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UNION SUD-AFRICAINE ET RHODFSIE

L'Union Sud-Africaine (Le Cap, Natal, Transvaal et Orange) et le Protectorat de la Rhodésie sont encore une vaste région où les conditions économiques mondiales actuelles et celles qui sont à prévoir pour l’avenir sont un encouragement pour l'élevage. L'industrie moutonnière est de longue date une des plus importantes sources de revenus de l’Union, qui possédait, en 1911, 30.656.659 bovins, dont 21.842.000 pour la laine ; un accroissement de la population bovine, qui était de 5.797.000 en 1911, est aussi possible. La Rhodésie, d’autre part, est, grâce à ses pâturages, particulièrement favorable à l'élevage de ces bovins. À

Jusqu’'alors les bœufs du Sud-Africain ont été surtout des animaux de trait ; et la race indigène « Afrikander »est, en effet, excellente pour la traction.

Mais l’Afrikander, sans doute à cause de son origine — s’il est vrai qu'il provient du croisement des « Devonshire » avec des vaches jadis introduites par les Portugais, et de race espagnole — se croise très bien avec le bétail européen. On peut donc s’en servir pour une amélioration du troupeau sudafricain. On a déjà recommandé, en vue de production de la viande, son croisement avec les « North Devon ». les « Hereford », les « Sussex », les « Angus » ou les «Shorthorn », et en vue de la production du lait, avec les « Simmenthal » et les «Ayrshire ». Le croisement avec les « Lincoln » oules «Frisons » convient pour les deux sortes de production (1). Les avantages de « l’Afrikander » sont sa taille, sa couleur rouge sombre ou noire, sa parfaite adaptation au climat.

(1) D’après les renseignements récents, les « Frisons », qui Ont tout d’abord été recherchés dans l'Union, n’ont pas cependant, en définitive, donné les résultats espérés ; la race s’est déformée et détériorée. Au contraire, les « Ayrshire » se sont bien acclimatés. Les « Jersey » sont aussi appréciés. Pour la boucherie, le « North Devon » est délaissé ; et on adopte le « Shorthorn » dans les pâturages luxuriants et les « Hereford », « Sussex », et « Aberdeen-Angus » sur les sols plus pauvres et dans les contrées plus sèches. $

Dans les premiers mois de 1916, le bétail bovin de l'Union était de 8 millions de têtes ; et en 1915 il fut exporté 32.897 quartiers de bœuf. La viande fut payée à Londres de 1 fr. 17 à 1 fr. 73 le kilogramme. Le coût d'exportation, en tenant compte de la valeur des sous-produits, serait d'environ 0 fr. 35 le kilogramme. L'industrie frigorifique, en tout cas, commence bien à se développer ; et ce développement a surtout été rapide en 1916. Les conditions de la frigorification se sont améliorées à Prétoria, Bloemfontein, Maritzhurg et Durban ; et l'Administration des Chemins de fer et des Ports coopère à l’organisation du service d'exportation. Les municipalités, en même temps, perfectionnent leurs abattoirs.

Pour l’élevage du mouton, M. Ch. Mallinson, expert en Jaines et moutons de l’Union, fait remarquer (1) que l'Afrique du Sud ne possède pas de régions bien délimitées sur lesquelles l'élevage ovin puisse être considéré comme profitable, et en dehors desquelles il doive être déconseillé. Presque partout il y a des fermes où l’industrie pastorale réussit, et à proximité desquelles elle est cependant complètement impossible. Si le territoire de l'Union du Sud-Africain possède encore de vastes surfaces où l’élevage du mouton, d’après les méthodes modernes, n’a pas encore été expérimenté, on peut dire que, d'une manière générale, le pays convient à cet élevage et que, sur certains points, le « Mérinos » y prospère excel- lemment. Cependant le succès dépend de facteurs multiples, tels que les conditions de sol et de climat, les ressources en eau, les moyens de transport, etc.

Les localités les mieux appropriées à l'élevage du mouton se trouvent précisément dans les provinces où les troupeaux sont encore les moins importants, notamment dans lPouest du Transvaal et de l'Orange et dans le Béchuanaland. On trouve actuellement de-vastes troupeaux dans les régions orientale et centrale du Cap, et dans le « Veld » supérieur du Transvaal, Le Natal et le Nord-Ouest du Cap sont aussi d’excel-

(1) Dans The Agricultural Journal of the Union of South Africa, d’après le « Bulletin du Gouvernement Général de. l'Algérie», du 15 février 1914,

lentes contrées moutonnières, mais la seconde de ces deux régions surtout est peuplée de moutons « Afrikander » bâtards, au lieu de vrais « Mérinos ».

Dans les essais d'exportation de viande faits à Londres en 1914 la viande d'agneau a été plus goûtée que celle de mouton. Il aurait été établi aussi que, les races anglaises ne réussissant pas bien dans l'Afrique du Sud, l’Union ne pourrait produire des moutons d’égale qualité à ceux de l’Australasie ; le mérinos

de l’Afrique du Sud ne trouverait de débouchés que comme

viande de seconde qualité.

Il est d’ailleurs à noter que, le nombre des moutons à laine étant en décroissance dans les autres pays du monde, l’Afrique du Sud n’a peut-être pas intérêt à abandonner son élevage de mérinos. Alors que; en 1908, l'Union exportait 104.252.696 livres de laines et 19.283.396 livres de peaux de moutoni, ses expéditions, en 1913, étaient de 176.971.865 livres de laine et 32.196.400 livres de peaux.

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