Oliver : Flora op tropical Africa 1868, vol. I, p
ICACINA SENEGALENSIS. 171
les pétales. La corolle se compose de cinq pétales blancs, étroits, soyeux en dehors, fortement poilus en dedans et à la base. Il y a cinq étamines, alternes avec les pétales, et à anthères versatiles. L'ovaire, couvert de poils roux, est surmonté d'un style très court.
Le fruit, à la surface duquel apparaissent plus ou moins nettement un ou plusieurs sillons, est sensiblement ovoïde ; il atteint 2,5 à 3 ‘/" de longueur sur 2 à 2,5 ‘/" de largeur. Il devient rouge à maturité et est couvert de poils très courts. Sous une pulpe blanche, de 2 "/" d'épaisseur, se trouve la graine, qui est aussi blanche, sphérique ou ovoïde, et présente deux cotylédons recouvrant un embryon plissé et foliacé.
Très abondant, comme nous l'avons dit, en Sénégambie et dans la région du Chari, l’Icacina senegalensis se retrouve dans toute la zone qui s'étend au-dessus de Bangui jusqu'au 9% parallèle et qui constitue la brousse soudanienne. Avec l’Imperata cylindrica', cette Graminée largement répandue et fort nuisible aussi aux cultures, l'/cacina peut être envisagé comme une des plantes les plus caractéristiques de cette région.
Les indigènes lui donnent différents noms. Les Bandas l'appellent basouna, et les Mandjas pané. Mais les Bandas, et principalement les Bandas Moronbas, sont à peu près les seuls à faire usage de la plante.
Préparation de la farine et de la fécule. — L'Icacina senegalensis fleurit en février ou mars, vers la fin de la saison sèche ; et les fruits entrent en maturité vers mai ou juin, à la saison des pluies ; mais souvent ces fruits tombent prémalurément, et la fructification est relativement faible. C'est pourquoi les indigènes font la récolte au milieu de la saison sèche ; c'est d'ailleurs à cette époque que les provisions de sorgho sont près d'être épuisées.
Après avoir laissé sécher les fruits au soleil, les Noirs les