Entrée de Garibaldi à Naples
— Le général de La Moricière était prêt à réprimer toute tentative d'émeute à l'intérieur, et à repousser Garibaldi, s'il tentait d'envahir par le sud les États de l'Église ; mais les préparatifs mi* litaires qui se faisaient à Turin lui donnaient des inquiétudes. M** de Mérode demanda à cet égard des explications à l'ambassadeur de France, qui envoya la dépêche suivante au commandant de l'armée pontificale : « Je dois vous informer, par ordre de l'em- « pereur, que les Piémontais n'entreront pas dans l'État romain^ c et que 20,000 Français se disposent à en occuper les différentes « places. Prenez en conséquence vos dispositions contre Garl- « baldi. »
8. — Le comte Délia Minerva part de Turin pour porter à Rome un ultimatum auquel on doit répondre dans les vingt-quatre
septembre.] OMIMATUH ENVOYÉ A BOME PAR LE PIÉMONT. 41
heures. Le Piémont prétend qae l'armée pontificale le menace et demande le renvoi des volontaires comme étrangers. Vultimatum, daté du 7 septembre, était ainsi conçu :
« Émioence, le gouvernement de Sa Majesté le roi de Sardaigne n'a pu YOir sans un profond regret la formation et rexistence des corps de troupes mercenaires étrangères pour le service du gouvernement pontifical. L'organisation de pareils corps non composés, à Finstar de tous les gouvernements civilisés, de citoyens du pays, mais d*individus de tout langage, de toute nation et de toute religion *, blesse profondément la conscience publique de Tltalie et de TEurope. L'indiscipline inhé - ' rente à ce genre de troupes, la conduite imprudente de leurs chefs, les menaces provocatrices qu'ils affichent dans leurs proclamations, engendrent et entretiennent un ferment extrêmement dangereux. Les habitants des Marches et de l'Ombrie conservent vivant le souvenir douloureux des massacres et du sac de Pérouse *. Cet état de choses, déjà funeste par lui-même, le devient plus encore après les événements arrivés en Sicile et dans le royaume de Naples. La présence de ces corps étrangers, qui outrage le sentiment national et empêche la manifestation des vœux des populations, amènera immanquablement l'extension de la révolution dans les provinces voisines.
« Les rapports intimes qui unissent les habitants des Marches et de rOmbrie à ceux des provinces annexées aux États du Roi^ et les raisons de l'ordre et de la sûreté de ses propres États imposent au gouvernement de Sa Majesté le devoir d'opposer, autant que cela dépend de lui, un remède immédiat à ces maux. La conscience du roi Victor-Emmanuel ne lui permet pas de rester le spectateur impassible des sanguinaires répressions par lesquelles les armes de mercenaires étrangers étoufferaient dans le sang italien toute manifestation du sentiment national. Nui gouvernement n'a le droit d'abandonner au caprice d'une bande de soldats d'aventure les biens, l'honneur^ la vie des habitants d'un pays civilisé.
« Par ces motifs, après avoir pris les ordres de Sa Me^esté le Roi, mon auguste souverain. J'ai l'honneur de signifier à Votre Éminence que les troupes du roi sont chargées d'empêcher, au nom des droits de l'humanité , que les mercenaires pontificaux répriment par la violence l'expression des sentiments des populations des Marches et de l'Ombrie.
« J'ai en outre l'honneur d'inviter Votre Éminence, par les motifs mentionnés plus haut, & donner l'ordre immédiat de désarmer ces corps dont rexistence est une menace continuelle pour la tranquillité de l'Italie.
tt Dans la confiance que Votre Éminence voudra me communiquer au
* Oh a compté environ douze protestants parmi les volontaires pontificaux !
* Est-il nécessaire de remarquer que toutes ces assertions ne sont qu*un tissa de mensonges et de calomnies ?
42 ANNALBS ECGLÉSIASTfQ€ES. [1860
plus tôt les dispositions prises par le gouvernement de Sa Sainteté à ce sujet, j'ai l'honneur de lui renouveler les sentiments de ma haute considération.
« Signé : Gatoob. •
— Le colonel Masi, que le gouvernement piémontais ne devait pas tarder à prendre à son service» franchit la frontière pontificale avec une bande pour soulever les Marches.
10. — Les troupes piémontaises franchissent la frontière pontificale, sans déclaration de guerre et sans attendre la réponse à Vultimatum. Le rapport du général Fanti indique la date du lit afin de faire croire que Vultimatum était arrivé à Rome avant l'invasion ; le rejet de Vultimatum n'a été connu à Turin que le 13.
11. — Proclamation du général Fanti à ses troupes, dans la ville d'Arezzo :
« Des bandes étrangères appelées de toutes les parties de TEurope sur le sol de TOmbrie et des Marches y ont planté le drapeau menteur d'une religion qu'elles bafouent. Sans patrie et sans toit, elles provoquent et insultent les populations afin d'avoir un prétexte pour leur im. poser leur joug.
(( Un tel martyre doit cesser et une telle insolence doit être réprimée. En portant le secours de nos armes à ces malheureux enfants <Je l'Italie qui ont vainement espéré îustîce et affection de la part de leur gouvernement, nous remplissons cette mission que nous confie le roi Victor-Emmanuel. Et que l'Europe sache bien que l'Italie n'est pl^s à la merci ni à la discrétion de Taventurier le plus audacieux ou le plus fortuné. »
Le général Gialdini, entré dès la veille dans les États de l'Église, disait également à ses troupes :
« Soldats du 4* corps ^ je vous conduis contre une bande d'ivrognes étrangers que la soif de l'or et le désir du pillage ont conduits dans nos pays. •
« Combattez, dispersez inexorablement ces misérables sicaires ; que, par votre main, ils sentent la colère d'un peuple qui veut sa nationalité et son indépendance.
0 Soldats ! Pérouse demande vengeance S et^ bien qu'il soit tard, elle l'aura ! »
1 Les massacres et le pillage de Pérouse, reprise par les troupes pontificales après un mouvement révolutionnaire, étaient le thème tout fait des ennemis du Pape. La vérité est que les troupes pontificales eurent à déloger les insurgés près-
septembre.] BÉPONSS 4 L'UUTIMATOM DE PIÉMONT. 43
C'est ainsi que. les géaéraox. piémontais traitaient La Moriciàre et ses compagnons d'àirmes, et qu'ils songeaient à préserver les États de TÉglise d'une inràsion garibaldienne.
Le comte Délia Minerva arriva le môme jour à Civita-Yecchia, et porta à home VuUimatum de M. de Gavour. Le cardinal Antonelli ne pouvait que le repousser avec indignation; voici quelle fut la réponse du Secrétaire de l'État pontifical au èomte de Cavour :
« Excellence^ sans tenir compte de la manière dont Votre Excellence a cru devoir me faire parvenir sa lettre du 7 dourant, J'ai voulu avec calme porter toute mon. attention sur ce que vous m'y exposiez au nom de votre souverain^ et je ne peux vous dissimuler que j'ai dû pour cela me foire une bien forte violence. Les nouveaux principes de droit public que vous posez dans vôtre représentation me dispenseraient, en vérité, de toute réponse quelconque , attendu qu'ils sont trop en opposition avec ceux qui ont été constamment reconnus par l'universalité des gouvernements et des nations.
« Néanmoins, touché au vif des inculpations dirigées contre le gouvernement de Sa Sainteté, Je ne puis m'empôcber de relever tout d'abord le blâme aussi odieux que dépourvu de fondement et injuste réellement, articulé contre les troupes récemment organisées par le gouvernement pontifical; J'ajoute que je trouve inqualifiable la prétention consistant à méconnaître le droit qui appartient au gouvernement pontîfical> aussi bien qu'à tout autre, d'avoir à son service des troupes étrangères. £n réalité, beaucoup de gouvernements en Europe ont des troupes étrangères à leur solde. A ce propos, il paraît être opportun ici de faire remarquer qu'attendu le caractère dont est investi le Souverain-Pontife, Père commun de tous les fidèles, on pourrait encore bien moins le critiquer que tout autre de recevoir dans les rangs de ses milices ceux qui viennent s'offrir des diverses parties du monde catholique pour l'appui du Saint-Siège et des États de l'Église.
0 Rien de plus faux ni de plus injurieux que d'attribuer aux troupes pontificales les désordres déplorablement arrivés dans les États du Saint- Siège. 11 n'est pas besoin de le demander ; Thistoire a déjà enregistré quelles' étaient et d'où venaient les troupes qui ont violemment contraint la volonté des populations, et les artifices mis en œuvre pour Jeter dans la perturbation la majeure partie de l'Italie et ruiner tout ce qu'il y a de plus inviolable et de plus sacré en droit et en justice.
« Quant aux conséquences que l'on voudrait faire peser sur la légitime action des troupes du Saint-Siège pour réprimer la rébellion de
que tous venoB de U Toscane, qae quelques autres pensoimes forent atteintes dans la latte, et qu'une famille américaine logée dans un hôtel qu'il fallut occuper de vive force, perdit une partie de ses bagages. Voilà ce qu'on appela les massacres et le sac de Pérouse.
Pérouse, il serait vraiment plus logique de renvoyer cette responsabilité à ceux qui^ de Tétranger, ont provoqué la révolte ; et vous savez parfaitement, monsieur le comte, où cette révolte a été combinée, d*où sont venus Targent, les armes et les moyens de tous genres, et d'où sont partis les instructions et l'ordre de s'insurger.
« En conséquence, il y a lieu de réputer calomnieux tout ce qui est proclamé par un parti hostile au gouvernement du Saint-Siège A la charge de ses troupes, et de déclarer que les imputations articulées contre leurs chefs ne sont pas moins calomnieuses alors qu'on voudrait les faire croire les auteurs de menaces provocatrices et de proclamations pi*opres à susciter une fermentation dangereuse.
« Votre Excellence terminait sa pénible (dùgustoia) dépêche en m'invitant, au nom de son souverain, A ordonner immédiatement le désarmement et le licenciement desdites troupes. Cette invitation était accompagnée d'une sorte de menace de la part du Piémont, en cas de refus, d*empécher l'action de ses troupes par le moyen des troupes royales.
« Il y a là une quasi-injonction que je m'abstiens volontiers de qualifier. Le Saint-Siège ne pourrait que la repousser avec indignation^ se sentant fort de son droit légitime et faisant appel au droit des gens sous Tégide duquel a jusqu'ici vécu l'Europe, quelles que soient, du reste, les violences auxquelles le Saint-Siège pourrait se trouver exposé sans les avoir provoquées et contre lesquelles dès à présent il est de mon devoir de protester hautement au nom de Sa Sainteté.
• Je me dis, avec des sentiments de considération distinguée, de Votre Excellence, etc.
«G.cardma/ANTONELLl.
« Rome, le 11 septembre 1860. »
Le même jour, et par conséquent avant que le rejet de Tti/rtmatum pût ôtreconnu, un supplément à la Gazette officielle de Turin contenait la proclamation suivante de Victor-Emmanuel aux troupes sardes :
« Soldats l
« Vous entrez dans les Marches et dans TOmbrie pour rétablir Tordre public dans les villes désolées S et pour donner aux peuples la liberté d'exposer leurs vœux *. Vous n'avez pas A combattre des armées puissantes; mais A délivrer de malheureuses provinces italiennes de bandes d'aventuriers étrangers.
« Vous n'allez pas venger des injures faites à moi ou A l'Italie; mais
^ Les troubles signalés en quelques endroits étaient excités par les agents piémontais et allaient ôtre aidés par les troupes piémontaises.
* C'est un roi qui proclame que ses troupes sont entrées dans un État voisin, pour que les sujets du prince puissent déclarer qu'ils cessent de lui appartenir.
septembre.] MEMORANDUM AO SCJET DE L'iNVASlON DES MARCHES. 45
empêcher que la haine populaire ne s'emporte à des veogeances contre un mauvais gouvernement. Vous enseignerez par votre exemple le pardon des injures et la 'tolérance chrétienne à ceux qui comparent follement à l'islamisme Tamour de la patrie italienne.
« En paix avec toutes les grandes puissances et étranger à toute provocation, je veux ôter du milieu de Tltaiie une cause permanente de troubles et de discorde. Je veux respecter le siège du chef de TËglise^ auquel je suis toujours prêt à donner, d'accord avec les puissances amies et alliées, toutes les garanties d'indépendance et de sécurité que ses aveugles conseillers ont compromises par le fanatisme d'une secte aveugle qui conspire contre mon autorité et contre la liberté de la nation.
« Soldats !
« On m*accuse d'ambition ; oui, j'ai une ambition, c'est de restaurer le principe de Tordre moral en Italie et de préserver l'Europe des périls continuels de la révolution et de la guerre.
« ViCTOB-ËMMANOEL. •
0 Ce 11 septembre 1860.
« Gavour-Farinl. •
11. — Discours prononcé par M. de Cavour à la Chambre des députés à Turin; le ministre dit entre autres choses : a Quelle est a notre idée? C'est de faire que là ville étjprnelle devienne la^ a splendide capitale du royaume italien. » (Bravos prolongés.)
Oraison funèbre prononcée par l'évéque de Poitiers pour les morts au service du Saint-Slége. L'évoque d'Orléans en avait prononcé une quelques jours auparavant.
12. — L'empereur Napoléon III renvoie le comte de Goyon à Rome.
Le cabinet piémontaîs publie un Mémorandum dans lequel il prétend justifier l'invasion des Marches.
Voici la partie de ce Mémorandum qui a plus directement rapport à l'invasion des États de l'Eglise :
« On serait autorisé à penser que l'Italie peut rentrer enfin dans une phase pacifique de nature à dissiper les préoccupations européennes^ si les deux grandes régions du nord et du midi de la Péninsule n'étaient séparées par des provinces qui se trouvent dans un état déplorable.
« Le gouvernement romain s'étant refusé k s'associer en quoi que ce soit au grand mouvement national, ayant au contraire continué k le combattre avec le plus regrettable acharnement, s'est mis depuis long-
temps en lutte formelle ayec les populations qui n*ont pas réussi & se soustraire à sa domination.
« Pour les contenir^ pour les empêcber de manifester les sentiments nationaux dont elles sont animées, il a fait usage du pouvoir spirituel que la Providence lui a confié dans le but bien autrement grand que celui assigné au gouvernement politique.
, «En présentant aux populations catboliques la situation de 1*1 talie sous des couleurs sombres et fausses ^ en faisant un appel passionné au sentiment ou, pour'mieux dire, au fanatisme qui exerce encore tant d*empire dans certaines classes peu éclairées de la société, il est parvenu à réunir de l'argent et des bommes de tous les coins de l'Europe, et à former une armée composée presque exclusivement d'individus étrangers, non-seulement aux États-Romains, mais à toute Tltalie.
« 11 était réservé aux États-Romains de présenter dans notre siècle l'étrange et douloureux spectacle d'un gouvernement réduit à maintenir son autorité sur ses sujets au moyen de mercenaires étrangers aveuglés par le fanatisme ou animés par l'appât de promesses qui ne sauraient être réalisées qu'en jetant dans la détresse des populations tout entières.
« De tels faits provoquent an plus baut degré l'indignation des Italiens qui ont conquis la liberté et l'indépendance. Pleins de sympathie pour leurs irères de l'Ombrie et des Marches^ ils manifestent de tous côtés le désir de concourir à faire cesser un état de choses qui est un outrage aux principes de Justice et d'humanité et qui froisse vivement le sentiment national.
u Bien qu'il partageât cette douloureuse émotion, le gouvernement du roi a cru devoir Jusqu'à présent empêcher et prévenir toute tentative désordonnée pour délivrer les peuples de l'Ombrie et des Marches du joug qui les opprime; mais il ne saurait se dissimuler que l'irritation croissante des esprits ne pourrait être contenue plus longtemps sans avoir recours à la force et â des làesures violentes. D'ailleurs la révolution ayant triomphé à Naples, pourrait-on l'arrêter à la frontière des États-Romains où l'appellent des abus non moins graves que ceux qui ont entraîné irrésistiblement en Sicile les volontaires de la haute Italie ?
(( Aux cris des insurgés des Marches et de l'Ombrie, l'Italie entière s'est émue, aucune force ne saurait empêcher que du midi et du nord de la Péninsule des milliers d'Italiens accourent à l'aide de leurs frères menacés de désastres semblables à ceux de Pérouse.
« S'il demeurait impassible au milieu de cet entraînement universel, le gouvernement du roi se mettrait en opposition directe avec la nation. L'effervescence généreuse que les événements de Naples et de la Sicile ont produite dans les multitudes dégénérerait aussitôt en anarchie et en désordre.
<c II serait alors possible et même probable que le mouvement régulier qui s'est opéré Jusqu'ici prit tout à coup les caractères de la violence et de la passion. Quelle que soit la puissance de l'ordre sur les Italiens, il
septembre.] MEMORANDUM AU SUJET DE L'INVASION DES MARCHES. 47
est des provocations auxquelles les peuples les plus civilisés ne sauraient résister. Certes, ils seraient plus à plaindre qu'à blâmer, si, pour la première fois, ils se laissaient entraîner à des réactions violentes qui amèneraient les plus funestes conséquences. L'histoire nons apprend que des peuples qui sont aujourd'hui à la tête de la civilisation ont commis, sous l'empire de causes moins graves^ les plus déplorables excès.
« S'il exposait la Péninsule à de pareils dangers, le gouvernement du roi serait coupable envers l'Italie ; il ne le serait pas moins vis-à*vi8 de l'Europe.
« Il manquerait à ses devoirs envers les Italiens, qui ont toujours écouté les conseils de modération qu'il leur a donnés, et qui lui ont confié la haute mission de' diriger le mouvement national.
« 11 manquerait à ses devoirs vis-à-vis de l'Europe, car il a contracté envers elle l'engagement moral de ne pas laisser le mouvement italien se perdre dans l'anarchie et le désordre.
ft C'est pour remplir ce double devoir que le gouvernement du roi, dès que les populations insurgées de l^Ombrie et des Marches lui ont envoyé des députations pour invoquer sa protection, s'est empressé de la leur accorder. En môme temps il a expédié à Rome un agent diplomatique pour demander au gouvernement pontifical l'éloignement des légions étrangères, dont il ne pourrait se servir pour comprimer les manifestations qui touchent à nos frontières sans nous forcer à intervenir en leur faveur.
« Sur le refus de la cour de Rome d'obtempérer à cette demande, le roi a donné l'ordre à ses troupes d'entrer dans TOmbrie et dans les Marches, avec la mission d'y rétablir Tordre et de laisser libre champ aux populations de manifester leurs sentiments.
« Le» troupes royales doivent respecter scrupuleusement Rome et le territoire qui l'entoure. Elles concourraient, si jamais il ep. élait besoin^ à préserver la résidence du Saint-Père de toute attaque et de toute menace ; car le gouvernement du roi saura concilier toujours les grands intérêts de l'Italie avec le respect dû au chef auguste de la religion^ à laquelle le pays est sincèrement attaché.
« En agissant ainsi> il a la conviction de ne pas froisser les sentiments des catholiques éclairés qui ne confondent pas le pouvoir temporel, dont la cour de Rome a été* investie pendant une période de son histoire, avec le pouvoir spirituel qui est la base éternelle et inébranlable de son autorité religieuse.
a Mais nos espérances vont plus loin encore. Nous avons la confiance que le spectacle de l'unanimité des sentiments patriotiques qui éclatent aujourd'hui dans toute l'Italie, rappellera au souverain Pontife qu'il a été, il y a quelques années, le sublime inspirateur de ce grand mouve. ment national. Le voile que des conseillers animés par des intérêts mondains avaient mis sur ses yeux tombera, et alors reconnaissant que la régénération de l'Italie est dans les desseins de la Providence, il rede-
viendra le père des italiens, comme il n'a jamais cessé d'être le père auguste et vénérable de tous les fidèles. »
18. — M. ThouYenel écrit au baron de Talleyrand : a L'empe- « reur a décidé que vous quitteriez immédiatement Turin, afin de (( témoigner ainsi de sa ferme volonté de décliner toute solidarité « avec des actes que ses conseils, dictés par Tintérôt de l'Italie, (( n'ont malheureusement pu prévenir. » 11 reste à Turin un chargé d'affaires.
— Â Rome, mort du cardinal Gabriel Ferretti, né à Anc6ne le 31 janvier 1795, réservé in petto dans le consistoire du 30 novembre 1838, publié par Grégoire XVI dans le consistoire du 8 juillet 1839, évéque de Sabine et Pénitencier majeur.