‹ Annales du musée et de l'école moderne des beaux-artsChapitre 2 sur 25 · Salon de · texte numérisé non relu

Salon de

-Plaaclie 5.^ — Ahailardet Héloïse; tahleatix de M, Hobert-Lefévre.

[ Hauteur , 6 pieds ; largeur , 4 pieds. ]

Les amours et les infortunes d'He'Ioïse et d'Abailard offriront toujours aux âmes sensibles un. intérêt tendre «t douloureux; aux artistes doue's d'une imagination viyp, ie sujet' d'une peinture noble et touchante.

Au lieu de cboisir un moment où il eut pu les représenter dans un même cadre, M. Robert-LefeVre a compose deux tableaux , où les deux amans se trouvent places comme en regard. Hëloïse, seule dans sa celiuie, les yeux remplis de larmes et élevés vers le ciel, tient dans ses mains une lettre de son époux : l'expression de ses traits offre un mélange de pie'te', de douleur et d'amour. Abaiiard est beaucoup moins resigne ; peut-être ne le paraîtil point assez, et semble-t-il regretter avec t trop d'amertume ia séparation que lui impose la voix austère de la religion. Ces deux morceaux, pet nts largement , et d'uti coloris fort et harmonieux, ne peuvent qu'ajouter à la réputation d'un artiste qui.doit principalement ses succès au genre du portrait, .dans lequel il a trouve'. peu de concurrens. M. Robert-Lèfévre à expose au salon.de cette - année plusieurs ouvrages de ce genre; entre autres, le portrait de' Sa. Majesté' Louis XVIII assis; les portraits en pied de M. le marquis de l'Escure, ge'neral en chef des Vendéens en 1793, tableau commande, par le ministère de la maison du Roi ; de M.ni<= la comtesse d'Osmond , et de M. de Sommariva, chef d'escadron dans la garde royale.

Planche 6.*^ — Philippe- Auguste avant la bataille de Bouvincs en 1214 , tableau de M. Blondel.

[ Hauteur, 4 pieds 6 pouces ; largeur, 5 pieds 6 pouces.,]

Le roi Philippe, craignant qu'il n'y eût dans son armée quelques seigneurs peu affectionnes à son service, fit placer sur un autel , sur lequel on venait de cele'brer la messe , son sceptre et sa couronne d'or ; ensuite, haussant la voix et élevant la main droite , il sVcrîa : u Seigneurs r français, et vous tous, généreux soldats,. qui êtes près » d'exposer votre vie pour la défense de cette couroone, » si vous jugez qu'il y ait quelqu'un parmi, vous qui fa » me'rite mieux que moi, j'y renonce volontiers, pourva » que vous vous disposiez à la conserver entière, et à ne 9 pas la laisser de'membrer par ces excommunies.^ Toute farme'e , vivement toucbe'e . de ces généreuses parofes , poussa ces exclamations : u Vive et règne éternellement » Philippe! Vive le Roi. Auguste! Que sa couronne fui n demeure à jamais î n

M. Blondef a saisi le style anime, brillant et chevaleresque , qui convenait à son sujet. Ce style consiste nour seulement dans fe choix des attitudes, dansfe mouvement des groupes et dans la vivacité des caractères, mais encore dans le jeu des lumières et des ombres , et dans l'op- ^ position piquante des teintes chaudes et fortes et des tons suaves et légers. A ces quahtes très -remarquables l'artiste a joint la correction du dessin , fa finesse de l'expression y et sur-tout la grâce et la facilite du pinceau.

Ce tableau a ete commande par S. A. S. M.s^ \e Duc: d'Orléans* *

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Planche 7.* et 8/ — Le Tasse couronné} tableau de M, Menjaud.

[Hauteur y 4 pieds â ponces ; largetir , 3 pieds 4 ponces. ]

Le Tasse mourut à Rome, dans le couvent de Saint- Onuphre, pendant que Ton faisait au Capitule les préparatifs de son couronnement. Le Pape Pavait accueilli, peu de jours avant , avec la plus grande distinction , et lui avait adresse ces paroles mémorables, en lui annonçant son triomphe : u Vous honorerez ce laurier, qui, n jusqu'à pre'sent, a honore ceux qui Tout reçu.^ Vivement affecte' de la perte de ce gpand poète, il chargea le cardinal Cinthio de lui porter sur son lit funèbre la couronne qu'il devait recevoir au Capitole.

Ce morceau, digne d'être place au premier rang parmi les tableaux de chevalet dans le moyen style, est un de ceux qui jusqu'ici ont fait le plus d'honneur à M. Menjaud. Des sentimens profonds , pathétiques , et toujours» exprimes noblement, font le principal mérite de ses compo^ sitions , et se retrouvent dans celle du "liasse couronné, La figure du Tasse, cefles du cardinal Cinthio et des assistans , et cette longue file de religieux qui complètent le cortège, sont traitées avec une rare délicatesse de goût. Les têtes sur-tout ont ce caractère d'onction et de douceur qui convient aux scènes religieuses : le coloris en est vrai , la touche fine , l'effet plein de vigueur et d'harmonie.

La socie'te' des Amis des arts avait fait, Pann^e dernière , Pacquisition de cet excellent tableau ; il est échu , par la voie du sort, à M. le baron de Ii^ Bouilterie,

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Plànehe 9/— François I.^ reçu chevmliéti tableau de ^ M. Prûgottard*

[ Hàutear, t^fUêdé ; iàrgètir , 16 pieilO

Au moment d'être i*eçu ch^vfdièr par BàfArif François I.**' jure sur f Evangile de set^ir Dièu^ FhpnAeur et les daines. Les bannières de ses gi^ncirauif entourent Faute!. .

f Ce tableau est une des premières productions en peinture d'un artiste qui , dès sa jeunesse.^ a fait préuVe d'une étonnante faôilite. M. FragoUard a cotejpiosé une multitude de dessins de toute espèce , depuis led croquis leé plus légers jusqu'aux morceaux les plus fiilis i il s'est métne assez sérieusement occupé de la sculpture ; c'est lui qui a modelé le fronton qui couronne le portique de la Chambre des Députés. Heureux s'il eu^ appliqué à un seul art les moyens' précieux qu'il a trop disséminés 1 • Le tableau de François L"" reçu chevaiierpar Busard it'est guère que la copie délayée, si l'on peut fe^'exprimer ainsi ^ d'une esquisse touchée avec esprit^ mais trop peu soignée; ou. plutôt ce serait cette même e^uisâe vue aU microscope : mêmes négligences ^ mâipes incorrections ; tout y semble fait de pratique, et sans le secours de la nature. La figure principale manque de dignité, et n'offre pas les tr^ts si bien connus du restaurateur des lettres et des arts. On se demande où est la jambe droite du page qui est à genoux sur le premier plan , et pourquoi la figure du guerrier qui tient une bannière dans le coin à droite^ est si désagréablement coupée par la bordure.

Plandiie IC* — Henri IV avec Sully et Gabrielle; tableau de M. Fragpnard.

[Hanteiir , 10 pieds ; largeur, 7 pieds 6 fonces.]

Henri IV, indigne de ce que Gabriélle a traite Sully de valet , liii dit qu'il trouvera plutôt dix maîtresises comme elïe, qu'un serviteur comme lui. GabrieUe, anéantie par ce reproche , est près de s'eVanouir.

On remarque dans ce tableau les mêmes défauts que dans celui qui fait le sujet de l'article pre'cédent; néanmoins on reconnaît dans le dernier un effet plus tranquille, et assez harmonieux pour rappeler, sous plus d'un rapport, la manière de Van-Dyck. Si la tête de Henri IV était ressemblante , s'il y avait plus de dignité dans les traits de Sully, et. que la figure de Gabriélle fut d'un dessin un peu plus élégant, cemorCeau sortirait eminem*> . mcQt de la ligné ordinaire, et mériterait une distinction tfès-flatteuse. Au surplus , les tableaux dont un mot, une repartie, font tout ie sujet , sont en gênerai assez insignifians, ou au moins très-equivoques : on ne peint pat les paroles; il faut dans un tableau action et mouve-* ment , ou repos et silence.

Sa^'de^ jjj^ . Thme/ JT.

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