I . — Entrée de Victor- Emmanuel à Palerme
4. — Le comte de Syracuse, traître à son roi et neveu de François II, meurt à Pise d'une attaque d'apoplexie foudroyante.
7, — Mort de M«' de Garsîgnies, évoque de Soissons, dernier évéque nommé par Louis-Philippe, et sacré à Soissons le 24 février 1848.
8. — Le Moniteur français publie une circulaire de M. de Fersigny, nouveau ministre de l'intérieur, aux préfets. Le ministre indique que la liberté de la presse ne peut être accordée que lorsqu'il n'y aura plus d'opposition à la dynastie et aux principes sur lesquels repose le gouvernement, et il prend l'Angleterre pour modèle à cet égard.
Manifeste du roi de Naples, François II, au peuple des Deux- Siciles. Il expose toutes les trahisons dont il a été victime, indique sur quelles bases il entend gouverner, et dit, entre autres, ces chrétiennes paroles : « Si la Providence, dans ses profonds des- « seins, permet que le dernier boulevard de la monarchie tombe « sous les coups d'un ennemi étranger, je me retirerai tivec la con- <( science sans reproche, avec une foi inébranlable, avec une « résolution immuable, et, en attendant l'heure inévitable de la A justice, je ferai les vœux les plus ardents pour la prospérité de <t ma patrie, pour la félicité de ces peuples qui forment la plus 4L grande et la plus chère portion de ma famille. Le Dieu tout- « puissant, la Vierge immaculée et invincible, protectrice de notre a pays, soutiendront notre cause commune, o
lO. — Amnistie accordée à la presse française.
II. — Les Piémontais occupent Ponte-Corvo, enclave pontificale dans les États napolitains.
— Mort du cardinal Gaude, à Rome. Né à Cambiano, dans le diocèse de Turin, le 5 avril 1809, François Gaude était entré dans l'ordre des Frères Prêcheurs ; il fut créé cardinal par Pie IX dans le consistoire du 17 décembre 1835.
17. — Consistoire secret tenu à Rome. Plusieurs évéques sont préconisés, et le Pape prononce une allocution, Multis gravibusque^ dans laquelle il flétrit les actes du Piémont, proteste Annales ecciés, G
contre la non-exécution du concordat conclu avec le grand-duché de Bade et déplore les événements de Syrie ^.
20. — La convention d'État de la Caroline du Sud décrète sa sortie de TUnion américaine; commencement de la sécession des États du Sud.
21. — Mort de M«' Georges-Massonnais, évoque dePérigueux. Ce prélat, né à Saint-Denis de Salines (Mayenne), et nommé évoque en 1840, avait été sacré à Bordeaux le 17 avril 1841.
24L. — Une nouvelle brochure, intitulée François-Joseph et
VEurope^ venait de paraître à Paris. Lord Cowley, ambassadeur
d'Angleterre en France, crut devoir la signaler à lord John Russell,
ministre du Foreign Office. Lord John Russell envoie à lord
Cowley une dépêche qui commence ainsi : «Vous avez bien fait
(( d'appeler mon attention sur la brochure qui vient de paraître
« à Paris sous le nom de François-Joseph et V Europe. Par le temps
a qui court, les brochures sont des événements, et nous ne pou-
a vons pas oublier que la brochure intitulée : Ijb Pape et le Con--
a grèsy a eu pour conséquence de faire perdre au Pape plus de
« la moitié de ses domaines et a empêché la réunion d'un congrès « européen. »
26. — Mort, dans la nuit du 26 au 27 décembre, de l'abbé Jean-Marie de La Mennais, frère du trop fameux publiciste. L'abbé Jean-Marie de La Mennais naquit à Saint-Malo, le 8 septembre 1780, sous les auspices de la très-sainte Vierge, pour laquelle il eut toujours une dévotion toute particulière. Élevé au sein d'une famille chrétienne, il reçut de bonne heure les premiers enseignements de la religion, et fut admis à la première communion avant le commencement de la Révolution. — Il reçut à la même époque le sacrement de Confirmation des mains de M>^ Cortois de Précigny, ami de sa famille^ et qui TaiTectionna toujours singulièrement.
La tourmente révolutionnaire, loin d'égarer sa jeunesse, p^ ^t que raffermir dans la piété, et ce fut à la vue du sanflr<^es prêtres fidèles qui coulait dans sa ville natale, sous la hache impie des persécuteurs, qu'il commença à ressentir les premiers germes de sa vocation au sacerdoce. Un confesseur de la foi l'initia aux premiers principes des sciences ecclésiastiques. Son ardeur pour
* Cette allocution fait partie des documents relatifs à TEncyclique du 8 décembre t864.
décembre.] MORT DE L'ABBÉ JEAN-MÂRIE DE LA MF.NNAIS. 8S
rétude, secondée par une aptitude exceptionnelle, lui fit faire de si rapides progrès dans la science sacrée, que bientôt il se sentit appelé à l'enseigner lui-même aux autres. A Tépoque de la réouverture du culte, il réunit à cet effet, dans la maison de son père, un certain nombre de jeunes gens qui, comme lui, aspiraient à l'état ecclésiastique, et les dirigea dans l'étude de la théologie. M*' de Précigny, son ancien évoque, lui conféra à Paris les ordres mineurs et le sous-diaconat, et, le 2t février 1804k, il fut ordonné prêtre par M»' de Maillé, évoque de Rennes.
Il débuta dans la carrière du sacerdoce par l'établissement à Saint-Malo d'une école secondaire ecclésiastique, qui prit de rapides développements et atteignit en peu d'années le chiffre d'environ. trois cents élèves. Cette institution a fourni au diocèse de Rennes un grand nombre de prêtres aussi distingués par leur science que par leur piété.
M'' Gafarelli, évêqi^e de Saint-Brieuc, qui connaissait les éminentes qualités du jeune prêtre, se l'attacha comme vicaire général. Après la mort de ce digne prélat, il fut investi par le chapitre des fonctions de vicaire capitulaire : c'était sur la fin de l'Empire. Il déploya pendant cinq ans, dans le maniement de ce vaste diocèse, un remarquable talent d'administration dans des conjonctures difficiles.
Doué d'une activité prodigieuse» il savait en même temps pourvoir au courant des affaires diocésaines, vaquer à la prédication et aux autres œuvres de zèle et de charité, et trouver en outre le temps de se livrer au ministère de la confession, qu'il exerçait avec une grande assiduité, et des fruits abondants. Il procura à Saint-Brieuc la grâce d'upe mission, qui fut couronnée du plus consolant succès. Pour en perpétuer les fruits, il appela les enfants du vénérable La Salle pour prendre soin de l'éducation des garçons, et fonda lui-même l'institut des religieuses delà Providence, pour s'occuper de l'instruction des filles. Celte congrégation, dont la maison-mère est toujours à Saint-Brieuc, tompie aujourd'hui des succursales à Moncontour, à Combourg et dans quelques autres paroisses des diocèses de Rennes et de Saint-Brieuc.
Après un long veuvage, le diocèse de Saint-Brieuc fut enfin pourvu d'un nouveau pasteur. M. de La Mennais fut aussitôt appelé par M*' le prince de Croï, grand aumônier de France, en qualité de son vicaire-général. On sait que c'était la grandeaumônerie qui présentait au Gouvernement les personnages destinés à remplir les évêchés vacants. Dans ce nouveau poste, M. de
La Mennais rendit à l'Église de France des services importants. Également inaccessible à l'intrigue et à la flatterie, il évita tout ce qui aurait pu l'exposer aux influences de cour, pour garder la pleine et entière indépendance de sa conscience dans des affaires qui touchaient à un si haut point aux intérêts de la religion. Il eût pu lui-même parvenir aux plus hautes dignités ecclésiastiques. Plusieurs fois l'épiscopat lui fut offert; mais son humilité le lui fit constamment refuser.
Il était encore vicaire capitulaire de Saint-Brieuc lorsque la diffusion de l'enseignement officiel dans les communes rurales lui fit entrevoir les dangers que pourrait courir la foi des populations, si la religion ne présidait à l'éducation de l'enfance. Ce fut alors qu'il conçut le projet de fonder son œuvre de religieux instituteurs. Il réunit dans ce but quelques jeunes gens, dont il se constitua maître des novices. Sa chambre était la salle du noviciat ; sa salle à manger servait de réfectoire, et le reste de ses appartements fut approprié aux usages de la petite communauté naissante.
Dans le même temps, un autre apôtre de l'instruction chrétienne en Bretagne, M. Deshayes, curé d'Auray, formait de son côté un petit noyau de frères instituteurs. Les deux fondateurs, qui travaillaient au même but sans se connaître, sentirent bientôt le besoin de s'unir pour ne former qu'une même œuvre. Ils signèrent donc un engagement réciproque, par lequel ils se reconnaissaient un égal droit de supériorité sur le même institut. Le bon Père de La Mennais aimait à appeler, avec une simplicité charmante, ce petit traité un chef-d'œuvre de folie. Mais les deux hommes de Dieu se connaissaient assez intimement pour être sûrs que rien ne serait capable d'altérer leur parfaite union; et en effet elle ne souffrit jamais le plus léger nuage pendant plus de vingt ans d'une administration commune.
M. de La Mennais, entièrement rendu à la Bretagne par sa démission de vicaire-général de lagrande-aumônefie, devint bientôt supérieur des missionnaires de Rennes et du petit séminaire^ de Saint-Méen, réunis en congrégation. Il songeait dès l«*s, de concert avec son frère, à la fondation d'une maîdon de hautes études ecclésiastiques. Ce fut dans ce but qu'il s'entoura, à Malestroit, d'hommes d'une intelligence éminente, et dont plusieurs ont rendu à l'Église les services les plus signalés. Il suffit de citer les noms des abbés Rohrbacher et Blanc, de M. Eugène Bore, de M«' de Hercé, ancien évêque de Nantes, et de M»' Gerbet, depuis évêque de Perpignan.
Cette nouvelle phalange d'hommes d'élite voués à la défense
décembre.] MORT DE L'ABBÉ JEAN-MARIE DE LA MENNAIS. 85
de la vérité catholique, donnait les plus belles espérances, lorsque les erreurs philosophiques du malheureux abbé Félix vinrent souffler comme la tempête. La société naissante fut dissoute, et, chose digne de remarque, il n'est pas un seul de ses membres qui n'ait adhéré avec une humble soumission aux décisions du Saint-Siège.
Désormais^ M. de La Mennais ne vécut plus que pour l'institut de ses frères. Aussi longtemps que sa santé le lui permit, il parcourut chaque année la Bretagne, pour visiter les établissements qu'il avait fondés. Il aimait à recevoir en particulier chacun de ses enfants, pour donner à tous les avis dont ils avaient besoin ; et tous aussi étaient heureux de revoir son visage et de trouver en lui un père.
Les grandes et saintes œuvres sont toujours marquées du sceau de la croix. Dieu seul sait les amertumes que le vénérable supérieur a dévorées dans une administration qui le mettait sans cesse en présence d'innombrables difficultés de détail. Combien de fois cette grande intelligence ne se vit-elle pas condamnée à entrer dans des luttes au-dessous d'elle contre les petites passions qui entravaient sa généreuse activité pour faire le bien I
Quant au savoir, M. l'abbé de La Mennais fut sans contredit un des hommes les plus érudits de son temps. Il lisait un nombre prodigieux de livres et retenait avec une ténacité remarquable ce qu'il avait lu. Il connaissait à fond sa riche bibliothèque et n'était étranger à aucune des branches de l'érudition ecclésiastique ou profane. S'étant trouvé, dans tant de positions diverses, en contact avec des hommes de tous les degrés, il a été plus que personne à même d'apprécier à leur juste valeur les hommes et les choses. Sa longue expérience et ses études pleines d'actualité permettent de le ranger au nombre des personnages qui ont possédé au plus haut point la science de leur époque.
Sur la fin de 1847, l'abbé de La Mennais venait d'ouvrir à Guingamp les exercices d'une mission, lorsqu'il fut frappé d'un commencement de congestion cérébrale qui fit craindre pour ses jours. — Depuis ce temps, il perdit une partie de son activité, sans cesser toute-fois de s'occuper de son œuvre autant que sa santé le lui permit.
L'affaiblissement de ses forces ne diminua en rien son grand zèle pour rinstruction chrétienne de la jeunesse, objet de sa vie tout entière. La loi de 1850 lui permit d'adjoindre au pensionnat primaire établi dans la maison-mère de son institut, une école secondaire libre, dirigée par des ecclésiastiques.
Depuis un an il déclinait sensiblement, et tout en lui faisait pressentir une fin prochaine, lorsque, le 30 novembre 1860, il fut atteint d'une nouvelle attaque de paralysie.
Le 22 décembre, les symptômes les plus alarmants se manifestèrent, et Ton crut prudent de lui administrer les derniers sacrements. Il les reçut avec un pieux empressement et les sentiments de la foi la plus vive. Malgré son extrême faiblesse, il demandait encore souvent son bréviaire, dont il n'avait pas voblu jusque-là interrompre la récitation. C'était Thomme de Dieu, le prêtre qui cherchait à dominer jusqu'à la fin la déchéance de rhomme matériel.
Enfin, dans la nuit du 26 au 27 décembre, vers onze heures, il s'éteignit tout d'un coup, ou plutôt il s'endormit doucement dans le Seigneur, qui lui donne maintenant, sans doute, la juste récompense de ses longs et utiles travaux.
•M. de La Mennais n'est pas mort tout entier : il laisse après lui autre chose que le souvenir d'un grand nom, d'une vaste intelligence et d'un grand cœur. Son œuvre lui survit, et continuera après lui de fournir à la Bretagne et aux colonies une pépinière de religieux instituteurs *.
28. — Le gouvernement de Vera-Cruz, qui reconnaît Juarez comme président de la république mexicaine, décrète la suppression des couvents d'hommes, et fait défense aux couvents de femmes de prendre des novices.
30. — Un glorieux triomphe pour la sainte Église romaine termine cette année 1860, si remplie d'amertumes et de luttes douloureuses. Depuis longtemps la nation bulgare était fatiguée du joug des patriarches schismatiques de Gonstantinople. La Bulgarie n'est pas grecque, mais slave, et, avant le schisme, elle appartenait à l'Église latine. Les patriarches grecs avaient fini par retirer au clergé bulgare l'épiscopat et les autres dignités ecclésiastiques. Les documents nationaux et historiques furent partout détruits, et la langue grecque ftit universellement substitué^ à la langue nationale, rejetée et dédaignée comme barbare. De la sorte, le rit byzantin remplaça le rit appelé Cyrilliques du nom de saint Cyrille qui fut, avec saint Méthode, l'apôtre de la Bulgarie et Tauteur de sa liturgie et de son alphabet. Le peuple avait donc des pasteurs dont il ne comprenait pas là langue, car il avait conservé la sienne, qui était le signé de sa nationalité. Dans ces dei*-
1 Cette notice est de M. Fabbé GuiMoux^ qai Ta publiée dans le Mènde.
«lécembre.] CONVERSION DES BULGARES. 87
nières années, la liberté d'instruction ayant été concédée aux rayas ou sujets non musulmans de la Porte, les chrétiens bulgares s'éloignèrent de plus en plus de la langue grecque, qu'ils rejetaient par sentiment de nationalité. Ils n'en sentirent que davantage le despotisme exercé par le clergé grec dans la liturgie, et pensèrent dès lors à rétablir les rites de l'ancienne Église bulgare. Pour lutter contre l'épiscopat byzantin, il leur fallait un appui extérieur. Deux partis se dessinèrent : tous étaient d'accord pour secouer le joug de Constantinople, mais les uns, secrètement encouragés parles Russes, voulaient une Église autonome, comme l'est celle du petit royaume hellénique; les autres, mieux avisés et comme chrétiens et comme patriotes, tournaient les yeux vers l'Église mère et vers l'Occident, qui pouvaient protéger efflca- <;ement leur nationalité sans menacer de l'absorber comme les Russes pourraient le faire. La grâce de Dieu aidant, ce fut vers Rome que les Bulgares se tournèrent en majorité, au grand •déplaisir de la Russie, qui avait espéré profiter du mouvement religieux qui se prononçait. Les banquiers et les gros négociants, avec les individus qui dépendent d'eux, formaient le parti orthodoxe, qui tenait à rester uni au patriarcat de Constantinople; deux évéqnes, ^ilarios et Auxentios, se prononçaient avec d'autres pour une Eglise indépendante; mais les esnafs et les gens de la nation étaient pour la réunion à l'Église romaine. Dans cette circonsiance, les Lazaristes français établis à Constantinople, et, parmi eux, il convient de citer M. Eugène Bore, rendirent de grands services à la religion , ainsf que le journal la Bulgaria^ rédigé par un jeune homme nommé Zancof, que ne purent séduire les plus riches offres de la Russie.
Le dimanche 30 décembre (18 d'après le calendrier grec), à Constantinople, l'acte de réunion fut solennellement accompli. Deux évéques, deux archimandrites, trois prêtres et une vingtaine d'esnafs, munis de deux mille signatures et suivis des principaux membres de chaque corporation, arrivèrent à l'archevêché latin, au nombre d'environ deux cents. Ils furent reçus par Tarchevôque, M»* Brunoni, et par M«' Hassoun, archevêque primat des Arméniens catholiques. M»' Brunoni leur demanda ce qu'ils voulaient. Un des chefs, nommé Manoli Ivanoff, qui avait été •choisi pour porter la parole, répondit qu'ils étaient venus pour demander l'union avec l'Église romaine. Sur quoi M»' Brunoni répliqua : a Croyez-vous au dogme de l'Église romaine, la seule « vraie ? — Nous croyons au dogme, mais nous voulons conser- ^ ver notre liturgie. — Êtes-vous prêts à signer un tel acte de
0 foi ? — Nous sommes prêts, et nous vous prions, Monseigneur, « de vouloir bien présenter notre demande au Saint-Père. » Làdessus, les Bulgares signèrent, leur clergé en tête.
Après la signature, Tarchimandrite Macarios prononça, en langue bulgare, un discours plein de chaleur. Citant l'histoire, il rappela qu'autrefois les Bulgares étaient catholiques et qu'ils remplissaient un devoir sacré en adoptant leur ancienne croyance. Mais en changeant d'Église, ajouta-t-il, il ne faut pas oublier que nous restons les fidèles sujets du Sultan, et que nous devons aimer un souverain qui nous accorde la liberté de conscience. A ces paroles, les Bulgares répondirent par le cri de : Vive Abd-uU Medjid l
Ensuite on descendit dans l'église; M'' Hassoun, en habits pontificaux, fit prêter serment sur l'Evangile aux nouveaux convertis, puis il célébra la messe. Après la messe, les néo-catho^ liques lui baisèrent la main, et les prêtres bulgares embrassèrent avec effusion les prêtres romains. Quand la cérémonie religieuse fut achevée, les chefs bulgares remirent à M^' Brunoni l'acte d'union pour qu'il le transmît à Rome, puis ils se retirèrent.
Voici l'adresse au Souverain-Pontife :
« Très-Saint-Pèrb^
a Nous soussignés, clergé et laïques de la nation bulgare, au nom de nos confrères, nous déclarons reconnaître Votre Sainteté pour chef de toute rÉglîse catholique, successeur de saint Pierre et vicaire de Jésus- Christ, et nous déclarons que nous confessons toutes les vérités que la sainte Église romaine enseigne, conformément à Tacte de profession de foi que nous avons présenté, en présence de Leurs Gi*andeurs M^' Qrunoni, vicaire apostolique, etM^^ Hassoun, primat arménien. Nous prions Votre Sainteté de daigner conserver nos rites et nos coutumes ecclésiastiques, d'après les décisions des saints conciles œcuméniques, et surtout celui de Florence
« Le i8 (vieux style) décembre 1860. »