‹ Annales du Musée colonial de MarseilleChapitre 56 sur 140 · I.A UROUSSE DES TAVY, OU SAVOKA · texte numérisé non relu

I.A UROUSSE DES TAVY, OU SAVOKA

repose deux à trois mois. Ce temps écoulé, il recherche une nouvelle partie vierge delà forêt et recommence un autre tavy pour l'année suivante. Jamais deux cultures consécutives ne sont faites sur le même emplacement *.

La récolte une fois enlevée, le tavy une fois abandonné, il ne croit d'abord sur son emplacement que de simples mauvaises herbes, espèces rudérales ou des champs cultivés, qui disparaissent bientôt. Puis une végétation spéciale, ayant à la fois des caractères de jungle et de jeune taillis, apparaît et s’empare du terrain. Cette brousse peut acquérir, avec l'âge, une assez grande taille, et prendre même l’aspect d'une petite forêt en miniature, mais, à n’importe quel moment, elle diffère toujours de la végétation autochtone par son aspect, sa composition homogène où domine toujours une essence de beaucoup prépondérante, et par le petit nombre de ses espèces, infiniment moindre, à surface égale, que dans les forêts voisines. Les indigènes appellent cette brousse « Antaka » ou « Savoka à baronga », ou « à dingadinga », « à bambou », « à ravenala », « à longozo », suivant le nom de l’espèce dominante. C'est elle que nous appellerons « Brousse des tavy », ou « Savoka ».

Comme la Prairie, le Savoka se distingue immédiatement, ainsi que nous venons de le dire, des Formations de la tlore autochtone par sa pauvreté en espèces. Voici la liste des espèces principales que l’on y observe le plus habituellement.

1. Ce mode de culture n'est pas particulier aux peuplades et aux régions de l'Est, mais il n’est plus pratiqué en grand que dans cette région de l'ile, car partout ailleurs les forêts manquent. Toutes les autres peuplades de l’ile le pratiquent encore à l’occasion, c’est-à-dire toutes les fois qu'elles ont à leur disposition un bois encore vierge sur un terrain frais, circonstances qui se reproduisent de plus en plus rarement. Le tavy est une coutume ancestrale chez tous les malgaches et n'a cessé et ne cessera que faute de forêts. C’est la première phase de la culture, et ce n’est qu’après la destruction complète de la forêt que le malgache, poussé par la faim, se résout à labourer et à cultiver un vrai champ.

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