On lit dans le Moniteur de ^Empire français
« Le gouvernement de l'Empereur a cru devoir demander à Rome des éclaircissements sur la lettre du cardinal-préfet du Concile, appelant tous les évoques de la chrétienté à la cérémonie de la canonisation de plusieurs martyrs. Ces éclaircissements étaient devenus nécessaires, parce que la lettre de convocation avait été publiée en France sans avoir été préalablement communiquée au gouvernement. Le cardinal Antonelli a répondu que la lettre adressée aux évoques n*était qu'une invitation bienveillante, sans nul caractère obligatoire, et pour une solennité purement religieuse. Dans cet état de choses, le gouvernement a exprimé la pensée que les évoques ne devaient quitter leurs diocèses et demander Tautorisation de quitter l'Empire, que dans le cas où de graves intérêts diocésains les appelleraient à Rome. »
Cette note démontre que le gouvernement français voyait avec déplaisir la convocation des évéques à Rome. Il ne mit du reste pas d'obstacle au voyage des évoques, quoiqu'il fût évident que ceux d'entre eux qui y renonceraient lui seraient plus agréables que les autres, et l'on dit qu'il ne renonça au droit qu'il prétendait tenir des articles organiques annexés au Concordat qu'en voyant la résolution de pli^ieurs évéques de passer outre. Les ministres du soi-disant royaume d'Italie, qui faisaient sonner si hsiuildim^xlmQ: l'Église libre dans VÈtat libre, défendirent positivement aux évéques de se rendre à Rome, et, aûn d'effrayer ceux qui voudraient s'y rendre des autres pays, ils firent de nouveaux efforts pour hâter, dans leur sens, la solution de la question romaine. On sait que ces efforts ne réussirent pas.
22. — Une séance très-agitée a lieu au Sénat, où le prince Napoléon prononce un discours révolutionnaire, dans lequel il dit qu'on accueillit le retour de Napoléon P% en 1815, parle cri de : A bas les prêtres! On prétend ensuite que le prince a été mal entendu, et qu'il a dit : A bas les traîtres! mais cette explication a peu de succès, parce qu'il parait prouvé que le premier cri est historique.
24. — Mort, à Rome, de M. Clemens, savant catholique allemand, agrégé à l'Université de Rome, mais qui ne put, parce qu'il était Allemand, y obtenir une chaire de professeur. Quoiqu'il exerçât une influence plus grande qu'aucun des professeurs,
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quoique sa science profonde et son talent fassent aussi incontestables qu'incontestés, il ne put devenir que professeur extraordinaire après douze ans. Apparemment qu'il le serait resté toute sa vie, si l'Académie de Munster ne lui avait offert une chaire de philosophie après la mort du professeur Ësser. M. Clemens avait, le premier, signalé les dangers de la théorie gunthérienne. En ces derniers temps, il s'était encore signalé par son attachement filial au Siège apostolique. Ses principaux écrits sont, outre sa polémique dans l'affaire du gunthérianisme, deux ouvrages philosophiques intitulés : Nicolas de Cusa, Giordano BrunOy qui font regretter que l'histoire de la philosophie à laquelle ce savant travaillait depuis longtemps, n'ait pas vu le jour. M. Clemens a été enterré au Campo-Santo des Allemands, près de l'église Saint- Pierre.
26. -— La nomination de M. Renan comme professeur titulaire de la chaire d'hébreu, de chaldéen et de syriaque au Collège de France, avait justement inquiété les catholiques. Le discours d'ouverture de ce professeur, dirigé principalement contre la divinité du Sauveur, ne fit qu'augmenter l'émotion de tous les hommes religieux, et provoqua l'arrêté suivant du ministre de l'instruction publique et des cultes :
« Attendu que, dans le discours prononcé au Collège impérial de France pour Touverture du cours de langues hébraïque, chaldaîque et syriaque, M. Renan a exposé des doctrines qui blessent les croyances chrétiennes et qui peuvent entraîner des agitations regrettables,
« Arrête ce qui suit :
« Art. i"'. Le cours de M. Renan, professeur de langues hébraïque, chaldaîque et syriaque au Collège impérial de France, est suspendu jusqu'à nouvel ordre.
« Art. 2. L'administrateur du Collège impérial de France est chargé de l'exécution du présent arrêté.
« Fait à Paris^ le 26 février 1862.
« RonLAND. »
— M*' Bovieri, chargé d'affaires du Saint-Siège, adresse au gouvernement fédéral suisse une protestation contre la décision prise par le grand conseil du canton de Zurich de supprimer l'abbaye de Rheinau.
1. — Le ministère piémontaîs dirigé par M. Ricasoli donne sa démission.
nian.] LA QUESTION ROMAINE t>ANÔ LES OHAMBRES FRANÇAISES. ihl
— Découverte, à Rome, des archives du Comité national romain chez M, Yenanzi, secrétaire de ce comité. Cette découverte déconcerte les révolutionnaires, qui savent combien de révélations ils ont à redouter.
-4. — Adoption, par le Sénat, de l'Adresse à TEmpereur par 123 voix contre 6. La discussion de cette Adresse fut très-vive à l'occasion de la question romaine; elle amena M. Billault à faire au nom du Gouvernement ces déclarations mémorables :
« Évacuer Rome, Messieurs, ce serait abandonner nos principes, ce serait mentir au passée ce serait amener des événements qui pourrraient entraîner TEurope à uue intervention forcée en Italie
« Voilà donc le Saint-Père placé en face de son peuple. Bans
l'état d^ effervescence où se trouvent l*Ital%e et Rome^ l'insubrection est