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CI^OTnuuul J'C'-
Plancha 49/ — Un Capucin exhortant un condamné} tableau de MJ^' Lescot.
[ Hauteur , 3 pieds ; largeur, â pieds 6 pouces.]
Un criminel condamné à mort, et tenant dan$ ses mains un crucifix , reçoit les derniers secours de la religion. La scène se passe dans une prison de Rome. On aperçoit dans le fond , sur le seuil de la porte , une confrérie de pénitenSy qui, selon Tusage, attend le moment du départ pour accompagner le rnndamné au lieu de soVi supplice.
Ce tableau, dont les figures sont encore un peu trop grandes pour ie pinceau spirituel mais peu rendu de M.*^^ Lescot, a néanmoins été remarqué pour la fermeté de ia touche et la. vigueur du coloris. Nous l'avons dit déjà , cette artiste fera bien de se renfermer dans les sujets légers et gracieux; ceux qui réclament un trait austère et prononcé, lui conviennent beaucoup moins. La physionomie du capucin qui exhorte le condamné a peu d'onction ; et le regard du misérable qui va recevoir le châtiment de son crime, au lieu d'annoncer le repentir et la résignation, décèle évidemment la fourberie, l'hypocrisie, l'intention de commettre encore quelque mauvaise action, et de tromper, s'il lui était possible, le religieux même qui l'assiste dans ses derniers inomens. Cq tableau est bien disposé \ mais l'expression en est manquée.
% Salon de 1819. 10
Planche 59.^ -^-^ Le Tasse reçu par deux Cardinaux aux portes de Rome; 4aihàu de M-, Perignon.
[Hanletir, 1 )>îe<I 4 potocëê; iar^ânr, ï pied 10 pouees.]
' Le T«50>e, dès fage dé 0ept ans, svart «ompbse des vers qîii firent entrevoh* s^n ge'nie poëti^iiè ; à dîic-sept àiis, U fit paraître son poème de J?en«ii<^^ qui, maigre iftes imperfections , rappeBe souvent l'imagination féconde de TArroste , et annonçait déjà f e chantre de Godéfroi. Protège par AIph«ik«« duo <!» Ferrare, «t pouir«nt se livrer sans inquiétude à ses inspirations , le Tasse mit an jour ie grand ouvrage qu'il avait entrepris depuis plusieurs années, et {îiJérusahm délivrée vint partager avec le Roland furieux l'admiration de l'Italie. Peu de tempa auparavant , le Tasse avait fait un vojage en France a la suite du cardinal d'Est, et avait reçu à'I& cour l'aceueîl le plus favorable.
Cette époque paraissait devoir assurer le bonheur du Tàssè : elle commença la longue chaîne de se» infortune». Il avait conçu pour Ëleonore, sceur d'Alphéése, une passion à laquelle , dit-on , cette princesse ne fut point insensible. Piu* ordre de l'orgueiiienx duc , que ses verU avaient immortalise', ie Tasse fut enferme dans la mabon des fous, et traité avec une barbarie qui seule aurait Auffi pour aliéner sa raison. Victime de Toppression et d'un amour maiheureu!i , il fut encore attaqué dans sa gloire littéraire : des envieux saisirent le moment de Sf^ disgrâce pour critiquer se» poème, et peu s'en fallut qu'on ne le regardât comme une production médiocre.
Le Tasse parvint à s'échapper de sa prison ; et, dans la
(75) plus afirense détresse ^ il traversa une partie de Fltidie pour se rendre au lieu de sa naissance. II j trouva une sœur dont il reçut quelques secours.
Enfin le sort parut se lasser de persécuter ce grand homme : Clément VIII se chargea d'expier Fes outrages dont l'avaient accablé ses ennemis ; il voulut que le Tasse fut proclamé au Ciq^itolele plus grand des poètes. irVenez^ jv lui écrivait-il affectueusement, honorer la couronne d» » laurier , qui a f usqu'ict honoré ceux qui font portée. « Le Tasse fut reçu à un mHie de Rome par les deux cardinaux Aldobrandini , neveux du pape, et par un grand nombre de prélats et de personnes de toute condition. Le couronnement devait se faire au Capitole ; les deux cardinaux , qui aimaient et admiraient le Tasse , s'étaient chargés de l'appareil de cette solennité : mais l'inflexible destinée refusa au Tasse ce dédommagement de ses maux, et, la veille même du jour fixé pour son couron* nement, le 15 avril 1595, il mourut âgé de cinquante-r un ans.
Ce petit tableau, fort bien composé, d'un coloris et d'un effet vigoureux , est beaucoup plus soigné que ne l'est ordinairement une esquisse ; mais il n'a pas le degré de fini qu'un grand nombre d'amateurs veulent trouver dans les taoleaux de chevalet. L'absence de ce genre de mérite, très-secondaire pour les sujets qui ont de l'intérêt > n'est pas toujours un titre de défaveur. Le tableau de M. Pérignon offre une singularité qui ne déplaît pas aux connaisseurs ; on pourrait le prendre , au premier aspect, pour quelque production ancienne d'une école^ étrangère.
Planche 51,® — L* Aumône; tableau de M, Beranger.
[Hauteur, 3 pieds 3 pouces; largeur, S pieds 10 pouces.]
L'Aumâne, tel est lé tkre donne' par ie peintre à ce joli petit tableau, où Ton Toit une nière de famille suivie de deux de ses enfans, et en tenant un plus jeune entre ses bras. Elle est descendue d'un perron pour assister, un vieillard infirme , qu'accompagnent une jeune fiQe et un petit garçon. Le fond du tableau représente la place d'un village riant et orne de maisons agréables ; on y voit plusieurs habitans qui s'occupent de leurs travaux Cette charmante composition , exécutée avec beaucoup.de soin et de goût, fait d'autant plus d'honneur à l'artiste, que la peinture sur porcelaine lait ^ou occupation la plus hab]^ tuelle. M. Beranger est attaché à la manufact^ire de Sèvres. . . •.; ,
Planche ' 52.* — Œdipe ; paysage historique par M, Remond.
[Hanteur, 5 pieds; ïargénr, 7 pieds.]
Œdipe aveugle, exile'. de son paysj ayant pour guide. Antigonesa fille, diapar hasard vers Athènes, et s'arrêta non loin de Colone, dans un lieu voisin du temple des Eujne'nides. Le moment choisi par le peintre est celui où le vieillard, accable par le malheur , se repose dans le bois sacre ; une troupe d'anciens du pays lui crie d'en sortir , s'il ne veut attirer. sur sa tête la vengeance des filles de la Nuit Antigone les conjure d'y laisser reposer son père. Qildipe, entendant ces paroles, se. met sous la protection de ces noires divinités. Ce sujet est tire de là tragédie de Sophocle.
Lorsque nous posse'dons tant de paysagistes,, soit peintres , soit dessinateurs , qui savent disposer avec art des sites agi'e'ables et varies, créer des effets piquans, et reunir dans leurs compositions des figures d'un bon style et des -monumens d'un goût pittoresque , comment se fait-il que nous ne voyions que de loin à loin paraître quelque bon tableau de paysage? serait-ce parce que les artistes, moins Jaloux de donner de la solidité à leurs productions que d'y repaadre a peu de frais un certain éclat, ne prennent . ni le soin ni le temps de bien, rendre les de'tails qui donnent du prix et de l'agrément à l'ensemble, et dont la vérité' est le principal attrait? Oui sans doute, c'est l'e'tude qui manque aux paysagistes; et, selon toute apparence, notre école ne pourra de long-temps donner des rivaux, nous ne. disons pas aux Poussin, aux Claude le
(7«) Lomdiiy aux Carraches , aux Sairator Rôsa, maïs sevlUh mentaux Rujsdaei , aux Wynants , aux Cuyp , aux Rare! Dujardm et autres, dont les ouvrages se font remarquer par l'imitation naïve de la nature. '
Le faire de nos paysagistes est trop superficiel; îis semblent croire que le fonds dVtude qu'ils ont acquis dans leur jeunesse doit suffire, pour Pavenir, à toutes leurs inspirations : mais ce fonds est bientôt épuise, s'ils n'ont soin de l'entretenir et de le renouveler sans cesse* Aussi, après avoir adopte ce qu'ils appellent un style ^ une manière, ils ne sortent plus des limites e'troites qu'ils 5e sont prescrites , ne travaillent guère que de réminis^ cence;* et comme ils ne font que repéter dans toutes leurs productions les idées, les formes et le genre d'effets qu'ils ont affectionnés, l'expression s'en affaiblit de plus en plus et finit par s'éloigner tout-à-fait du naturel.
M. Rémond , jusqu'à ce jour , est à l'abri d'un semblable reproche, et son début , d'un très4ieureux augure ^ est Fun des plus brillans que nous ayons depuis long-temps remarqués. Si le goût qu'il montre pour les études solides ne se dément pas, il pourra se flatter d'avoir contribué à ramener dans notre école l'art du paysagiste à ses verttables principes. Son tableau, dont un simple trait peut indiquer les lignes principales, mais non le caractère de l'exécution , se distingue éminemment par la vigueur du ton et des masses ; la touche en est franche , large et nourrie, fière sur les devants, suave et vaporeuse dans les lointains, et les détails sont d'un pinceau vrai et magistral; l'arbre du milieu sur- tout est parfaitement étudié et rendu : cependant le caractère et la forme n'en sont pas tout -À- fait assez historiques pour les figures. Si M: Rémond eut pris son sujet hors de l'antiquité , il y
{ 7») aiunût eu fiuÈ <Fftccord entre le principal et les accessoires. Toutefois, il est bon d'observer que les figures ne sont pas ici Fobjet principal , et que , si ce tableau eut ete' présente avec des figures quelconques, ou même absolument sans figures, il n'aurait pas ete moins remarque'. Cest ce même sujet d'Œdipe qui a engage' le peintre à placer entré les arbres adroite le temple desEume'nides ; il j paraît écrase, lourd, monotone, et ne fait qu'obs.-^ truer cette partie du tableau, où l'air ne circule point assez.
La société des Amis des arts a fait l'acqilisitioQ de cet. ejEcelIent tableau , qui ne pouvait manquer d'excitor. FattentioQ des amateurs éclairés dont cette société se compose.
. Planche 53.* — Henri IV. et Sully; tableau de M, Duperreux.
[Hauteur, 5 pieds 10 pouces; largeur, 8 pieds 6 pouces.]
; Depuis quelque temps Henri IV faisait un accueil froid à Suliy , parTefTet des dénonciations qui lui avaient e'te' faites contre ce ministre. A Fontainebleau , où ia cour était alors , le Roi , avant de partir pour ia chasse , le fit appeler-, ie conduisit dans une des alfe'es du jardin, et, lui ouvrant son cœur, fit cesser la reserve qui régnait entre eux. « Je voulais embrasser ses genoux, dit SuUj y* dans ses Mémoires; mais cet excellent prince ne -le n souffrit pas, afin que ceux qui auraient vu de loin cette « posture , ne pussent pas croire que j'y avais eu recours n pour obtenir le pardon'd'un crime réei. «
M. Duperreux joint au talent > d'exécuter avec goût d'agréables tableaux, pour lesquels il n'épargne ni soins ni études , celui de choisir les sites les plus intéressans, et de les orner d'épisodes destinés à rappeler les .plus nobles souvenirs. On pourrait dire que M. Duperreux est un peintre national; et pour prouver que ce titre lui est bien acquis , il suffirait d'exposer la liste nombreuse des tableaux qu'il a soumis au public depuis qu'il s'est consacré à la peinture : il n'y en a pas un seul dont le sujet ne se recommande par quelque trait de magnanimité ou d'héroïsme , de fidélité , de dévouement ou de vertu chevaleresque. La réunion de ces divers tableaux formerait une galerie de monumens et de lieux célèbres , dont l'histoire se lie naturellement à celle de la monarchie française.
(81> Celui dont nous donnons ici la gravure oflire une vue très-fîdèle du château de Fontainebleau, du câte' des jardins ^ et le lieu même où se passa la scène qui y est représentée. La perspective des bâtimens est bien rendue. Pour faire mieux ressortir les devants du tableau , l'artiste a cru devoir atte'nuer le ton des plans éloignes ; mais la vapeur blanchâtre qu'il y a répandue en affaiblit l'efFet «t ie relief. Si M. Duperrcux eut e'tudie son point de vue à i'aide de la chambre obscure , ou s'il eut consulté seur {«nent quelques tableaux de Vander Heyden , ou autres peintres de ce genre, il se serait assuré que les ^lans inéme les plus éloignés peuvent sans inconvénient être frappés de la lumière la plus franche et la plus vive. Son tableau de Henri IV et Sully, considéré sous le rapport de PefTet et du coloris , semble se composer de deux pa]> ties distinctes et qui n'ont entre elles que fort peu de liaison , les devants et les lointains. C'est à peu près tout ce qu'on trouve à reprendre dans ce morceau, l'un des meilleurs de tous ceux qui ont été commandés pour la nouveDe galerie de Diane.
% Salon d9 181 9. U
Planche 64.^ -^Pat/sage éclairé par le soleil dii matin; par M. Bertin.
' [ Hauteur , 5 pieds 10 pouces ; largeuf , 8 pieds 6 poncés. ]
* L'examen de ce tableau semble confirmer robservatioa que nous avons déjà pre'sentee sur la nécessite où sont les paysagistes qui veulent fortifier ou seufeiftenl conserver leur talent, d'augmenter sans relâche le fonds .^'efude qui fi^it^Ieur principale richesse. Ce paysage , qui ne mérite que des éloges sous le rapport <ie la composition , de la disposition des masses et de; ia forme élevante des arbres , laisse beaucoup à désirer pour le coioris et la yérité des détails. Ces détails sont pourtant xFun bon style, mais le ton en est faible; et l'artiste, en cherchant la finesse et la légèreté du pindeau, tombe .-dans la maigreur et dans la^ i^écheresse.
: ' Les figures dont ce paysage estorné rappellent un trait de notre histoire. Chérébert, un des fils de Cfotaire, s'étant égaré à la chasse, s'arrêta près d'une fontaine; Théodegilde, fille d'un pauvre chévrier , s'approcha pour puiser de l'eau : le prince lève les yeux sur cette jeune bergère ; quelqu'obscure que fut sa naissance , en la voyant si belle, il la crut digne d'être reine, et il l'épousa. Ce tableau a été peint pour la même galerie que le précédent.
Planche 55.« — Vue d'un Jardin à Sèvres; par . M. Carie Vernet.
[Haotenr, 3 pieds ; largeur, 9 pieds 6 pouces.]
L'artiste a fait de ce joli paysage un très -agréable tableau de, famille. Il a peint sur le devant M. Horace Vernet , son fils, le fusil sous le bras , suivi de trois chiens, et dans le lointain sa bru et son enfant; il s'est représenté lui-même , la palette en main, se montrant à la porte d'uit cabinet où Pon arrive par un pont de bois. Tous ces portraits sont fort ressemblans.
• M. Garle Vernet, dont le talent se ..plie avec une extrême facilité à toute sorte de genres , n'avait pas besoin de ce dernier ouvrage pour soutenir une réputation depuis long-temps acquise ; il compose et dessine les sujets de figures et d'animaux avec une rare facilité : mais, l'habitude de faire des dessins légèrement coloriés a du nécessairement influer sur sa manière de peindre à l'huile , et l'on ne peut se dissimuler que la plupart de ses tableaux sont faibles de coloris; vus à une certaine distance, ils n'ont guère plus de vigueur que des dessins à l'aquarelle;, et s'ils en ont la transparence et la légèreté , ils en ont aussi la pâleur et quelquefois la sécheresse.
Planche i&^.T-'Frànçois I,^ à Vaucïme ; paysage de . jl/. Bourgeois.
[Hanteiir, ^ pieds 10 pouces ; largeur, 8 pieds 6 pouces.]
: François I/', trace sur le tombeau de Laure des^vers qu^il dompps^ ppur çlle.
Vaucluse est. trop connue pour que M^ Bourgeois ait jpu se hasarder à en donner un aspect qui ne fut pas fxact sur tous les points ; cependant, d'après la disposition des rochers qui forment dans le fond une espèce de rIae!Hi et semblent écraser les plans anteVieurs, on est tente' de croire <|ue^ pour donner de la majeste'àsa composition, Taitistç en a un peu exf^ere les masses. On j voit un brouillard qui s'élève en forme de nuage du sein des montagnes, dont la cime entr'ouverte sert de passage aux rayons du sôIeiL Cette intention est. pittoresque; mais il n'y a que la force et la vérité du ton local qui puissent la bien faire sentir et lui donner de la valeur. M. Bourgeois, habile dessinateur de paysage, s'est fort peu occupe du coloris , et le crayon lui est beaucoup plus familier que le pinceau. Ses teintes , dans les fonds ^ manquent de solidité ; les détails des premiers plans laissent à désirer plus de chaleur et de naturel \ l'effet gênerai, plus d'harmonie.
Jûiffi^ ds^ iJbj 7hm£ //
Planche 61.^^^ Paysage représentant un sue sauvage; par M, Régnier.
[Hauteur, 4 pieds; largeur, 3 pieds.]
Un ciel orageux , une forte opposition de lumières rives et de masses rembrunies , avaient fait remarquer ie pre*mier tableau de M. Régnier, au salon de 1817. Encou« rage par le succès de son deliut, ii a répète les mêmes formes et les mêmes effets dans ses derniers paysages. C'est presque toujours un gros nuage gi^is de fer, une vieille tour dont le sommet est frappé dHin rayon de soleil, des roches entremêlées d'herbes et de broussailles. Cette constante répétition des elémens d'une composition sauvage serait tolérée, si tous ces objets étaient 9sset fortement rendus pour caractériser une manière bien décidée : mais M. Régnier n'est pas dans ce cas; le ta^ bleau que nous venons de citer, assez important danssoa ensemble, manquait de v^ité dans les détails. Quoiqu'3 eut montré plus de verve que d'étude , on pouvait présumer que oe jeune artiste acquerrait par le travail un goût d'exécution solide. Non-seulement ii n'a point encore réalisé cette espérance, mais les tableaux qu'il a offerts au salpn de .1819 ne sont guère que des réminiscences un peu négligées de l'ouvrage qui a commencé sa réputation.
planche 58.^ Paysage romantique ; par M. Watelet. .
[Haatëur, 8 pieds 4 ponces; largeur, 11 pieds 4 pouces.]
Ce tableau , que Fartîste annonce comme étant composé d'après des études faites dans les Vosges, près de Saînte-Marie-aux-Mlnes , n'offre paà la vue exacte d'un site . connu, mais, selon toute apparence, le rapprochement idéal' de divers objets, tels que dés arbres, des eaux, des rochers, imités avec choix et pris isolément. Présenté dans un cadre qui excède de beaucoup la mesure ordinure d'un paysage , celui-ci a tiré peu d'avantage de la granr deur de ses dimensions. Dans ce dernier cas , les objets sont nécessairement ou d'une plus grande proportion ou plus multipliés ; ce qui est peu favorable au premier aspect des compositions de ce genre : un paysage d'une proportion moyenne , et peu chargé , est presque toujours d'un meilleur effet, et plaît générdement davantage aux amateurs qui forment des collections. Celui-ci, l'un des meilleurs de l'exposition actuelle,, se fait remarquer jMir une grande fraîcheur de coloris et de pinceau ; mais il laisse à désirer un feuille plus nourri , une touché plus MerveusC; des eaux plus vraies et plus transparentes. ;
• Pianehe 59.* — Une Cascade $ par M. Watdet. . [Hauteur, â pieds 5 pouces; largeur, 3 pieds 4 pouces.]
Ce morceau, de ia même main que le précèdent, mais d'une proportion beaucoup moins considérable /est compose de diverses études faites en Itidie. Le site en est Tarie', pittoresque ; les arbres sont bien dessines, groupes avec goût, et les fabriques d'un bon styie : l'air circule dans ce paysage, et tousies plans en sont bien dégrades. M. Watelet tient depuis long-temps un rang très-distingué parmi nos paysagistes : le tableau qu'il a fourni , il y a quelques anne'es, à' la galerie du Luxembourg, me'rite toute sorte d'eioges, et, dans son genre, est une des plus béliès productions' de l'école moderne.
Le tiibleau de la «ascade appartient à S. A. S. Mjp le Duc d'Orléans.
Planche 60.' — Vue du ckdteau de Saint-'Cloud ; pat M, Robert.
[Hauteur, 1 pied ; largeur, 1 pied 4 ponces.]
' Ce point de vue , pris des hauteurs de Sèvres , d'où Ton découvre au loiû le paro, le château et le pont de Saint* Cloud , les nombreuses sinuosités delà Seine , et la mon* fagne duCalyaîrc qui domine f horizon , se trouve reproduit dans on trè»*pétit cadre , et se recommande spécialement par la vente' du ton et de ia perspective; Teffet en estfràoc et vigoureux; la touche a de la finesse , de la précision , et rappelie sous plus d'un rapport le goût de fecoie hollandaise.
M. Robert, employé à la manufacture rojale de Sèvres ^ où il a exécute une grande quantité de divers morceaux pour {'ornement des vases les plus précieux, trouve encore des momens de loisir pour se livrer à ia peinture à f huile. Le style de ses paysages est fort simple et ne s'élève pas au - dessus d'une imitation exacte ; mais , quand on prend la nature pour guide , du moins on ne risque pas de s'égarer.
Cet article est le dernier de ceux qui sont destinés à l'examen des tableaux : les douze suîvans sont réservés pour les productions de la sculpture. Nous ne faisons graver que celles qui ont reçu leur exécution en marbre ou autre matière précieuse , ne considérant que comme des esquisses ou des ouvrages non terminés les modèles en plâtre , quelque bien exécutés et quelque nombreux qu'ils puissent être.
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