‹ Annales du Muse colonial de MarseilleChapitre 194 sur 363 · AFRIQUE ÉQUATORIALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE ÉQUATORIALE

M. le capitaine Lemoigne (2) estimait récemment à 700.000 têtes le troupeau de bovidés existant actuellement sur le territoire du Tchad. Il y aurait 500. 000 adultes, dont 150.000 mâles et 350.000 femelles.

Le recensement de 1915, évidemment très ApPrOAMANEE n'indique toutefois que 393.210 têtes ainsi réparties :

NACRE EE EPRSAE SA ERP AR UE Les PA RUE : 105.955 Batha inférieur. 025 EEE PE Er ENS ANA TU 62.936 QUAMAL ES ER NL RS ES TPE AE fe 29.582 Moyen Batha fer DR Cdt EE sc OA 28.455 PASCALE ee Reeves. h RE 9 Aie 59.720 BASUTANES EE Ne ne EPL NANTES UE AN 2e 94.475 EU QLES SPAS PNR RU SOU AE ROUES SPA EE 44 26-687

(1) M. Canning estime à 5 millions de têtes la réserve bovine dela Nigé-

rie ; et il fait remarquer qu’on pourrait facilement acheter ces bœufs

dans la province de Bornou et les amener jusqu’à Kano ; de là ils seraient

transportés par chemin de fer jusqu’à Lagos, d’où ils seraient embarqués pour l’Europe. La qualité de la viande de ces bovins serait souvent comparable à celle des bovins anglais.'Il y a déjà un petit établissement frigorifique à Lagos. | (2) Capitaine Lemoigne : « L’Elevage des Bovidés au Territoire du Tchad». Renseignements coloniaux bnes par le Comité de l’Afrique française ; n° 3, mars 1917. |

LAS ET Le HSE st

Tous ces bœufs sont des zébus (variété arabe, variété peulhe, variété bororo, variété du Logone) et des bœufs sans bosse (variété des Kouris et race ouadaïenne).

La zone qu'ils occupent s’étend sur toute la largeur du terri-

toire, mais est étroite en latitude, car elle est comprise entre

la lisière désertique (variable chaque année suivant l’abondance des pluies) et la limite septentrionale de la tsé-tsé (ellemème un peu variable suivant les pluies, entre le 11€ et le 12e degrés). Les éleveurs sont des nomades, des semi-nomades et des sédentaires. [I n’y a guère lieu, au surplus, de songer à une sérieuse exportation. La plupart des animaux mâles sont dressés comme bœufs porteurs ; et, si on défalque le bétail exporté dans les colonies voisines ou consommé sur place, la

quantité disponible reste très faible,

L’exportation de cette petite quantité ne pourrait être NT sur pied ; 1l reste donc le commerce de là viande frigorifiée. Mais l'installation d’une usine frigorifique n’est possible qu’au terminus du chemin de fer, actuellement Kano. Or, « le nombre restreint d'animaux exportables, leur médiocre rendement en viande, les frais d'installation d’une ferme, ne per- mettent pas de penser qu’une entreprise d'exportation de viande frigorifiée soit susceptible de réussir actuellement. »

« [ne faut par conséquent point, dit encore M. Lemoigne, trop espérer de l'avenir de l'élevage au territoire du Tchad. Certes le cheptel bovin constitue une réelle richesse, qui peut être accrue par doublement du troupeau et amélioration de la race à la suite de sélection, mais richesse forcément limitée par les conditions mêmes du pays. »

Ainsi que nous l’indiquions en 1911 au Congrès de l'Afrique

Orientale (1) «au 17 janvier 1909 la M AMEN bovine recensée

et soumise à l'impôt était, dans l’ile, de 3.418.774 têtes, dont

(1) H, Jumelle : « L’Agriculture à Madagascar ». Comptes rendus du Congrès de l'Afrique Orientale ; Paris, 9 à 14 octobre 1911.

885.097 sur ‘les Hauts-Plateaux, 1.073.743 dans l'Ouest, 795.688 dans le Sud, 666.247 dans l’Est ». Et nous ajoutions alors (octobre 1911) : « Actuellement on peut évaluer à 4.200.000 têtes le cheptel de l’île; etil y aurait environ 2.200.000! vaches, 1.000.000 ‘de jeunes sujets et autant de bœufs de 3 à 6 ans, sur lesquels, même en admettant une farge réserve de taureaux reproducteurs, on trouverait peut-être 500.000 à 600.000 bœufs de boucherie. La consommation locale étant d'environ 200.000 têtes, il reste annuellément, par suite, un disponible de 300.000 à 400. 000 bœufs, soit environ le dixième de tout le cheptel. »

En ces toutes Rue années, le nombre des bovidés n’a cessé de s’accroître, puisqu'il était estimé en 1915 à 6.606.000 têtes (1). |

En cette année 1915, 1l était exporté de la colonie 9.618 bœufs et 9.174 tonnes de viandes frigonifiées, salées ou conservées.

Les bœufs ont surtout été expédiés | Vers Maurice (6. 325) et la Réunion (2. 487) Une cinquantaine seulement a été em- . barquée pour la France, et autant respectivement pour Zanzi--

bar et pour Mombassa. La diminution sur l'exportation de 1914 (qui était de 11.123 têtes) est due à l’interdiction üu commerce avec le Mozambique.

Pour le fonctionnement des usines frigorifiques et des fabriques de conserves de.viande, le nombre des animaux abattus aurait été de 100.000. :

Il y avait, en 1917, dans l’île, cinq usines de conserves et de frigorifiques. k

Celle de la Compagnie Générale Frigorifique de Boanamary (Majunga) prépare à la fois les viandes frigoriliées et les conserves.

La Société Rochefortaise, de Tone n'a préparé jusqu en ces derniers temps que des viandes frigorifiées, mais doit se livrer aussi dans l’avenir à la fabrication des conserves. .

(1) Rapport sur la situation économique de Madagascar en 1915. Bulletin de l'Office Colonial, juillet-août 1916.

Sont exclusivement des usines de conserves les usines d'Antongombato et de Scama (Diego-Suarez) et celle de la Société d'alimentation de l’'Emyrne, de Tananarive.

F1G. 1. — Deux zébus tués à l’usine de Soanierana, près de Tananarive, le 30 novembre 1916.

L'usine de BoanamarY, créée en 1910 à l'embouchure de la Betsiboka, s’est progressivement agrandie, et sa capacité de production en avril 1917 était d'environ 15.000 tonnes de

viandes congelées par an. L'approvisionnement en bétail est

assuré par un service d'achat qui a des délégués dans les principaux centres de production du Centre et du Nord-Ouest de la colonie. La Société possède en outre des chalands remorqués qui vont chercher le bétail dans tous les ports de la côte Ouest. L’insuffisance des quantités disponibles limite pour le moment sa capacité de production, qui pourrait être plus grande.

Les cinq usines de Madagascar ayant, en effet, actuellement des marchés avec l’Intendance militaire, et les achats de bétail ayant sensiblement augmenté depuis deux ans, il en est résulté dans toute l’ile une élévation importante du prix des animaux, en même temps qu'une certaine difficulté à réunir les quantités nécessaires. Il est vrai que cette situation favorise les indigènes, qui trouvent aujourd’hui dans l'élevage un élément de richesse inconnu jusqu'alors.

Le remède à l’état actuel, nous écrit la Société de Boanamary, « consisterait à faciliter la création d’entreprise d'élevage moderne, tendant non seulement à augmenter la production, mais surtout à améliorer la race, car l'expérience a démontré que l'amélioration du troupeau ne peut être attendue de l'élevage indigène, quelles que soient les mesures prises par les Services vétérinaires de la colonie. Il semble donc que ladministration coloniale devrait encourager par tous les moyens: l’installation, à Madagascar, d’éleveurs qui posséderaient les moyens d'action et les connaissances nécessaires, pour créer dans la Grande Ile des exploitations analogues à celles qui ont fait la fortune de l’ Argentine et de l'Australie. »

Actuellement les principales circonscriptions de l’île sont celles de Tamatave, de Vohémar, de Diégo-Suarez, d’Analalava, de Majunga et de Mevatanana.

La circonscription de Tuléar se préoceupe essentiellement de l'élevage de l’autruche.

Dans la circonscription de Tamatave, l'excellente réputation de l'élevage du district de Sianaka a été l’une des causes qui, avec les demandes de plus en plus grandes de la métropole en viande de boucherie, ont le plus contribué à attirer les industriels désireux d'entreprendre le commerce des viandes; aussi est-ce à Tamatave que s’est installée, à la fin de 1943,

l'usine frigorifique de la Société Rochefortaise. Dans les districts côtiers, d’ailleurs, où, dans l’ensemble (Fénérive, Tamatave, Andevorante, Anivorano, Vatomandry et Mahanoro), la population bovine est d’environ 175.000 têtes, le commerce des bœufs est infime et reste localisé à la consommation de chaque

F1G. 2. — Bœuf noir tué à l’usine de Soanierana le 30 novembre 1916. Poids net : 462 kilogrammes.

région. Quelques villes elles-mêmes, comme Vatomandry et Andevorante, doivent compléter, par des importations de Tananarive et de Moramanga, le ravitaillement de leur boucherie. De même labattoir de Tamatave doit s'adresser presque entièrement, pour les besoins de sa consommation, à l’Imerina et au district de Sianaka. Dans ce dernier district, la population bovine était, en 1915, de 265.240 têtes et n'a donc guère varié depuis 1911, où elle était de 220.000 têtes, La raison en est que la densité du troupeau a atteint à peu près

son maximum dans les conditions actuelles d'élevage et qu'il s'établit, par suite, un roulement entre les naissances et les ventes. Seule, une amélioration des pâturages actuels permettra d'accroître le cheptel, en même temps qu'il conviendrait d'améliorer la racè, qui est de taille médiocre et n’a Jamais été sélectionnée. A l’abattoir municipal de Tamatave, ravitaillé, ainsi que nous venons de le dire, par Tananarive et le district de Sihanaka, il était abattu en 1915 — pour une population de 5.000 âmes — 2.712 bœufs, 187 veaux, 146 moutons, 932 porcs, correspondant à un total de 553 tonnes. La consommation aurait donc été, cette année-là, de 110 kilogrammes par habitant. En réalité, la population, que la guerre a un peu : réduite, ayant peut-être été, cette année, quelque peu inférieure au chiffre dé 5.000 habitants que nous venons de donner, la consommation moyenne serait plutôt — d’après les chiffres des années antérieures — de 90 kilogrammes, soit sensiblement celle des grandes villes d'Europe.

Les exportations de bœuf par mer, de la Ne de Tamatave, ont essentiellement lieu vers la Réunion.

Celles de la circonscription de Vohémar sont à destination de Maurice et de la Réunion. D’autre part, par voie de terre, les usines de conserves de Diégo-Suarez puisent largement dans la province. L'élevage de toute cette contrée ne se modifie guère ; les indigènes — entre les mains de qui se trouve presque entièrement l'élevage à Madagascar (1) — ont intégralement conservé jusqu'alors leurs habitudes ancestrales.

Dans la circonscription de Diégo-Suarez 1l n’y a pas plus de progrès. Il faut toujours lutter contre l’inertie héréditaire de l’Antakarana, et les quelques Européens qui s'étaient intéressés à la question l’ont complètement abandonnée commetrop aléatoire. Cependant, avec les nouvelles usines de conserves

(1) « Les quelques milliers de têtes qu'ont dans l’Antsihanaka la Compagnie Lyonnaise et la Compagnie du Lac Alaotra et les quelques troupeaux qu'ont plusieurs Européens dans le Nord-Ouest ou dans l'Ouest sont négligeables, écrit M. G. Grandidier, en regard des troupeaux mal. gaches.» G. Grandidier : Z’Elevage à Madagascar (Etude présentée au Congrès d'Agriculture Coloniale, 1918).

installées à Diégo-Suarez, l'élevage mériterait bien, dans cette région, de fixer l'attention. Actuellement les deux usines d’Antongombato et de la Montagne-d’'Ambre drainent tout le bétail disponible. |

Dans la circonscription d’Analalava, où, tous les ans, de

F1G. 3. — Bœuf caille tué à l'usine de Soanierana le 30 novembre 1916. Poids net : 427 kilogrammes.

juin à décembre, une forte mortalité, due au charbon, frappe les troupeaux de bœufs amenés à Boanamary, on s'occupe activement de la vaccination. La région la plus contamimée est celle d’Antsohihy ; les 11.000 bœufs du district ont été vaccinés. Il reste à pratiquer la même opération, soit 15.000 doses, sur les troupeaux des vallées de la Droa et de lAntsin- Jomoro.

La septième circonseription comprend les provinces de Majunga et de Mevatanana.

En 1914, la province de Majunga comptait :

District de Marowoay: 7 eu. 49.986 bœufs District de Majunga .............\%.. 65.640 — District de Mevatanana ........... are 948:009 —

Et la province de Mevatanana :

Districtde'Tsaratfanana se Line tres 230.851 bœufs District d’'Ambato ...... ER ER MCE AE 135.906 — District-de Mevatanand :.i.2...:... AL 040 EE Secteur de Kandreho.:,..:.1:..%1.122 53.588 —

On ne constate aucun progrès, en poids ni en qualité, dans le bétail de la circonscription. Les propriétaires sont surtout des Sakalaves dans les districts de Soalala, Besalampy et Sitampily ; dans les autres districts, les Sakalaves sont peu à peu supplantés par les Hova. Les 68.000 bœufs abattus, en 1945, à l’usine de Boanamary, provenaient surtout de la circonscription ; et les districts de Tsaratanana et de Port-Bergère sont ceux qui ont le plus fourni.

Comme porcins, 1l y a environ 5.000 têtes dans la province de Majunga et 13.000 dans celle de Mevatanana (1).!

Au sujet des moutons qui sont, à Madagascar, de l’espèce à grosse queue, M. G. Grandidier, dans l’étude plus haut citée en note, écrit :

« Ils sont, dit-on, du type des moutons persans. D’après les Vazimba de l'Ouest, ils n’auraient été introduits à Madagascar qu’au cours du xv® siècle. Ils ont la tête fine, les oreilles tombantes, le corps mince, la croupe inclinée, la queue velumineuse et les membres longs ; leur pelage n’est pas laineux comme celui de nos moutons d'Europe, mais formé de poils semblables à ceux des chèvres ; et, quoiqu'il y ait quelques animaux d’un brun rougeâtre, la majorité a la tête et le cou

(1) Sur les conditions actuelles de l'élevage à Madagascar et sur-les méthodes à préconiser, d’intéressantes données sont fournies sous le titre « Considérations sur l’Elevage à Madagascar », dans le numéro d’octobre 1917 de la Revue Agricole et Vétérinaire de Madagascar et Dépendances. se

noirs et le corps blanc. Leur énorme queue contient une réserve de graisse qui leur permet de vivre pendant les mauvais mois de l’année ; elle est, comme celle des moutons d'Egypte et du

pays des Somalis, conique, à forme différente de celle des

moutons barbarins du Nord de lAfrique, qui est triangulaire et longue, et de celle des moutons du Cap, qui est cylindrique, et qui ont un plus grand nombre de vertèbres. ”

« Maigres et chétifs sur le plateau central, ils atteignent dans le Sud de l'ile, où les conditions de vie et de climat, qui est plus sec, sont meilleures, une taille plus grande et un poids plus considérable, souvent le double. Tandis que les moutons du Centre pèsent de 25 à 30 kilogrammes, ceux de la région méridionale atteignent 40 et plus, 55 et 60, dit-on, dans l’Androy.

«L'élevage du mouton n’est possible, à Madagascar, que dans le Sud, où la partie occidentale de l’Anosy et surtout l'Androy et le pays Mahafaly sont les plus riches en troupeaux de moutons, dans l'Ouest, où ils vivent bien et où le climat leur convient, quoique à partir de l’Onihaly, ou rivière de Saint-Augustin, les Sakalava n’en élèvent pas par superstition, et ce n’est que par hasard qu’on en trouve quelques-uns çà et là, enfin dans la plus grande partie du Centre, surtout dans le Vakinankaratra (notamment dans le cercle d’Arivanimano où, en 1897, on en a compté 23.642), dans le sud du Betsileo (vallée du Mananantana}, où il y en avait en 1897

de 20 à 25.000 et dans le pays Bara où il y en a partout, mais

en pétit nombre ; au contraire, il ne réussit pas dans les régions du Nord et de l'Est, où le climat est chaud et humide et où il y a trop de plaines basses et marécageuses et où ils meurent de cachexie aqueuse, ni dans une partie du Centre, à cause du sol ingrât ; il faut en effet aux moutons des pays secs, à sol calcaire.

« En 1905, on a fait lé recensement des moutons dans toute l’île et on en a trouvé 264.083, soit : 71 dans le Nord, 3.283 dans l'Est, 30.381 dans l'Ouest, 88.117 dans le Sud et 142.231 dans le Centre; depuis lors leur nombre s’est accru et il est maintenant, en 1917, de 295,000, »

M. G. Grandidier ajoute plus loin :

« On s’est occupé de créer une race à laine, mais il n’y a pas lieu de substituer l’une à l’autre, et il semble préférable de les élever concurremment, car si le mouton malgache ne donne pas de laine, il peut être livré à la boucherie dès l’âge de 9 mois, tandis que le mérinos ne peut l’être qu’à 18 mois, même 2 ans, et les prix sont les mêmes malgré la différence d'âge. » |

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