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Avec leur troupeau bovin, qui était de 72.534.000 têtes en 1907 et de 61.441.000 en 1916, les Etats-Unis se placent, dans cette branche de l’élevage, au second rang de tous les pays du monde, derrière l'Inde Anglaise, qui (y compris, ül est vrai, les buffles et les zébus) possède un chiffre sensibles ment double (137 millions environ). Avec leurs ovins, qui étaient de 49.200.000 en 1916, les Etats-Unis occupent le troisième rang, après l'Australie (85 millions) et l'Argentine (83 millions). |
Avec les porcins (68 millions en 1916) ils détiennent le premier rang, le second revenant au+Brésil, avec 17.529.210 têtes. |
Au 4er janvier 1916, la valeur totale de ces trois troupeaux de la Confédération Nord-Américaine était de plus de 17 milliards de francs.
Comparativement aux années antérieures, le troupeau bovin
. s’est peu modifié, car les 72 millions de têtes de lPannée 1907
peuvent être considérés comme un peu exceptionnels, puisqu'on comptait 61.424.599 bêtes à corne en 1902, 61.241.907 en 1905 et 56.527.000 en 1913. Le troupeau ovin a nettement
beaucoup plüs diminué, car il était de 62.039.091 en 1902, 63.964.876 en 1903, 52.500.000 en 1910.
Au contraire, les porcins, dont le nombre était de 48.698.850 en 1902, 46.320.511 en 1905, 52.100.000 en 1910, sont en forte augmentation.
Le faible accroissement du gros bétail et la diminution des ovins s'expliquent par des causes diverses, telles qu’intempéries, maladies, augmentation de valeur des terrains et des produits de laïterie, amélioration de la quantité et du poids au détriment du nombre ; mais la situation doit d'autant plus attirer l’attention du Gouvernement des Etats-Unis que, pendant que le nombre des animaux de boucherie décroissait de 51.566.000, en 1907, à 36.030.000, en 1913, la population humaine, au contraire, s'élevait de 87.321.000 individus à 96.496.000 (dont un tiers environ représenté par la population
agricole). Aussi un membre du Congrès de la Boucherie
déclarait-il que « sis un remède n’était pas prochainement apporté à cette situation, la viande de bœuf se vendrait dans dix ans au moins un dollar la livre, et que, dece côté del’Atlantique, on devrait, à l'instar de ce qui se passe en Europe, créer des boucheries hippophagiques. »
En 1909, la production totale de viande aux Etats-Unis était évaluée à 76.700.000 quintaux, et la consommation à 70 millions. En 1915, l’excédent total des viandes et de leurs produits dans la République nord-américaine était de 5.900.000 quintaux et les importations en viandes bovine et ovine étaient 2, 7 p. 100 de la consommation totale.
Nous avons vu à propos du Canada que, en 1913, la suppression des droits d’entrée a favorisé l'importation des animaux vivants et des viandes du Dominion.
De tout cela réssort bien, en tout cas, le fait que les Etats-
Unis peuvent être facilement exportateurs de viande de porc
(qui fournit plus des 60 p. 100 de la viande du pays), mais ne sont pas aussi à même d'exporter les viandes de bœuf et de
mouton. Et, en effet, leurs exportations de viandes de bœuf
ne représentaient en 1912 que le septième des exportations mondiales, tandis que celles de porc représentaient les trois
quarts. En 1913, d'autre part, les Etats-Unis se plaçaient au quatrième rang des pays importateurs de viandes, et ils devaient surtout ce rang à leurs importations de viande de bœuf. Is reçoivent beaucoup moins de viande de mouton, que leur envoient principalement l'Amérique du Sud et l’Australasie.
Les moyens, d’ailleurs, ne manquent pas à la Confédération pour remédier à la situation actuelle ; le raisonnement que nous avons fait antérieurement au sujet de la transformation progressive du ranching, au Canada, en exploitations fermières, s'applique tout aussi bien, pour les Etats-Unis, aux Etats du Far-West. Les pâturages, ou ranches, exclusivement réservés jadis à l'élevage extensif des bovins et des ovins, sont progressivement colonisés ; et, si cette transformation a eu pour conséquence immédiate la diminution du troupeau, il n’en résultera pas moins, vraisemblablement, à la longue, avec le système du « mixed farming », une diminution de la surface nécessaire par tête de bétail, en même temps qu'une augmentation de l'élevage d'hiver à l’étable. Les méthodes d'élevage, dans ces conditions, se perfectionnent également. Enfin, la construction de puits, de routes et de ponts, doit provoquer aussi une augmentatian du nombre des exploitants se livrant à l’élevage extensif. Ainsi que le font remarquer MM. Barnes Will et Jardine, « dans les 11 Etats d’Arizona, Californie, Colorado, Idaho, Montana, Névada, New-Mexico, Orégon, Utah, Washington et Wyoming, il y a encore environ 114 millions d'hectares de terrains nationaux non encore attribués ou réservés, et dont 100 millions environ sont essentiel-, lement des terrains à pâturages. Si l’on adoptait une politique opportune pour le développement de la production animale dans ces zones, ces terrains pourraient, dans dix ans, arriver à tenir 30 p. 100 de bétail de plus qu'actuellement ».
La production notamment des ovins peut aussi, d’ailleurs, être considérablement acérue en beaucoup d’autres régions de la République. MM. Marshall et Millin citent tout particulièrement, tout le long de la chaîne des monts Apalaches, les Etats de Pensylvanie, Maryland, Virginie, West Virginia, Kentucky, Tennessee et la Caroline du Nord, ainsi que les
régions ondulées du nord de Arkansas et du sud du Missouri,
et encore les parties déboisées des Etats du Golfe du Mexique.
Toute momentanée peut donc être, dans ces conditions, la crise qu'ont subie depuis quelques années, sous plusieurs influences, dont en partie celle déjà indiquée plus haut pour les pâturages de l'Ouest, Pélevage des moutons et l’industrie de la laine, surtout de la laine fine, aux Etats-Unis. Alors que, en 1900, le troupeau ovin américain était de 61 millions 1 /2 de têtes, il était en 1910 de 52 millions 1 /2 ; il diminuait encore de 2.238.500 têtes en 1911. et on constatait en 1914 une nouvelle diminution de 7 p. 100. Lorsque le revirement que les spécialistes compétents laissent pressentir se sera produit en faveur de l’industrie moutonnière, il est probable qu'il ne se réalisera pas seulement dans le sens de la production lainière, comme c'était le cas de jadis, mais aussi en vue dela production de viande de boucherie. Déjà des stations comme celle de l’Idaho ont entrepris des essais significatifs.