C- Nûrmand/ sc
Jidffn/ â^jâ^ r Iffme^JT
l^nefwu jmuû'^
C^ormgnd/ »f<y-
«Planche 11.* — Christophe Colamlf tahkûu.dê M» Vigneron.
[Hanleur» 5 pieds; largeur, 4 pieds.]
Christopbe Colomb, desservi par ses envieux auprèà de Ferdinand et dlsabelle , avait été ramené en Espagno les fers aux pieds et aux mains : il fut , pendant quatre ans , privé de sa liberté; mais enfin il parvint à se justifier , et reçut Pordre d'entreprendre son troisième vojage dans le nouveau monde. L'artiste a représenté Christophe Colomb au moment où, prenant congé du Roi et de la Reine, ri leur montre la marque des fers dont il avait été chargé injustement.
■ Ce tableau, que nous présumons être le premier qu'ait exposé M. Vigneron , est sagement composé, d'un ooloris vrai et solide, et d'un pinceaii soigné, qui sans doute acquerra dans la suite un peu plus de légèreté. Le corps de Ferdinand parait mince et guindé; les deux autres figures sont plus heureusement posées et d'un dessin plus correct. Les têtes ont le caractère convenable. Le fond est d'un ton lourd, et il est surchargé d'accessoires inutiles qui blessent la vue.
Planche H^-^Ingelburge', Reine de France / adoptant les Enfans d'Agnès de Méranie; tableau de M. '"'Soplde Lemire.
[Hauteur, i pieds 4 pouces; Iarfi;eur, 3 pieds 3 poudes.]
PbiJippc» Auguste répudia Ingelbm^.e. paur epouseï? Agnès de Mérûiie, dont il eut un fib «t.uii^ fille. JUe pfipa Iii«oe«nt m 'a^tDt oblige Philippe m reprendre é^- prélat^ ^ouse , ee prinee rappela Ingelbiirge , 9pvè$ avoÎF âo^ne Agnès y qm en mounit de douleur. Cet^e princesse infortunée, se voyant près de sa fin , en¥oy<^ ^ ]R.oi^ par ia «omtesse des Barres, soa tablettes, s«r lesquelles elle avait trace' ce peu de mots : « Philippe , ^ouviens-toi ff ée nos enfans. « IngeHiurge avait râgu de$ mains de son è'po«x les tablettes d'Agnès : touchée de la 6 n malheu* reûse de cette prfaicesse , et de sa prière pour ses epM^ans^ nUe se lés fit amener, les adopta, et les traita dès-lori$ éoimne les siens propres.
Celte noble et touchante aetion de ia len»<»e de Phiiippé'ÀHguste estreprésentée avec la grâce > Ja simplicité et ladouoaur qm convîenaant an sujet, et q^'un pinceau plu$ ferme et plus assuré n'aurait peiit-étre pias aussi bien rendues. Le sentiment qui anime cette agréable composition , fait excuser aisément de légères incorrections de dessin. Quoique le coloris n"*en Toit ni très-fort ni trèsvarié, l'œil s'y repose avec satisfaction ; et ce joli tableau est un de ceux dont l'expression fait le principal mérite , ce qui ne se rencontre pas toujours dans les ouvrages des artistes même les plus accoutumés aux éloges du public.
M l ^iWU-*-»,^ m
Googi
PIft&che 13k® et 14.^ -^ Le Tasse couronnés talteau 4e y M. DuciSi
[Hauteur, 4 pieds; largeur, S pieds.]
On a pu croire que M. Ducîs^et M. Meit|im<I avaient |icînt en concurrence le couronnement du Tasse : left deux tableaux ont les mêmes proportions ^ et se sont trouve's presque en regard à l'exposition (1).
La disposition du tableau de M. Ducis, ou Ton trouve ^ Bûus certains rapports, plus d'abondance^ des groupes plus serre's , plus animes, et cette espèce de luxe qui distingue les scènes d'apparat ^ mais qui n'est pas toujours lîxempte de confusion, a pu plaire à une certaine classe d'amateurs; mais, sans vouloir établir ici aucune comparaison entre deux artistes estimables, nous ne pouvons nous dissimuler qu'on eut preTe'rc généralement une ordonnance plus simple , conçue avec cette sévérité qui n'exclut ni le goût ni l'elégance , et dont les massés bièà nettes , bien distinctes, eussent imprime à la corhpositioù le caractère triste et silencieux que ireclamàit la gravité du sujet. Au surplus, quel que soit le mérite respectif defe deux ouvrages pour \é mouvement de la scène , c'est seu-* lement sous le rapport de l'exécution que nous àHons jeter un coup-d'œil sur le tableau de M. Ducîs;
Ce grand candélabre, chargé de couronnes et d'écUs-» sons , qui est placé en avant au milieu du tableau , le coupe d'une manière d'autant plus désagréable, qu'il le divise en deux portions ^ales, et ne cesse d'offusquer
(1) Voyez la pi. 7.^ et 8.<^ de ce volume , pag. iO. 2. Salon de 1819. 4
(26.) la vue. De plus , Je peintre a représente le couronnement du Tasse à la lueur des flambeaux, lorsque rien ne Tobligeait a en faire une scène nocturne. Ce genre d'effet , dont le résultat est la monotonie des teintes lumineuses , contribue à répandre également sur tous les. objets une nuance jaunâtre ou rougeatre, dont la cause n'est pas même. ici bien déterminée; car, si fon n'entreyojait pas dans un coin du tableau le disque de la lune, on pourrait croire que la lumière qui frappe les figures, provient d'une atmosphère échauffée par les rayons du soleil, et non de la lueur des cierges : ils sont en trop petite quantité' pour éclairer un aussi grand espace.
Quant à l'étude des têtes et des mains , a l'exécution des draperies et des autres détails, c'est, il faut l'avouer jja partie la plus incomplète de ce tableau , dont les dimensions peu étendues exigeaient une touche vive et légère^ ou du moins plus soignée, et sur-tout .un dessin correct : mais, là, tout semble fait de pratique ou d'après de faibles croquis. Enfin l'on ne peut considérer l'ouvrage ,, tel qu'il, est sorti des mains de l'artiste, que comme Pesquisse d'un morceau de grande proportion , ou l'ebauche très-avancee d'un tableau de chevalet. Si M. Ducis Veut justifier. les^ espérances qu'ont.donnees ses premiers essais, JI n'a pas^ de temps à perdre pour revenir aux principes d'un goiiit. plus pur et plus sérère, et, avant tout, à l'imitation vraie, de la nature.
Pi. zS
J)ueù' ^inoD'^
CJformand' j'ty-
Planche 15.* — Van-Dyck ; tableau de M, Duciff. pHautear, 2 pieds 6 pouces; largeur» â pieds.]
On raconte que, peu de temps après avoir quitteTe'coIe^ de Rùbens , Van-Djck , passant à Savelthem , petif bourg pries de Bruxelles , se laissa prendre aux charmes d'utï'e jeune fille , et céda au désir qu'elle hii témoigna dWoir un tableau de sa main pour Faute! de la paroisse. Van-Dyck peignit un S. Martin partageant son manteau avec un pauvre : il se représenta lui-même sous les traits du saint ^ et monte sur le cheval dont Rubens lui avait fait présent. Van-Djck consulte fa jeune fille qu*il aime, sur le sujet qu'il vient d'e'baucher.
Ce petit tableau , d'un faire très - agréable , est du genre gracieux et léger , qui paraît mieux convenir* au pinceau de M. Doicis que le style religieux et sévère; ce-' pendant le coIorîs"en est im peu blanc et r6se/et laisse^ à désirer plus de viguieur et de solidité'. Quoique Van-" Dyck fût très -jeune lorsqu'il peignit son tableau de S. Martin y sa physionomie devait être assez deVelbppee pour avoir quelque rapport avec les portraits quf sont restes de ce peintre célèbre. Si M.Ducis en eut consulté quelques-uns, les traits de son principal personnage auraient plus de caractère ^^ et la composition offrirait plus d'intérêt.
Ce pli tableau a été acquis par fa socie'té des Amis des^ arts y et désigné pour le sujet de la gravure que cette: société fait exécuter chaque année..
Plancbe 16.^''^, Senties funèbre du Poussins tableau de M. Bergeret.
[Hauteur, 3 pieds; largeur, 4 pieds.]
he Poussin mourut à Rome le 19 novembre 1665, 4g^' d^ soixante-onze ans. Ses obsèques se firent, le lendemain I 4ws régiise de Saint * Laurent in Lucina , sa paroisse | où son corps fut porte : tous ies peintres de FacadenuQ de Saint-Luc et les amateurs des beaux^rts j assistèrent, teoKoignant par Içur douleur le regret que leur cai^sait la perte d'un aussi grand artiste.
La composition de ce tableau est ordonnée avec aqtant de décence que de gbut, et les divers personnages ont cet(e vérité d'expression qui convient au sujet. On re* iparqae, parmi les assistans, le cardinal Massimi, La. Gaspre, bea^-fr^re cju Poussin, sa belle -sœur, Tabbe Nicaise, l'Algarde.et plusieurs de sts amis. Mais ce morceau laissç beaucoup à désirer pour {'exécution ; le coloris m^que de transparence et de fiqesse, et {e pinceau est Tin peu sec et dur : cependant le dessin est assez correct et r^flfet gàaéral ass^z bien entendu pour que le tableau piiiss^ 4^^.|e. sujet 4'qiie ^Qjpiie e^tn^pe.
JûÂflL ^ J^ -Zmt^ E.
/te. C^^ .Etrim. vât^J^
(20) '.. ■ .... I M w tu r . -' «r'. ' I l'.'j ^T n I y :
Planche ly."" et 18."^ — Inès de Castro; tableau de M. le Comte de Forbin.
[ Hauteur, 4 pieds S ponces ; iargenr j 5 pieds 6 pouces.]
Inès de Castro, issue d'ime illustre maison de CastiHe» {oignait à un ei^prit distingue la beauté et une graee enchanteresse. C'est à ces ayantages qu'elle dut sa cel^hrité et ses malheurs. Unie par un mariage secret à dojn Pèdre , prince de Portiig<d , e)Ie s'attira ia haine de son beau* père, dont cette union trompait les vues ambitieuses, et fut massacrée par ses ordres , oiu du moins ayee son consentemeift. Dès ce moment, dom Pèdre consery^ au fond de spn cœur la plus ardente soif de vengeance, Alphonse mourut en 1556, et son fils monta sur le trdne* Le premier soin du nouveau roi fut d'atteindre le» bourreaux d'Inès : ces misérables périrent dans les plus cruels tourmens, Dom Pèdre sWoiipa ensuite de faire rendre aux mânes d'Inès des hommages dignes d'aile : il fit assembler les états du roj^aume, j ((éclara soa nuiriage en préseQce du nonce , présenta les enfuis qu'il avait eus dlnès, et les fit reconnaître habiles à succéder à la couronne; puis, après avoir fait exbun^ le corps de cette princesse infortunée^ il lui ceignit le front d'uq di»^ dème, et voulut qu'on rendit les honneurs souverains à ses restas insensibles. Tous les corps et les grands de l'Etat la saluèrent reine. Les bienfaits de son époux se répan* dirent sur tous ceux qui l'avaient servie. Deux superbes mausolées en marbre blanc s'élevèrent , par les ordres de dom Pèdre, dans le monastère royal d'Alcobaça; Tun destiné à loès , l'autre réservé pour lui-même.
(30) On acni généralement , en voyant ce tableau au saléft» de 1819, que c'e'tait le même que M. le comte de Forbin avait expose H y a quelques années ; mais c'est un seconcT tableau, et celui-ci est une imitation libre du premier. En ies comparant l'un et l'autre , on remarque plusieurs changemens notables dans ies détails de l'architecture, ainsi que dans les personnages qui concourent à cette' scène éminemment tragique , que M. de Forbin n'a pourtant voulu présenter ici que conmie l'accessoire de son tabieati. Mais si Fartiste a prétendu n'offirir qu'une vue intérieure du cloître de l'abbaye d'AIcobaça, et que ce soit le principal objet de sa composition , la manière dont il a groupé et dessine' fes figures , en relève singulièrement !e mérite , excite Tinterét, et soutient Fattention du spectateur. Si M. de Forbin n'a pas eu kt prétention de faire un tableau d'histoire en rappelant les derniers honneurs rendus à Ja belle et infortunée reine de Portugal , qu(Hque le trait soit historique, il a du moins produit un tableau de genre du premier ordre. En effet, sous le rapport du coloris et de Fintelligence du clair-obscur, cet excellent ouvrage a obtenu les éloges des gens du monde les moins sensibles aux beautés de Part„ et des artistes même les plus faciles à se prévenir contre ies productions d'un emule digne de se mesurer avec eux , mais qui se veut prendre modestem^it que le titre d'amateur.
Jo^ dt^i&p lûme/ #•
Jfeyautl ffvu>