramène à :
19 Choix du pâturage:
20 Possibilité d'opérer avec une main-d'œuvre réduite (1).
Cet élevage extensif se trouve donc nettement différencié des spéculations intéressant le bétail que peuvent entreprendre les
agriculteurs. Pour ceux-ci, les races élevées en liberté et four-
nissant des animaux de boucherie peuvent donner des animaux ne leur convenant pas pour le travail, par suite de leur conformation (cas du zébu). L’agriculteur peut ainsi avoir avantage à élever un type d'animal qui ROUES à ses exigences bien qu'il doive lui revenir plus cher qu’un animal élevé en liberté.
Un autre facteur qui intéresse au plus haut point l’agricul-
(1) Actuellement, nos études sur Palimentation et les rations peuvent à peine intéresser une telle spéculation. La création de pâturages artificiels ne peut, en effet, que difficilement être une opération économique.
Sion appelle p — produit brut. |
re b — bénéfice. pour une surface S — f = frais généraux. On ab = p—{(f + m).
— m = main:d’'œuvre.
Par la création de ces prairies, on augmente considérablement f et m. On doit augmenter p. Or, il faudrait que le nouveau bénéfice b’ soit plus grand que b puisque le capital engagé devient plus grand. Dans le premier cas, et, dans les conditions actuelles à Madagascar, an peut toujours rendre p=7?".
Il suffit d’avoir S suffisamment grand, tandis que ce n’est pas toujours possible d'agrandir $ indéfiniment dans le cas de prairies artificielles.
De sorte que, même si la création de prairies artificielles était rémunératrice et possible, elle ne présenterait aucun avantage dans un début d’une affaire d'élevage tant que la densité du bétail n’est pas devenue trop forte par rapport à la surface dont dispose l'affaire.
teur est le fumier. Pendant longtemps, on considérait le bétail. dans les exploitations agricoles d'Europe, comme un «mal nécessaire » pour la production du fumier ; on ne le considéragt pas par lui-même comme une source de bénéfices pour l'exploitation. Les prix peu élevés des produits (lat, viande) et aussi la méconnaissance des méthodes rationnelles d'exploitation du bétail faisaient que le compte bétail se traduisait par une perte que la valeur du fumier balançait.
Aujourd’hui il n’en est plus de même, et toute exploitation du bétail, choisie et pratiquée rationnellement, en dehors du fumier qu’elle procure, est une source de bénéfices.
A Madagascar, nous avons tout à apprendre et tout à faire au point de vue bétail ; il est des exploitations sur lesquelles le bétail est considéré comme le « mal nécessaire » pour la production des fumiers qui est le plus souvent très négligée. Dans d’autres, le bétail est un auxiliaire précieux quand on l'utilise pour la traction; c’est le cas des propriétés à culture mécanique, à charrois, etc. (Mangoro, Sambirano). Sur ces propriétés, le bétail de trait nécessaire représente une telle valeur qu'il est susceptible de payer des cultures spéciales faites pour son alimentation ; souvent il utilise les déchets de la culture ou des industries agricoles qu’elle alimente, susceptibles d’assurer une partie de l’alimentation du bétail et qui n'auraient aucune valeur dans ce cas. Mais ces opérations sont du domaine de la culture intensive, à produit-brut élevé à l’hectare.
Cette longue digression a pour but de montrer que les deux systèmes d'élevage, élevage extensif pastoral et élevage intensif, et tous leurs stades intermédiaires, ont place à Madagascar. L'un et l’autre peuvent être la source de bénéfices ; et le choix de l’un ou de l’autre système dépend de certaines conditions, dont les principales sont certainement les voies de communication, puis la main-d'œuvre. Mais ce ne sont pas deux systèmes différents entre lesquels le spéculateur peut choisir; ils ne sont que les résultats de conditions de milieu bien déterminées. :
Le jour où les régions diverses de Madagascar viendront à être également avantagées par une répartition sensiblement
égale des voies de communication, le facteur dominant, pour la localisation de pays d’élevage, serait celui de la possibilité de prairies naturelles fertiles résultant du terrain et dela situation géographique.
Une des premières conditions pour permettre l’établissement d’une affaire payante est de posséder de vastes superficies : nous
entendons pour faire de l’élevage et non de l’engraissement.
Une affaire de 5.000 têtes de bétail nécessite un capital de 200.000 francs, soit 100.000 francs pour l’achat des vaches et 100.000 francs pour la constitution du pâturage et les frais nécessités par les cinq premières années, Une superficie de 12.000 hectares de prairies sera indispensable.
La superficie étant déterminée suivant la valeur du pâturage, on peut en déduire le nombre de têtes de vaches qu’on peut acquérir. Ce nombre constituera un nombre de têtes inférieur à celui que le pâturage peut supporter, puisque celui-ci est prévu pour l'entretien des vaches et du produit des vaches.
Dans les premières années, l’entreprise pourra donc utiliser ses herbages pour l’engraissement avec des bêtes plus ou moins jeunes, achetées aux propriétaires indigènes.
Le domaine étant peuplé, les constructions à prévoir seront simples ; en dehors du logement du chef du domaine, ce seront les habitations pour le personnel indigène, un bain pour la destruction des tiques, des abreuvoirs.
L'étude de la conduite du troupeau pourrait donner lieu à de longues dissertations. Nous la résumerons ainsi: parcage inutile; isolement des vaches après la parturition ; division en troupeau ne comprenant que des bêtes sensiblement du même âge;
sélection des reproducteurs par la castration des mâles ; main-
tien, dans les troupeaux de vaches, d’un nombre de taureaux déterminé (un taureau pour 50 vaches environ); et, si possible, éviter les naissances pendant les mois de fin de saison sèche, août-novembre.
L'amélioration du troupeau peut résulter de la sélection et du croisement.
L’importation d’un sang nouveau doit être-prévue comme une opération coûteuse et délicate. Le mieux serait de pré-
voir la préparation de bêtes de demi-sang dans un domaine à part, où les taureaux importés seraient tenus en stabulation avec une nourriture appropriée. Les produits demi-sangseraient seuls livrés aux troupeaux en liberté. Mais ce sont des questions sur lesquelles il sera utile de revenir.
Une bonne conduite du troupeau et l’infusion d'un sang nouveau doivent avoir pour premier résultat d'accroître la précocité. Ce caractère ne pourra être maintenu et fixé qu'autant que nous arriverons à supprimer la période d'arrêt de croissance due à une alimentation insuffisante du 15 juin au 45 octobre. Nous y arriverons par l’amélioration des pâturages et la constitution de réserves de saison sèche. .
L'amélioration des pâturages est toute dans un mot, la fauchaison. Fauchaison effectuée, AS qui ? Par la dent des animaux.
Actuellement, les pâturages sont brûlés ; et si nous revenons sur cette question des feux de brousse, c’est parce qu’elle n’est pas encore comprise par tout le monde et que nous-même, à force d’en parler, nous arriverôns peut-être à l'exposer pie clairement. ; :
Les feux de brousse sont actuellement nécessaires. Il est certain que, pour les 9/10 de nos pâturages, s'ils n'étaient brûlés, l'herbe ne repousserait plus ; ou tout au moins la coupe par la dent des animaux serait impossible, à cause des chaumes trop durs et inalibiles. D'autre part, les feux peuvent détruire un certain nombre d'insectes et, notamment de tiques qui se placent à une certaine époque de l’année (juillet-août) sur le sommet des herbes, dans l’attente du mammifère (hommes, chiens, bœufs) sur lequel ils pourront s’accrocher.
Mais tant que les pâturages seront brüûlés, leur composition botanique ne pourra s'améliorer. Les Légumineuses, notamment, qu’on trouve dans la brousse épineuse rabougrie, ne peuvent se multiplier, car leur appareil végétatif ne peut, comme celui de certaines Graminées, s'adapter au régime des feux. Les chiendents eux-mêmes disparaissent devant les feux.
La fauchaison, en empêchant la formation des chaumes, permet donc la repousse des herbes et le pâturage ; elle donne
les mêmes résuliats que les feux et permet la multiplication et dissémination d’autres espèces, l'amélioration de nos pâturages. Evidemment on ne peut songer à la fauchaison par des
. moyens mécaniques sur des immenses pâturages; on la fait
effectuer par la dent des animaux, en divisant le pâturage en parcelles, dans lesquelles on fait passer successivement les troupeaux, au fur et à mesure que l’herbe est coupée au ras du sol. D’où la nécessité de diviser le pâturage en champs limités par des barrières. C’est là tout le système des éleveurs de l'Afrique du Sud et de l'Australie. Ce sera celui des éleveurs malgaches. | |
Ce système a pour avantage de permettre la transformation en viande de tout le fourrage qui poussé sur nos prairies, au lieu de laisser cette matière végétale se perdre en fumée. A la pâture méthodique doivent s’ajouter, sur une petite échelle, dans les débuts de l’opération, la fauthaison par la main de l’homme et la constitution par ensilage d’une réserve de matière alimentaire ; l’opération est simple et économique.
La destruction systématique des tiques par les bains, telle que nous l’avôons décrite ailleurs (Bulletin Economique de Madagascar, 2e semestre 1912), est une opération qui s'impose, On compte en Afrique du Sud, dans les grands troupeaux, 0 fr. 05 par tête et par bain.
Toutes les opérations qui font le travail et la vie de l'éle-
veur mériteraient de plus amples développements qui n’entrent
pas dans le cadre de cette étude, mais nous avons tenu à les résumer pour montrer qu'elles constituent un ensemble de travaux nécessitant une grande habitude du troupeau, beaucoup d'observation et de raisonnement. Peut-on les demander d’ores et déjà à l’éleveur indigène ? Certainement non.