‹ Annales du Musée colonial de MarseilleChapitre 57 sur 140 · C.C. partout · texte numérisé non relu

C.C. partout

Mussaenda arcuala Poir.

Clitoria lasciva Bojer

Tsikirity

Autochtone

A. r. au-dessu de 200 m.

Cil rus divers

Voangy

cultives

/ Pteris, 2 Dombeya, 1 Psiadia, î Maca-

Autochtones

A. r. et exce| tionnels.

ranga Lèn 1(

I,A HROUSSE DES TAVV, 01 SAVOKA

Les espèces marquées d'un astérique sont celles qui prédominent, à certaines altitudes, sur certains terrains celles dont les noms servent à désigner, parmi les indigènes, les diverses variétés de savoka. Elles forment le fond de cette Formation ; et les autres espèces sont perdues et à peine visibles au milieu d innombrables individus de ces espèces dominantes. A cette liste nous pourrions joindre encore une

Savoka à liaveiiula , disparaissant devant la prairie et les leux. Environs de Mananjary (Est).

centaine d’espèces plus ou moins passagères, plus ou moins accessoires, provenant les unes de la forêt voisine, les autres de la Formation des plantes rudérales et des champs cultivés. C’est encore peu pour les surfaces, plus de i millions d’hectares de superficie, que recouvre la brousse des tavv.

La pauvreté en espèces de cette Formation est singulière. Les causes en sont bien plus complexes que dans la Formation précédente, où la rareté des types n’est qu’une conséquence manifeste des feux. Ces causes sont générales pour l’ensemble de la Formation, ou particulières et spéciales à

LA VEGETATION MALGACHE

chacune des espèces de savoka. Les causes générales sont : 1° La destruction brutale et soudaine de l’association si complexe, si délicate, qu’est la forêt malgache, et l’impossibilité, pour la grande majorité des espèces silvestres, de vivre dans les conditions nouvelles ;

2° L absence d ombrage et d'humus (vite brûlé par le soleil et enlevé par les pluies) qui empêche les graines restées dans le sol, et qui ont échappé au feu. de germer et de croître ;

Un tavy dans l'Ouest, sur foret des sols alluvionnaires. Namoroka (Ambongo).

3° L’étoutl’ement rapide des rares espèces silvestres qui ont pu germer malgré tout par les espèces prépondérantes des savoka, plus aptes à vivre dans les conditions nouvelles.

Les causes particulières sont très variées, mais, pour bien les exposer, il est nécessaire d'esquisser, à grands traits, l'histoire particulière de chacune des espèces dominantes de la Formation.

Nastus capitatus Kunth. — Ce léger bambou, qui seul agrémente un peu cette brousse monotone des tavy, n'existe guère

LA BROUSSE DES TAVY, Ol SAVOKA

dans la forêt. Ün ne l’y voit que dans les éclaircies accidentelles, les ravins et les bois très clairs, c'est-à-dire dans les seuls endroits où les espèces concurrentes, momentanément détruites ou gênées dans leur croissance par une cause qu el conque, 1 ont laissé se développer. Il résiste au feu grâce à ses longs rhizomes souterrains. Aussi, lorsque les flammes l’ont débarrassé des espèces gênantes, lorsque la forêt a été détruite, on le voit s'emparer rapidement de tous les espaces vacants

Un tavy dans la région Est.

et s'y multiplier avec une telle abondance que peu de plantes peuvent y vivre en même temps que lui.

Ravenala madagascariensis Gmel. — Estégalementraredans la forêt autochtone. Pour fructifier, il est forcé d'amener sa tète jusqu'au faîte de la futaie, et sa croissance est plutôt lente. Ses graines ont besoin de lumière pour germer. Très sensibles à l'action de l’air, qui leur fait perdre rapidement leurs facultés germinatives, elles se conservent, au contraire, presque indéfiniment, et sans germer, dans l'humus, tant que cet humus est placé sous l’ombre épaisse de la futaie. Mais qu un acci-

LA VÉGÉTATION MALGACHE

dent quelconque, la chute d'un arbre, un éboulement ou la destruction de la forêt, viennent détruire cet ombrage, et toutes les graines enfouies dans le sol lèveront à la fois en quantité prodigieuse, même dans les endroits où le Ravenala ne paraissait pas exister. 11 forme ainsi, sur l'emplacement

Un tavy dans la région Est.

des tavy. des peuplements aussi denses, aussi exclusifs que ceux du Xastus capitatus. Le Iiavenala, en outre, fructifie beaucoup plus vite dans les lieux découverts que dans les bois : et ces circonstances diverses en font une des espèces prépondérantes des savoka de 1 Est. Gomme cette plante est monumentale, tous les voyageurs qui ont passé sur la côte Est ont remarqué son abondance et ont décrit une « zone à Ravenala » qui n’est en réalité qu'une zone de forêts détruites.

I, A BROUSSE DES TAVV. 01 SAVOKA

Aframomurn angustifoliurn Sonn. et Dianella ensi folia Red. — Ont beaucoup de points communs aA^ec le Ravenala. Comme cette Musacée, ils sont assez rares dans les bois, et localisés dans les endroits un peu découverts, ravins ou bords des ruisseaux. Leursgraines se comportent de même. En outre, ces deux plantes se propagent abondamment par leurs rhizomes, comme Naslus capitatus. Aussi ces deux espèces sont-elles très

Un tavy sur les concessions forestières de la Compagnie de la Grande Ile, près de Périnet, sur le chemin de fer de Tananarive à Tamatave.

abondantes et très communes dans toute la Formation des tavy.

Haronga maclagascariensis Choisv. — Cet arbuste ou petit arbre, dans les conditions naturelles, est localisé près des marais, qui sont rarement boisés à Madagascar. Il produit d’énormes quantités de graines, et cela dès la troisième année. Sa prédilection pour les lieux découverts, 1 abondance de ses graines et sa rapidité de croissance suffisent amplement à expliquer l’abondance de cette espèce dans le savoka.

Psiadia dodonaeae folia Steetz. — Devait être localisé, avant la destruction des bois, sur les collines arides ou dans les

rocailles. Comme il produit des graines en quantité immense, que sa croissance est très rapide, et que ses graines sont emportées partout par les vents, il s'empare naturellement très vite de tous les espaces libres qu il peut trouver dans sa zone de prédilection, c'est-à-dire entre 300 et 1.400 mètres d'altitude. Il y est souvent remplacé, au bout de quelques années, par Haronga madagascaricnsis et Solanum auricula/um, espèces plus durables.

Tavy. sur les concessions forestières de la Compagnie de la Grande Ile. aux environs de Périnet, sur le chemin de Tananarive à Tamatave. Cette photographie, comme la précédente, montre comment les Compagnies possédant des concessions forestières détruisent les forêts les mieux placées pour être exploitées.

Solanum auriculatum Ait. et Rubus rosaefolius Sm. — Espèces naturalisées, envahissantes au premier chef, qui n'auraient pourtant pas pu trouver place parmi les Formations autochtones, mais auxquelles les tavy ont peimisde se multiplier énormément. Leurs graines sont surtout disséminées par les oiseaux.

Cassia laeoigata Willd. — De même origine, est surtout disséminé par l'homme.

LA BROUSSE DES TAVY, 01 SAVOKA

Psidium Guajava Lèn. — Le goyavier vulgaire, si abondant parfois, s est multiplié dans le savoka grâce à l’homme, aux oiseaux et aux sangliers. Les Ci/rus ont une histoire identique. Les autres espèces des tavy sont toutes des espèces indigènes, très localisées dans les Formations autochtones, mais auxquelles la suppression de la concurrence vitale a permis de se multiplier énormément, après la destruction des bois.

Pleris aquilina Lèn. — Mérite une mention spéciale. Cette

Savoka à dingadinga ( Psiadia dodonaeae folia) à Ambatovola (Est).

plante, pas plus que dans la prairie, ne produit de sores dans la brousse des tavy. bile n'en produit qu'en forêt. Mais ses spores sont emportées par les vents à des distances énormes, et, trouvant, dans le savoka, un terrain qui lui convient, elle s’y multiplie beaucoup, grâce à ses tiges souterraines.

En résumé, la brousse des tavy est constituée entièrement par des espèces d'origines diverses, mais toutes aptes à vivre et à se multiplier dans les endroits découverts. La dénudation, l érosion de l humus, la suppression de la concurrence vitale, le déboisement en un mot, remplissent ici le même rôle que le feu dans la prairie. Ces causes ont sélectionné, c’est-à-dire

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