I.A VÉGÉTATION MALGACHE
la région, elle a été presque partout détruite, mais on en voit très souvent des traces le long des rivières. De grands arbres mi-brûlés, protégés plus ou moins des feux par le cours d'eau ou ses bords escarpés, attestent, en effet, encore sa présence ancienne sur ces points. Ces arbres riverains sont presque toujours Cephalanthus spathelliferus, Protorhus Heckelii et Eugenia sp., mais on trouve aussi, çà et là, des restes des autres espèces de la Formation.
En remontant les cours d’eau vers leurs sources, lorsqu’ils deviennent torrentueux, cette végétation change légèrement. Comme les torrents sont souvent encaissés dans de profondes gorges, l'humidité plus grande et l’absence des vents font apparaître aussitôt un grand nombre d'espèces nouvelles, dont beaucoup à feuilles persistantes. Un Dracaena, des Ficus à larges feuilles et quelques Fougères donnent alors à la forêt un faciès plus tropical. Les gorges de ces torrents sont l’habitat préféré des Coffea [C. Perrieri Drake 1 et C. madagascariensis Drake). Enfin, les quelques rares épiphytes qu’on observe dans l’Ouest ne se trouvent guère que dans cette localité.
La forêt des alluvions et des bords du cours d’eau constitue un type spécial dans la flore malgache. L'abondance de ses essences à feuilles persistantes la rend bien différente des autres Formations de la région occidentale, et la hauteur de de sa futaie, la pauvreté du sous-bois, la nudité du sol, la distinguent nettement de toutes les forêts de 111e.