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RÉPUBLIQUE ARGENTINE

Lorsqu’en 1866 la « Sociedad Rural Argentina », qui est à la fois une Société agricole d'encouragement ‘et une sorte. de Chambre consultative d'agriculture, fut organisée en Argentine, le troupeau de ce pays se composait de 12 millions de bovins, 60 millions d'animaux à laine et 3 millions de chevaux. Il y avait peu de pores et de chèvres et encore moins de mulets. Aujourd’hui les statistiques donnent, en chiffres ronds :

BEA EE RME ER EN Ce AN AR RE SP ER ER LE Reg 30.000.000 Ovins 2.46 He Vds Eos SAME TETE RAIN TE AE 80.000.000 CAFE TE CN VMS NRA RE PRE SE 4.500.000 POTÉMESSD ES RAR ES RU SA EN 3.200.000 Mules Re DL TS RSR Es à à 900.000

Tout ce troupeau représente approximativement 5.600.000 contos.

Pour le cheptel bovin. le recensement de 1908 accusait déjà ;

exactement 29.124.336 bovins ; mais de 1908 à 1915 la moyenne annuelle d’abatage aurait été de 7.184.704 têtes, et

ar

le total des animaux est resté sensiblement le même, avec 30.706.447 têtes en 1913 (1).

Les premiers bovins de l’Argentine sont descendus de la race andalouse importée par les Espagnols au début de leur conquête; et cette race créole parut sufisante, non seulement pour le travail, mais même pour la consommation, tant que le commerce d'exportation fut limité à la vente des peaux, des suifs et du tasajo (2). Ce fut seulement à dater du moment où commença l'expédition des animaux qu’apparut la nécessité d’une amélioration du bétail ; la République importait alors de plus en plus des reproducteurs de diverses races britanniques, ‘hollandaises, suisses et françaises, avec toujours toutefois une préférence marquée pour les races britanniques, et en partieulier pour la « Shorthorn ». Ces « Shorthorn » prédominent surtout dans les zones les plus riches etles plus tempérées de l'Argentine, alors que les « Hereford » et les « Aberdeen Angus »ont été surtout introduits dans les régions plus chaudes ou plus froides, où les fromages sont moins abondants et moins bons.

C'est vers 1905 à 1906 que les totaux d'exportation des viandes réfrigérées et congelées ont commencé à surpasser les exportations des bœufs vivants et du tasa]o.

En 1902, l'Argentine expédiait, en effet :

ROIS AUS Se ie dr ave dus à 118.303 tonnes ÉLUS en Tes RARE ER EP TN 330.600 — Viandes congelées ou réfrigérées....... 207.553 —

(4) Ce nombre est donné par le Bulletin de l'Institut Tnternational d'Agriculture d’août 1917. Le journal Le Brésil du 23 septembre 1917 admet, par contre, que l’abatage trop élevé de ces dernières années aurait réduit le troupeau bovin à 22 millions de têtes.

(2) Le tasajo est, en Argentine, la viande salée et conservée dans la saumure, tandis que le æarque brésilien est la viande en lanières qui a été salée, puis séchée. La préparation du tasajo pour l'exportation à lieu dans les saladeros, qui ne correspondent donc peut-être pas aussi exactement aux zarqueadas du Brésil qu'on ladmet généralement, non,seulement parce que le mode de préparationde la viande n’est pas tout à fait le même, mais aussi parce que, tout au moins pendant longtemps, le travail principal des saladeros argentins n’a pas été la préparation de la viande, mais plutôt celle des peaux conservées.

Mais, en 1906, les expéditions étaient de :

Bœufs vivARIS Ass PE RSR UE 71.106 tonnes TASAID SE RE RE 106.800 — Viandes congelées ou réfrigérées ...... 500.027 —

PES VIN AS 2 Sa nu Mo 224.911 tonnes PASSANT SE ee dore Te 24.000 — Viandes congelées ou réfrigérées ..... 1.023.186 —

I faut ajouter à ce commerce celui des extraits et conserves de viande, qui a été de 237.200 tonnes en 1913.

Les bœufs vivants sont surtout dirigés vers les marchés des Républiques sud-américaimes (Uruguay, Chili, Brésil, Bolivie, Paraguay), tandis que le tasajo est exporté principalement à Cuba et au Brésil et que les viandes congelées ou réfrigérées sont embarquées pour le Royaume-Uni (1).

La Grande-Bretagne ne reçoit guère d’ailleurs que de l'Amérique du Sud le bœuf réfrigéré (chilled beef), car toutes les viandes qui lui sont importées d’Australasie sont congelées (frozen meat). 4

En 1911, la République Argentine exportait, en poids 312.834 tonnes de bœuf congelé ; et en 1912 ses exportations étaient, en morceaux, de 2.086.780 quartiers de bœuf congelé et 2.269.474 quartiers de bœuf réfrigéré.

Pour les bouvillons métis destinés aux frigorifiques, on obtiendrait, paraît-il, un poids de 600 à 650 kilogrammes à l’âge de 3 ans (alors que des créoles de 4 ans 1 /2 à 5 ans pèsent rarement plus de 300 à 350 kilogrammes).

Tout comme des bovins, les moutons de Are En (81.485.149 en 1914) tirent leur origine des races espagnoles qui furent introduites à l’origine (2). Abandonnés à eux-mêmes,

(1) Gaetano Martinoli : « Etat actuel de la production bovine dans l'Argentine ». Bulletin mensuel de l’Institut International d'Agriculture, Rome, août 1917.

(2) Gaetano Martinoli : « Etat actuel de la production ovine et porcine dans la République Argentine ». Bulletin mensuel de YInstitut International d'Agriculture, Rome, septembre 1917.

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les « Churra » et les « Merinos » engendrèrent les deux races

locales « Pampa » et « Criolla ». Les premiers essais de croisement (avec des« Mérinos de Rambouillet ») furent entrepris lorsque le commerce de la laine se développa ; d’autres essaïs furent entrepris (avec les « Lincoln ») lorsque l’industrie frigorifique s'établit. Actuellement les deux groupes d’ovins anglais qui

ont pris une grande importance sont les « Romney Marsh »

et les « Downs ».

De 1911 à 1915 il a été exporté 480.000 ovins vivants (envoyés en grande partie en Belgique, Uruguay et Bolivie)

et 12.217.901 ovins congelés (presque tous pour le Royaume-

Uni).

En 1912, il sortait de la République 3.266.755 carcasses.

En 1914, le nombre total des ovins abattus, pour la consommation locale et l’exportation, a été de 4.519.352 (1).

D’après M. Maurice Quentin (loc. cit.) dix Compagnies frigorifiques se sont successivement montées de 1882 à 1907. Trois d’entre elles ont disparu ou ont été absorbées ; une, la « Burzaco Packing », s’est spécialisée dans la fabrication des conserves, que son outillage spécial lui permet de livrer à raison de 75.000 boîtes par jour (viande conservée de porc, jambon, corned beef et mouton). Les Argentins rangent les autres en deux catégories : 19° les établissements fonctionnant avec un capital nord-américain, et qui, après avoir dépendu du « Beef Trust » sont restés, lors de sa dissolution, aux mains des citoyens ou des firmes du même pays (« Blanca »et «The Plata Gold Storage ») ; 20 les établissements anglo-argentins, qui sont : « The River Plate», aujourd’hui « British and Argentine Meat C0 », « The Las Palmas Produce » et «The Smithfield and Argentine Meat » et Les établissements argentins « Compania Sansinena » et « Frigorifico Argentino ».

A côté des élevages du bœuf et du mouton, celui des porcins, en Argentine, est de bien faible importance ; et l'exportation des pores congelés a même été à peu près nulle de 1905 à 1914. Cependant, depuis que s'est fondé à La Plata l'établissement

(1) Il était exporté cette année-là 117.270 tonnes de laine.

« Armour », où 2.000 porcs peuvent être préparés par jour, et

depuis aussi que s’est établie à Rosario la firme «The Argentine Bacon Curing C Limited », cette industrie paraît reprendre. Des débouchés avantageux semblent probables vers l’Europe et les Etats-Unis et il faut remarquer que l’élevage extensif du porc avec pâturage et maïs, tel qu'on le pratique en Argentine, en rend la production facile et peu coûteuse. |

Tous les élevages, au reste, peuvent encore considérable-

ment s'étendre dans la République, en raison de vastes surfaces d'excellents pâturages qui ne sont pas encore utilisées.

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