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CHAPITRE IV

Les Plantes rudérales et des Champs cultivés.

Les lieux en culture permanente et les alentours des villages, non soumis au régime des feux, sont, par suite, bien plus riches en espèces que les prairies et les savoka. La plupart de ces espèces ont été introduites, volontairement ou non, par l'homme ; quelques-unes cependant sont des espèces autochtones qui se sont réfugiées sur ces stations et s’y sont adaptées à des conditions nouvelles. Lorsque le feu cessera son action sur la Prairie, toutes ces espèces l’envahiront et constitueront une flore nouvelle n'ayant presque plus rien de commun avec l’ancienne. Quelques rares espèces introduites pénètrent parmi les formations autochtones non vierges, mais ne s’y maintiendraient sans doute pas si l’homme venait à disparaître de l'île. Moins ubiquistes que les espèces de la Prairie, celles de celte Formation ne sont pas communes à toutes les régions de File ; chacune de ces régions possède en propre quelques espèces.

Les décombres, les alentours des habitations et des villages, les jardins et les champs cultivés, les vieux murs, les haies et les routes constituent un ensemble de localités placé dans des conditions tout autres que les surfaces que couvrent les savoka et la prairie. En effet, en tous ces endroits, les feux de brousse ne font pas sentir leur action, et la végétation autochtone a été détruite depuis longtemps. En d’autres termes, le feu n’y limite plus fatalement le nombre des espèces, et ce stat constitue un terrain très propice pour l'introduction de plantes nouvelles, un espace vide qui ne demande qu’à se peupler.

Aussi cette Formation est-elle la plus riche en espèces de toutes les Formations de la végétation modifiée, malgré sa localisation très restreinte ? La grande ma jorité de ces espèces sont des plantes introduites, volontairement ou involontairement, par l’homme, puis naturalisées. Leur nombre s'accroît même de jour en jour ; et nombreuses sont les acquisitions

LA VÉGÉTATION MALGACHE

que nous avons vues faites ainsi par la flore malgache, depuis les quelque vingt ans que nous essayons de l’étudier. Ces nouvelles recrues sont d'origines très diverses ; elles viennent de tous les points du globe : les unes se sont échappées des cultures et des jardins, et les autres, qui sont, pour la plupart, de mauvaises herbes tropicales, ont été apportées par hasard dans un sac de graines alimentaires, ou dans une balle de foin, ou sur un ballot de marchandises.

Psiadia dodonaeaefolia et rosier, dans une haie, près d'Antsirabe, à 1.500 m. d altitude (Centre). Exemple d'espèce autochtone conservée par les indigènes.

Les autres espèces de la Formation sont des autochtones, qui ont échappé à la destruction complète en se réfugiant sur ces stations. Les différents moyens qu elles ont alors employés pour se plier aux conditions nouvelles sont intéressants à étudier. Les unes, généralement utiles par quelques-uns de leur caractère, ont été directement conservées par 1 homme ; d autres ont envahi les haies, les vieux murs et les talus des routes, comme le font parfois en France les espèces des bois

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