‹ Annales ecclesiastiques. 1846-66Chapitre 37 sur 52 · DÉCLARATION · texte numérisé non relu

DÉCLARATION

Aux termes de la Convention du 15 septembre i864 et du protocole annexé, le délai pour la translation de la capitale du royaume dltalie avait été fixé à six mois à dater de ladite Convention, et Tévacuation des États Romains par les troupes françaises devait être effectuée dans un terme de deux ans à partir de la date du décret qui aurait ordonné la translation.

Les plénipotentiaires italiens supposaient alors que cette mesure pourrait être prise en vertu d'un décret qui serait rendu immédiatement par S. M. le roi d*[talie. Dans cette hypothèse, le point de départ des deux termes eût été presque simultané, et le gouvernement italien aurait eu, pour transférer sa capitale, les six mois jugés nécessaires.

Mais, d'un côté, le cabinet de Turin a pensé qu'une mesure aussi importante réclamait le concours des Chambres et la présentation d'une loi; de l'autre, le changement du ministère italien a fait ajourner <iu 5 au 24 octobre la réunion du Parlement. Dans ces circonstances^ le point de départ primitivement convenu ne laisserait plus un délai suffisant pour la translation de la capitale.

Le gouvernement de l'Empereur, désireux de se prêter à toute combinaison qui, sans altérer les arrangements du 45 septembre, serait propre à en faciliter l'exécution, consent à ce que le délai de six mois pour la translation de la capitale de l'ilalie commence, ainsi que le délai de deux ans pour l'évacuation du territoire pontifical, à la date du décret royal sanctionnant la loi qui va être présentée au Parlement italien.

Fait double à Paris, le 3 octobre 1864.

Signé : Drouyn dk Lhdys.

• NiGRA.

On sait quelle émotion causa la connaissance du traité du 15 septembre, dont il se fit aussitôt des interprétations contradictoires. Le gouvernement français s'efforça de montrer qu'il assurait au Pape la possession de ses Etats actuels; les ennemis du Saint-Siège y virent la chute à jour fixe du pouvoir temporel, et le gouvernement italien refusa toujours d'y voir la renonciation absolue à la possession de Rome.

IG. — Formation, en Espagne, d'un nouveau cabinet présidé par le maréchal Narvaez, duc de Valence.

— Lettre Apostolicœ sediy de la Sainte-Inquisition romaine et universelle à tous les évoques d'Angleterre.

Le Siège Apostolique a été informé que quelques catholiques, parmi lesquels se trouvaient même des ecclésiastiques, ont donné leurs noms Annales ecciés. ïO

200 ANNALKS ECCLÉSIASTIQUES. [1864

h une société fondée à Londres en 1857 pour procurer, comme ils ^>' expriment, Vunité de la chrétienté, et que plusieurs articles de journaux ont déjà été publiés portant la signature des catholiques fauteurs Ja cette Société, ou composés, à ce qu'on assure, par des ecclésiastiques ({lit Tapprouvent. 11 n'est pas besoin de consulter les articles du journal intitulé tke Union Review pour se rendre compte de la nature de cett& Société et du but qu'elle poursuit; la feuille qui contient l'appel et la liste des adhérents donne à cet égard des indications suffisantes. Formée ( t dirigée par des protestants, cette Société est inspirée par cette idée, qu'elle professe ouvertement, que les trois communions chrétiennes, la communion catholique romaine, la communion schismatique-grecque cl la communiQU anglieaoe, quoique divisées et séparées, peuvent revendiquer également le nom de catholique. On y reçoit en conséquence toutes les personnes catholiques, grecques-schismatiques ou angli-canes, quel que soit d'ailleurs le pays où elles demeurent, en leur imposant pour loi de ne soulever aucune question sur les divers points de doctrine où les trois comn)u nions diffèrent, tout en laissant à chacun la liberté de suivre paisiblement les doctrines de sa propre confession religieuse. De plus, on prescrit à tous les membres de l'association desprières qui doivent être récitées, et aux prêtres la célébration de sacri il ces qu'ils doivent offrir suivant l'intention de la Société même, c'est* à- dire afin d'obtenir que les trois communions chrétiennes susmentionnées, lesquelles sont censées constituer ensemble l'Église catholique, finissent par se réunir pour former un seul corps*

La suprême congrégation du Saint-Office, à l'examen de laquelle cette affaire a été soumise suivant la coutume, Tayant mûrement examinée, a jugé nécessaire de prendre des mesures pour avertir les fidèles qu'ils ne doivent pas se mettre sous la direction des hérétiques pour former société avec ces mêmes hérétiques et avec les schismatiques.. LL. ÉÉ. les Cardinaux qui sont préposés avec moi à la sainte Inquisition ne doutent pas que les Ëvêques de ce pays, aussi distingués par leur charité que par leur doctrine, ne s'empressent de signaler les vices nombreux de cette société et d'écarter les périls qu'elle recèle; toutefois, ils croiraient manquer à leurs devoirs s'ils ne stimulaient pas le zèle pastoral de ces Évêques dans une matière de telle importance, car cette nouveauté est d'autant plus dangereuse qu'elle a une apparence de piété et d'ardenle sollicitude pour l'unité delà société chrétienne.

Les principes sur lesquels elle repose sont radicalement subversif de la constitution divine de l'Eglise, car ils consistent à supposer que la véritable Église de Jésus-Christ se compose en partie de l'Église romaine, répandue dans tout l'univers, en partie du schisme photien et de Ihérésie anglicane, qui n'auraient avec l'Eglise romaine qu'un Seigneur, qu'une foi et qu'un baptême. Pour faire \[ïesser les divisions auquelles ces trois communions chrétiennes sont en proie, qui causent un grand scandale, blessent la vérité et la charité, elle prescrit des prières et des sacrifices pour obtenir de Dieu la grâce de Tunité. Cer-

Beptcmbre.] LETTRK AUX ÉVÊQUES D'ANGLETERRK. 291

tninement il n'y a rien de plus désirable pour un catholique que de voir arraclier jusqu'à la racine les schismes elles divisians entre les clii'étiens, et tous les chrétiens consacrer leurs efforts à amserver Vuniié de V esprit dans le lien de la paix, (Kphes., iv.) C'est pourquoi l'Église cniholique adresse des prières à Dieu frè»-bon et très-grand, et engage ]ps fidèles à prier pour que tous ceu:;; qui seront éloignés de la sainte i^glise romaine se convertissent à la vraie foi'^ abjurent leurs erreurs et rentrent eu grâce avec cette ra^me Ëgïise, horé de laquelle il n'y a pas de salut, et méwe pour que tous les hommes parviennent, avec l'ai^Je de Dieu, à la connaissance de la vérité. Mais que des fidèles et des ecclésiastiques prient pour l'unité chrétienne avec des hérétiques pour chefs, et, ce qui est encore plus affreux, selon une intention souillée et infectée par l'hérésie, voilà ce qui np saurait être toléré en aucune manière. Quatre caractères, que nous affirmons, dons le 'Symbole, comme étant de foi> constituent, par l'autorité divine, la véritable Église de Jésus-Christ et la font. recoaoallre;6t chacun db cà caractères fait leileuient corps avec les autres qu'on ne peut l'en séparer. Ainsi, l'Église que l'on appelle et qui est r^elleTnent Catholique doit en même temps jouir de la prérogative de l'Unité, de la Sainteté et de là succession Apo*stolique. L'Église catholique est donc une, et d'une unité glorieuse,^ par* faite, qui embrasse, toute la terre et toutes les nations, de cette Jdnité dont le principe, la racine et l'origine est l'autorité suprême tndé^ fectible et la primauté du bienheureux Pierre, prince des Apôtres, et de ses successeurs dans la chaire romaine. Et il n'y a pas d'autre Église catholique que celle qui, fondée sur Pierre seul, s'élève formant un corps compacte et uni par l'unité de la foi et de la charité. C'est ce qu'attestait de la manière la plus formelle le bienheureux Cyprien, dans son épMre 45% lorsqu'il tenait au pape Corneille ce langage : Pour que noseoUègvtés se tinssefit fermement attachés à vous et à votre cornmumouy c'est-à-dire tout à la fois à Vuniié et à la charité de VÉglise cMolique. Le pontire Hormisdas exigea la même déclaration des évêques qui abjuraient le schisme d'Acace. en leur imposant une formule approuvée par toute l'antiquité chrétienne et portant que ceux-là sont séparés de la communion de VÉglise caihoHque qui ne s'accordent pas en tout avec le Siège Apostolique, Loin, que les communions séparées du Siège de Rome puissent à juste titre être regardées comme catholiques, cette séparation même et ce désaccord sont un signe auquel on reconnaît les sociétés et les chrétiens qui. ne gardent pas la vraie foi et la vf'aîe doctrine du Christ, ainsi que le démontrait excellemment saint Irénée dès le second siècle de l'Église. (Liv. lil, contre les hérésies, chap. m.) Que les fidèles du Christ aient donc bien soin de ne pas entrer dans ces sociétés, auxquelles ils ne peuvent adhérer sans blesser l'intégrité de la foi. Qu'ils apprennent de saint Augustin que la vérité et la piété ne peuvent se trouver là où l'unité chrétienne et la charité du Saint-Esprit sont absentes.

£n outre, les fidèles doivent s'éloigner avec horreur de la Société de

Londres, parce que ceux qui s'y rattachent fayorisent rindifférentisme et causent du scandale. Cette Société, ou du moins ses fondateurs et ses chefs, prétendent que le schisme photien et l'anglicanisme sont deux formes de la vraie religion chrétienne, au sein desquelles, tout aussi fiien que dans l' Église catholique, on a le bonheur de plaire à Dieu, et que les dissensions qui séparent ces communions chrétiennes ne portent aucune atteinte à l'intégrité de la foi, qui reste une et identique dans toutes, malgré ces déchirements. C'est là, en résumé, le système pestilentiel de TindifTérence en matière de religion qui, de notre temps surtout, s'insinue dans les âmes et leur cause des maux incalculables. 11 n'est donc pas besoin de démontrer que les catholiques qui adhèrent à cette Société deviennent une occasion de ruine spirituelle pour les catholiques aussi bien que pour les non-catholiques, d'autant plus que, en faisant naître le vain espoir que les trois communions n'en feront qu'une tout en persistant intégralement dans leurs opinions respectives, la Société dont il s'agit détourne les non-catholiques de se convertir à la foi et s'efforce par ses journaux de les en empêcher.

On doit donc déployer la plus grande sollicitude pour qu'on n'ait pas la douleur de voir des catholiques, séduits par une apparence de piété ou par quelque fausse opinion, s'inscrire comme membres de cette Société ou de toute autre semblable, ou les favoriser de quelque façon que ce soit, et pour empêcher que, cédant au désir trompeur d'une nouvelle unité chrétienne, ils se séparent de cette unité parfaite qui, par un admirable effet de la grAce de Dieu, a dans Pierre un fondement

inébranlable.

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