L' NAS
Maroc
. Le recensement provisoire des animaux, effectué au Maroc en 1914 (1), indiquait 568:525 bovins et 2.561.989 ovins. Plus récemment, M. Chailley (2) admet 430.000 bœufs et 3 millions de moutons. Dans la Statistique agricole publiée par l’Institut International d'Agriculture de Rome, les nombres donnés pour 1914-1915 sont de : 697.166 bovins, dont 21.719 pour le Maroc oriental ; 3.839.684 ovins, dont 664.483 pour le Maroc oriental ; et 15.955 porcins dans le Maroc occidental.
L'élevage est, on le sait, avec la culture des céréales. une des grandes ressources d'avenir de notre nouv eau Protectorat de l'Afrique du Nord. : |
D’après M. de Montalembert (3), le Rarb, c’est-à-dire la partie la plus ‘septentrionale. se prêterait tout spécialement, et surtout dans sa zone littorale, à l'élevage bovin (4), de même que c’est une excellente région pour l'élevage du mouton en vue de la laine. Il est à remarquer que, plus on descend vers le Sud, et plus la qualité de cette laine diminue, à tel point qu'entre Larache et Mogador la différence est d’au moins 20 p. 100. Pour la viande de boucherie, le mouton du Haouz, au contraire, serait supérieur à celui du Rarb.
Dans la Chaouia, le Sahel, qui est peu arrosé, constitue en été de mauvais pâturages pour le mouton ; et c’est pourquoi les Arabes, en saison sèche, dirigent toujours leurs troupeaux vers
(1) Rapport Général sur la situation du Protectorat du Maroc au 31 juil- Let 1914. Rabat.
(2) Chaïlley : « L’Agriculture au Maroc ». C. R. des Séances de l'Académie d'Agriculture, 12 janvier 1916. — Voir aussi le rapport de mission de M. Geoffroy-Saint-Hilaire dans le Bulletin de l'Afrique Française de juillet 1912. |
(3) A. de Montalembert : L’Agriculture et l’'Elevage au Maroc. Rapport au Comité du Maroc, 1907.
(4) M. Chailley, dans l’article plus haut cité, écrit de son côté : « Les bœufs sont en partie, dans le Sud, semblables aux petits bœufs d'Algérie, mais il y a dans le Centre et le Nord une race très belle, pesant entre 350 et 500 kilogrammes, avec une production de viande de 46 à 50 p. 100 du poids vif. On voit déjà de ces bœufs sur le marché de la Villette, où ils sont très appréciés. »
le Tirs. L’inconvénient n’est pas le même pour les bœufs, qui trouvent en outre dans le Sahel, moins cultivé et moins morcelé que le Tirs (1), de plus grands terrains de parcours. Dans l’Aaloua, il ÿ a de beaux pâturages pour le gros bétail et pour le mouton; et la laine de cette provenance est très belle (2).
Au sud de la Chaouia, le pays des Doukkala peut rivaliser. pour la culture avec la Chaouia et lui serait même supérieur pour l'élevage. Les animaux de toutes races y sont plus grands et plus forts. Le mouton, dans le Sahel, n’y souffre pas autant de la sécheresse, en été, que dans la région précédente : les pâturages y sont bons toute l’année, Mazagan, le débouché, naturel de la contrée, est le port le plus important dela côte pour l'exportation des bœufs qui sont de belle qualité. La lame fournie n’est, par contre, que de la beldia. |
Dans les Rehamna et les Seraghana, au-delà du Tirs, il y a encore de très beaux pâturages, d’où proviennent de très bons bœufs. |
En 1913, il était exporté du Maroc 3.647 tonnes de laine en suint, 221 tonnes de laine lavée, 1.554 tonnes de peaux de bœufs, 1.792 tonnes de peaux de moutons et 1.660;tonnes de peaux de chèvres. Mn
Nous avons déjà précédemment (3) fourni quelques renseignements sur l'élevage et le commerce de la viande dans nos
(1) On trouvera des analyses de terres du Tirs dans Une Croisière au Maroc, par M. Edouard Carlo (Chambre de Commerce de Marseille. 4942).
(2) Il est au Maroc deux qualités de laines : la beldia et lurdigia. La première est donnée par les districts de Médiouna, Zenata, Oulad-Saïd, Oulad-Harriz, Medakra et Mzamza. La seconde, plus fine et de qualité supérieure à la précédente, provient dela région de Tadla, et surtout de l'Urdegha (ou Ourdira) ; sur les hauts plateaux, entre Tadla et les Zemmourn. D’autres tribus, comme les Oulad bou Ziri, fournissent une laine mélangée.
(3) H. Jumelle : « Les Recherches récentes sur les Ressources des Colonies françaises et étrangères et des autres Pays chauds ». Annales du Musée Colonial, 1916, 3° fascicule, pages 31, 38 et 42.
colonies du Sénégal, du Haut-Sénégal et de la Guinée Française ; et nous avons cité au Sénégal, près de Kaolak, dans
JleSine-Saloum, usine de Lyndiane dont la réussite semble défi-
mtivement assurée. D’après M. Chudeau (1), cette usine occupe aujourd'hui un millier de Noirs et est en pleine production (2).
Certains esprits timorés, ajoute M. Chudeau, redoutent toutefois que le troupeau des bovidés de l’Afrique Occidentale ñe soit rapidement ruiné par cettenouvelle industrie ; maisles données statistiques permettent de bannir cette crainte.
Le premier recensement de 1905 a donné pour l'Afrique Occidentale 1.500.000 bovins; en 1912, le nombre montait à 9 millions. Et, dans ce dernier accroissement, le Haut-Sénégal- Niger figure pour 600.000 et le Sénégal pour 200.000. Mais, si l’on remarque que, pour la Mauritanie et le territoire du Niger (région de Zinder), les chiffres même approximatifs
= font complètement défaut, il est permis de tabler sur un total
d’au moins 6 millions.
On sait (3) que les bovidés de l’Afrique Occidentale Française peuvent se ramener à deux grands types :
Le type zébu, ou bœuf à bosse ; |
Le type taurin, sans bosse sur le garrot.
Et chacun de ces deux types — qui sont l’un et l’autre d’ori-
(1) René Chudeau : «Quelques progrès en Afrique Occidentale en 1915 et 1916, » Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l'Afrique Française, n° 10 à 12, oct.-déc. 1916.
(2) D’après le discours de M. le Lieutenant-Gouverneur du Sénégal à la session de novembre 1916, l’usine de Lyndiane exportait, en 1915, en France : 837.000 kilogrammes de viande frigorifiée, 215.000 kilogrammes de conserves, 3.700 kilogrammes de gibier, 17.500 kilogrammes de boyaux salés, 34.000 kilogrammes de suif, 1.600 kilogrammes de volailles mortes, 4.000 kilogrammes de queues de bœuf, 17.000 kilogrammes d'os et sabots, 11.000 kilogrammes de cornes et 3.000 kilogrammes d’autres produits et dépouilles.
(3) J. de Cordemoy : « Remarques sur l’origine et la dispersion des Races bovines de l’Afrique Occidentale Française » (Agriculture Pratique des Pays Chauds, janvier 1914). Voir aussi: Pierre, L’Elevage en Afrique Occidentale Française, Challamel, Paris, 1906 ; Adam: « l’Elevage et le Commerce des Bovidés au Sénégal », Agriculture Pratique des Pays Chauds, fév. 1914 ; Pierre, Les produits de l’Élevage en Afrique Occidentale Française, Challamel, 1918.
gine asiatique, comme l’a bien établi M. J. de Cordemoy — a une aire de dispersion assez bien déterminée, car le type zébu, peu résistant aux trypanosomases, occupe surtout. les régions situées au nord du 13€ parallèle, c’est-à-dire le bassin du Niger Moyen et Supérieur et celui du Sénégal, tandis que le type taurin, plus réfractaire, a plutôt pour l'habitat, au-dessous du 13€ parallèle, la Guinée Française et le Dahomey.
Vers les limites des deux aires, des croisements se sont produits, et il s’est ainsi constitué, dans certaines régions, des variétés ou races métisses. ;
Au Sénégal, conformément à cette répartition générale, les bœufs à bosse, ou gobra, qui sont de grande taille et pèsent jusqu’à 400 à 600 kilogrammes, sont surtout nombreux dans le Ouab, le Djoloff, le Cayor et le Baol ; au contraire, le bœuf sans bosse ou r’dama, de plus petite taille, est élevé principalement dans le Sud. Dans le Sine-Saloum, immédiatement audessous du 14€ parallèle, les indigènes recherchent particulHirèement les ouarlé, qui sont le croisement des deux races.
Ce sont les Peulhs, les Toucouleurs et les Sérères qui possèdent les plus beaux troupeaux, et ils en prennent le plus grand soin, car ils estiment leur richesse au nombre de têtes de bétail (100 francs comme prix moyen d’un bœuf) qu se possèdent (1).
En 1912, on recensait au Sénégal 60.000 taureaux, 198. 000 bœufs et 395.000 vaches ; et l’accroissement était estimé à 132.000, soit environ le Re La consommation locale est faible. Les éleveurs, Peulhs, Maures et Touaregs, mangent peu de viande, et les agriculteurs sédentaires en sont bien friands, mais, obligés de l'acheter, doivent se restreindre. En 1912, on admettait que la consommation annuelle des 1.250.000 habitants du Sénégal était d'environ 20.000 bœufs, dont 5.000 pour Dakar, Saint-Louis et Rufisque.
Dakar expédiait vers Bordeaux et les îles du Cap Vert et les Canaries : 248 bœufs en 1910, 11.810 en 1911, 12.580 en 1912 et 20.545 en 1913. Mais, cette exportation sur pied
(1) Annuaire du Gouvernement Général de l'Afrique Occidentale Française, 1915-1916. Em. Larose, Paris, 1916.
n'ayant donné jusqu'alors que des résultats médiocres, l'avenir semble bien plutôt favorable aux fabriques de conserves et de viandes frigorifiées, comme celle de Lyndiane.
- Dans le Haut-Sénégal et Niger, que nous avons déjà dit (loc. cit.) être le grand réservoir de bétail et de chevaux de l'Afrique Occidentale Française, on admettait en 1916 que le cheptel se composait de 2 millions environ de bœufs ou vaches et 3 millions de moutons et chèvres, représentant un capital de plus de 100 millions de francs. 60.000 à 70.000 bœufs et 100.000 à 120.000 moutons sont livrés annuellement à l'exportation, la plus grande partie s’écoulant vers la Gold Coast. D'autre part, les peaux et la laine font l’objet d’un important commerce. Nous avons déjà vu qu'il était expédié en 1913, par Kayes et Kouroussa-Konakry, 660 tonnes de peaux et 325 tonnes de laines. Mais la plus grande partie de la: laine produite est utilisée dans la colonie. La bergerie de Niafunké, que nous avons citée autrefois, s'efforce d'améliorer, par la sélection et par croisement avec le mérinos algérien, la race de moutons à laine de la région nigérienne.
Sur le territoire militaire du Niger, l'élevage est pratiqué par tous les indigènes, mais surtout par les Peulhs. R
En Guinée Française, le petit r’dama du Fouta-Djalon, dont l’élevage est de longue date pratiqué avec soin par les Foulas, s’est répandu dans la colonie tout entière ; et aujourd’hui, en Basse-Guinée, tout comme dans le haut pays, et même dans Aa région militaire, on trouve de nombreux et riches troupeaux, La race est particulièrement résistante aux maladies exotiques. Sa viande, d’après le dernier rapport de la colonie, « est bonne, mais manque d'infiltration ». Les vaches sont faibles laitières. I] n’y a pas en Guinée de grands troupeaux de moutons ou de chèvres.
En Côte d'Ivoire, l'élevage ne tient qu’une place secondaire. La zone sylvestre se prête peu à la production et à l'entretien des bœufs et des chevaux ; plus favorable est la zone découverte du Baoulé et des pays Gouros, où le troupeau commence à se reformer. Dans les cercles du Nord, les campagnes de Samory et les maladies ont provoqué de grands vides, que
l'application de mesures d'hygiène commence à combler. Actuellement, les bœufs exportés proviennent pour la plus grande partie du Haut-Sénégal-Niger. ;
Au Dahomey, les troupeaux, quiappartiennent spécialement aux Peulhs, sont nombreux dans le haut pays. Les bœufs sont
en général de taille moyenne ; beaucoup sont à bosse, et leur
poids moyen est de 250 kilogrammes. Le Haut-Dahomey posséderait un peu plus de 100.000 bœufs (117.000 en 1913) : il en eXporte annuellement 5.000 à 6.000 vers le Togo et la Nigérie (1).
Les deux épizooties les plus meurtrières pour tout le grou-
pement de l'Afrique Occidentale Française sont le charbon et la péripneumonie. Les services LOUSCCRRURES sont heureu-
sement armés contre ces deux maladies ; il n°y qu'à souhaiter
Je renforcement du personnel véébne ré