POSSESSIONS BRITANNIQUES AUSTRALIE
Le Commonwealth Australien (y compris la Tasmanie) possède environ actuellement 11 millions 1/2 de bovins et il se place au premier rang, parmi tous les pays producteurs d’ovins, avec 85 millions de têtes.
D’après les plus récentes statistiques que nous connaissions, on peut admettre 39.436.118 ovins pour la Nouvelle-Galles du Sud, 20.248.580 au Queensland, 11.892.224 dans l'Etat de Victoria, 5.481.487 en Australie du Sud et 4.593.458 en Australie Occidentale. II faut ajouter 1.800.000 têtes pour la Tasmanie. A toutes époques, c’est la Nouvelle-Galles du Sud qui a eu la plus forte population ovine, égalant presque cu même parfois dépassant la moitié du troupeau de toute l’île
australienne. Déjà en 1880, oùcetroupeautotalétait d'environ
60 millions de têtes, le cheptel de la Nouvelle-Galles était de -
plus de 35 millions ; en 1911, où le troupeau total était de 90 millions, le cheptel de la Nouvelle-Galles était de 45 millions.
Jusque vers 1880, c'était aussi la Nouvelle-Galles du Sud qui possédait le plus fort troupeau bovin ; mais, en 1880, le Queensland a pris le premier rang, avec 3.162.752 têtes, contre 2.580.040 en Nouvelle-Galles et 1.285.481 dans l'Etat de Vic“ toria. L'Australie du Sud avait alors 307.000 têtes seulement et l'Australie Occidentale 63.000. Au Queensland, il y avait, au 31 décembre 1915, 4.780.893 bovins (1).
Cet élevage des bovins dans le Commonwealth est fait partie en vue de la boucherie et partie pour la laiterie. Le commerce d'exportation du beurre australien a eu pour effet
d’accroître le nombre des vaches laitières dans les Etats de.
Victoria et de la Nouvelle-Galles du Sud et dans le Queensland méridional. Les meilleurs bœufs pour la boucherie proviennent
(1) Et 117.787 porcins. En 1880, le nombre de ces porcins pour toute Australie était de 771.000 environ. Nous ne connaissons pas le chiffre actuel. -
plutôt, par contre, des régions plus tropicales, comme le Queensland septentrional, le Territoire du Nord et le nord de l'Australie occidentale. :
Pour l'élevage du bœuf comme pour celui du mouton, les vastes superficies dont disposent les fermiers australiens, la douceur du climat, la rareté des animaux prédateurs sont autant de conditions particulièrement favorables. Le plus grand danger réside dans les sécheresses extrêmes, qui sont assez fréquentes dans l'ile. En 1915, par exemple, c’est une de ces longues périodes de sécheresse qui a été la cause des énormes pertes qu'ont subies les troupeaux bovin et ovin. Dans le seul Queensland occidental, certains centres d’élevage ont perdu jusqu’à 75 p. 100 de leurs bœufs et 25 p. 100 de leurs moutons. Un grand éleveur a perdu 60.000 bovins. On nesauva certains troupeaux du Queensland qu’en les transportant dans les pâturages de la Nouvelle-Galles du Sud.
On compte aujourd’hui en Australie une quarantaine d’établissements frigorifiques, dont 12 en Nouvelle-Galles du Sud, 11 au Queensland, 13 dans l'Etat de Victoria, 1 en Australie Occidentale et 2 en Australie du Sud. En Nouvelle-Galles, une usine abat jusqu’à 24.000 moutons par jour, d’après M. Quentin. Dans certains établissements du Queensland, on peut emmagasiner aisément plus de 32.000 quartiers de bœufs à la fois. Dans l'Etat de Victoria, l’usine la plus importante traite par jour 7.500 agneaux et 4.000 moutons. En Australie du Sud un établissement peut frigorifier 6.000 carcasses en vingt-quatre heures.
L'Australie n’importe pas d’ailleurs seulement en Grande- Bretagne ; elle expédie aussi quelque peu vers l'Amérique du Sud. Ses plus forts envois sont cependant bien pour le Royaume-Uni, puisqu'ils étaient, en 1914, de 143.853 tonnes de bœuf, mouton et agneau congelés, alors que la quantité exportée ailleurs n’était que de 27.437 tonnes, soit 16 p. 100 environ. Ces 143.853 tonnes se composaient de 77.550 tonnes de bœuf et 66.303 tonnes de mouton et agneau; et sur les 200.875 tonnes de bœuf congelé que nous avons dit plus haut avoir été importées en cette année 1914 en Angleterre, 77,550 venaient d'Australie, Sur les 252.500 tonnes de moutons et
agneaux congelés, 66.303 tonnes étaient de cette même provenance. | .
Au Queensland et en Nouvelle-Galles du Sud, il convient de signaler encore, paraHèlement à l’industrie de congélation, le grand et rapide développement des manufactures de conserves. D’après le rapport de H. A. W. Pearse au congrès de Chicago de 1913, l'Australie exportait, en 1912, pour plus de 1.630.000 livres de conserves de bœuf.
à On ne peut, d'autre part, parler de l'élevage australien sans rappeler que l’Australasie, c’est-à-dire non seulement lAustralie, mais la Nouvelle-Zélande, dont nous allons nous occuper dans le chapitre suivant, représente la plus forte région productrice lainière du monde. En 1913-14, où la production mondiale de la laine a été de 1.272.000 tonnes environ, celle de l’Australasie a été de 415.000 tonnes, dont 322.000 pour l'Australie et 93.000 pour la Nouvelle-Zélande, soit, pour toute l’Australasie, 90 p. 100 de la production totale. La production des Etats- Unis, la même année, a été de 132.000 tonnes à peu près, soit 10 p. 100, celle de l'Argentine 123.000, soit presque la même proportion, celle de l'Afrique du Sud 80.000, soit 653 p. 100, et celle de l'Uruguay 71.000, soit 5,6 p. 100. La production européenne était, la même année, de 272.000 tonnes, soit 21.4 p. 100 (1).
(1) Sur ce total européen de 272.000 tonnes de laine, la Russie d’Europe compte pour 69.000 tonnes, le Royaume-Uni pour 55.000 et la France pour 34.000.
Au point de vue de l’utilisation, en cette année 1913-1914, le Royaume- Uni absorbaïit 21 p.100 de la production, la France 19 p. 100, les Empires Centraux 18 p. 100, les Etats-Unis 17 p. 100.
Depuis la guerre, naturellement, ces proportions se sont considérablement modifiées. En 1915, le Royaume-Uni consommait (y compris Palpaga et le mohair) 386.000 tonnes, au lieu de 242.000 environ en 1913. En 1916, une forte diminution est survenue, avec 268.000 tonnes, pendant que inversement, aux Etats-Unis, la consommation, qui était de 111.000 tonnes de laine importée avant la guerre, s’élevait à 241.000 tonnes.
Ajoutons que, pendant les trois premières années de guerre, au Royaume-Uni, l’Office de la Guerre a passé des contrats pour 100 millions d’yards de laine et de tissus de laine, 115 millions d’yards de flanelle, 20.000 de couvertures, 25 millions de paires de caleçons de laine, 60 millions de paires de chaussettes et 10 millions de gilets également en laine.
NOUVELLE-ZÉLANDE La Nouvelle-Zélande (1) est plus encore un pays d'élevage qu'un pays de culture. Sur 15 millions environ d’hectares de
terra qui étaient en exploitation en 1908, il y en avait à peu
. près 306.000 en Légurmneuses, 5.382.000 en Graminées ensemencées ét 8.893.000 en Graminées spontanées.
Le troupeau bovin était de 1.816.000 têtes en 1907- 1908 et de 2 millions environ en 1916. Les trois quarts de ce total se trouvent dans lile du Nord, dans les districts (que nous citons suivant l’ordre d'importance) d’Auckland, de Wellington, de Hawke’s Bay, de Taranaki et d’Otago.
- Le troupeau ovin était, en 1907, de 20.983.772 têtes, et, en 1916, de 24.607.688. Les principales races sont les « Mérinos, » et les « Lincoln ». Tous ces animaux sont répartis dans les districts (par ordre d'importance) de Canterbury, Hawke’s Bay, Wellington, Otago, Auckland, Marlborough, Nelson, Taranaki et Westland.
Les porcins étaient au nombre de 241.000 en 1907- 1908, et surtout élevés dans les districts de Wellington, Canterbury et Auckland, un peu également dans celui de Taranaki.
Le nombre des bœufs abattus pour l’exportation était de 106.679 en 1913-1914 (l’année finissant au 31 mai), 182.120 en 1914-1915, et 211.331 en 1915-1916.
Celui des moutons abattus, dont la chair a une saveur tout particulièrement appréciée à Londres, était de 3.085.351 en 1914-1915 et 3.147.915 en 1915-1916, et celui des agneaux 4.356.151 en 1914-1915.
Il y a déjà plus d’une trentaine d'établissements frigorifiques, et de nouvelles usines sont en construction ou en projet. Une des usines actuelles traite quotidiennement 8.000 car casses de moutons, et ses entrepôts peuvent en emmagasiner 180.000.
(1) Au 31 décembre 1915, la population du Dominion était de 1.165.267 habitants, y compris 49.844 Maoris.
90 L'ÉLEVAGE ET LE COMMERCE DES VIANDES ir Æ
Du 1e avril 1916 au 31 mai 1917, il a été exporté environ de la colonie 46.000 tonnes de bœuf, 64.000 tonnes de mouton et 38.000 tonnes d'agneau.
Nous avons donné plus haut, à propos de l'Australie, les chiffres relatifs à la production lainière en Nouvelle-Zélande.
D'autre part, les exportations de beurre, dont les grandes régions de fabrication sont Auckland, Otago, Wellington, Marlborough et Nelson, ont représenté en 1916 une valeur de 2.632.293 livres sterling (au lieu de 1.615.345 en 1907) : et les exportations de fromages, dont les principales régions productrices sont Taranaki et Southland, ont correspondu à 3.914.310 livres sterling en 1916 (au Heu de 662,555 seulement en 1907). Au total, l’industrie laitière, en Nouvelle-Zélande, y compris la consommation locale, représente en moyenne, actuellement, 8.500.000 livres sterling, soit 212.500.000 francs.