A. Chevalier : loc. cit
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font macérer dans l'eau pendant quelques jours ; puis, après égouttage, il les pilent dans des mortiers en bois. La farine ainsi obtenue, plus grossière que la farine de sorgho, est, après dessiccation, employée ensuite à la préparation d'une pâte, que le Noir prépare en versant avec précaution la farine dans l’eau bouillante. Plus lourde et plus indigeste que la pâte qui provient de la farine de sorgho, cette pâte d’Icacina est peu appréciée des indigènes, qui n'y sont pas habitués.
La fécule de tubercules est beaucoup plus difficile à préparer que la farine de graines ; aussi son usage est-il moins répandu. Pour l'obtenir, on coupe les tubercules en quartiers, et ces fragments sont mis en macération dans l'eau courante. Le principe amer se trouve ainsi éliminé, en même temps que les tissus se désagrègent. Lorsque le séjour dans l’eau a été suffisant, cette sorte de bouillie est étalée au soleil sur des nattes. Elle se dessèche et on la pilonne alors au mortier. La farine qui en résulte est passée dans des paniers qui, faisant office de tamis, retiennent les fibres, les déchets d'écorce et les autres impuretés, et ne laissent passer qu'une poudre très blanche et granuleuse ; c'est Ià la fécule comestible, avec laquelle on obtient une pâte, qui est, au reste, préparée de la même facon que la pâte provenant de la farine des graines ; elle a cependant un meilleur aspect et elle est aussi plus agréable au goût.
l'arine des graines. — La farine ‘ des graines d’/cacina est de couleur blanc sale. Elle se compose surtout d'amidon, plus ou moins mélangé à des fragments qui proviennent soit de la pulpe, soit de la partie extérieure et ferme du péricarpe. Les débris de la pulpe sont blancs et bien distincts. Les fragments de la partie plus externe sont moins visibles ; ils peuvent cependant être facilement mis en évidence si on délaie la farine dans l'eau, car ils montent alors à la surface
1. Nous avons étudié la farine et la fécule d’Jcacina telles qu'elles ont été préparées par les indigènes. C’est M. Baudon qui a eu l'obligeance de les mettre à notre disposition. Nous lui en sommes fort reconnaissant et nous le prions d'accepter nos sincères remerciements.
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et sont reconnaissables à leur aspect brunâtre. La farine, qui ‘‘ crisse ” un peu au toucher, possède une odeur forte qu'il est assez difficile de définir ; elle est sans saveur. Au contact de l'eau, elle se gonfle, et la solution obtenue réduit la liqueur de Fehling. Elle présente, d’ailleurs, la composition suivante ! pour 100 :
Hamidité:s tir 20 Sarre ue 12,65 Matières azotées. .z sun VERS 7,80 ) SFASSESC TL. Al HN. ue 0,08
) amylacées, sucre ...... 12:30 Celalose: ua, sol PAT 3,90 Landes. croi au rs aout 0,48 Indéterminés et pertes. ... ... 2,13 100,00
L'iode en solution, d'une part, et la potasse, d'autre part, donnent avec la farine des résultats qu'il est bon de noter. Pour connaître l'action de la solution d'iode, nous avons prélevé une certaine quantité d'amidon * au moyen d'une petite cuiller à grain et nous l'avons agitée avec 10 ‘/" cubes d'eau dans un tube à essai. Nous avons laissé reposer, el nous avons ensuite ajouté une goutte d'une solution d'eau iodo-iodurée, préparée selon les procédés ordinaires ; nous avons alors constaté une teinte rose pâle. Deux gouttes donnaient une coloration violette. 2
Pour connaître l'action des vapeurs d'iode, nous avons mis dans deux verres de montre une égale quantité d'amidon. Le premier était placé sous une cloche, avec un récipient à acide sulfurique ; le second également sous une cloche, mais à côté d'un cristallisoir rempli d'eau. Tous deux étaient maintenus pendant 24 heures à la température de 30 degrés. Au bout de ce temps, lamidon sec et l'amidon
1. L'analyse chimique à été faite suivant la méthode employée par M. Balland, dans Les Recherches sur les blés, les farines et le foin ; H.-C. Perruzela, éd. 1894, Paris.
2. Nous avons utilisé pour ces essais les indications qui ont été données par MM. L. Planchon et A. Juillet dans leur Etude de quelques fécules coloniales (Annales du Musée Colonial, Marseille, 2° série, 7° vol., pp. 411-556, 1909).
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humide étaient abandonnés pendant une demi-heure sous une grande cloche saturée de vapeurs d'iode à la température de 30 degrés. Dans ces conditions, l’amidon sec restait sans changement, tandis que l’amidon humide prenait une teinte violet rouge.
Nous avons employé les mêmes notations que MM. Planchon et Juillet pour distinguer les différentes solutions de potasse dont nous nous sommes servis, et nous renvoyons au travaii cité, pour de plus amples renseignements. Les solutions de 1 à 10 de Beillier accentuent le hile, qui devient très visible sur tous les échantillons, et permettent de distinguer la complexité de certains grains. Avec la solution E de Planchon et Juillet (7 gr. de potasse et 15 centimètres cubes de glycérine à 30 degrés, pour 100 centimètres cubes d'eau), les stries s'accentuent, les grains se gonflent avec rapidité, se déforment et se gélifient bientôt complètement.
Au microscope, l'amidon apparaît constitué par des grains assez réguliers, qui peuvent tous se ramener à deux types principaux. Le premier, qui correspond au plus grand nombre de grains et aux plus gros, est piriforme, plus long que large, avec une légère dépression (fig. 1) ; ce grain est aussi parfois réniforme, assez semblable au grain d'amidon des Légumineuses. Dans le deuxième type, on peut grouper tous les grains de dimensions plus réduites, qui sont ovales, ou plus ou moins sphériques. Entre ces deux types, il y a d’ailleurs une série de formes intermédiaires, parmi lesquelles des grains elliptiques, qui présentent une dépression centrale et transverse.
La dimension de ces graines varie de 7 microns à 22 microns 9, mais le plus grand nombre atteint seulement 12 microns ».
La plupart des grains sont simples ; quelques-uns pourtant sont demi-composés : ce sont ceux qui contiennent deux grains élémentaires, réunis par deux zones concentriques. Ils ont une forme ovale ou elliptique, tandis que les premiers sont généralement piriformes.
La transparence est assez marquée.
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Le hile, bien visible sur la plupart des grains, rappelle le hile des grains de Légumineuses. Tantôt il s'étend sur presque toute la longueur du grain, sous forme d'une ligne tortueuse, avec des arborescences ; tantôt il est plus court et se réduit même alors parfois à une sorte d’accent circon-
flexe ; tantôt encore il est étoilé, surtout dans les grains elliptiques.
ne N D ) Ë PA N m7 Ô eu / re FE gi Va, € 18 \, 2
Fra. 1.
— Grains d'amidon de la graine d'Icacina senegalensis
Les stries ne sont pas très nettement visibles, mais le sont suffisamment lorsqu'on monte les grains dans la glycérine. Elles sont concentriques et entourent le hile, comme à l’ordinaire.
À la lumière polarisée, lamidon montre la croix noire
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caractéristique. Dans les grains piriformes, cette croix affecte la forme d'un X aux branches très rapprochées,
comme dans les grains de Légumineuses. Parfois, dans les
grains très allongés, les deux branches ne se joignent pas et laissent entre elles un certain intervalle brillant.
Fécule des tubercules. — La fécule des tubercules d’/cacina se présente sous la forme de grumeaux très blancs, de pulvérisation difficile. Réduite en poudre, elle est sans odeur et rude au toucher. Au contact de l'eau, elle reste sans changement, mais la solution obtenue réduit légèrement la liqueur de Fehling. Elle est presque entièrement constituée par de l'amidon, comme le montre l'analyse chimique sui-
vante : | Houiditess mir ere a mes 12,90 Matières amylacées, sucre...... 84,96 Matières grasses, cellulose. ..... traces Dendres ru Ne 2e MNONS ENS 0,26 Indéterminés et pertes... ....... 1,88 100,00
Pour connaître l'action des deux réactifs employés, on opère de la même facon qu'avec la farine.
Une goutte de solution iodo-iodurée donne une coloration bleu céleste ; deux gouttes donnent une coloration bleu foncé ; trois gouttes, une coloration bleu noir.
Les vapeurs d'iode communiquent à la fécule sèche une teinte jaune pâle et à la fécule humide une teinte d'un bleu foncé.
Avec la potasse, la solution n° 4 de Beillier laisse la teinte sans modification. Sous l'influence de la solution E de Planchon et Juillet, la plupart des grains augmentent de volume, mais moins rapidement que ceux de la farine. Certains grains semblent rester un moment sans changement. Ils continuent de donner à la lumière polarisée une croix noire très nettement marquée, tandis, que chez les autres, la région sombre du hile s'étend jusqu'à ce que les graines deviennent absolument invisibles. Le gonflement
Fa
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terminé, la gélification commence au bout de cinq minutes
Jour certains grains, au bout de quinze minutes pour O d’autres.
Au microscope, les grains d’amidon se présentent comme
F1G. 2. — Grains d'amidon des tubercules d'/cacina senegalensis
assez irréguliers, plus irréguliers que ceux de la farine (fig. 2). Is manquent d'unité dans leur configuration. Les petits ont une forme sphérique, tandis que les autres, plus
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sros, sont elliptiques. Quelques-uns sont plus ou moins piriformes et rappellent les grains d'amidon de la farine, mais ils sont toujours plus renflés que ceux-ci. Enfin un grand nombre de grains sont tout à faits irréguliers et de forme plus ou moins apiculée.
Les dimensions sont, comme toujours, très variables. Elles sont comprises entre 12 et 50 microns, mais le plus grand nombre de grains ont seulement de 22 microns 9 à 25 microns dans le sens de la longueur.
Il y a des grains simples et des grains demi-composés. Ces derniers sont nombreux, plus nombreux que dans la farine. Ce sont, en général, les grains les plus irréguliers. Ils se composent de deux et trois grains élémentaires et présentent souvent des dépressions au centre.
La transparence des grains est très nette.
Le hile est assez visible, moins nettement cependant que celui de lamidon de la farine. Il est souvent sphérique et parfois assez gros. Il peut s'étendre et prendre l'aspect d’une tache irrégulière, ou encore se réduire en accent çirconflexe ou en étoile. Il se trouve au centre du grain, dans la partie renflée, ou quelquefois dans la partie étroite.
Les stries sont visibles dans les préparations ordinaires à l'eau. Elles sont concentriques et entourent normalement le hile.
À Ja lumière polarisée, ces grains montrent la croix noire caractéristique. Leur complexité peut être mise en évidence de cette manière. C'est ainsi que lon s'aperçoit que les grains sphériques sont presque les seuls qui soient simples.
Telle est la composition des deux produits d'une plante qui est parfois indiquée comme sans intérêt, et dont cependant, en réalité, deux parties, la graine et le tubercule, sont à l’occasion utilisées.
Laboratoire de Botanique de la Faculté des Sciences de Marseille.
1er Décembre 1918.
Par M. Henrr JUMELLE
Les Aracées ne sont que médiocrement représentées à Madagascar. Quatre genres seulement, avec chacun une seule espèce, sont actuellement signalés ; et les deux autres genres qui seront encore étudiés dans cette note, et dont un constitue un genre nouveau, n'élèvent pas à plus de six, au total, le nombre des plantes de cette famille jusqu'alors connues dans la Grande Ile.
Les quatre genres déjà signalés sont les genres Pistia, Hydrosme, Typhonodorum et Pothos. Le genre déjà connu ailleurs, mais dont nous constatons pour la première fois la présence à Madagascar, est le genre indien Remusalia : le genre nouveau que nous croyons pouvoir
créer est le genre Carlephylon.
De ces six genres, cinq appartiennent à la tribu des Arées (à fleurs ordinairement unisexuées el nues) ; el un seul, le genre Poihos, fait partie de la tribu des Acorces (à fleurs hermaphrodites el périanthées) ; il n'y a pas dans Ja colonie, du moins à notre connaissance, de
Callées (à fleurs hermaphrodites et nues).
Les six genres peuvent être ainsi distingués :
180 H. JUMELLE I. —— Fleurs unisexuées.
À — Fleurs femelles non périanthées.
a) Une seule fleur femelle sur le spadice ; plante aquatique... Pistia
b) Fleurs femelles plus ou moins nombreuses sur le même spadice.