IV. — La forêt des cimes
Cette Formation n’est autre que la forêt orientale, modifiée sur les crêtes stériles par les vents violents de l’Est ou du Sud-Est. Elle est caractérisée par un assez grand nombre d’espèces spéciales, par la disparition de l’étage moyen et par ses arbres tortueux et bas, à ramification dense.
1. V. II. Jumelle et Perrier de la Bàlhie : Quelques Phanérogames parasites de Madagascar (Rev. Gén. Bot. XXIV, 1912, p. 321).
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LA VÉGÉTATION MALGACHE
La Formation précédente, même aux basses altitudes, en approchant des crêtes et des cimes exposées aux vents de l’Est et du Sud-Est, prend soudain des caractères spéciaux. La futaie s abaisse beaucoup et ne dépasse pas 10 à 15 mètres de hauteur. Les arbres ramifiés dès la base ont des troncs tortueux et bas; ils se couvrent davantage d'épiphvtes. L'étage moyen de la végétation disparaît, et le sous-bois s'épaissit ; un grand nombre d’espèces nouvelles se montrent, pendant qued’autres, au contraire, disparaissent. G est cet ensemble que nous appelons la « Forêt des cimes ».
G est au vent parfois violent, toujours humide, et à la stérilité plus grande de ces sommités, que paraissent être dus les caractères principaux de cette Formation, c est-à-dire le raccourcissement de la futaie, la ramification exagérée des arbres, l’épaississement du sous-bois et le grand nombre d'espèces spéciales. Les principales formes de végétation qui la caractérisent sont des Palmiers à stipe court et trapu, des Pandanus à racines adventh’es frêles et espacées, remplaçant si bien le stipe initial qu'il disparaît totalement sur les vieux pieds, des Impatiens arborescents, et surtout des arbres à troncs tortueux et bas. couArerts d'épiphvtes.
En somme, cette Formation n'est autre cjue la Formation précédente, modifiée par l'action exagérée de l'alizé, ce Arent dont l'influence est si grande sur la climatologie de 1 île. En plus de son faciès, ses espèces spéciales la distinguent nettement delà Forêt orientale, et plus encore de la Forêt du Centre avec laquelle elle offre une certaine analogie d'aspect. On observe d'ailleurs, dans la région centrale, une Formation analogue et due aux mêmes causes dont il sera question plus loin.
V. — Faciès de déni dation et régénération de la forêt orientale.
La Forêt orientale n'a jamais été détruite que par les tavv, que les indigènes font de préférence dans les vallées et le long des cours d’eau. Aussi le paysage montre-t-il partout des vallées dénudées ou couvertesde