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LA FARINE DES GRAINES ET LA FÉCULE DES TUBERCULES

DE L'ICACINA SENEGALENSIS

Par: M::R:/CERIGHELTI

L'Icacina senegalensis A. Juss est une plante à tubercule qui, connue d'abord en Sénégambie, à été plus récemment signalée par M. A. Chevalier! dans Ja région du Chari, où elle serait abondante. D’après M. Chevalier, ce serait une mauvaise herbe des cultures, sans grande utilité ; seuls, les enfants mangeraient les fruits. D'après les renseignements qui nous ont été fournis, cette année, par M. Baudon, administrateur des Colonies, 11 semble pourtant que cette asserlion soil, au moins en partie, inexacte. Si la plante est, en effet, fort nuisible aux cultures, elle est, d’autre part, très souvent utilisée par les indigènes, dans leur alimentation En cas de disette, lorsque les provisions de sorgho viennent à manquer, les Noirs consomment, soit surtout la farine provenant des graines, soit plus rarement la fécule des tubercules.

Cette farine et cette fécule étant fort peu connues, il nous a paru intéressant d'en entreprendre Pétude chimique et d'en faire l'examen microscopique. Nous dirons toutefois, auparavant, quelques mots de la plante ellemême, et nous indiquerons, d'après M. Baudon, Îles procédés employés par les indigènes pour la préparation des deux produits qu'elle leur fournit

1. À. Chevalier : L'Afrique centrale francaise (Mission Chari-Lac-Tchad). 1908, p. 54.

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Etude botanique. — Pour la plupart des auteurs ', le genre Icacina appartient à Ta famille des Olacacées, tribu des Icacinées. Cependant, M. Engler en fait le type d’une feuille spéciale : les /cacinacées. Quoiqu'il en soit, ce genre comprend cinq espèces : l’Z. grandifolia, VI. macrocarpa, VE. Mannii, VI. trichantha et VI. senegalensis. La première de ces espèces, seule, est de Madagascar ; les autres sont de l'Afrique tropicale. L’/cacina senegalensis est caractérisé par des fleurs pédicellées en cymes corvmbiformes, rassemblées en une panicule terminale, et par des pétales poilus en dedans. |

C'est, nous dit M. Baudon, une plante qui pousse en touffes, et dont les rameaux, qui deviennent rapidement ligneux, atteignent 1 m. de hauteur au plus. Ces rameaux partent d'un tubercule souterrain qui est souvent très gros et peut dépasser 30" de diamètre. Ce tubercule, de forme un peu variable, est généralement pivotant ; il ressemble à un gros navet ou à une betterave. Il s'enfonce d'au moins 25 à 30 ‘/" au-dessous du sol. Il est gris extérieurement ; et la pellicule dont il est recouvert adhère à la masse charnue intérieure, qui est blanche, parsemée seulement de taches jaunes qui correspondent aux faisceaux libéroligneux.

Les rameaux aériens sont clairs, glabres, généralement arrondis, mais quelquefois aussi anguleux au-dessous de l'insertion des feuilles.

De formes variées, ovales ou elliptiques, ces feuilles sont aigues au sommet el en coin à la base. À l'état jeune, elles sont vert clair, mais elles deviennent ensuite plus foncées. Elles sont alors coriaces, d'un vert brillant en dessus, d'un vert glauque et mates en dessous.

Les fleurs peuvent être axillaires ou terminales. Dans le premier cas, elles sont longuement pédonculées ; dans le second, elles sont plus ou moins serrées les unes contre les autres et réunies en cymes corymbiformes. Le calice est à

cinq divisions, à lobes aigus et vert clair, plus courts que

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